‹ Essai de Classification des Sérums: Étude Expérimentale de Leur Action sur l'Infection PyocyaniqueChapitre 20 sur 24 · METRE · texte numérisé non relu

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simples phénomènes de suggestion (1) comme on pourrait le supposer.

Ces sérums peuvent agir encore en fixant une partie des sécrétions bactériennes.

Il résulte en effet des recherches de Roux et Yersim (2), « que le poison diphtérique, comme les diastases, a la propriété d’adhérer à certains précipités, produits au sein du liquide où il est en dissolution ». Ces auteurs ont constaté que le précipité qui entraîne le plus aisément la substance active de la diphtérie est le phosphate de chaux.

Si, disent ces auteurs, on ajoute goutte à goutte, à une culture filtrée, une solution de chlorure de calcium, en ayant soin d’agiter il se forme un précipité qui se collecte au fond du vase.

Si on a soin d'ajouter une quantité trop faible de chlorure de calcium pour que la précipitation soit complète, on peut, à nouveau, produire dans le liquide clair décanté, un second précipité, et ensuite un troisième.

Et, chose importante à constater pour la question qui nous occupe, si on essaye le pouvoir toxique du liquide après chaque précipitation, on voit qu'il diminue de plus en plus.

En effet, au début de l'expérience, 1/5 de centimètre cube injecté sous la peau d’un cobaye, le tue, après la troisième précipitation, 2 centimètres cubes sont inoffensifs.

« L'addition de chlorure de calcium a donc dépouillé le liquide d’une grande partie de la substance active, qui se trouve rassemblée dans les précipités ».

MM. Roux et Yersin recueillent ces précipités sur des fil-

(1) Voy. M. pe FLeury, Les transfusions hypodermiques agissent-elles par suggestion ? Société de thérapeutique. Séance du 27 décembre 1893, et J. CHÉ- RON, Modes d’aclions des transfusions hypodermiques, chap. XI, p. 479.

(2) E. Roux et A. YERSIN. Annales de l'Institut Pasteur, Contribution à l’étude de la diphtérie, 2 mémoire, p. 284, juin 1889.

tres, les lavent à l’eau distillée et les introduisent en pétite quantité sous la peau de cobayes et de lapins.

Les animaux meurent du 3° au 4° jour.

C’est le second précipité qui est le plus actif.

À l’autopsie, ces auteurs ont constaté toutes les lésions que cause le poison diphtérique ; l’action locale est plus intense qu'avec l'injection de liquide filtré : l'ædème est plus hémorrhagique, les vaisseaux plus dilatés, il semble que le poison diffusant lentement, produit une action locale plus intense.

Le mode d’action du précipité présente des analogies avec celui du bacille. Car, de même que le microbe élabore au point d'inoculation le poison qui diffuse peu à peu, de même le précipité qui retient énergiquement la substance toxique, ne la laisse que passer lentement dans les tissus.

Quand l’animal meurt, toute la matière active retenue par le phosphate n'est pas dispersée dans le corps ; et pour le démontrer il suffit d'enlever le précipité, et de l’introduire sous la peau d’un second cobaye pour qu'il se développe chez cet animal, l’æœdème et les symptômes caractéristiques d’un empoisonnement diphtérique.

C’est le phosphate de chaux qui a semblé à MM. Roux et Yersin, entraîner le plus facilement le poison diphtérique. — Ils ont fait des essais avec le chlorure d'aluminium, et ont constaté que le précipité gélatineux d’'alumine le fixe aussi, mais moins complètement, car après la précipitation, le liquide est presque aussi toxique qu'avant.

Ce précipité alumineux est toutefois capable de donner la mort aux animaux qui le reçoivent même à faible dose.

De ces expériences on peut présumer que les sérums suivant leur richesse en principes minéraux peuvent agir en fixant une certaine parlie des sécrétions microbiennes.

J. Fodor a soutenu que /es alcalins accroissent la résis-

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