CHAPITRE X
y A MÉDIUMNrXÉ.
D. Qu’est-ce que la médiumnité?
R. La faculté d’un incarné de recevoir l’action fluidique des Esprits.
D. Cette faculté n’existe-t-elle pas pour tous?
R. Jusqu’à présent, dans nos sociétés spirites des différentes parties du monde, nous ne trouvons qu’un certain nombre de médiums. Cependant plusieurs expériences nous font connaître que cette
(/) A consulter sur l’état des Esprits « Ciel et Enfer » par All.'ïn Kardec.
faculté peut être obtenue et perfectionnée par un vif désir, une ferme volonté, une constante patience, même durant deux ou trois années, comme nous en avons des exemples; de sorte que nous sommes portés à admettre qu’au moins la grande majorité peut parvenir à acquérir cette faculté dans l’un ou l’autre de ses développements.
D. Qu’entendez-vous par ces développements?
R. J’entends les différentes espèces de médiumnité.
D. Quelles sont ces espèces?
R, La médiumnité à effets physiques,qui produit des coups,des chocs, des soulèvements de corps solides, pour nous faire connaître la présence des Esprits. Dans cette catégorie se trouve la typlologie ou communication au moyen d’un meuble.ou plus commodément, d’une table.dont un Esprit opère fluidiquement le déplacement ou le soulèvement, ou dans laquelle il produit des craquements intérieurs. Les réponses de l’Esprit sont obtenues par un alphabet ou des signes conventionnels. A ces signes se joint souvent une sorte de mimique qui exprime la nature des sentiments de l’esprit, par les mouvements ou craquements plus ou moins expressifs, ou doux ou violents, ou brusquement répétés et plus affirmatifs. Celte médiumnité peut s’exercer de différentes manières.— On peut y rapporter une des plus extraordinaires : c’est l’écriture directe, obtenue d’un Esprit, sur une feuille de papier ou sur une ardoise,
La médiumnité la plus commode, comme la plus rapide, est celle de l’écriture manuelle; l’Esprit, par une combinaison fluidique, agit directement par le bras et parla main, il donne à celle-ci une impulsion directrice, indépendante de la volonté du médium.
Pour s’instruire sur les différentes spécialités de médiumnités, telles que médiumnité voyante, auditive, extatique, parlante, somnambulique, guérissante, etc., il faut consulter le traité spécial ou Livre des médiums par Allan Kardec.
D. Quelles sont les principales qualités requises dans un médium consciencieux?
R. Outre son plus ou moins d’aptitude à recevoir rinfînence fluidique des Esprits, dans son intérêt personnel, et pour la valeur des communications, il doit prendre sa faculté au sérieux et ne pas s’en servir comme amusement ou futile curiosité; ne point tirer vanité des communications qu’il reçoit; ne pas les considérer comme des oracles indiscutables, par un excès de confiance en l’Esprit qui le guide, et néanmoins les recevoir avec reconnaissance et modestie, sans jalousie contre d’autres médiums supérieurs et toujours dans un but charitable ou d’utilité, le tout sous peine de suspension de sa médiumnité ou d’être livré aux malfaisantes influences des E.sprits trompeurs.
D. L 'exercice de la médiumnité n’eit donc pas sans danger?
R. Son abus expose le médium à l’obsession, à la fascination et â la subjugation et parfois à de cruelles déceptions.
D, La faculté médianimique peut-elle se développer spontanément ou à l’insu de la personne?
R. Il n est pas rare de trouver des individus qui sont médiums sans le savoir, ce sont les médiums involontaires ou naturels.
D. Devons-nous avoir confiance en tous ceux qui se disent médiums?
R. Non, sans doute, car le charlatanisme cherche aussi parfois à exploiter la partie pratique ou à effets physiques du spiritisme. Heureusement ces fraudes, qui se pratiquent surtout pour la production de phénomènes exigeant l’obscurité, sont bientôt démasquées par les spirites attentifs, défiants et clairvoyants et ne peuvent tromper que les novices inexperts.
D. De quelle utilité sont les faits surprenants de la médiumnité à effets physiques?
R. Des Esprits, qui les produisent nous ont dit, qu’ils servaient à nous démontrer leur présence et leur action sur les fluides ou la matière; à nous convaincre qu’ils n’étaient pas morts, comme nous l’avions faussemeni supposé; à attirer puissamment notre attention pour nous amener à la découverte des hautes vérités morales.
Ces manifestations matérielles ont aussi pour résultat de combattre, sur son propre terrain, le matérialisme, si pernicieux pour nos sociétés, qu’il démoraliserait et désorganiserait, par un accroissement de l’égoïsme, qui est déjà le défaut capital de notre humanité.