‹ Essai de classification radiologique des Dystrophies osseusesChapitre 15 sur 56 · CE SC · texte numérisé non relu

CE SC

Dans les mycoses, le périoste est parfois épaissi ; mais, lors de minime ossification périostée unique, petite, en fine lamelle, c’est plutôt à une périostile syphilitique qu’il faut penser.

A côté de ce mode d’ossification périostique il est très fréquent

au cours de nombreuses affections infectieuses ou dégénératives, d'observer d’autres formations très spéciales décrites sous le nom d’exostoses. Ce sont des excroissances osseuses en continuité avec le tissu cortical sans que l’on puisse voir de démarcation entre les deux ; toutefois il n’est pas nécessaire que ces exostoses aient une structure uniforme. Leur limite régulière ou irrégulière est continue.

Celles qu’on observe dans l’achondroplasie sont l’exagération des crêtes osseuses où se font les insertions musculaires. Celles-ci, que normalement on ne remarque pas, deviennent saillantes, proéminentes ; en particulier la grosse tubérosité humérale, le grand trochanter. |

L’acromégalie produit des modifications analogues au niveau des insertions musculo-ligamenteuses, et les vertèbres peuvent être le siège d’exostoses marginales.

Les modifications que l’on note dans la maladie ostéogénique sont beaucoup plus caractéristiques.

L’axe des exostoses est toujours orienté vers la diaphyse. Elles revêtent trois types :

— en crochet acéré, effilé et allongé,

-— excroissance arrondie et pédiculée, en massue, en battant de cloche, en porte-manteau, ;

— excroissance sessile, polycyclique, à saillie peu prononcée, en chou-fleur.

Enfin, dans certains cas et à l’avant-bras ou à la jambe, elles peuvent présenter de véritables facettes qui s’articulent

- soit avec une autre exostose symétrique,

-—— soit avec lPépiphyse du second os.

ES

} LE ; ; Len OP , Au début de leur apparition, ces exostoses ne produisent qu'une ombre légère, qui s’opacifie progressivement avec l’ossification,

en commencant par le pédicule.

Au licu d’être disséminées à tout le squelette, des exostoses peuvent être localisées à un seul os.

Elles sont de règle dans l’ostéomyélite chronique, S'échelonnant le long de la diaphyse et ayant une structure très condensée et très opaque sans architecture. Leur forme est variable étant tantôt petites, peu élevées en épines, en lèvres, ou au contraire étant plus allongées, tourmentées.

Les exostoses que l’on voit dans le sarcome ostéogénique, sont minimes : elles sont le plus souvent à bords minces, en éperons

Dans le sarcome ostéoplastique, les exostoses sont isolées les unes des autres, sans connexion avec le tissu osseux normal ; ce sont de fines spicules effilées et radiées autour de la zone tumorale ; en même temps, elles tendent à être perpendiculaires à l’axe du membre. Cette forme s'accompagne aussi d’ossification périostée en éperon.

Au niveau des épiphyses on peut voir de fréquentes exostoses en rapport le plus souvent avec des lésions rhumatismales chroniques. Cependant, il faut savoir que l’unique présence de quelques petites épines para-articulaires ne permet de porter ce diagnostic. En effet l’involution sénile produit de telles manifestations. Et même on a signalé très fréquemment chez les jeunes gens pratiquant le saut ou le football, une petite épine située à la face antérieure de l’astragale de la jambe servant à prendre l’élan ; le plus souvent cette épine est à la face interne de l’articulation et parfois on a une formation identique sur la face articulaire du tibia.

L'hérédo-syphilis peut être à l’origine, peu après la croissance de productions osseuses, en forme d’ergot, dont l’axe est orienté

vers la diaphyse.

Page 1