‹ Essai de commentaire des fragments cosmogoniques de Bérose d'après les textes cunéiformes et les monuments de l'art asiatiqueChapitre 10 sur 70 · COLONNE · texte numérisé non relu

COLONNE

lu

arba' tikun [yuras ana lubu\éta Marduk nu Zarpanil lu addinu ma.

lubuita rabila iubuéla yurasi Marduk au Zarpanil lu ulabbiéi iunuU ma.

aban iikniSadiaban ka mary a...

aban zalu si aban zalu sutru aban zalu pi aban zalu utyal aban ini Meluyya aban santi

aban zallakra X aban il sa sumusu nasqu ana airal Marduk au Zarpanit lu addinu ma.

mtiy y i lubusli iluli.sunu rnbitiv

lu uza' inu ma.

agê garni sirati agê biluti simat Huit sa salummati malati

a Je dis. Le dieu Marduk[du] Iîit-^aggalu[dé]'R&hj~ j> lone, [dieu] très-grand... leurs ... élevés... Babylone... brûla son.... Marduk de Babylone. .. . sa face il a fait....

» Marduk J’ai donné quatre talents [d’or] pour le

» vêtement de Marduk et de Zarpanit. Du vêtement » grand, du vêtement d’or, Marduk et Zarpanit, les ai » revêtus. Du marbre de l’orient, de la pierre Ara...., de la J) pierre zatu d’œil, de la pierre zalu sutru, de la pierre » zatu d’oreille, de la pierre zatu utyal, de la pierre apr> pelée yeux de Meluyya, de l’albâtre, de la pieire » zallakra, dix pierres précieuses dont la renommée est » grande, je les ai données pour la statue de Marduk et de

» Zarpanü. J’ai orné les vêtements rrétoffes de leurs » grandes divinités. Les tiares aux cornes élevées, les » tiares de domination, insignes de la divinité, pour coin- » pléter leur costume. ...»

Ulabbisi est la première personne du pacl du verbe, qui a également en hébreu le sens de a se vêtir ; » lubusta est le substantif dérivé de cette racine verbale, parallèle à l’hébreu « vêtement » et spécialement

«vêtement splendide» (Job, xxxviii, I i), on écrit plus habituellement dans les textes cunéiformes luhulla (voy. Norris, Assyrian dictionary, t. II, p. en vertu du

changement si habituel de la sifllante en / devant une dentale (Oppert, Éléments de la grammaire assyrien?te, 2' édition, p. 5). Dans nasqu nous reconnaissons avec certitude la racinepDJ, « monter, s’élever.» La particule mu estime particule purement explétive dont le rôle se définit assez difficilement et qu’il est impossible île rendre dans une traduction (voy, Norris, Assyrian dictionary, t. I, p. 12 ; Oppert, Éléments de la grammaire assyrienne, 2'' édition, p. 123).

Différents exemples assurent au mot muy/u la signification d’une espèce d’étoffe, peut-être une étoffe foulée, de la racine HilD ou une étoffe moelleuse; aussi croyons-nous que la pierre muyyu dayili, dont il est question dans l’inscription des Fastes de Sar-yukin 1. 1-12), doit être l’amiante, que désignerait très-bien ce nom de « tissu brillant, » ou « perdurable » .

Le verbe za'in se retrouve dans l’Inscription delaCoinpagniedes Indes (col. 3,1. fO et 1 1 : W. A. 1 i, fU) : elip asSapiit saririauabni nza’in, «j’ai orné défigurés sculj»tées (hébreu Dn’S) et de pierres l’arche des oracles. » Nous l’avons aussi sur le Haril de Phillips (W. A. 1. I, 65, col. 1, 1. 33) : bit ana Zarpanü bi'illiya kuvam

uza’in, « j’ai orné d’une couverture le temple de Zarpanil, » ma souveraine. » Notre nouveau texte et le premier passage que nous avons cité ne permettent pas de le transcrire comme M. Oppert {Expédition en Mésopotamie, t. II, p. 299), en le rapprochant du mot qui signifie « voûte » en ghez. C’est à l’arabe zain, « ornement,» qu’il faut le comparer, ainsi que l’a très-bien vu M. Fox Talbot (Journal ofthe Royal Asiatic Society, t. IV, 1” part.p. 49).

Le sens d’ayu, « tiare, » a été depuis longtemps établi (Norris, Assyrian dictionary, t. I, p. H). Quant à qarnu, c’est PP ,tt corne ;» dans la tablette n° 100 de la collection photographique (1. 7) ou donne des cornes, garni, au dieu Sin ; enfin dans la tablette qui énumère les diverses parties d’un uavire(W. A. I.ii, 62,2) on meutionne(l. 69 etC0)la corne, qarnu, en latin cornu antennae.Simat est pour nous un dérivé de la racine caria substitution d’un D au

Xf dans l’orthographe assyrienne est plus lu'.dtipliée que ne l’a dit M. Oppert {Eléments de la grammaire assyrienne, 2' édition, p. 4), ses propres traductions en font foi (1).

(1) En général les permutations de sifflantes «ont communes en assyrien, aussi communes que celles do gutturales et de dentales y sont rares. A notre avis, M. Oppert n’a pas suffisamment indiqué ce fait dans son résumé grammatical. Ainsi il signale celle de Q et du f »t en cite un exemple, mais il omet celle de ^ et de D, existant pourtant aussi en hébreu (ynj = Dnjh dent nous pouvons produire ici un exemple formel dans l'assyrien, pTO pour PTX. comme en samaritain. Nous le trouvons fois: l*‘ dans l’insc! iption des briques du temple de S‘in et de S'omas‘à Khorsabad, construit par S‘ar-yuibn (Longpérier, A’ofricc des monuments assyriens du Louvre^ 3* édition, p. 43, n* 43; reproduit avec d'assez graves inexactitudes dans Oppert, Expédition en iUwopotûmte, t. II, p. 330), qui finit ainsi : ana halat s‘u Hnat palrs'u sidtgi As*s'ur s'alam As's'ur e6ui*, « 11 a fait (le temple) pour sa vie, la durée de ses années, la rocti- » tude de l’Assyrie, le salut de l’Assyrie » ; S* dans l’inscription des briques du temple de Nahu et de 3fard«lf construit à Koyoundjik par le niémc aS'tir-1/uÀan (W. A. I. 6, 7), qui finit également ainsi : ana baîatyu a'uUimu fam nakiris'u siiiqi As's'ur s*olom .IsVt'ur f il a fait (le

» temple) pour sa vie, la paix de sa race, lasoutnission de ses ennemis, la » rectitude de l'Assyrie, le salut de l'Assyrie.

Quant à éalummati, nous y voyons l’hébreu ndjV (pur un tr), « vêtement. »

Reste à parler des pierres éminiérces comme uyantservi à orner les statues de Mardiik et de Zarpanil ; la liste ne comprend que neuf noms, bien que la phrase suivante parle de dix espèces de pierres ; il y en a donc eu sans doute un d’omis par le scribe. Les deux pierres dont les noms, certainement idéographiques, s’écrivent l’un par les caractères sa-mai, l’autre par ceux qui signifient «lumière grande, » sont le marbre et l’albâtre. Nous en avons la preuve positive par ce fait que Sar-yuhin dit avoir gravé les tablettes commémoratives de la fondation de sa ville « sur or, argent, étain, ploml), cuivre, za-mnl et pierre » delà grande lumière, » et que précisément dans lacaisse de pierre qui les renfermait M. Place trouva sept tablettes, en or, argent, étain, plomb, cuivre, marbre et albâtre (voy. Oppert, Les inscriptions de Üour-Sarkay an, p. 23-27). C’étaient, du reste, des pierres (juc l’on exploitait en Assyrie môme ou dans les pays immédiatement voisins, soumis au sceptre des rois assyriens, car, dans les exemples de phrases bilingues en accadien et en assyrien, il en est une qui a trait à la prise de possession d’une carrière de ces deux matièreset d’une troisième (W. A. 1. il, 19, 1. 47, et 48). C’est là, et dans un autre passage de la môme tablette (1. 27, comparée à la 1. 21), que nous avons puisé les lectures phonétiques ukni et santi. On trouve aussi sipruv comme une autre lecture correspondant à sommât (W. A. 1. Il, 40, 3, 1. 48). Cette expression, devenue idéographique, parait avoir été originairement un allophone, car zomat est le mot accadien correspondant à l’assyrien îààu, «blanc» (W. A. I. 11, 24, 2, 1. 47), éi>ithète qui convient trè.s-bien au marbre.

La pierre que nous regardons comme le marbre est

fréquemment citée comme employée, en tant que matière de luxe, dans les travaux d’architecture des rois de Babylone. Nabu-kudurri-u,yir , parlant de la pyraiiiide de Babylone, dit dans l’inscription de Borsippa (col. 1, 1. 25 et 26 : W. A. I. i, 51) : Ina agurri ukni ellitiv ulla reiasa, « en briques et en marbre (c’est-à-dire en briques revê- » tues de marbre) j 'en ai élevé le faîte. » La même phrase est répétée dans l’Inscription de la Compagnie des Indes (col. 3,1. 15 et 16 : W. A. 1. 1, 54). Dans cette dernière inscription (col. 2, 1. 47-50 : W. A. I. l, 54), en parlant encore de la chapelle supérieure du même édifice, le roi dit encore : y urasu nissa kima sadu au maria ukni au santi qabal büuéaibis, «j’ai revêtu d’or brillant comme le le- » vant et comme le couchant le marbre et l’albâtre de l’iii- » térieur de la chambre. » Cependant quelques passages semblent indiquer que l’on appliquait aussi les noms de zamat et à!ukni à une pierre plus précieuse que le marbre. Telle est une phrase bilingue (W. A. I. il, 19, 1. 24 et 27), dont le texte accadien porte il zidamu galbi duma (ici l’expression idéographique de l’or) zamat..., et la version assyrienne ina imniya rabissu ludur ina yvrasi ukni. .., » dans ma main droite sa grande haste d’or et de pierre

» ukni » C’est peut-être dans ce dernier sens qu’il

faut prendre la pierre za-mal que l’on trouvait dans le pays de Bikni (W, A. 1. 1, 46, col. 4, I. lOj, le canton le plus reculé de la Médie (voy. nos Lettres assyriologiques, t. I, p. 45). Ce serait cette pierre quil taudrait sans doute voir dans Vukni de notre texte, puisqu’il venait de l’Orient, sadu, écrit ici par l’accadien kurru pris comme allophone.

Quant à la roche que nous considérons comme l’albâtre oriental, son nom de santi est peut-être le même que celui de rUD donné daus la Bible à un rocher des environs

de Michmus (I Sam. XIV, 4), « le rocher d’albâtre ; » nous le tirons d’une racine parallèle à rUW, « briller, » ce qui coïncide avec son expression idéographique de a pierre de la grande lumière. » Il y en avait des carrières célèbres dans le pays de Muli, voisin de celui de Tabal ou des Tibaréiiiens (Obélisque de Nimroud, 1. 107 : L. 92). L’albâtre est compris dans les énumérations du butin que fit Assur-nasir-pal dans la ville de Sur, du pays de BU-yalupie sur le fleuve Ghaboras (Monolithe de Nimroud, col. 1, 1. 84 ; W. A. 1. 1, 19;, du butin que ayê-irib enleva de Babylone. (W. A. I. iii, 14, 1. 27), et des tributs que les rois de Syrie payèrent à Assur-ay-idm (Prisme, col. 5, 1. 19 : W. A. I. l, 47). Enfin Nabukudurri-usur parle d’un « temple d’albâtre » qu’il avait construit à Babylone en l’honneiu' de Bel (Inscr. de la Compagnie des Indes, col, 4, 1. 23-28 : W. A. I. i, 55).

La pierre za-tu, dtjiit notre texte énumère quatre variétés, est aussi désignée par une expression idéographique, qu’une tablette traduit aèanisiuri, <t pierre d’oiseau » (W. A. L II, 40, 2, 1. 17). Dans l’inscription de Bavian (W. A. I. III, 14, 1. 27), Sin-ayê-irib compte parmi le butin qu’il recueillit au sac de Babylone des pierres yal, .iulru, za-lu et pi ; ce sont précisément les quatre variétés de za-tu de notre tablette, et à Bavian le simple 2a-/u correspond au za-lu éi de notre document à'Assur-bani-pal. Le nom assyrien de la pierre y al est dans une tablette rame (W. A. I. Il, 40, 2, 1. 14), car yal est un terme accadien signifiant « poisson. » La pierre pi est encore nommée dans les Fastes de Sar-i/uktn (1. 142), avec le zamat et la pierre sutru, dont le nom est écrit fautivement sirru dans l’édition de MM. Oppert et Ménant. Quant à ce qui est de la pierre ka, désignation idéographique qui signifie « pierre de corne » ou a de dent, » elle est appelée erie

dans une tablette (W. A. I. ii,40, 2,1. 10), et Sar-yukin, dans le passage de ses Fastes que nous venons de rappeler, la compte encore parmi les offrandes précieuses qu’il consacra aux dieux à Babylone. Tuklati-pal-a&arV' en faisait venir du pays de Na' tri pour la décoration du grand temple de sa ville d’^/-^ssur (Prisme, col. 8, 1. 11 : W. A. I. l, 16), et Aésur-a/-idin dit qu’on en trouvait dans le désert voisin du pays de Bazu en Arabie (Prisme, col. 3, 1. 24 :W. A. I. I, 46).

Pour la pierre nommée ini Meluyya, le mot tnt étant écrit idéograpbiquement, on la tirait, comme son nom l’indique, du pays àe Meluyxi otx Meluy^y a, que l’on a jusqu’à présent identifié à Méroé, à tort suivant nous, car nous établissons dans notre Mémoire en cours de publication sur l'époque éthiopienne dans V histoire d'Égypte que c’était la partie orientale du Delta et le nome libyque. C’est, du reste, la seule fois que cette pierre soit mentionnée dans les textes, mais nous en trouvons citée une autre d’un nom composé de même inu issuri, « œil d’oiseau, » appelée en accadien küla (W. A. I. il, 40, 2, 1. 12). Chez tous les peuples on a appliqué la désignation d’œil àcertaines pierres d’après leur aspect et leurs taches. Ainsi nous trouvons dans Pline [Hist. nat. xxxvil, 71) : Adadunephros, ejitsdem oculus, ac digitusdei: et hic colitur a Syris. Triophthalmos cumonyche nascitur, très hominis oexUos simul exprimens. Un peu plus loin (xxxvii, 72) : Aegophthalmos caprino oculo; item alia (gemma) suillo. Enfin : Lycophihalmos quatuor est colortm, ex rutilo sanguinea : in medio nigrum eandido cingitur^ ut luporum oculi^ illis per omnia similis. Ilj aegophthalmos et le lycophtalmos sont également cités par Isidore de Séville (Origin. xvi, 14). Nous-mêmes nous avons encore, dans le langage de nos lapidaires, l’œil de bœuf, variété de labradorite, l’œil de

chai, variété de quartz, P œil de poisson, variété de feldspath annulaire, et dans certaines parties de la France la pierre meulière est désignée sous le nom d’œil de perdrix.

Les neuf espèces de pierres énumérées dans notre document A’ AàAur-bani-pal ne sont donc pas des gemmes proprement dites, elles rentrent dans la catégorie des marbres et des jaspes. Il est probable qu’elles étaient destinées à faire des plaquettes découpées, qui, serties dans l’or, comme des pierres analogues ou des pâtes de verre opaque les imitant dans un certain nombre de bijoux asiatiques et égyptiens conservés dans nos musées, décoraient les vêtements des images divines en y simulant des dessins ou des broderies. Et ces vêtements étaient appliqués sur des statues de grande dimension, à en juger par le poids considérable de 4 talents d’or ( 122 kilogr. 600 gr. s’il s’agit de talents faibles; 245 kilogr. 200 gr. s’il s’agit de talents de la série forte) qu’on y avait employés.

Dans la troisième colonne du recto l’énumération des offrandes du roi se poursuivait, ainsi Cjue nous montrent les débris qui en subsistent. Malheureusement ce ne sont plus que des lignes tronquées, d’où il est impossible de tirer des phrases suivies.

lu urakbi

anaddin jula

tam

Iti a.<lcunu

aban zalu aban sul\ru

aban zatu

Bü-Mis llkam

J’ai transporté

j’ai donné

j’ai fait

delapierre za/u, de la pierre Hutru,

Je la pierre zalu

le temple Mis, deuxième

La tablette nous présente ici un trait, qui indique une division dans le texte.

mnyirti

lu nza\’m

tab sa ■/ liras

ttban ka ahnn za[lu....

ina nabii

upa-f[ir

susilli.

kukilti

aban ini [Meiuyya

aban zalu

aban ka

aban zalu

ina

lu [u]pn[yir

kima

les précieux

j’ai orné

bon, d’or [et

de pierre ka et de pierre so/u,

dans

j’ai fabriqué

des bandelettes

des bandelettes

de la pierre dite yeux de

Meiuyya

de la pierre zalu

de la pierre ka

de la pierre zalu

dans

j’ai fabriqué

comme

Nous voyons dans urakbi la racine 3^1, qui donne à l’assyrien rukub, « char. » Le paël du verbe nadan,

« donner, » anaddin, est écrit dans le texte idéographiquement par la duplication du signe de l’idée de donner, orthographe qui a été déjà signalée (Ménant, Eléments de la grammaire assyrienne, p. 238). Quant à susilli, noua y reconnaissons le chaldaïqiie « chaîne, » le syriaque

sislo, « bandelettes; » ce sont des bandelettes faisant partie du vêtement des statues divines, ou plutôt des bandes superposées de figures et d’ornements^ suivant l’habitude de l’art asiatique, ce que semblerait appeler le verbe npay ir, qui se rend bien mieux par le latin finxi que par aucun mot français.

Les deux premières colonnes du verso de la tablette sont presque entièrement remplies par des prières en faveur du roi, pour lequel on invoque la protection de différentes

(liviniti‘s. Ces prières sont en partie mutilées, et outre leurs lacunes présentent des dilTficultés considérables à l’interprétation, par l’emploi d’expressions obscures et insolites. Nous n’avons pas, du reste, à en essayer ici la traduction, car il faut nous en tenir à ce qui intéresse directement notre sujet ; sans quoi, de digression en digression, nous finirions par faire sortir notre commentaire de toutes les bornes raisonnables. Aussi nous bornerons-nous h citer la nouvelle énumération d’olfrandes de haut prix, analogues aux précédentes, qui recommence dans la troisième colonne du verso. Malheureusement il ne reste que le commencement de la plupart des lignes.

rahu siza

ina aban za[tu

larimte ^uvasi....

rabili

ana Marduk lu ad[dinu.

kisati

Sa kaspu U

ana ASSur Bü-Sa</[galu

lu la din ul

Jiil-Saggn\lu

to&u. . .

nin...

apki

anaSimii\li...

ana ili...

Le grand

en pierre zalii

les offrandes d’or

grandes

j’ai donné à Marduk.

Les couvertures

d’argent et

en l’honneur du dieu .l,v.vur de lîil-èaggatu

spontanément j’ai

Bü-Saggatu....

bon

pour les destinées....

au dieu

Tarimtc est exactement parallèle à l’hébreu HDIin, « oblation, offrande, n KiSatuv, kiSltrv, figure dans une tablette (W. A. I. ii, 23, col. 3, 1. t3-57) comme une partie do la maison, « la couverture, le toit; » il faut rap-

procher ce mot de la racine lu'braïque HDD, « couvrir, r /Jtnnu est constamment employé dans les contrats prives avec le sens de « dette, • la din pourrait donc signifier « sans le devoir, sans y être oblige, librement; » ce semit une expression analogue au volum solvit lubent merüo des inscriptions latines.

Mais la donnée la plus curieuse de cette dernière partie de l’inscription est la mention du culte du dieu -l.s^'ur dans la Pyramide de la cité royale de Babylone au temps de la domination des derniers rois assyriens. Si donc A.Kttray-idin avait commencé la restauration de ce monument célèbre et entouré d’une si grande vénération religieuse (col. 3, 1. 22-25, et col. 4, 1. 1-18 : W. A. I. i, 49), mentionné antérieurement par Tuklati-pal-asar II (L. 31, 2, 1. 6), si y4.v.vwr-6am-pa/, son fils, y dédiait de magnifiques ofirandes à Mardiik et à Zarpanit, ces princes y avaient installé à côté et au-dessus des dieux nationaux de Babylone, en marque de leur suprématie, l’adoration du dieu propre à leur pays, du dieu national de l’Assyrie, qui tenait pour eux le premier rang. C’est ainsi, du reste, que les monarques assyriens agissaient constamment à l’égard des dieux des peuples conquis. Ils les reconnaissaient, leur rendaient hommage, mais proclamaient l’empire suprême d’.d. v.vur sur eux tous(voy. Oppert, Mém. prcsenl. par div. sav. à l'Acad. des Inscr. l"" série, t. viii, !’• part, p. 555). Naturellement ce culte d’.Issur, signe d’un va.sselage étranger, disparut sous les rois nationaux du nouvel empire chaldéen.

Le document d’j4ssMr-6fl«t-pa/ dont nous avons traduit les passages qui intéressaient le sujet de cette note contient, comme on l’a vu, beaucoup de précieux détails sur les draperies d’or enrichies d’incrustations de pierres dont la dévotion des rois revêtait d’une manière fixe et à de-

menrp los statnos des dieux. Quant aux ornements mobiles et aux vêtements d’étoffes plus ou moins somptueuses dont l’application sur les mêmes images à certains jours, en rapport avec certaines fêtes, constituait proprement l’operation du stolisme, il n’y a qu’une seule phrase qui s’y rapporte. Les monuments de l’art nous fournissent pins de données à ce sujet, car nous n’hésitons pas à reconnaître la représentation d’une prêtresse stoliste, comme celle dont parle notre fragment de Bérose, parant la divinité à laquelle elle est attachée, sur deux cylindres du musée du Louvre, (jue M. de Longpérier {Notice des antiquités axsijriennes du lA»/vre, 3° édition, p. 91 et suiv.) décrit de la manière suivante :

« 4-17. Divinité féminine assise sur un siège à pieds droits ornés de moulures ; elle a les pieds posés sur un escabeau et tient un miroir ; devant elle, une femme, debout, porte une coupe de la main droite et une pièce d’étoffe de la main gauche ; derrière le siège une femme, debout, agite un flabellum carré.

« 418. Arbre (myrte) en avant duquel est une divinité assise sur un siège à dossier très élevé. Elle est coiffée d’une tiare conique munie de petites cornes et surmontée d’un astre. De la main droite, elle tient un miroir ; devant elle, une femme debout, qui lui présente un voile à franges en faisant le geste de l’invocation. »

« Ces deux cylindres, ajoute le savant académicien, taillés dans la même matière (c’est une agate rouge et blanblanche) et gravés par la même main, se rapportent certainement à la même divinité. La déesse assise, coiffée d’une tiare à cornes de taureau, surmontée d’un astre, se retrouve dans un très-beau bas-relief de Nimroud représentant une procession d’hommes portant des idoles ard. Monuments of Nineveh, pi. 65). Le sujet des

cylindres \M et 448 semble le prototype de ces comportions connues sous le nom de toUelle de Vénus, qui se voient sur des vases grecs. » Ces remarques où se montre la haute expérience des monuments figurés qui distingue M. de Longpérier sont pleinement confirmées aujourd’hui que nous pouvons appliquer avec certitude, à la déesse du cylindre n” 448 le nom d'Islar, la Vénus assyrienne, d’après les caractéristiques que nous avons indiquées plus haut (p. 1 16 et suiv.) comme celles des représentations de cette déesse.

Pour en revenir aux textes écrits, le document qui touche le plus directement au sujet dont nous nous occupons en ce moment est la tablette n° 162 de la collection photographique. C’est sans contredit le texte le plus précieux que l’on possède jusqu’à présent sur les cérémonies du culte assyrien. M. Fox Talbot en a signalé le premier l’importance et le sujet général {Transactions of the Royal Society of Literature, 2* ser. t. VIII, p. 244-237 j ; il a donné de quelques parties un premier essai de traduction, qui laissait beaucoup à désirer et qu’il a déjà lui-même corrigé sur plusieurs points d’une manière plus ou moins heureuse {Journal of the Royal Asiatic Society , new ser. t. IV, p. 25-26 et p. 27). Au reste, le texte est fort obscur et présente en quelques endroits des difficultés presque insurmontables dans l’état actuel de la science, à cause de l’emploi de beaucoup de mots qui ne se trouvent pas ailleurs. De plus, récriture extrêmement fine de la tablette est fort difficile à déchiffrer, surtout dans la photographie (1); en plus d’un endroit les caractères sont effacés et devenus illisibles;

(1) J’ai heureusement pu me servir aussi d’une copie, de date un peu ancienne, faite parM.Oppert, que ce savant a bien voulu me communiquer avec la libéralité qu'il apporte toujours en pareil cas et qui lui fait tant d’honneur.

enfin il y a une lacune de quelque étendue » la tin du recto et au commencement du verso. Des difficultés matérielles se joignent donc aux difficultés inhérentes au texte même. Aussi nous no nous sentons pas en mesure de donner une traduction intégrale de cette tablette. Mais nous en traduisons plus que n’a fait M. Fox Talbot, surtout plus sûrement et avec plus de rigueur philologique. Et quant aux parties dont nous ne pouvons pas donner une version suivie nous essayerons d’en indiquer du moins le sujet d’après ce que nous en distinguons.

La tablette n“ \ 62 contient les formules et les prières d’une cérémonie analogue à ce qu’était chez les Athéniens la fête des Plyntéries (voy. Meursius, Graecia feriata, v. n>uvr/iv).r, Ch. Lenormant, Nouv. ann. de l'inst. arch. 1. 1, p. 261; August Mommsen, Heortologie, p. il, 35, 127-439), chez les Argiens le bain de Pallas, sujet d’un petit poëme de Callimaque, et chez les Germains celui de la déesse Nerthus (Tacit. German. 10). Ovide (Fasl. IV, V. 135-138) décrit aussi et résume en quatre vers une cérémonie semblable qui avait lieu à Rome dans les fêtes de Vénus au mois d’avril :

Âurea mannoreo redimicula solvitc collo ;

Demite divitias : tola lavanda dea est.

4 Aurea siccato redimicula reddite collo :

Nunc alii flores, nunc nova danda rosa est.

Le simulacre d’une déesse du plus haut rang dans la hiérarchie divine, et essentiellement chthonienne, notons-le en passant pour la signification mythologique de cette cérémonie, que nous n’essayerons pas, du reste, d’approfondir aujourd'hui, y est dépouillé successivement de tous ses ornements précieux pour être soumis à des opérations purificatoires, à un lavage ou h un bain ; puis

on lui rend ses parures dans l’ordre exactement inverse à celui dans lequel on les lui a enlevées. La déesse est donnée comme adorée kTiggaba ou Cutha (recto, 1. la), ville dans un sanctuaire de laquelle se passe peut^tre la cérémonie. Elle est la Aauxïi do Damascius, l’épouse de Nisruk (voy. la note 16 du fragm. 1, p. 69 et suiv.). Son nom est écrit une fois simplement Dav-ki (recto, 1. 3) ; et le plus souvent Dav-ki-gal comme dans W. A. I, il, 59 ; mais dans les versets qui se rapportent nu moment où on lui enlève scs bijoux (recto, 1. 17-37) le signe tiv est placé après Dav-ki\ c’est le complément phonétique du mot irsiliv, qui prouve qu’il faut dans tout ce texte tenir pour allophone le nom accadien de la déesse et le lire par les mots assyriens correspondant h sa signification. Cette variante nous apprend que dans la forme la plus fréquente du nom de, l’épouse de Nisruk, Davkina, il ne faut pas distinguer seulement deux parties, Davki-na, comme nous l’avons fait plus haut (p. 70) d’après la variante Davkigal, mais trois, Dav’ki-na, dont la dernière est une épithète encore inexpliquée. De plus nous y voyons que le nom assyrien qui répondait à cette appellation accadienne en était une simple traduction, possible à restituer d’après le sens même en attendant que quelque document nous le fournisse écrit phonétiquement. Dav-ki en accadien est « la dame Terre, la Terre épouse, » car dav correspond à xtVat et asiat (voy. Norris, Assyrian dictionary, t. I, p. 238) comme nin à belit ; c’est une Gæa épouse d’Océanos, une déesse Terre épouse du dieu des eaux. En conséquence nous lisons son nom assyrien Asi^at-Irsit, ou à l’état emphatique As^aluv-Irsituv, car le cas oblique indiqué parle complément phonétique tiv n’appartient pas au seul mot « terre » ce qui aurait pour résultat de donner au nom le sens de « dame delà terre, » lequel cadrerait diffi-

cileraent avec l’acception véritable de dav ; la construction de la phrase le nécessite pour le nom entier.

Le texte est coupé en versets cadencés qui présentent souvent à la fin des assonnances répétées plusieurs fois de suite. La division des deux parties paralléliques de chaque verset est indiquée matériellement sur la tablette par un hiatus dans la ligne d’écriture. La forme constante est celle d’un dialogue entre la déesse et les différents personnages qui prennent part à la cérémonie. Quand l’interlocuteur n’est pas désigné il est facile de le reconnaître au changement des personnes dans le discours.

L’économie générale du texte peut se résumer ainsi . La cérémonie a pour théâtre un temple en forme de pyramide à sept étages, comme la Tour de Borsippa. Ces étages sont constamment désignés dans la tablette par le groupe idéographique complexe pa-an, qu’il ne faut pas confondre avec le mot pan, « face, » écrit toujours phonétiquement pa-n« et au cas oblique pa-nt(l) ; le sens n’en est pas douteux, car un grand nombre d’autres exemples le montrent s’échangeant avec l’expression phonétique parsu, de la racine yiS. Le monument tout entier est, du reste, comme ceux dont nous avons parlé plus haut (p. 391-397), assimilé à une région mystique et céleste; de là le nom qu’il reçoit : iWa^-n«-na/ctr (ce dernier terme exprimé par un idéogramme) «le lieu qui ne change pas, le lieu immuable. » Chacun des sept étages de cette i>yramide est consacré à un dieu différent, dont il est censé la demeure, et à chacun, comme dans l’échelle des mystères mithriaques (Origcn. Adv. Cels. VI, p. 646, B), se

(1) C'est la faute que nous avons commise un peu plus haut(p. 391), en traduisant un passage d’une inscription do Bm-A'irari III. Dans ce passage, comme dans celui de la stèle de S‘ams‘i-Bin III cité en même temps, il faut lire ; Afutil parti Arali.

trouve une porte. Après quelques invocations, le prêtre ouvre les sept portes et les fait passera la déesse, en la dépouillant à chacune d’une pièce de son costume, de telle façon qu’ après avoir franchi la septième porte, quand elle entre dans le sauctuaire de la plate-forme supérieure, la déesse se trouve entièrement nue. Là cesse pour le momoment le rôle du prêtre. Ce sont alors diverses divinités qui interviennent pour servir la déesse et la purifier, faisant auprès d’elle l’office de ministres, malgré leur rang élevé dans la hiérarchie céleste. Peut-être, dans la réalité de la cérémonie, plusieurs ministres sacerdotaux, de l’un et de l’autre sexe, représentaient-ils le rôle de ces dieux, comme à Eleusis dans les rites de la pannychis mystique. Peut-être aussi se bornait-on à enfermer la statue de la déesse dans le sanctuaire supérieur delà pyramide, où les dieux étaient censés venir la servir. Quoiqu’il en soit, une fois que ceux ci ont terminé leur office, la déesse n’a plus qu’à sortir pour retourner vers le lieu d’où elle est venue d’abord. Elle redescend donc les étages de lu pyramide et franchit de nouveau les sept portes, en recevant des mains du prêtre à chacune l’ornement qu’elle y a déposé en entrant. Seulement alors la porte qui était la septième en entrant devient la ])remière en sortant et ainsi de suite. C’est de cette façon que la restitution des parures a lieu dans l’ordre inverse à celui du dépouillement.

Ajoutons comme dernière remarque, indispensable à l’intelligence du texte, que constamment, par une irrégularité de syntaxe dont on a déjà relevé plus d’un exemple en pareil cas dans les textes assyriens, quand il s’agit, dans les invocations ou dans le récit, de la déesse principale ou de celle qui vient la servir, les suffixes pronominaux sont bien mis au féminin, mais les verbes suivent les formes masculines.

La tablette commence par des invocations tràs-mutilccs a la déesse Davki ou Asàal Irsü, où nous ne pouvons distinguer d’abord (1. t-8) que des lambeaux de phrases sans lien entre eux ; notons-y cependant une mention des eaux destinées à la cérémonie, qui semblent avoir été présentées à la divinité avant l’ouvertnre des portes du sanctuaire : annitu me anaku iui — « ces eaux, moi avec...» (1.7). A la ligne 9 commencent trois versets qui continuent bien évidemment à être placés dans la bouche du prêtre qui fait les invocations. Quoiqu’ils soient fort mutilés, il en reste assez pour permettre d'en déterminer le sens général et de reconnaître le caractère funèbre qu’ils donnent à la cérémonie.

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