CHAPITRE XI
jjTILITÉ DES pO/Vi/VlUNICATIONS.
D. Les communications avec les Esprits peuvent-elles nous procurer de favancement dans les sciences et les arts?
R. Il serait déraisonnable de croire que les Esprits puissent nous élever sans transition au sommet des sciences, sans aucun travail ni mérite de notre part et en tiansgression à la loi du travail et du progrès. Néanmoins ils sontsouvent nos conseillers et nos aides dans les arts, les sciences et la littérature,par des inspirations. Combien de fois le musicien compositeur,le poète, etc., n’éprouvent-ils pas ces moments d’inspiration ou de communication par la pensée? N ’entendons-nous pas dire : « en cette circonstance j’ai été bien inspiré ! »
D. Que signifient rinfériorité,la vulgarité, la frivolité de plusieurs de ces communications, comme nous nous en apercevons souvent?
R. Nous n’en sommes pas étonnés, si nous ne perdons pas de vue que le monde des Esprits est composé de notre humanité,avec ses variétés infinies d’intelligence et de moralité. Les communications reflètent l’élévation ou la bassesse de l’Esprit qui se manifeste, son degré de savoir ou d’ignorance, de vice ou de vertu. Les Esprits inférieurs, comme chez nous,incarnésdc la terre, constituent la grande majorité. Et, comme les expériences de chaque jcur nous le font reconnaître, ce sont ces Esprits inférieurs qui se communiquent le
plus fréquemment. Et il y en a parmi eux qui, pour se faire valoir, dans les communications qu’ils nous donnent,ne se font point scrupule de s’affubler des noms les plus illustres et les plus vénérés.
D. Si, dans ces communications, nous sommes sujets à des déceptions, de quelle utilité sont-elles ? quels enseignements fructueux en recevons - nous ?
R. 11 lie faut demander au Spiritisme que ce qu’il peut donner ; ces communicationsnousfontconnaîlre tout un monde,le mondedesEsprits.
Elles nous initient aux mystères d’outre-tombe.
Elles nous font comprendre et voir,en quelque sorte, la vie future, les peines et jouissances qui nous attendent, selon nos mérites.
Elles viennent confirmer la doctrine du Christ.
Elles ramènent au spiritualisme ceux qui ne voyaient en l’homme qu’une machine organisée.
Elles nous montrent les inévitables effets d’une vie désordonnée.
Elles détournent puissamment du mal,en ne laissant plus de vague sur l’avenir, qui ne se réduit plus à une simple hypothèse, mais qui devient une vérité, que l’on comprend, que l’on s’explique quand on voit et entend ceux qui nous ont quittés se lamenter sur le mal qu’ils ont fait sur la terre eu se féliciter du bien qu’ils ont opéré.
Elles nous révèlent une des puissances de la nature inconnue ou incomprise jusqu’ici, mais que l’observation nous démontre être dans l’ordre des choses.
Elles viennent redresser les fausses notions du surnaturel et du miraculeux.
Elles viennent détruire le fanatisme, en faisant appel à la raison et au bon sens.
Elles servent de bases à une religion rationnelle qui, pour la première fois, est fondée sur des certitudes et qui, par conséquent, doit réunir toute notre humanité en un même sentiment religieux,en une fraternité universelle, sans distinction de nationalité et établir un ordre moral universel dans toute la société humaine.
Elles nous offrent, au moment douloureux de la mort corporelle d’une personne chérie, l’immense consolation de ne voir, dans cette séparation, qu’une absence momentanée, de savoir que les liens d’une tendre affection ne sont nullement rompus et elles nous prouvent que nous pouvons encore entretenir des rapports avec ces êtres bien-aimés.
Elles nous démontrent la trompeuse insanité du suicide.
En nous enseignant la cause de nos maux temporaires, les moyens de réhabilitation pour nos fautes, le but de suprême félicité que nous devons atteindre, elles nous donnent la résignation motivée et la plus puissante consolation dans nos adversités.
Elles nous démontrent la permanence de l’àme humaine et la justice des corrections providentielles.
En réduisant k néant l’enfer et son infructueuse perpétuité de cruelle vengeance, sacrilège invention des religions dogmatiques, elles purifient notre amour pour le Créateur et le dégagent de la terreur prédominante dont elles l’ont entouré.
D. La croyance au Spiritisme est-elle indispensable au progrès dans la voie du bonheur suprême?
R. Le Spiritisme, qui uimpose 2 iuc\ine croyance, facilite puissamment les moyens de progrès,en nous démontrant les vérités fondamentales, antérieurement exposées à des doutes et à des théories plus ou moins erronées et dangereuses.
Mais l’homme,vraiment vertueux,peut progresser, n’importe dans quelle religion, pourvu qu’il mette en pratique la maxime du Spiritisme « Hors la charité point de salut ».
D. Comment comprenez-vous la charité?
R. Bienveillance pour tout le monde, bienfaisance pour toute indigence, indulgence pour les défauts d’autrui, pardon des injures.— Elle ne se réduit pas à la simple aumône.