‹ Essai d'une philosophie de l'histoire, Volume 1Chapitre 93 sur 139 · LIVRE T. — LB MONDE PBESAN. SOS · texte numérisé non relu

LIVRE T. — LB MONDE PBESAN. SOS

la royauté n'était pas demeurée aussi séparée du gros de la nation que nous l'avons vue chez les peuples ptimitifs; elle s'était humanisée de quelques degrés , si Ton peut ainsi parler. Les rois de Perse avaient conservé, au milieu de cet appareil magnifique dont nous venons de parler, quelque chose de la simplicité du peuple libre, montagnard, long-temps nomade, dont ils étaient descendus. Ils visitaient les n\enû)res de la tribu à laquelle ils avaient appartenu avant leur élévation au trône ; ils leur apportaient des présents , V valent avec eux dans des rapports fort simples et pour ainsi dire fraternels. L'éducation des princes de la famille royale appartenait à ce côté des moeurs persanes. L'héritier du rône, jusqu'à sept ans, était confié aux femmes. A cette époque, il était amené pour la première fois en présence de son père. On lui enseignait les doctrines de Zoroastre, on lui mettait les armes à la main , on le menait à la chasse, on lui apprenait l'art delà guerre. Qui ne se souvient de ce beau et poétique roman dé Xénophon où s'inspira l'auteur de Télémaque?Le simple mortel se laissait apercevoir sous la robe éclatante, sous le bandeau sacré des successeurs de Djemschid.

La nation se divisait en tribus ayant à leur tête des chefs dont la généalogie remontait aux dieux fondateurs des sociétés humaines, et possédant sur leurs membres un pouvoir immense. Toutes ces tribus n'avaient pas la même importance sociale ; mais elles n'offraient aucune ressemblance avec le système des castes : car aucune fonction n'était héréditaire ; seulement parmi ces tribus , quelques unes étaient consi-

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dérées comme plus illustres ou plus nobles que d'autres. Parmi ces dernières brillait au premier rang celle des Pasagardes , qui , depuis Gyrus, fournit des rois au trône. D'ailleurs ^ comme , en raison du principe même du culte , tout Perse accomplissait un tievoir semblable, les prééminences sociales devaient se dessiner sur un fond commun d'égalité première. En tant que sectateur ou soldat d'Ormuzd , chaque, Perse se regardait, en effet, comme pur , c'est-à-dire, jus^ qu'à un certain point , comme noble. C'étaient des distinctions en quelque sorte honorifiques, qui n'avaient déjà presque plus rien de commun avec l'inflexible , l'inexorable inégalité des castes , dogme des sociétés primitives. La monarchie persane, jusqu'à un certain point même le premier et le second empire d'Assyrie, peuvent être considérés comme le berceau des aristocraties nobiliaires, telles que nous les comprenons dans les temps modernes. Là , comme dans l'antiquité, de grandes, d'illustres tribus se vantaient d'une origine divine j mais ces tribus avaient pourtant une existence personnelle , indivi- . dualisée , qui n'est pas celle de la caste. La tribu ou la famille , car la tribu n'est que la famille développée,^ est déjà un grand progrès vers l'individualité ; c'est encore la caste , si l'on veut , mais la caste à un premier degré de transformation. C'est là un des points; par où la Perse devait servir de transition entre l'Orient et l'Occident.

D'après la tradition, Djemschid avait divisé h, corps du peuple en quatre classes : prêtres, guerriers, laboureurs, artisans; cette division sq perdait par

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