TOMB I
274 PHILOSOPHIB DE L'hISTOIRE.
consacré à raconter les exploits des princes^ du soleil, une de ces deux grandes dynasties qui se partagèrent la péninsule, ainsi que nous l'avons dit, dans les temps les plus reculés. Le prophète Yalmiki, auquel la tradition attribue ce poème, est un personnage en partie fabuleux. « Il est victorieux, est-il dit dans l'épilogue, ce Yalmiki , cet ornement de la famille de Brighou , le premier des poètes et le premier des prêtres, lui qui a composé cette œuvre du Ramayana et qui Ta mise en vers pleins de charme. Là, dans cette œuvre sainte, se peut trouver la doctrine de tous les devoirs , lia doctrine des héros. . . Y a-t-il un genre de beautés que Ton ne puisse trouver dans ce que chante l'auteur du Ramayana , Yalmiki , de tous le$ poètes le plus grand (1)?» L'origine de la poésie, racontée au commencement duRamayana, a une grâce touchante. Un jour que Yalmiki se promenait dans la forêt où il accomplissait ses pénitences , un héron , blessé par un chasseur, vient tomber expirant à ses pieds. Le solitaire laisse édiapper une plainte sur l'oiseau, une imprécation contre le chasseur : « Le chasseur a mal fait , il a accompli un dessin funeste lorsqu'il a tué sans motif Toiséau qui murmurait si doucement. » Et ces paroles forment un distique indou, un sloka, que Brahma, en présence de qui il le prononce, lui ordonne d'employer dans un poème qui célébrera les hauts faits du grand Rama. L'apparition de ce dernier est considérée, d'après la tradition indienne , œmme la septième incs^ation de .Wichnou ; elle eut lieu à
(1) Traduction de Fréd. Schlegel.