‹ Essai d'une philosophie de l'histoire, Volume 1Chapitre 74 sur 139 · LIVRE IV. — LE MONDE ORIENTAL · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — LE MONDE ORIENTAL

sance la plupart dei& princes tributaires. Ce fut le premier empereur de cette famille qqi construisit la grande muraille , et qui , en hostilité avec les lettrés , fit détruire tous les anciens livres. Les Han , succédant aux Tsin , ne surent pas maintenir Tunité de l'empire, qui demeura divisé en trois parties, ou trois royaumes. L'unité se refit sous une autre famille des Tsin, qui succéda à celle des Han. Puis cette unité fut de nouveau brisée, et l'empire partagé en deux royaumes : Tun dans le nord, l'autre dans le midi ; le premier ayant Houan , et le second Nanking pour capitale. Les événements, pendant plusieurs siècles , tournent alors dans un cercle fatal. Le lien qui réunit toutes les parties de Tempire au centre se relâche sous des empereurs faibles ; mais il ne tarde pas à se resserrer de nouveau , et toujours de plus en plus, dans le cours des temps. Des dynasties corrompues, affaiblies, amollies dans leurs derniers représentants, sont remplacées par des successeurs qui leur sont donnés par des révolutions heureuses. Quelques générations s'écoulent; puis les derniers descendants de ces usurpateurs heureux se laissent énerver par le plaisir et le pouvoir ; ils sont à leur tour dépossédés et remplacés. Et cependant , au milieu de ces révolutions, la constitution politique, ou la civilisation chinoise , ne subissent aucune grave altération.

Les diverses conquêtes de la Chine par des étrangers , la façon dont elles se sont accomplies , forment peut-être la portion la plus curieuse de son histoire. Sous la dynastie des Soung, environ mille ans avant

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Jésus-Christ, les Tartares Maùtchoux se jetèrent en conquérants sur les provinces septentrionales , où ils formèrent des états puissants. Eux-mêmes furent ensuite subjugués par les Mongols , entrés en Chine par suite d'intelligences avec les indigènes. Ces mêmes Mongols achevèrent de soumettre la dynastie chinoise des Soung, retirés dans le midi. La Chine reconnut alors, pour la première fois, une domination étrangère , état dé choses qui dura près de cent ans, après quoi les Mongols, chassés, furent obligés de se retirer au delà de la grande muraille. Nous voyons alors , sous Gengis-Khan, un exemple singulier des rap* ports primitivement établis entre les Chinois et leurs nouveaux maîtres. Gengis, à une certaine époque, avait épuisé tous ses approvisionnements; les greniers publics se trouvaient vides ; on ne possédait ni un boisseau de blé , ni une pièce d'étoffe. Le con* seil du conquérant délibéra , en sa présence , sur la situation des choses. Un des conseillers , prenant la parole, exposa que, les Chinois n'étant d'aucune utilité pour le service de l'état , ce qu'il y avait de mieux à faire, selon lui , était de les exterminer , du premier au dernier , et de convertir en pâturages la totalité du pays conquis. Mais un ministre chinois employé auprès de Gengis combattit cet avis. Il se nommait Thsou-Thsai. 11 fit observer qu'on pourrait tirer un bien meilleur parti de la population chinoise en la soumettant à un impôt; il s'engagea à procurer par ce moyen cinq cent mille onces d'argent, quatrevingt mille pièces d'étoffe , quarante mille quintaux de grains, etc. «Comment, ajouta-t-il, peut-on dire

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