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162 PRIIOSOPHIB M L'HISTOIKB.
tronquéy d'un rocher. Il n'est pas de culte dont Toffrande déposée sur Tautel ne soit la base et le fondement; à toutes les époques du monde, Tautel et l'offrande sont la traduction, Texpression extérieure de nos rapports avec Dieu dans ce qu'ils ont d'inhérent à notre nature intime ; ce sont des mots de la langue religieuse dont le sens ne saurait être plus arbitraire que celui de la langue parlée. Là aussi se trouve une analogie nécessaire entre les choses elles-mêmes et Texpression qu'elles provoquent, qui fait toute la signification de celle-ci. L'homme qui veut se mettre en rapport avec la divinité dresse un autel, par un mouvement instinctif de même sorte que celui qui lui fait joindre les mains et les diriger vers le ciel, ou bien encore lui offrir ce qu'il possède de plus précieux, des fleurs, des fruits, des victimes animées. Noé, à peine sorti de l'arche, en improvise un pour accomplir le sacrifice. Il n'est pas de tribu, si peu avancée qu'elle soit dans la civilisation , chez qui n'existent ces mêmes formes religieuses.
A peine l'homme s'est-il rendu compte de l'existence d'un être supérieur à lui, habitant le monde invisible, qu'il a dû l'implorer dans ses misères, ses nécessités terrestres; il lui a demandé d'éloigner la maladie, de le préserver de la tempête, de lui donner d'abondantes moissons. L'offrande devait suivre, car le moyen de se concilier celui qu'on supplie , c'est de se donner à lui, soit de sa personne, soit dans ce qu'on possède. L'oflrande entraînait la mort des animaux présentés , seul moyen de les faire passer du monde visible dans le monde invisible habité par les