INTRODUCTION
L’homme hasarde avec légèreté mille propositions irréfléchies sur les objets dont il s’entretient à chaque instant ; il ne pense pas qu’il puisse se tromper, il suit le torrent, et il répète des expressions et des erreurs banales, auxquelles il n’attache que des idées vagues. Il faudrait qu'il réfléchît pour s’éclairer , mais pour réfléchir, il faudrait qu’il se doutât de ce qu’il ignore.
La physiologie offre mille exemples de ces erremens de l’esprit humain. C’est à l’aide de la réflexion qu’il faut, ici, se diriger au milieu des ténèbres des opinions. La réflexion seule pourra suivre la réflexion , et juger si elle s’est égarée.
J’ai cherché, et je vais dire ce que c’est que la physio- * logie, et comment on procède et comment on peut procéder a son étude.
La physiologie est la science des phénomènes et des propriétés de la vie.
Les phénomènes de la vie sont les divers états sous lesquels les organes peuvent exister. Ainsi, c’est parce qu’un muscle n’est pas sans cesse contracté, que sa contraction est un phénomène , et ce n’en serait pas un si cette contraction était permanente pour toute la vie. Ce terme n’exprime au fond que la relation du passage d'un état à un autre état ; ce n’est réellement qu’une expression relative, métaphysique et abstraite qui indique un changement. Donc un état qui serait immuable ne serait pas un phénomène j mais en est-il dans la nature? Je crois cependant avoir observé qu’on attache particulièrement l’idée d'état matériel ou de disposition anatomique , i° aux états les plus permanens des organes, comme la forme des os, 2® à ceux qui changent peu, comme la forme fondamentale des parties molles, 3° et à ceux qui sont les plus habituels , comme la direction verticale des membres. Le premier genre de ces états matériels appartient presqii’exlusivement â l’anatomie, parce qu’il change peu au-delà d’un certain âge. La forme des parties njolles, la di-
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rection des membres étant plus variables pendant la vie, leur connaissance appartient à la fois a l’anatomie et à la physiologie. C’est à la réflexion à apprécier ce qu’il peut y avoir de juste dans ces observations.
Quant aux propriétés ou facultés de la vie , ce ne sont aussi que des abstractions dont on a embrouillé le sens dans ces derniers temps.
Lorsque nous concevons les corps doués à' étendue et de mobilité y nous avons d’abord autant d’idées distinctes , et des corps, et de leur étendue, et de leur mobilité, et cependant nous savons que, ni les corps, ni leur étendue, ni leur mobilité ne peuvent exister les uns sans les autres. Or, nous concevons séparément , ou par abstraction , ce qui est inséparable, et l’abstraction n’existe que dans notre esprit. Cette abstraction est idéale; mais ensuite, par mobilité, nous concevons que les corps possèdent la puissance de se mouvoir , lors même qu’ils sont actuellement en repos. Ainsi les propriétés, les facultés, les forces des corps sont : diverses manières d’être , que nous concevons dans les corps et séparément d’eux y comme principes des impressions quils font sur nous et des phénomènes qu’ils nous présentent ou peuvent nous présenter y quoique nous soyons tous bien persuadés que dans la réalité , un corps et ses propriétés ne sont qu’une seule et même chose y ou une seule et même existence. Ainsi, dire qu’un corps blanc est doué de blancheur y qu’un organe sensible est doué de la faculté de sentir ou de sensibilité , ce n’est exprimer que la même chose en des termes différens , et non supposer l’existence d’êtres réels, comme quelques critiques cherchent à l’insinuer j c’est enfin dire , pour le dernier, qu’il possède la puissance de sentir lors même qu’elle n’est pas en activité. Probablement que la discussion réduite à d’aussi simples expressions ne trouvera plus de contradicteurs. Ce langage, tant blâmé, a-t il d’ailleurs rien d’obscur od de vague, pour celui qui veut prendre la peine de l’analyser et de l’entendre?
Mais les phénomènes de la vie peuvent se manifester avec liberté, facilité et sans aucun risque pour l’individu; c’est le cas de la santé. Ainsi les mouvemens de nos membres peuvent être libres, volontaires, faciles et réguliers. Au contraire ces effets peuvent se passer avec gêne, douleur, ou exposer plus ou moins la vie ou les facultés physiques et morales de rbomme; c’est le cas de la maladie. Ainsi, les mouvemens de nos membres peuvent être pénibles, irréguliers et même involontaires.
Et quelle que soit la manière dont ils se passent, c’est toujours par le même mécanisme ^ par des contractions musculaires vitales et par des moiivemens mécaniques de la part des tendons, des aponévroses , des os , et le plus souvent , même , dans le cas de maladie , sous rinfluence de la volonté. Ce mécanisme commun aux phénomènes de la vie en santé comme en maladie , voilà le sujet de la physiologie.
Quant aux modifications dont il se revêt dans les phénomènes de la santé et des maladies , elles doivent faire le sujet de deux autres sciences : l’une, déjà écrite , a reçu le nom de pathologie ; l’autre, encore confondue par la plupart des auteurs, est la science de la santé. Je la nommerais volontiers hjgiologie.
A l’hygiologie se rapportent les modifications libres , faciles , agréables mêmes des phénomènes des organes, les limites audelà et en-deçà desquelles la liberté disparaît pour faire place à la gêne de leurs fonctions. Ainsi cette science doit embrasser la connaissance des divers degrés de la faiblesse ou de la force musculaire au-delà desquels la faiblesse et la force des muscles sont maladives, les divers degrés de fréquence et de régularité des pulsations artérielles, en-deçà ou au-delà desquels il y a gêne, risque pour la vie de l’individu, ou maladie; les différons degrés de lenteur ou de promptitude de la digestion au-delà ou en-deçà desquels la lenteur ou la promptitude de la digestion exposent ou gênent constamment la santé ou les facultés de l’homme ou de l’animal.
L’bygiologie doit noter encore la fréquence , la liberté, l’étendue des mouvemens respiratoires ; elle doit connaître à quels degrés s’élève et s’abaisse la chaleur animale, quelles sont les qualités des sécrétions, dans l’état sain, etc.
Je ne m’arrêterai pas maintenant sur l’importance d’un ouvrage qui , en créant une science nouvelle , nous apprendrait les limites de la santé. Un praticien seul peut exécuter cet ouvrage d’bygiologie.
Cependant la physiologie réclame la connaissance des variations les plus extraordinaires des phénomènes et des propriétés de la vie, par exemple de la force musculaire, de la rareté ou de la multiplicité des pulsations artérielles dans un temps donné, etc., pour mieux saisir l’étendue des facultés de la vie, ce qui fait, surtout, son objet.
Outre qu’il est des phénomènes et des propriétés des êtres vivans qui se modifient, il en est qui disparaissent, par exemple les sensations perçues, les contractions volontaires.
dans certaines paralysies, du sentiment et du mouvement, ainsi que les propriétés dont elles sont le résultat.
D’autres qui n’existent pas se montrent pour un certain temps I des sécrétions nouvelles , a la puberte , l animation des fluides sécrétés sur une plaie, d’où résulte une cicatrice qui est une membrane de nouvelle formation , et par conséquent des propriétés extraordinaires.
Parmi les nombreuses modifications des phénomènes et des propriétés de la vie, il en est qui sont dues a des influences accidentelles, comme au froid, a la chaleur, h une commotion électrique, etc. Il est même des phénomènes entièrement dus à celles-ci, soit qu’ils appartiennent à la santé par la liberté, la facilité, le plaisir qui les accompagne, comme ces émotions agréables que nous procure le spectacle et ces pleurs de joie et de sentiment qu’il nous fait verser avec délices; soit qu’ils rentrent dans les maladies par la peine, la gêne et la douleur qui les suivent, comme on voit ceux d’un grand nombre d’empoisonnemens. La connaissance des effets de ces influences appartient a la physiologie lorsqu’elles agissent sur l’homme et les organes sains , comme sur - l’homme et les organes malades. Si elles n’avaient d’action que dans l’une de ces deux circonstances , elles rentreraient spécialement dans l’hygiologie ou la pathologie.
Cependant la physiologie note seulement les effets immédiats des influences , l’hygiologie ou la pathologie en rassemblent exactement les caractères et tous leur détails.
La physiologie, comme toutes les sciences, est fille de l’observation et du raisonnement. Mariées ensemble , l’observation recueille, la raison pèse et juge^ les faits se lient, les connaissances s’arrangent en systèmes et les sciences viennent au monde. Dans beaucoup d’autres sciences, les mathématiques sont un moyen de plus pour les étudier , et leur emploi est des plus heureux ; il est au contraire a peu près impuissant entre les mains des physiologistes , tant il leur est difficile d’avoir de bonnes données pour bases.
Tantôt l’observation contemple simplement ce qui se passe sous ses yeux sans l’avoir demandé à la nature, elle examine les changemens qui s’opèrent dans la machine vivante, sur l’être sain, sur l’être malade, sur soi-même; elle regarde les phénomènes que développent les puissances de l’univers diversifiées à l’infini , le froid , la chaleur , la lumière , les poisons , etc., l’influence que leur opposes! souvent l’habitude; elle interroge la disposition extérieure de l’être vivant, et par
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opposition celle du cadavre glacé, et arrêtée trop tôt, sa curiosité entraînante demande aux dissections et à expérimentation de nouveaux faits. Ces deux puissans moyens obéissant à ses désirs, forcent la discrétion de la nature; celle-ci se découvre et l’observation pénètre dans son sanctuaire, s’initie h une foule de merveilles mystérieuses, en suit les mouvemens , et écoute ainsi la nature à l’instant où elle commence à parler. T ant de richesses acquises, tant de secrets révélés fécondent la raison , et les sciences encore faibles sorteiit du néant et grandissent avec rapidité.
Que de trésors les dissections n’ont-elles pas ouverts a la^ physiologie ! C’est de la que nous viennent la plupart de nos connaissances sur ce sujet , comme je m’en suis assuré en dressant approximativement des tables comparatives et numériques des connaissances physiologiques dues a l’étude de l’anatomie et à l’expérimentation. Dans cet essai, d’ailleurs incomplet, j’ai, obtenu plus de six cent cinquante vérités physiologiques données par l’anatomie, et je n’ai pu en compter plus d’une centaine fournies par l’expérimentation. Celles qui provenaient de l’observation simple étaient, aussi , fort peu nombreuses, et j’ai acquis la certitude qu’en achevant cette comparaison numérique et en comptant avec sévérité et exactitude, l’anato-^ mie gagnerait, bien davantage encore, au parallèle.
Les expériences oiitj sans doute aussi, contribué beaucoup à V as^ancement de la science ; mais combien de fois l’esprit s’est égaré à leur lumière vacillante et trompeuse ! Rien de plus difficile que de bien interpréter le langage amphibologique des expérimentations : mille choses dont on suppose l’impuissance ou dont on ne remarque pas l’action, mille autres choses réellement impuissantes, auxquelles on accorde ^u pouvoir, y multiplient les illusions; portez sur elles l’œil de la critique , comme nous l’avons fait nous-même pour notre instruction, et votre conviction sera entière. Cependant il en est qui ont une utilité fort remarquable. Elles sont les plus, sûres dans leurs résultats et les plus propres a avancer la science au profit des arts qui en reçoivent le plus d’applications: l’hygiène et la thérapeutique. Ce sont principalement celles qui nous apprennent l’action des différentes influences, soit individuelles , soit étrangères a l’individu, sur lui-même, telles que la gymnastique, les travaux assidus de cabinet,, les passions, le froid, la chaleur, l’humidité, etc. Ici, on peut tenir un compte assez exact des circonstances du sujet soumis à ces influence.^, soit que ces circonstances puissent les
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neulrallser, les activer ou n’agir d’aucune manière, et dèslors on peut connaître à peu près positivement les résultats de ces influences. Cependant, comme, toutes ces circonstances étant égales d’ailleurs pour nos sens ou pour nos impuissans moyens d’en apprécier les différences, les phénomènes produits par des influences identiques ne sont pas toujours les mêmes, on pourra encore rechercher et trouver les chances d’un effet , par une cause déterminée dans un cas qui paraît absolument identique. C’est de la connaissance de ces chances dans des cas de santé et de maladie parfaitement identiques poumons, que la médecine pratique déduit toutes ses opérations, aussi n’est-elle qu’un art de probabilités, mais de probabilités données par l’expérience. Ces probabilités empiriques, voilà la boussole du médecin, il n’y en a pas d’autre. Ce n’était pas celle de Philinus de Cos, disciple d’Hérophile, ni de Sérapion d’Alexandrie, ni d’Apollonius, ni de Glaucias, ni de Xeuxis, ni d’Héraclide de Tarente, ni des autres empiriques de l’antiquité. L’expérience n’accorde les mêmes résultats qu’à deux conditions : V identité des cas , Videntité des moyens , c’est-à-dire l’identité dans la santé ou dans les maladies et l’identité dans les moyens d’hygiène ou de thérapeutique. C’est un faux empirisme que celui qui en omet une seule ou qui croit éviter l’omission par une supposition qui établit contre la réalité une identité chimérique. Les empiriques, de même que les dogmatiques envers lesquels ils s’emportèrent quelquefois avec tant de violence, ainsi que les sectaires et les sectateurs passés et présens qui ont occupé et occupent encore le monde de leurs injures et de leurs extravagances, ont tous senti plus ou moins confusément et sentent tous la nécessité de cette double identité. Et comment y ontils répondu? tous, par des moyens de traitemens identiques dans des maladies qui ne l’étaient pas. Cependant tous se proclament les apôtres de l’expérience, et dans leur illusion ou leur charlatanisme, ils n’ont recours à l’identité des moyens de traitement qu’après avoir établi l’identité des cas; les dogmatiques , par de subtiles suppositions de choses qui n’existent pas , comme lorsqu’Hippocrate suppose qu’une maladie consiste dans telle altération des humeurs ; les empiriques, en affirmant cette identité des cas par la simple observation du malade ou d’un concours de symptômes sans , ou presque sans connaître les altérations matérielles intérieures. Cependant , qui le croirait? leurs décisions sont assises sur le trépied de l’empirisme 5 V observation , Vhistoire et V analoglsmc , que
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je traduis en un mot par l’identité] C'est qu’ils supposaient l’identité dans leur observation, leur histoire, leur analogisme, et elle n’y était pas. Je ne demanderai pas si les sectaires modernes observent bien la règle de l’identité des cas lorsqu’ils nous présentent l’irritation et la gastrite ou gastroentérite sous des nuances variées à V infini ^ et si fugitwes quelles échappent à nos sens. Je veux finir une digression déjà trop longue, et je le répète , les expérimentations qui nous enseignent les résultats de l’action des divers agens sur notre économie dans des cas identiques, sont de toutes les plus importantes, et c’est la connaissance plus au moins juste des probabilités de leurs effets qui distingue le praticien sa^^ vaut de l’ignorant et du vulgaire.
Les expériences faites pour reconnaître les usages d’un organe , ses rapports avec d’autres , la manière dont il agit , etc. , me paraissent beaucoup moins utiles que les précédentes a l’hygiène et à la thérapeutique, et cependant en général beau^ coup plus difficiles et plus incertaines dans les conséquences qu’on en peut tirer. Savoir les circonstances qui permettent, accompagnent et modifient ou entravent et arrêtent le déve^ lopdement d’un phénomène, voila ce qu’il y a de plus important. De semblables connaissances fournissent d’utiles données pour favoriser le développement de ces effets ou l’empêcher, selon les indications de l’hygiène ou de la thérapeur tique.
Au contraire le mécanisme de la digestion , de la respiration n’est-il pas beaucoup moins utile et plus difficile à saisir que la connaissance des substances propres à être digérées ou à ne l’être pas et des gaz convenables ou impropres à la res.piration? IN’est-il pas plus facile d’apprécier les circonstances les plus favorables a la santé, les plus propres à troubler les fonctions, que d’en saisir les actions secrètes, et ne vaut-il pas mieux se diriger dans ses recherches du côté le plus important, le plus sûr et le plus facile, a charge de s’occuper ensuite des objets de la science les moins utiles et les plus sujets aux disputes des opinions?
Ce n’est pas tout encore ; c’est surtout dans les expériences tentées pour connaître le mécanisme de l’action d’un organe, que l’on ne peut y parvenir, le plus ordinairement, qu’en agissant sur d’autres organes que l’on coupe, que l’on irrite de plusieurs manières, en arrivant jusqu’à celui dont on veut examiner les phénomènes. On modifie alors d’autres circous- 4ances que celle que l’on voulait modifier et étudier. 11 est le
plus souvent impossible de tenir un compte juste , ou a peu près juste, des changemens que l’on a suscités involontairement , et les résultats de l’expérience sont nécessairement faux en entier ou en partie.
Ainsi , par exemple , lorsque l’on remplace l’estomac par une vessie pour savoir si le vomissement peut arriver sansPaction de l’estomac, on suppose que les circonstances sont les mêmes, moins cette action de V estomac. Cependant le cardia est dilaté par une canule, ou cet orifice est étranglé par une ligature sur une canule plus courte qui ne le dilate pas, et dont l’influence sur lui , qui résiste habituellement au vomissement, est supposée nulle ; cependant le pylore, par où s’échappent des matières dans le phénomène du vomissement, n’existe plus, etc. On arrive à des résultats qui ne sont pas précisément le langage habituel de la nature, mais un langage de contrainte où elle ne répond pas à la question qu’on lui fait et ne dit pas la vérité qu’on lui demande. En effet, que lui demandait-on dans cette expérience? Si l’estomac était actif dans le vomissement. Et qu’a-t-elle répondu ? Qu’un animal pouvait vomir avec un estomac postiche ou une vessie inerte. Je ne multiplierai pas les exemples. Il me suffit de faire observer que , malgré le très-grand nombre de tentatives expérimentales faites pour reconnaître le mécanisme des organes, on a encore acquis peu de données précises sur ce sujet, en sorte qu’il reste une foule de phénomènes trèscomplexes pour nous dans l’économie, dont nous ne savons que le résultat , comme on savait que le sang circule, que nous digérons, etc., avant que l’on connût les faits plus cachés et plus simples dont se composent ces actions vitales coiùpliquées.
Nous ferions une erreur si nous pensions que les physiologistes doivent arriver par l’expérience a la même exactitude que les physiciens ; cela sera à jamais impossible, parce qu’on ne peut employer à la fois les mathématiques et l’expérimentation a l’étude de la physiologie avec le même succès qu’à celle de la physique. En effet , lorsque les physiciens peuvent ne modifier dans leurs expériences que les circonstances dont ils recherchent l’influence, les physiologistes expérimentateurs voient se multiplier malgré eux mille influences de perturbation^ lorsque les physiciens modifient d’autres circonstances ou d’autres phénomènes que ceux qu’ils veulent étudier, ils peuvent les apprécier avec une exactitude métrique; les physiologistes ne peuvent le plus souvent apprécier ni mesurer en aucune façon une foule de circonstances nécessai-