‹ Essai de classification radiologique des Dystrophies osseusesChapitre 18 sur 56 · ER SE · texte numérisé non relu

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signalé. Il faut noter également que c’est un stade transitoire de durée assez courte et qui peut très bien passer inaperçu.

En général dans les arthrites chroniques ces encoches claires sont de taille plus importante, et il semble que ce soit dans les arthropathies tabétiques qu’elles atteignent leurs plus grandes

dimensions.

Centres d’ossification

Les troubles que l’on peut observer radiologiquement au niveau des centres d’ossification peuvent encore se classer suivant la morphologie ou suivant la structure.

Morphologiquement on peut observer au niveau des noyaux d’ossification secondaire des troubles par avance ou par retard de croissance.

L’avance d’ossification se traduit par une apparition anticipée du noyau étudié et ensuite par son développement exagéré. Enfin ultérieurement il y a soudure trop précoce des noyaux considérés, ce qui peut entraîner un raccourcissement. C’est ce que l’on peut voir dans :

— l’achondroplasie où il y a disparition prématurée du eartilage conjugal, ainsi que dans la plénostéose de Léri où le trouble siège aux métacarpiens,

— les tuberculoses du voisinage,

— la maladie de Still,

— l’hyper-génitalisme ou puberté précoce.

Il faut noter aussi les poussées de croissance lors de la convalescence d’une maladie infectieuse et surtout de la typhoïde et de la scarlatine.

L’hyperthyroïdie provoquerait une accélération de la croissance en longueur.

Le retard d’ossification se traduit par un arrêt de ce processus au moment où débute la maladie causale. C’est pourquoi il peut donner un retard dans l’apparition normale des noyaux secondaires ou un retard à leur développement et à leur soudure.

C’est ce que l’on peut voir dans

— le rachitisme,

— le nanisme type Lorrain,

— le myroedème,

— la castration pré-pubérale,

NPD es

__ le nanisme sénile où cette atteinte se localise aux os du carpe.

Cependant il faut savoir que la persistance du cartilage conjugal de l’épiphyse inférieure du radius n’est pas nécessairement pathologique.

Normalement en peut observer l’apparition de points d’ossification secondaires supplémentaires.

Dans la majorité des cas, il s'agira d’un os surnuméraire. Toulefois il faut se rappeler que certains noyaux secondaires habituellement uniques peuvent se fragmenter en deux.

La dolichosténomélie s'accompagne de noyaux supplémentaires aux phalanges, aux métacarpiens et métatarsiens, au carpe et au tarse.

Dans le myxoedème et le mongolisme on a signalé l'apparition de noyaux secondaires aux extrêmités proximales des quatre métacarpiens.

Les troubles de la structure que l’on peut observer au niveau du cartilage conjugal sont dûs au rachitisme, au scorbut ou à l’ostéochondrite syphilitique.

Les signes communs sont

— lélargissement du cartilage conjugal.

— le flou et lirrégularité de sa limite diaphysaire.

Dans le rachistime, cette limite diaphysaire est ondulée, hérissée de dentelures irrégulières et floues. Les contours des noyaux d’ossification secondaires restent flous. L’extrêmité de la diaphyse est élargie et déformée en cupule. De plus, il s’agit de lésions symétriques. La guérison se traduit par l’apparition d’une bande diaphysaire opaque qui va en s’amincissant avec l’amélioration.

Le scorbut s’'accompagnerait, dans le cartilage conjugal, de lignes alternativement claires et sombres, ondulées. Mais surtout

les noyaux épiphysaires sombres et irréguliers sont entourés d’un

liseré opaque net, plus flou du côté diaphysaire, et qui persiste après la guérison.

L’ostéochondrite syphilitique donne au premier degré un éclaircissement de l’extrêmité diaphysaire dont le bord inférieur est finement dentelé, surmonté du côté diaphysaire d’une bande plus opaque.

Au deuxième degré, ces signes sont plus marqués, les denticulations sont plus accusées et souvent il y a alternance des bandes transversales claires et sombres.

La guérison de ces trois processus se traduit indépendamment d’autres signes par l’apparition d’une bande opaque assez mince et diaphysaire qui ira en s’atténuant au cours de l’évolution.

On a également signalé une telle bande métaphysaire, à limite diaphysaire nette, d’une opacité intense, siégeant avec le maximum de netteté aux genoux, aux mains et aux pieds, à l’état d’ébaucie aux hanches, aux épaules, aux coudes. Son étiologie reste imprécise, certains l’attribuant à une médication calcifiante. Enfin, dans le saturnisme infantile on a observé des stries opaques horizontales, dont la densité serait proportionnelle à la rapidité de

la croissance.

Interligne articulaire et tissu péri-articulaire

Nous passerons en revue maintenant les modifications de la largeur de linterligne.

Parfois l’interligne est élargi. C’est ce que l’on observe dans les hydarthroses ; dans quelques arthrites purulentes, où ce stade n’est que transitoire ; dans les arthrites nerveuses, qu’elles soient atrophiques ou hypertrophiques ; dans l’ostéochondrite de la hanche ou de la tête humérale ; dans la scaphoiïdite tarsienne ; dans la maladie de Kôühler du deuxième métatarsien.

Mais bien plus souvent, l’interligne est diminué de hauteur, pincé, que ce pincement intéresse toute l’articulation ou qu’il prédomine sur un seul côté.

C’est le cas des arthrites tuberculeuses où c’est un signe précoce et de grande valeur,

dans toutes les arthrites suppurées,

dans les arthroses où souvent le pincement reste unilatéral,

dans les arthrites rhumatismales,

dans les arthriles nerveuses,

dans la maladie idiopathique des cartilages épiphysaires, qui atteint l’épiphyse des deuxièmes phalanges, des deuxième, troisième, quatrième doigts,

dans l’ostéochondrite vertébrale infantile.

D’autres fois on peut voir une nécrose osseuse qui se traduit uniquement par la disparition d’une zone normalement présente. La disparition de ce tissu osseux est variable suivant l’étiologie et surtout la gravité de Parthrite. Les pertes de substance les plus fréquentes sont réalisées par la tuberculose et ensuite par la gonococcie.

Les nécroses tuberculeuses peuvent faire disparaître toute une

cpiphyse, plusieurs corps vertébraux, quelques os du carpe ou du tarse,

probe

Dans les arthrites gonococciques elles sont bien moins étendues, et les formes réalisant une amputation de la tête fémorale restent heureusement rares.

Mais ce sont les arthrites nerveuses, tabès et syringomyélie, qui réalisent les nécroses épiphysaires de beaucouop les plus importantes. Celles-ci se voient dans les Formes ctrophiques : la tête articulaire disparaît sans laisser de traces tandis que la diaphyse s’effile en pointe, en baguette de tambour, en même temps que le canal médullaire se ferme par une bande opaque prolongeant la corticale.

Le tabès peut réaliser de plus une nécrose des têtes métatarsiennes, en particulier du cinquième, associée à un mal perforant plantaire, sans communication avec l’articulation.

La syringomyélie peut faire disparaître, soit la troisième phalange, soit la deuxième, les deux autres n’étant plus réunies que par les parties molles.

Au coude, elle peut léser l’extrémité inférieure de l’humérus dans la partie articulaire : celle-ci forme une incision profonde où pénètrent les os de l’avant-bras tandis qu’épicondyle et épitrochlée forment deux saillies latérales.

Il faut signaler l’ostéolyse progressive essentielle qui débute à la tête des métacarpiens, s’étend aux phalanges, à certains os du carpe et parfois même aux radius et cubitus. Les os peuvent alors avoir l’aspect effilé de « bâton de sucre d’orge sucé », en même temps qu’ils sont raccourcis, amincis, avec des contours flous et une augmentation de leur transparence.

Les nécroses de la lèpre sont assez caractéristiques, et en règle symétriques. La troisième phalange peut devenir aiguisée et contournée en « bouton de manchette ». D’autres fois la destruction peut atteindre presque toute la diaphyse osseuse des métacarpiens ou des métatarsiens.

La lèpre nerveuse lèse plus particulièrement les deux premiè-

res phalanges avec conservation relative de la troisième. Il en

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est de même au pied avec nécrose des métatarsiens et des os du

tarse.

Les nécroses du rhumatisme chronique généralisé progressif sont plus strictement articulaires et correspondent aux zones chondrale et sous-chondrale. Il y a alors télescopage des os avec subluxation et désorganisation de l’articulation. Les limites de cette perte de substance sont nettes mais dentelées, crénelées, irrégulières. Dans d’autres cas la destruction peut se traduire par des échancrures des parties latérales des têtes des métacarpiens, qui vont avoir une extension centripète, déterminant un effondrement de l’épiphyse, mais qui reste en général superficiel.

Aux phalanges unguéales on peut voir de petites encoches, qui sont en rapport avec des troubles vaso-moteurs. On les a notés

au COUïrS :

— des tropho-névroses,

— de la maladie de Reynaud,

— de la syringomyélie,

— de la sclérodactylie,

— de la lèpre,

-—— de l’arthropathie psoriasique.

Il est possible de rencontrer des images opaques intra articu-

laires.

Dans les arthrites gonococciques on voit apparaître dans l’interligne, dans l’angle formé par la trochlée fémorale et le plateau tibial (profil), l’image d’un brouillard sombre et irrégulier formé de deux nuées qui s’élèvent de chaque surface osseuse, puis se rejoignent, donnant finalement une ankylose osseuse. Ces mêmes arthrites peuvent montrer une petite lame opaque de 5 à 10 mm. X 1 à 2 mm. isolée de l’épiphyse ou parfois en son contact par une de ses extrémités. Il peut y avoir une logette épiphysaire de la forme de ce « copeau » dont il n’est séparé que par un fin sillon.

Parfois une fragmentation est visible.

Dans le rhumatisme chronique secondaire au rhumatisme articulaire aigu, on pourrait voir dans l’interligne la projection d’opacification intra-articulaire tendant à l’ankylose.

L’arthrite hémophylique peut s’accompagner de corps étranger articulaire.

Certains rhumatismes chroniques donnent aux genoux des calcifications des ligaments croisés : les épines tibiales sont beaucoup plus saillantes qu’'habituellement avec des contours un peu irréguliers, tandis que des faces centrales des condyles correspondant descendent deux calcifications allongées et irrégulières. Dans tous ces cas l’opacification de ces images est intense, identique à celle des épines tibiales.

Les ostéochondromatoses de la hanche et du coude se caractérisent par la présence dans l'articulation de petites taches peu opaques arrondies à contours nets. Elles sont tantôt peu abondantes, deux ou trois, tantôt multiples en grappe de raisin. Au genou elle se caractérise par une plage opaque se projettant dans le condyle interne à l’endroit de l’insertion du ligament croisé postérieur.

Des calcifications des ménisques du genou peuvent se produire à la suite de :

— déchirure méniscale,

—- microtraumatismes répétés,

— rhumatisme chronique, polyarthrite ankylosante où cette calcification s’associerait

avec une lésion analogue des disques intervertébraux. Il faut signaler chez l’enfant la projection possible de la pointe de la rotuie dans l’interligne du genou.

Si dans l’interligne peuvent se projeter des images anormales, il peut encore arriver que celui-ci ait disparu et soit remplacé par une continuité osseuse des deux épiphyses accolées. Dans ce

càs, il s’agit d’ankylose osseuse. dont les travées se continuent

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