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eonééqiient dans le mystère même des ortgihes natkv nales. Les prêtres formaient non une catSte fermée , mais un ordre, une corporation , une sorte de société secrète, partagée en plusieurs classes , suivant l'aptitude ou le degré d'initiation. On n'en faisait point partie par le seul fait de la naissance , et les étrangers eux-mêmes pouvaient y être admis. Thémistocle le fiit , à la vérité , sur la demande du roi lui-même. Zoroastre, et ce fut une des parties les plus importante^s de son œuvre sociale, établit un ordre hiérarchique soit entre les divisions territoriales , soit entre les diverses corporations. Chaque province., chaque ville,' chaque rue , eut un chef ou magistrat préposé à sa police, à son administration, qui tous ensemble formaient les mailles d'un vaste réseau de gouvernemient. Le chef de chaque corporation était pris parmi ceux qui s'étaient le plus distingués dans l'art ou l'industrie qu'elle exerçait : à la tête des guerriers, celui qui avait le plus marqué par sa bravoure ; à la* tête des laboureure, celui dont les terres étaient le mieux cultivées. En dépit de ces éléments de civili-' satién, jusque là étrangers à l'Orient, la constitution de la famille ne différait cependant pas, en Perse, de ce que nous l'avons vue à la Chine et dans l'Inde. La femme n'avait pas d'existence propre; le matri l'achetait de ce prix que nous avong appelé la dot priinitive. Chaque matin , prosternée à ses genoux , elle lui adressait sa prière, comme lui-même adl^ssait la sienne à Dieu. Un homme ne pouvait avoir qu'une seule femme légitime ; mais il pouvait avoir autant de concubinesquebon lui semblait. Le sérail des rois^
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leur en ofiKraît une nouvelle pour chaque jour de l'année. Le pke avait sur ses enfants droit de vie et de mort. L'esclave était considéré comme une chose phitôt que comme une créature animée , une espèce de bétail en dehors de la loi de moralité qui lie entre elles les créatures humaines.
L'empire persan , précisément par tous côtés , était prédestiné au rôle qu'il a efifectivement rempli dans l'histoire, c'est-à-dire à servir de lien entre l'Orient et l'Occident. La domination une , souveraine , qui le constituait y ne s'opposait point à ce qu'il fût le séjour de la variété , de la diversité, et les éléments sociaux les plus opposés s'y mirent, en effet, en contact. Les Perses étaient les représentants de la nation sacrée , les dépositaires de la tradition , les alliés, par une descendance commune, des dépositaires de l'autorité royale ; ils se serraient autour du trône. Persépolis , séjour des rois , gardienne de leurs tombeaux , était le centre , la capitale de la monarchie ; là se trouvait le noeud , le sommet de la hiérarchie de pouvoirs là plus fortement, la plus régulièrement constituée qui eût encore paru. L'empire était divisé en satrapies , sortes de royautés secondaires, satellites de la royauté suprême , dont elles empruntaient un éclat qu'elles faisaient ensuite rejaillir sur tous les points du territoire. Ces grandes satrapies formaient de vastes unités politiques, mais les peuples qu'elles englobaient n'en continuaient pas moins à obéir à leur propre génie ; soumis au grand roi , au roi des rois , ils n'en conservaient pas moins , pour la plupart , leurs dogmes religieux et sociaux , leurs langues, leurs armes, leurs
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façons de œmbattre. Leur situation était celle de tributaires plutôt que de sujets. Au grand roi appartenaient, d'après la formule consacrée, la terre et Teau, mais c'était là Texpression d'une domination purement nominale j et qui se bornait le plus souvent à n'exiger du vaincu que certains impôts. C'est seule*ment avec tous ces adoucissements que le pouvoir royale s'étendait sur les peuples conquis. Les rangs des vainqueurs , c'est-à-dire des sectateurs d'Ormuzd, s'ouvraient bien à l'étranger, au vaincu, mais rien ne le contraignait à y entrer ; le même respect pour sa liberté qui le faisait accueillir lui rendait possible de s'y refuser, c'est-à-dire de conserver ses anciens dogmes. Au dessus de ce vaste système politique planait dans toute sa majesté l'autorité du grand roi. La guerre était-elle résolue , une proclamation royale l'annonçait à l'Asie occidentale; de rapides messagers parcouraient les routes; de toutes parts les guerriers s'assemblaient; le bruit des armes , la trompette belliqueuse, les hennissements des chevaux remplissaient l'air ; des populations entières j arrachées de leur sol, roulaient çà et là, agitées par l'esprit de conquête; on se précipitait tour à tour contre la Scythie, laThrace, l'Asie Mineure, contre la Grèce où devaient se briser tant d'efforts. Des millions d'hommes se précipitaient sous les pas de Darius et de Xercès. La Grèce étonnée osait à peine compter, même après la victoire , les ennemis dont elle venait de triompher.
L'Asie occidentale devint à cette époque le théâtre d'une civilisation artistique, commerciale, industri-
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eUe. Bès le crépiiscule de l'histoire , Babylooe , Ninive^ Ecbatane , s'embellissent des plus niagnifiques moDumeuts que la terre ait encore portés. La véracité ides historiens grecs qui nous ont familiarisés dès l'enfance avise toutes ces merveilles est aujourd'hiû hors de doute. Babylone, la Phénidè , la Syrie , sont remarquables par la rapidité de leur {Nrospérité indusUieile. Babylone, située au confluent de àena ^ands fleuves , est dès l'origine , un immense entrepôt. C'est là que les peuples de l'Asie oecid^itale commencèrent à m rencontrer , à se mêler ; c'est sur ce point que le commerce , à qui l'avenir réservait un si ^and rôle y fit sa première apparition. Les peuples réunis sous la domination persane profit^entdu contact pour de nombreux échanges. L'Asie , par Twgane d'une de ses provinces ^ la Phénicie , ^i voyait dans l'Occident les résultats de ses arts et de son travail. Des caravanes parties de Babylone se rendaient sur les différents points de la péninsule Indoue. Les grandes villes maritimes se mirent en relations suivies y constantes j avec l'Egypte , l'Arabie , les iles de la mer Egée ; une grande ligne commerciale , jM^enant son point de départ dans l'Inde, aboutissait dans l'Asie Mineure , et plus tard atteignit Tyr et Babylone. Le développement de l'activité humaine dans cette voie avait été tout instantané. Nous avons vu l'industrie naître presque nécessairement de l'agriculture lorsque celle-ci fit aux hommes leurs premiers loisirs; nous avons dit comment de l'industrieétait né le commerce. Le moment était venu, pour ces deux grands éléments de la civilisaticm, de manifester leur puis-
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is'ance. L'unité politique , provctaue des conquêtes (te la Perse , était éminemment favorable à ces progrès. Tous ces peuples si divers , si séparés par leurs origines , leurs croyahces , leurs mœurs , se trouvaient alors réunis sous un même sceptre ; c'est au commerce qu'il appartenait de serrer ces liens si nouvellement formés. La dégénérescence de la religion primitive, à Babylone, où le culte de la lumière se convertit de bonne heure en une véritable idolâtrie , cette dégénérescence elle-même fovorisace mouvement. Là nous voyons, dès l'origine, une magnificence dans l'architecture , dans le vêtement, dans la manière de vivre, qui devait donner une grande impulsion à l'industrie et aux arts qui s'y rattachent. Après avoir matérialisé ridée dans le culte , l'homme , par un effort opposé, semblait vouloir , à force de l'orner et de l'embellir, spîritualiser la matière.
La Perse , en établissant sa domination sur ces peuples , les entraîna dans une autre voie : elle leur imprima de nouveau cette force d'expansion qui se trouvait au fond de leurs dogmes communs , mais dont elle se faisait en ce moment l'énergique missionnaire. Dans l'art religieux son influence ne fut peutêtre pas très heureuse. Le culte de la lumière , après la réforme de Zoroastre, était éminemment spirituafiste; il ne tendait nullement à s'exprimer par de grandes constructions du genre de celles de l'Inde ou de la Babylonie; l'idée dominante de ce culte devait, au contraire, arrêter l'essor de l'architecture religieuse. Les temples de ses sectateurs consistaient en dômes arrondis , à l'image du ciel, destinés à la con-
servation du feu terrestre , image lui-même de la lu* mière incréée. En revanche, le génie artistique de la Perse se donna pleine carrière dans les palais et les tombeaux. Rien déplus grandiose et de plus magnifique que les palais dePersépolis, tels que leurs dâ>ris nous permettent de les relever par la pensée. De grandes terrasses, étagées les unes sur les autres, leur faisaient un immense piédestal; d'innombrables appartements, aux murailles resplendissantes de piarbres et de matériaux précieux , pouvaient loger des multitudes de courtisans, de serviteurs , d'esclaves ; les cours, les rampes des escaliers, étaient r^m-* plies d'animaux fabuleux, hommes-taureaux, griffons, licornes; les murailles disparaissaient sous les bas-reliefs symboliques qui en faisaient l'ornement. Un grand nombre de ceux-ci étaient consacrés à la représentation des divers peuples de l'empire apportant leurs tributs au roi des rois. Comme le génie poétique de l'Inde, ce fut aussi d'im germe unique que sortit le génie persan. D'abord ce sont des hymnes, des chants, des doctrines religieuses, conte^ nus dans le Zend-Avesta; plus tard, des chants nationaux transmettent de bouche en bouche, par une tradition vivante, les événements de l'histoire primitive. Rassemblés, fondus dans l'unité d'une même composition , ces chants forment plus tard la grande épopée nationale appelée le Shah-Nameh (Livre des Rois). A son tour, cette épopée devint le point de départ d'une nouvelle évolution poétique : les personnages principaux du poème s'en détachent comme d'un bas-reUef pour entrer dans une vie individuelle ;
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des personnages qui ne jouaient qu'un rôle secondaire dans le poème général deviennent à leur tour les héros de poèmes nouveaux. Inépuisable manifestation du génie national , unissant aux formes les plus variées la puissance d'une inspiration toujours la môme.
Ce n'est pas là au reste qu'il nous faut chercher le côté vraiment original du génie de la Perse , mais bien dans son ardeur de conquête et d'envahissement; Les peuples qui fondèrent les premiers grands empires de l'Asie adorèrent la lumière; ils manifestèrent plus ou moins les dispositions que nous avons dit être inhérentes aux sectateurs de ce culte ; les Perses, devenus les organes , les missionnaires principaux de cette doctrine , poussèrent au même degré ces mêmes dispositions. Toutes les populations qui formèrent le premier empire s'étaient trouvées encore une fois réunies sous le sceptre de Cy rus ; mais ce ne fut qu'un point de départ pour le conquérant. Cyms s'empare de la Lydie, soumet les populations grecques de l'Asie Mineure, étend son empire jusqu'à la Méditer-^ ranée; il triomphe, dans une longue suite de combats, des peuples nomades de l'Asie centrale; il livre une dernière et grande bataille contre les Massagèl^és , entre l'Oxus etleJaxarte, et là trouve la mort dans une dernière victoire. Toutefois, comme tous les grands hommes , il ne disparut de la terre qu'après avoir accompli l'œuvre à laquelle l'avait appelé la Providence : cette œuvre consistait à réunir sous une même autorité politique, c'est-à-dire sous Tinfluence d'une même idée, toute l'Asie occidentale , qui devint le théâtre primitif de l'histoire. Ce fut le plus
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^andempre que le monde eût encore vu, car il fut le produit et comme le relief de l'idée la plus puis* saute et la plus expansive qui se fût encore révélée. Aussi s'en fallait-il de beaucoup que cette idée eût épuisé son énergie sous Cyrus. Cambyse, son fils et son successeur y longe les côtes de la Méditerranée; il s'empare de la Phénicie , de la Syrie , de TÉgypte j de la Libye ; infatigable , il marche vers TÉthiopie; mais, vainqueur des hommes, le conquérant est vaincu par les sables du désert. Le bruit de sa mort se répand dans l'empire ; les mages appellent à le remplacer un des leurs, sous le faux nom de Smerdis; Gambyse abandonne aussitôt l'Egypte et se dirige furieux vers la Perse, mais il meurt en chemin.
Les Perses, ou du moins les grands de l'empire, profitent de ces moments de trouble pour se révolter contre la suprématie des mages. Darius, filis d'Hystaspe, un des chefs des sept grandes familles parmi lesquelles le roi devait être choisi, monte sur le trône. A ce moment l'empire persan atteint son apogée ; il n'en continue pas moins d'obéir à ce mouvement d'expansion, de conquête, qui est la loi même de son existence. Darius repousse les Scythes dans leurs déserts; il rétablit la domination persane sur les cités de rionie, qui depuis la conquête se révoltaient souvent; enfin il tourne les armes contre la Grèce ellemême, d'où est sortie cette race remuante. Ces cités rebelles avaient reçu, dans leur révolte, des secours de Sparte et d'Athènes; le fils de Pisistrate , après avoir vainement tenté de succéder à son père , s'était itéfugiée auprèsdu grand roi ; il le poussait à la con-
hfrBM T. '-^ XE «OHMS MAftàfl. SIS
quête de la Grèce. Mais l'Orient avait renoontré i'é* eueil où devait échouer sa fortune. Le peuple auquel allait échoir la domination du monde tétait rencon* tré. C'est rirrésistible mouvement de l'histoire qui oblige le peuple dominateur à aU^ chercher spontanément , de lui-même , et prendre pour ainsi dire paria main, pour l'introduire en scène, celui qui doit le remj^acer. Darius se rend maître de la Thrao^, de la Macédoine , de tout ce qui est situé au nord de ces contrées ; il échoue dans une première expédition, meurt avant d'avoir pu la recommencer, et lègue son œuvre à Xerxès, qui la continue d'une manière plus malheureuse encore; car non seulement le mouvement d'extension de l'idée p^sane est arrêté , mais le génie de la Grèce s'est éveillé ; à son tour il ira visiter l'Asie , et porter une civilisation nouvelle à ce berceau des civilisations primitives.
La Perse réunit sous une même domination un grand nombre de peuples de l'Orient; elle alla se heurter au génie europten , représenté par la Grèce; elle manifeste la grande opposition de l'orient et de l'occident , qu'elle n'était pas appelée à concilier. L'Egypte eut, au contraire, en grande partie pour rôle, dans l'histoire générale, de form^ la tran* sition et le lien moral de l'orient et de l'occident, vers lequel elle semble en marche dès l'originô des âges. La civilisation égyptienne marque, en effet, par des changements de lieux les grandes phases de son histoire. Elle a , suivant toute apparence , l'Ethiopie pour berceau ; elle se développe d'abord dans l'île de Meroé, habitée par un peuple
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soumis à une caste sacerdotale ; elle arrive de là à Thèbes , dans la Haute-Egypte j du temps d'Qérodote déjà en ruines , et où se trouvent encore les plus magnifiques débris que nous ait légués l'art égyptien ; plus tard Memphis , non loin du Caire actuel , devient cette capitale de l'Egypte si fréquentée, si célébrée par les philosophes et les historiens de la Grèce ; plus tard 9 enfin , cette capitale c'est Sais, dans le delta du Nil. Dans ces trois périodes , la civilisation égyptienne représente également la civilisation indoue, d'où elle dérivait, et qui s'avance par autant de stations vers l'occident. Sous bien des rapports , l'Egypte conserva pendant ce mouvement les caractères essentiellement propres aux peuples primitifs. L'individualité , la p^sonnalité humaine , ne s'est pas encore nettement se* parée de la masse sociale : l'Egypte obéit à des souverains dieux, demi-dieux, descendants des dieux ; elle se divise en quatre classes : prétces, guerriers ^ artisans, laboureurs; l'esclavage y subsiste dans toute sa rigueur; les femmes et les enfants, dépourvus de droits et d'existence personnelle , sont absorbés dans le père de famille; le territoire appartient au roi, qui le subdivise entre les quatre castes. Elle présente dans toutes ses institutions cette stabilité, cette immobilité que nous avons déjà observée dans celles de l'Inde et de la Chine. Mais certains traits originaux ne laissent pas de se dessiner sur ce fond commun.
Le panthéisme est le point de départ du système religieux de l'Egypte , comme de l'Inde ; elle n'en ^ pas moins donné un caractère particulier à sonculte.