‹ Essai d'une philosophie de l'histoire, Volume 1Chapitre 88 sur 139 · LITRE IV. — LE MONDE ORIENTAL · texte numérisé non relu

LITRE IV. — LE MONDE ORIENTAL

les ténèbres, là lumière représente essentiellement le monirémentet la lutte. Les adorateurs dé la lumière devaient donc sortir du repos si cher à Brahma; ils . s'efforceront de transporter dans le domaine de l'humanité et cette incessante activité, et cette lutte perpétuelle, qiii sont la loi même de la lumière* Le ciel et la teire sont pour notre esprit , on né saurait trop le redire , deirx notions corrélatives , correspondantes , qui se réflédiissent Ttine Tautre. Nous écrivons au ciel les lois qui à nos yeux régissent la terre; nous transportons sur la terre les lois que nous avons cru lireaucieL

Le culte de la lumière paraît remonter aux temps les plus reculés 'chez les peuples de la Haute-Asie. Peut-être s'était-il plus ou moins défiguré dans le cours des âges ; mais Zoroastt'e rassembla, coordonna les anciens dogmes en im corps de doctrine qui devînt le livre sacré de la Perse. On Tappela Zend- Avesta , ou la parole 2end , car il s'adressait au peuple qui parlait le zend , première langue de la Perse , rmnplacé par le pelhvi, remplacé lui-même par le parsis moderne. Le Zend-Avesta, quoique ne contenant pas l'exposé systématique du dogme religieux de cette partie de T Asie , dont il n'est , ainsi que nous venons de le dire , qu'une réforme , le laisse cependant entrevoir dans son ensemble. Or le voici dans ce qu'il a de plus essentiel. Zerani- Akeren , le temps sans bornes, a toujours été et sera toujours. De lui sont nés Ormuzd et Arithinan : Ormuzd, la lumière souveraine, le principe du beau et du bien ; Arihman, le principe du mal, dont les ténèbres ont toujours

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été le séjour. Ormuzd a produit la loi , en prononçant le hanover , verbe primitif , source et principe de toutes les choses de ce monde. Arihman n'a jamais cessé de souiller , de corrompre , ou du moins de tâcher de souiller et de corrompre tout ce qui sortait des mains d'Ormuzd. Chacun devait produire des créatures qui lui fussent analogues. Ormuzd créa les Ampschapands ^ les Izeds y les Fervers ; Ârihman créa toute une race mauvaise , perverse , correspondante et pour ainsi dire parallèle à celle-là : les Darvans, lesDews, les Darondjis. Ce furent comme deux ordres de créatures, deux créations entremêlées , confondues, de telle sorte que Tunivers fut le théâtre de leurs combats ou pour mieux dire en devint le résultat. Deux principes aussi différents que les langues humaines peuvent l'exprimer par l'opposition du bien et du mal , de la lumière et des ténèbres , luttent ensemble à chacun des instants , sur chacun des points de la création , antagonisme qui se déroule simultanément et parallèlement dans le monde visible et dans le monde invisible. La combinaison , la synthèse de tous deux constitue les lois de l'être , l'essence même des choses. Toutefois cette lutte doit avoir un terme; elle finira par la victoire d'Ormuzd. La lumière absorbera les ténèbres , elle brillera de tout son éclat, elle sera digne d'être la manifestation extérieure , la forme visible et éclatante du temps sans bornes. Ces deux principes reçurent plus tard une adjonction qui transforma leur dualité en une trinité ; l'action d'Orjnuzd sur le monde fut personnifiée dans My thra , dont le culte prit à des époques postérieures une

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