‹ Essai d'une philosophie de l'histoire, Volume 1Chapitre 78 sur 139 · LIVRE IV. •- LE moudb omehtal · texte numérisé non relu

LIVRE IV. •- LE moudb omehtal

second par une ligne brisée , — — . La première est l'image du ciel, de la lumière, de Tétemel, de Taffirmation , de Tinfini ; la seconde est l'image de la terre, du temps, de la contradiction, des ténè* bres, du fini. Ces deux lignes , au moyen de combinaisons diverses, résument, expriment toutes les dualités^ toutes les oppositions possibles,qui sont considérées comme les symboles ou plutôtcomme les principes de celles qui se trouventdans la nature elle-même. L'y-King , d'après la tradition , eut pour auteur Fohi, qui trouva sur l'écaiUe d'une tortue le type des deux caractères dont nous venons de parler. Le Shi-King est un recueil de chants populaires qui remontent jusqu'aux époques les plus reculées^ Les hauts fonctionnaires de Tempire, à unedate demeurée inconnue, mais sans aucun doute fort ancienne, eurent mission d'envoyer à la cour toutes les poésies populaires qu'il leur serait possible de recueillir dans l'étendue de leur juridiction. L'empereur , assis sur son tribunal, assisté des premiers dignitaires de l'état, se fit lire ces chants ; il en fit imprimer les meilleurs. Ce recueil peut dcmcètre considéré comme l'expression la plus spontanée ; la plus primitive du génie chinois (1). Or c'est de ces trois sources qu'est venu tout ce qui a été dit, écrit, enseigné, on pourrait dire pensé , en Chine , depuis le commencement de son histoire. L'Y- King périt, sous sa première forme, dans cette fa-

(1) Outre ces trois livres fondamentaux, il y en a encore deux autres : le Li-King , livre des rîtes et des cérémonies , et le Yo-King, qui traite de la musique : tous deux moins importants que les précédents , au poiiit de vue où nous nous plaçons.

d3f PHILOSOPHIE DE l'HISTOIRE.

meti^e destruction des anciens livres , tin des épisodes les plus singuliers de Thistoire dé la Chiùë; Il ftil restitué en partie de iriémôire , en partie ià Taiâte de fragments échappés au feu. Confuciiis ne présente pas ses idées en son propre nom, mais comme autjgmt d'interprétations des caractères anciens; Lao-Tsen agit de la même façon; et ce système s'est perpétué jusqu'à nos jours. Aussi , bien que les livres sacirife ou primitifs aient joué chez tous les peuples un rôle immense dans leur civilisation, puisqu'ils ont nécessairement été le germe fécond d'où est sortie lem* activité scientifique et morale , nulle part ce rôle n'a àê aussi considérable, on pourrait dire aussi exclue qu'en Chine. Partout ailleurs, la spontanéité îndîîJt duellé est venue se mêler au développement du gê^ nie national â différents degrés, à différentes ddi^, proiir ainsi dire; mais en Chine, cet élément nVJ^ mais cessé d'en être rigoureusement écarté par riiolstitution des examens.

De cette disposition d'esprit est résulté que le è^ veloppemeiit de Tintelligence chinoise a revêtu la forme la plus singulière qui se puisse imaginer; Des rapports arbitraires ont été imposés , dès Tôriginè, à toutes choses; on les a rangées dans des catégories déterminées. S'est-il agi, par exemple, de rapports numériques , toute chose a été classée en dualité, en triades, en quartenaires , etc. Ainsi, il y aura eu les quatre mers, les quatre saisons, les quatre peuples barbares; onauraeii les cinq couleurs, les cinq planètes , les cinq rapports sociaux. Dès lors, en dépit de tous les objets nouveaux que la science

Page 1