‹ Essai d'une philosophie de l'histoire, Volume 1Chapitre 69 sur 139 · Tome I · texte numérisé non relu

Tome I

210 PHILOSOPHIE DE l'HISTOIRE.

là quelques groupes sociaux , quelques peuplades dispersées ; peut-ôtre fut-ce uae société, et non pas seulemeot une famille, qui fut préservée. Dans tous les cas , que le genre humain ait été détruit à l'exception d'un seul couple, ou qu'im plus grand nombre aient échappé, toujours est-il qu'il y a lieu de s'étonner du la rapidité avec laquelle il se reproduisit. Si la civilisation périt tout entière, il faut admirer combien promptement elle refleurit; si la tradition biblique surnagea seule dans le grand naufrage, il faut admirer encore la facilité avec laquelle son unité se brisa pour donner naissance aux diverses doctrines que nous trouvons dans l'Orient primitif. A peine quelques siècles après l'époque que les plus anciennes traditions assignent au déluge nous apercevons des peuples nombreux disséminés dans des régions très éloignées les unes des autres; ils diffèrent par teurs langues , leurs croyances , leurs institutions ; ils ont perdu tout souvenir d'une origine commune, et continuent d'ailleurs cette œuvre de dispersion, résultat nécessaire de l'ardeur de pérégrination que nous ne cessons de signaler comme un des traits caractéristiques de cette époque du monde. Or c'est l'organisation sociale de ces peuples, les aînés du monde , que nous voudrions esquisser rapidement. Nous voudrions surtout saisir la loi générale suivant laquelle se sont coordonnés et développés les éléments de civilisation dont chacun d'eux fut dépositaire. Si tous ces peuples appartiennent à une même époque, ils ne procèdent pourtant pas d'un même principe, d'un même dogme, d'une même croyance; ils

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