‹ Essai d'une philosophie de l'histoire, Volume 1Chapitre 59 sur 139 · Tome I · texte numérisé non relu

Tome I

i78 PRftO&OMIfi DÉ L'HIStOimS.

L'art du oavali^ j c'edt-ànfire celui de feire usage de ses armes tout eu oonduisaut scm cheval ^ u'est point encore connu. Les prem^^res batailles ne fareat qu'autant de mêlées confuses^ Les dieux , les rois, les chefs y élevés sur un grand chariot^ sur quelque machine de guerre , entourés de prêtres et de guerriers y eutrainant à leur suite par leur puissante fos* cination une multitude confuse, se précipitent les uns contre les autres; te sang coule au hasard, les cadavres s'amoncèlent çà et là. La victoire se décidte par la la»ice ou Tépée des conducteurs de peuples ; la renommée n'a de voix que pour eux , elle n*en a pas pour cette masse de combattants pour lesquels la société n'a encore elle*méme ni place ni nom. B en est encore ainsi , sous l»en des rapports , à r^Kxpie de la guerre de Troie, bien postérieure cependant à celle dont nous nous occupons. Mais le progrès se ftl âm& Tart de la guerre en m^e t^nps que dans tous les a»itres. On apprit à partager les combattants en plusiairs corps } on inventa les enseignes , les drapeaux, Tordre, la discipline*, on assigna des devoirs distincts^ à plusieurs guerriers; il y eut séparati<m dans les fonctions guerrières comme dans les fonctions sociales. Ajoutons que les fcH'tes émotions de la guenie étaient éminemsiient propres au développement des facultés des prenoôers faomiiœs. Nous aurons , en outre , occasîoii de dire eommeoiî elle fot providentii^ lement nécessaire à FaccompUssement des âesliûées humaines.

L'homme ne devait pas s'arrêter à la seufe satisfiaiêtionde ses besoins: mui^tériels; il d^loya, dès Tori-

giae des àges^ une industrie non moins grande pour des besoins d'un tout autre ordre. Il y a un sens pro* fond dans la tradition biblique qui fait de Jubal , Tin* venteur des beaux:-surts, le frèarede Tubalcaïn^ Tinven* teur de la métallurgie^ Parmi les ftrts prq[>rement dits, le dessin est peu^étre celui dont la naissance réclame la prioritéi N'a'^tril pas suffi de ce phénomène m vul^ gaire^ si souvent répété, ^ facileà observer^ de l'om^ bre projetée par un corpg , pour gù donner l'idée ? La contom* tracé autour de cette ombre laissait voir une sorte de resseo^ïlance avec l'objet qui l'avait pro» duite : c'était une esquisse. Ajurès l'avoir observé on aura tenté d'obtenir cette même esquisse sans le secourgde l'ombre; plu» tarà on aura fait la môme ten* tative à I^égard des différentes parties de l'objet ; on, aura dierd^é à rendre au moyen de simples traits la fronts les yeux, le ne2 d'un tisage« Le diarbon et la craie auront été l€6 grossiers et primitifs oret^om de l'artiste. L'idée de tailler le bois et la pierre pour obtenir par le relief^ par l'ensemble ded toême» , l'imi-' tation plus complète de choses doûi on avait fixé les contours^ n'était peut-être pad très éloig^éede cespr^ miers essais. Tout annonce^ en efifot , la haute antî* quité de la sculpture. Elle était dé>à rendue chez les peufdes avec lesquels leis Hébreux se trouvèrent en relatioud^ Jéhovah interdit à son peuple les images taillées ;r il lui c^donne de bris^ les statues des dieux adorées par leâ Cananéens ; il lui défend de se fabri^ quer des dieux d'or et d'argeni. La peinture ^ sui<vant ce que nous pouvons conjecturer, n'a de naître que bien dm années après la sculptore ; elle né nous

est pas enseignée , comme cette dernière , en quelque sorte par la nature elle-même ; elle suppose, avec une grande puissance deréQexion, des connaissances déjà avancées en plusieurs genres. La musique , la danse, la pantomime, le chant, précédèrent ou accompagnèrent la naissance de ces arts divers. On les retrouve , chez tous les peuples , contemporains des inventions ou des procMés les plus nécessaires à la vie matérielle : car le sentiment du beau n'est pas moins impérieux chez Thomme que celui de Futile, et les plus anciennes traditions font mention des ces derniers arts comme déjà nés avant le déluge.

L'homme, à mesure qu'il donnait le jour aux arts, les employait à exprimer plus complètement l'idée de .Dieu dans les édifices consacrés au culte. La notion de l'infini fut d'abord la seule qu'il se proposa d'exprimer; d'autres notions vinrent successivement se joindre à celle-là; pour mieux dire , cette même notion , qui d'abord s'était présentée sous cette seule forme, se fractionna , se fragmenta ; elle se laissa saisir par différents côtés. L'esprit humain né se contenta plus de la traduire par l'immensité de l'œuvre, par de gigantesques constructions ; il eut recours à l'habile distribution des parties 'du temple , à l'harmonie de ses proportions. On cessa de consacrer des espaces immenses , des régions entières , à reproduire les notions qu'on se faisait de Dieu et des rapports de l'homme avec Dieu ; on éleva des édifices qui , resserrés dans de plus étroites limites , en acquirent une signification d'autant plus puissante qu'elle se précisa davantage. Ces temples, habilement disposés ,

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