LÈPRE
Les manifestations ostéo-articulaires de la lèpre varient suivant la forme clinique envisagée. Dans les formes purement cutanées on observe aux phalanges :
— une transparence légèrement augmentée ;
— un périoste irrégulier,
avec quelquefois un défect diaphysaire à limites nettes mais très évasées en forme de « baie ».
Avec l’apparition de l’anesthésie on observe
— une transparence très augmentée des mains et des pieds avec tendance à l’unification de la densité ;
— le périoste des phalanges est plus irrégulier avec des
crénelures accentuées ;
-—- les première et deuxième phalanges sont encochées d’une érosion semi-circulaire, ouverte du côté radial et de siège distale, ses contours sont inégaux et sont bordés en dedans d’une mince bande opaque.
L’ostéite kystique lépreuse donne à la métaphyse distale des premières phalanges des mains et des pieds, plus rarement aux métacarpiens et métatarsiens, exceptionnellement à la deuxième phalange
—— une augmentation plus ou moins marquée de la transparence ;
— un périoste normal ;
— une plage claire à bord net d’allure kystique sans réaction périphérique ; moins fréquemment ïl y en a plusieurs. Quelquefois, cette plage claire oc-
cupe presque toute la diaphyse.
Dans la lèpre nerveuse on voit :
—— une unification complète de la densité par éclaircissement, avec amincissement et raccourcissement traduisant une ostéolyse qui porte le plus souvent sur la première phalange ou orteil, plus rarement sur les métacarpiens, les métatarsiens et os du tarse, tandis que la troisième phalange est relativement conservée.
Les formes mixtes cutanées et nerveuses donnent un tableau bigarré des modifications osseuses.
Enfin, il faut signaler la possibilité de voir sur des lésions
lépreuses se greffer une ostéomyélite secondaire.
ARTHROPATHIE DES HÉMIPLÉGIQUES
Les troubles articulaires que l’on peut voir chez les hémiplégiques sont assez rares et peu intenses ; ils sont précoces et prédo- ‘minent au membre supérieur.
On observe |
Une augmentation de la transparence, qui est fréquente chez tout hémiplégique et siège dans toute la moitié du corps paralysé.
— de fines ossifications linéaires périostées et épiphysaires,
— des interlignes flous, diminués de hauteur,
-- des tissus péri-articulaires gonflés (par lœdème),
— des calcifications ligamentaires.
SYRINGOMYÉLIE
Les arthropathies de la syringomyélie siègent le plus souvent au membre supérieur et réalise la forme athrophique.
Celle-ci est caractérisée radiologiquement par:
-—— une résorption épiphysaire avec effilement de la diaphyse en pointe, en baguette de tambour ; la médullaire se ferme par
apparition d’une couche de Lissu compact en continuité avec la corticale.
Dans la forme hypertrophique, il y a
— élargissement épiphysaire,
—- de volumineux ostéophytes et des exostoses,
— des calcifications capsulaires et musculaires. Celte forme peut donner
Des luxations, réalisant toujours la luxation habituelle qui peut être un signe de début.
Des fractures spontanées : le plus souvent à lavant-bras et S'il n’y a qu’un os, c’est le cubitus qui est fracturé.
Des inflexions spontanées, plus fréquentes au cubitus.
Un allongement du membre supérieur,
ou inversement un raccourcissement quand, chez un enfant, des néoformations osseuses entourent un cartilage conjugal.
Des suppurations localisées par ordre de fréquence aux poi-
gnets, aux coudes, à l’épaule.
Suivant le siège il faut signaler
— à l’épaule, la forme athrophique peut s'accompagner d’un élargissement de la glène, avec ostéophytes périphériques et hypertrophie de la coracoiïde ;
— au coude : les surfaces articulaires humérales peuverit être remplacées par une nécrose pénétrant entre les saillies condyliennes.
L’olécrane a des contours irréguliers ; il est épaissi, le bec a disparu, ainsi que l’apophyse coronoïde.
La cavité sigmoïde est élargie.
Il y a des calcifications des tendons du biceps et du brachiai antérieur.
Dans la forme atrophique, on a signalé des résorptions de l’ex-
trémité humérale ou des radius et cubitus dans leur tiers supé-
rieur.