‹ Essai d'une philosophie de l'histoire, Volume 1Chapitre 53 sur 139 · LIVRE I!!. — LE IIÔNt»E P^tÛttltlF. t6t · texte numérisé non relu

LIVRE I!!. — LE IIÔNt»E P^tÛttltlF. t6t

êtres auxquels ils étaient consacrés. Dès ce çaoment peut-être les idées d'expiation , sons Tinflaence d^ quelque grande catastrophe qui avait vivement é* branlé Timagination et fait croire à la colère défi dieux, se mêlèrent aux sentiments que nous avcms indiqués. Plusieurs y ont vu l'origine des sacrifice» sanglants; toutefois ces derniers peuvent s'expliquer ainsi que nous venons de le faire. Les tourments, les mutilations volontaires, qui semblaient une oïAbt tion partielle de soi-même, une manifestation qu'on était prêt à se dévouer tout entier, s'adjoignirent, ea outre , sous l'empire du sentiment de l'expiation , à l'idée première du sacrifice. Le sacrifiée devint, de la part de l'homme, une sorte d'offrande de «oi-mêmé partielle et symbolique , et qui dès lors devait acquérir sa plus haute signification dans l'effusion du sang humain. L'homme se crut, sous l'œil d'un Dieu irrité , subissant un châtiment terrible ; il se proposait de fléchir la colère de ce Dieu , et , dans ce but , il s'associait au châtiment qu'il en attendait, il se frappait de ses propres mains. D'ailleurs bien des idéeç accessoires, que nous n'avons pas 'la prétention de signaler, coBipliquèrent ces idées fondamentales.

L'homme ne pouvait se consacrer tout entier ^à l'œuvre sociale et religieuse. Pendant lôg premiers siècles qui suivirent son apparition stir la tefre , il soutint contre la nature une lutte achapnéô , où se consumait la meilleure partie de ses forces. ^La vie de l'humanité présentait alors un contraste étrange ;: elle était magnifique par les choses de l'imaginaticm, par lès jouissances de ^intelligence/ d'autant plus

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