‹ Essai de classification radiologique des Dystrophies osseusesChapitre 30 sur 56 · RHUMATISME CHRONIQUE PROGRESSIF GÉNÉRALISÉ · texte numérisé non relu

RHUMATISME CHRONIQUE PROGRESSIF GÉNÉRALISÉ

Chez ces malades on observe

—une unification de la densité par éclaircissement, généralisée à tous les os ;

— un tassement épiphysaire ;

— parfois de petites irrégularités périostées.

Les interlignes articulaires sont pincés ; puis on peut voir des pertes de substances à leur niveau entrainant une subluxation et une désorganisation de l’articulation qui finalement se fixe en ankylose osseuse ou fibreuse.

Au point de vue évolutif, on pourrait distinguer plusieurs stades. Dans un premier les lésions osseuses précèdent les lésions articulaires |

— des taches claires épiphysaires ; — des irrégularités floues du périoste ; —- un fassement épiphysaire ; — parfois quelques ostéophytes, tandis que l’interligne est intact.

Plus tard :

— l'unification de la densité ; —— des épiphyses, soit atrophiées, soit hypertrophiées, soufflées ; — la disparition de l’interligne ; -—— des ostéophytes ; —- finalement l’ankylose,

Dans la spondylose rhizomélique, la morphologie de chaque vertèbre est normale, mais il y a une cyphose de grand rayon. On note une unification de la densité par éclaircissement.

On observe une opacification ligamentaire de type syndesmophytiques. L'ombre est assez homogène, débutant à l'insertion osseuse du ligament et allant à la rencontre du processus analogue venant de l’autre extrémité. Quand la totalité du ligament est atteinte, on a une image « en pont » très arquée par rapport au bord externe du rachis.

De plus, cette opacification atteint tous les ligaments vertébraux, aussi bien l’articulation des corps que celles des apophyses articulaires : c’est pourquoi on peut voir de face l’image de trois bandes opaques parallèles et verticales correspondant au milieu aux ligaments inter-apophysaires, latéralement aux ligaments unissant les apophyses articulaires.

Signes négatifs importants

— l’interligne conserve sa hauteur.

— ni déformation des corps vertébraux ; — ni ostéophyte.

Il faut encore signaler l’atteinte fréquente et précoce de lParticulation sacro-iliaque, dont linterligne disparaît sans aucun autre signe.

Plus tard, si l’évolution continue, on observe l'atteinte des articulations des racines des membres, leur interligne perd sa transparence normale et des syndesmophytes se développent. Les articulations le plus souvent atteintes sont la hanche, l'épaule.

le genou et la temporo-maxillaire.

OSTEO ARTHROPATHIE HYPERTROPHIANTE PNEUMIQUE PÉRIOSTITE HYPERPLASTIQUE GÉNÉRALISÉE

Chez des malades atteints d’affections pulmonaires ou bronchiques suppuratives, de pleurésies purulentes, de cancer du poumon, de cardiopathie, on a observé une périostiste symétrique aux quatre membres, à tendance distale.

Radiologiquement on constate

— un élargissement des extrémités osseuses et des surfaces articulaires ;

— une bande mince et peu’ opaque bordant le contour diaphysaire avec des ostéophytes irréguliers et dentelés.

L'évolution se fait par poussées successives et on peut voir une régression si la cause est suppriraée.

Les localisations les plus fréquentes sont

—— aux phalanges, avec à l’extrémité des phalangettes, une houppe osseuse en éventail ;

— aux épiphyses distales du radius et du cubitus, du tibia et du péroné.

Parfois,

— sur lépiphyse proximale de l’humérus et du fémur ; -— sur les os courts et plats du tronc ; —— sur les vertèbres entraînant une cyphose dorsale ou

lombaire.

ARTHROPATHIE SYPHILITIQUE

La syphilis peut toucher assez souvent les articulations sans entrainer nécessairement des modifications radiologiques. Dans l’hydarthrose on peut parfois noter le gonflement de la

synoviale.

Dans l’ostéochondro-arthropathie, siégeant le plus souvent au

genou, parfois au coude, ou à l'articulation sterno-claviculaire on note :

— un élargissement épiphysaire, avec plages claires centrales ; —— un périoste irrégulier :

— des ostéophytes.

Les ostéochondrosynovites ont l’allure d’une tumeur blanche mais les épiphyses sont élargies. u L’arthropathie ostéophytique atteignant dans la moitié des cas le coude et ensuite le genou, le poignet, les doigts, produit des ostéophytes para et intra-articulaires très nombreux et déformant l’article de la façon la plus variable. L'évolution peut se faire vers l’ankylose.

De cette forme on peut rapprocher les périostoses syphilitiques de Millian donnant une hypertrophie périostique du cal-

canéum, de l'insertion radiale du biceps, du tendon rotulien.

ARTHRITE HÉMOPHILIQUE

C'est une lésion rare, que lon observe le plus souvent chez l’homme à la hanche ou au genou.

Les signes radiologiques sont tardifs et n'apparaissent qu'après plusieurs poussées.

Les contours périostés sont normaux sauf à l’interligne, qui est diminué de hauteur, pincé asymétriquement, et dont la transparence est diminuée, donnant un aspect nuageux.

Le tissu spongieux de l’épiphyse a un aspect alvéolaire et marbré tandis que sous le cartilage il y a de petites taches claires arrondies, ovales, allant jusqu’à la taille d’un petit pois, d’apparence kystique.

De telles taches peuvent s’observer aussi dans d’autres régions. L'évolution de cette arthrite est lente et se fait assez souvent

vers l’arthrose secondaire.

Page 1