LIVRE IV. — LE MONDE ORIENTAL
vant toute probabilité , n'ont été qu'une colonie indoue ; et , d'un autre côte , les Hébreux n'apparaissent dans l'histoire générale (et c'est alors seulement que nous avons à nous en occuper) qu'à leur sortie d'Egypte. L'histoire de l'Orient primitif, au point de vue où nous nous plaçons , se réduit ainsi , pour nous, à celle des trois grands peuples que nous avons nommés les premiers. Appartenante une même époque, tous trois représentent l'humanité à ses débuts dans la civilisation ; tous trois on vécu dans des circonstances sous quelques rapports analogues , ce qui leur imprime une sorte de ressemblance. L'élément divin , le sentiment de l'infini, domine encore leurs institutions sociales et religieuses. L'homme tient, pour ainsi dire, au ciel, comme s'il n'avait pas eu le temps de s'en détacher, et semble encore étranger sur cette terre qu'il foule aux pieds. Toutefois sur ce fonds commun, en dépit de leur coexistence dans le temps, certaines diversités ne laissent pas de se dessiner. Ces peuples apparaissent sous trois aspects différents , manifestent trois phases distinctes dans le développement de la civilisation primitive. La Chine nous montre une civilisation uniquement fondée, ainsi qu'aux premiers jours de l'histoire , sur l'annihilement de la personnalité humaine dans l'élément divin ; Tlnde , une autre civilisation qui a pour base , pour fait dommant , la séparation des fonctions sociales, ce qui caractérise une époque plus avancée ; enfin la Perse , une troisième civilisation qui se donne pour but, pour mission spéciale, la propagation des idées religieuses ; elle accepte, à cet égard,
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rantagonisme d'un peuple contre tous les antres , ce qui dénote, comme nous Tavons reconnu, une des phases historiques des peuples primitifs. Nous étudierons chacun de ces peuples dans Tordre où nous venons de les nommer , c'est-à-dire d'orient en occident: c'est la marche du soleil , et c'est aussi celle de la civilisation , lumière de l'intelligence.
Les sociétés humaines , ainsi que nous l'avons dit, se constituèrent, à leur origine, sous l'influence d'un dief, d'un souverain, d'un dieu. La croyance, la science, l'activité sociale sous toutes ses formes, furent d'abord concentrées dans les mains de ce chef, de ce dieu. Or cette conception primitive, qui s'est partout ailleurs plus ou moins modifiée , altérée , afifaiblie , est demeurée le fondement exclusif de l'histoire et de la civilisation de la Chine. Nous l'y retrouvons dans tous les temps, sous toutes les formes. Dans les traditions chinoises, le premier homme, Pouan-Kou, est associé au pouvoir cosmogonique, au fiât tout puissant qui fait sortir le monde du chaos. On ne sait quand il commença. A l'origine des choses, le ciel et la terre étaient confondus; quand ils se séparèrent, Pouan- Kou succéda au ciel. Très intelligent et très puissant, en un jour il prenait neuf formes. Par lui se faisaient et se transformaient toutes choses. Après lui vinrent trois sortes de rois : rois du ciel, rois de la terre, rois des hommes. Alors se déroulent ces périodes destinées , à ce qu'il semble , à reproduire l'éternité sous la forme du temps; périodes où apparaissent des êtres nouveaux, aux formes étranges, bizarres, fantastiques: serpents, dragons à visage