irbi bilti sa Assat Irsit — ki am parsisa
— « A la première porte, je l’ai fait entrer, je l’ai dé- » pouillée. »
— Il a enlevé la grande tiare de sa tête.
— « Sers-moi prêtre ; tu as enlevé la grande tiare de T) ma tête, r
— a Entre, ô majesté de la Déesse Terre, à ce degré de n scs étages. »
— « A la seconde porte, je l’ai fait entrer ; je l’ai déï> pouillée. »
— Il a enlevé les pendants de ses oreilles.
— « Sers-moi prêtre; tu as enlevé les pendants de mes T) oreilles. »
— a Entre, ô majesté delà Déesse Terre, à ce degré de j> scs étages. »>
— « A la troisième porte, je l’ai fait entrer; je l’ai dé- » pouillée, »
— Il a enlevé les pierres précieuses de son col.
— « Sers-moi, prêtre; tu ns enlevé les pierres pré- » cieuses de mon col. »
— « Entre, ô majesté (le la Déesse Terre, à ce degré de » scs étages. »
— « A la (quatrième porte, je l’ai fait entrer; je l’ai dé- » pouillée. »
— 11 a enlevé les parures de son torse.
— « Sers-moi, prêtre ; tu as enlevé les parures de mon » torse. »
— (( Entre, ô majesté de la Déesse Terre, à ce degré de » scs étages. »
— « A la cinquième porte je l’ai fait entrer ; je l’ai dé- « ponilléc. »
— 11 a enlevé la ceinture garnie de pierres de sa taille.
— « Sers-moi, prêtre; tu asenleré la ceinture garnie » de pierres de ma* taille. »
— (c Entre, ô majesté de la Déesse Terre, à ce degré de » ses étages. »
— (( A la sixième porte, je l’ai fait entrer ; je l’ai dé- )' pouillée. »
— Il a enlevé les bracelets de ses mains et de ses pieds.
— « Sers-moi, prêtre; tuas enlevé les bracelets de mes » mains et de mes pieds. »
— « Entre, (ê majesté de la Déesse Terre, à ce degré de » scs étages. »
. — « A la septième porte, je l’ai fait entrer ; je l’ai dé- )> pouillée. »
— Il a enlevé le voile de pudeur de son ventre.
— « Sers-moi prêtre ; tu us enlevé le voile de pud(>iir de J) mon ventre. »
— « Entre, ô majesté de la Déesse Terre, à ce degré de » ses étages. »
Nous ferons d’abord quelques remarques philologiques sur la partie du texte qui se répète dans toutes le.s strophes.
Userib est la première personne de l’aoriste du schaphel du verbe 3*17, dont nous avonsdéjà parlé plus haut; umtasi celle de l’aoriste de l’iphteal d’un verbe HîfD, qui a en hébreu, ainsi que son congénère ySD, le sens de « dessécher, » mais paraît avoir ici la signification de « priver, dépouiller. » Dans illahal nous voyons la troisième personne régulière et dans talhal une forme contractée de la seconde personne de l’aoriste du verbe à l’iphteal. Quand à ammeni, c’est pour nous l’impératif du paél de HDN, «T servir, » avec le suffixe de la jiremière personne.
La construction du troisième verset peut embarrasser au premier moment. Bien qu’on s’y adresse à la déesse, elle est désignée à la fin par la troisième personne, parce qu’on y emploie pour lui parler la forme indirecte qui invoque sa majesté, hilti. Noiis nous .sommes expliqué un peu plus haut sur le mot parxu, écrit pa-an, et désignant l’étage de la pyramide à degrés ; parsisa, « ses étages, r> sont les étages successifs que l’image de la déesse doit franchir pour arriver au sommet. L’adverbe ki am, eni • ployé au commencement de tous les paragraphes de la grande inscription de Behistoun, paraît avoir bien positivement le sens de « alors. » De là notre traduction pour l’expression composée, et presque impossible à rendre mot à mot, ki am parxixa.
Al>nrdons inaintenfint l’oxamen des parures successivement enlevées à la déesse et essa)'ons d’en déterminer la nature. C’est un sujet qui offre de grandes difficultés, mais pour lequel nous pourrons trouver des secours dans les monuments de l’art, ainsi que dans certains textes l>ihliques.
Le )»lus précieux de ces textes est celui du chapitre XVI d’Ezéchiel versets 10-111), où il compare .lérusalein à une jeune fille que Jéhovah a recueillie et parée. Tous les traits du costume décrit dans ce passage sont essentiellement assyriens, ce qui n’a rien qui puisse nous surprendre, car à cette époque l’influence des usages de l’Assyrie avait profondément pénétré les populations de la Palestine ; d’ailleurs Ezéchiel vivait et prophétisait au milieu des captifs hébreux déjà transportés en Mésopotamie, et grâce à cette circonstance toute la partie plastique de ses visions est directement et exclusivement inspirée par l’art chaldéo-assyrien ; plus qu’aucun autre prophète il porte cetle empreinte.
« Je te revêtis de broderies ; je te chaussai de peau de » dugong (U^nn) ; je te couvris du plus fin lin et de » soie {Wlû).
» Je te parai d’une parure; je mis des bracelets sur te.s » mains, et un collier à ton cou ;
» Je mis un anneau à ton nez, des pendants à tes « oreilles et une tiare sur ta tête.
» Tu fus parée d’or et d’argent ; ton vêtement fut du jiplus fin lin, de soie et de broderie ; tu mangeas de la faj) rinc avec du miel et de l’huile ; tu embellis beaucoup » et tu })rospéras beaucoup , jusqu’à être comme une » reine. »
Il y a encore d’importantes indications à recueillir — bien qu’avec des différences qui s’écartent sur certiiins
points importants des ajustements assyriens — dnnsladcscription que fait l’Exode, au chapitre XXVI II, du costume du grand prêtre des Hébreux, surtout en l’éclaircissant parles nombreux détails que Josèphe, au chapitre VII du livre III de ses Antiquités Judniques, donne sur ce costume, tel qu’il s’était graduellement modifié plus tard, sousune influence assyrienne et babylonienne que l’historien avoue lui-merae. M. de Saulcy a pul)lié récemment une intéressante étude sur ce sujet [Revue archéologique, nouv. sér. t. XX, p. 91-1 loi.
Pour ce qui est des monuments de l’art, rien n’est plus rare que les figures de femmes dans les sculptures assyriennes. En deliors des captives de pays étrangers qui se A’oient dans les bas-reliefs représentant ces transplantations de peuples qu’affectionnait particulièrement la politique des conquérants ninivites, sujets où nous n’avons rien à apprendre sur le costume des Assyriennes, nous ne connaissons en ce genre que le petit bas-relief si fin du palais à' Assur-bani-j)al à Koyoundjik, où une reine, ou du moins une favorite richement parée, est assise à banqueter avec le roi dans le jardin du harem (Place, Ninive et l'Assyrie, pl. 57). On sait combien peu d’images de divinités ont offert les bas-reliefs des palais de Nimroud, de Khorsabad et de Koyoundjik, dont les murailles étaient principalement revêtues de scènes historiques ; cependant il y a deux figures de déesses dans la procession d’idoles qu’a publiée Layard [Monumentsof ]\ ineveh, pl. 65). Les grands bas-reliefs religieux des rochers de Bavian (Layard, Monuments of Niueveh, second ser. pl. 51) et de^Iaaltaï (Place, iYinit'e et C Assyrie, pl. 45) nous en fournissent plusieurs autres, qui seraient du plus haut intérêt pour l’étude archéologique du costume si ces sculptures n’avaient pas aussi cruellement souffert des injures du temps ; malheu-
renscmenton n’en peut plus tirer aujourd’hui que des données générales sur l’ensenihlc de l’ajustement, et bien des détails sont effacés. Mais on on voit du moins assez pour reconnaître que le costume donné aux déesses ne différait en rien d’essentiel du costume donné aux dieux mâles. Quant à celui-ci, c’est le même que celui des rois, à part quelques additions d’ornements emblématiques, comme les paires de cornes qui s’étagent à la base des tiares. Nous sommes conduits par là à rechercher des éclaircissements pour notre texte dans la disposition et les détails de cos vêtements royaux, si couverts d’ornements, décorés avec tant de magnificence, dont !M. Georges Rawlinson a très-bien suivi les modifications sous les différents règnes dont nous possédons les monuments {The fîvegrcal monarchies, t. I, p. i90-49i).
Si les œuvres delà sculpture nous ont offert aussi peu d’images divines, elles sont au contraire indéfiniment multipliées sur les cylindres. Là c’estparcentaines qu’on peut relever les figures de dieux et de déesses. Malheureusement dans la plupart des cas la petitesse des proportions et la négligence du travail n’ont pas permis de reproduire les détails les plus délicats des parures, et principalement les bijoux. Il faut cependant faire une distinction pour l’image à’I^tar que nous présente un admirable cylindre du Musée Britannique (Lajard, Cu/ie de Vénus, pl. IV, n® 12 ; De Vogué, Mélanges d' archéologie orientale, p. 16) . La déesse y est vêtue d’une courte tunique brodée descendant seulement jusqu’aux genoux, par-dessus laquelle elle porte un long vêtement ouvert sur le côté, tombant jusqu’au.x chevilles, sorte de stola à manches courtes, couverte de broderies non moins riches que celles de la tunique. Les deux vêtements sont serrés à la taille par une ceinture. Les bijoux de la déesse sont des pendants aux
oreilles, un collier mnnid'un gros contre -poids faisant fermoir, qui tombe derrière les épaules, des bracelets aux poignets et des périscélides aux chevilles. Les pieds sont chaussés de sandales avec un quartier au talon, mais les doigts des pieds entièrement à découvert ; c’est du reste le type constant de la chaussure assyrienne. Sur la tête nous voyons une tiare aux nombreux ornements, garnie d’une seule paire de cornes de taureau et surmontée du disque rayonnant de la planète Vénus. De la main gauche, litar tient sur ce monument un arc et deux flèches ; à ses épaules sont attachés deux carquois ; à son côté droit ])endent une épée et la harpé. A part ces armes, qui sont exclusivement propres à lélar et la caractérisent comme déesse de la guerre, le cylindre du Musée Britannique nous fournit la représentation de costume divin qui correspond le plus exactement et le plus complètement aux indications de notre tablette.
Nous allons examiner maintenant celles-ci, article par article du costume, en nous appuyant sur la comparaison des différents documents écrits ou plastiques que nous venons d’énumérer.
1* La tiare est désignée dans les 1. 17 et 18 par son idéogramme bien connu, dont la valeur phonétique est nuV, ce qui doit recéler l’ancien nom accadien de cette coiflure. A la ligne 16 du verso de notre tablette, quand les parures sont rendues à la déesse, au lieu de cet idéogramme nous trouvons écrit phonétiquement le mot assyrien agu, dont l’équivalence est encore établie parles fragments des tablettes grammaticales (W. A.l.ii, 2o, , 1. 31 j. 1.23; 11, 6.)ün synonyme important estÂwdurrw (W. A. l.i, 19, col. 1, 1. 10), le "inDdu livre d’Esther (I, H ; II, 17; VI, 8), mot adopté par les Grecs sous la forme aiiïapi;. Notons h cette occasion que c’est tout a fait abusivement
qu’on PC pcrt du mot de « tiare » pour désigner la coiffure hauüî et droite des divinités et des rois sur les monuments de l’Assyrie ; il faudrait dire, si l’on veut conserver une expression hellénisée, * la cidaris. » En effet des témoignages formels établissent que le nom de tiare désignait une coiffure de la forme du bonnet phrygien (Serv. ad Virgil. Æneid. VII, v. 218 ; Schol, ad Juven. Sat. VJ, V. 516; Cyrill. Aea-tc. v. Ttapa). C’est la coiffure exactement conforme à ce type qui est donnée au roi de Perse sur plusieurs médailles frap])ccs en Asic-Mineurc et sur certains vases grecs (voy. Ch. Lenormant, Ann. de /’/nat. arc/i. t. XIX, p. .“ITi-SS:! !, et qui paraît avoir été leur attribut caractéristique comme successeurs des anciens rois de Lydie, tandis que dans la Perse proprement dite et dans les anciennes provinces assyriennes, ils portaient la cidaris, leur coiffure constante sur les monuments de Persépolis.
2“ /nso6a<e doit être, par la permutation si fréquente de m et de 6, rapproché du mot hébreu QT3, qui désigne quelquefois dans la Bible im pendant d’oreille (Genes. XXXV, 4), mais plus souvent (Genes. xxiv, 47 ; Is. III, 21 ;Ezcch. xvi, 12; Hos. II, 13; Proverb. xi, 22) l’anneau passé dans une des narines, tel que le portent encore les femmes des tribus arabes. Ici la mention des oreilles ne lai.s.se pas de doute sur la nature de l’ornement désigné ; au reste, aucun monument ni aucun texte jusqu’à présent connu n’indi(pie chez les Assyriens l’usage de l’anneau de nez, général chez les Hébreux (Hieronym. «dEzecli. XVI, 12; voy. .lahn, Archnologie, i, §153; Hartmann, Die Hehracrin nm Pulzlische und als liraut, t. II, p. 166 ; t, III, p. 205 et siiiv.) et probablement aiussi cliez la plupart des aut res populations de la Syrie. En revanche, sur les monuments iissyriens, tons les personnages, de
l’iiiiet de l’autre «exe, ontdes pendants d’oreille. M. George Kawliuson en a relevé les principales formes {The /ive (jveat mownehies, t, I, p. iGl). Dans le cours de ses fouilles à Nimroud età Koyouudjik, M. Layard a découvert des moules qui servaient à fondre ces bijoux (/Vtnevehand Babf/lon, 595 et suiv.). Le blasée britannique possède en original un pendant d’oreille assyrien, en or, enrichi de perles {Layunl, Nineveh.aml liabylon, p. 597).
3° Le mot 97 , désignant une partie du corps, est expliqué dans W. A. I. li, 11,3,1. 21, par qaqqadu « tête, sommet de la tête. » Mais ce sens n’est pas admissible ici, puisque nous avons déjà vu figurer le f/a^r/arfw et sa parure dans la première strophe. D’ailleurs le dépouillement de la déesse suit une marche très-régulière de la partie supérieure du corps à l’inférieure. Tik se retrouve encore dans cette expression , appliquée à un roi victorieux : mukabbis lik aibi^u, « foulant aux pieds le.... de scs ennemis » (Monolithe de Nimroud, col. 1, 1. 15 : W. A. 1. 1, 17). Du moment que notre tablette et un certain nombre d’exemples analogues prouvent qu’il s’agit d’une partie du corps, l’habitude des métaphores ordinaires du style oriental conduit à iienser qu’il s’agit du col, de la nuque ou des épaules. Or, il ne peut pas être question des épaule.':, puisque le mot tik est toujours au singulier et non au pluriel ou au duel comme les parties doubles du corps, yeux, oreilles, mains, pieds. Quanta la nuque, il est difficile do se rendre compte d’une parure qui s’y serait exclusivement appliquée. C’est là pourtant .sans doute le sens premier et étymologique du mot lik, car il doit se rattacher à la racine 13n, « charger d’un poids, » qui fournit en hébreu lesubstantit in, «charge, oppression; » /tVr était donc sans doute à l’oi igine un nom de la nuque, qui la désignait
comme la partie du corps à laquelle on fait porter les fardeaux, le joug. Mais de là il a dû, comme la même chose s’est produite dans beaucoup de laugues, être applique par extension atout le col, et c'est dans ce sens qu’il faut l'entendre ici, car autrement nous n’aurions pas dans notre texte de mention de cette partie du corps et de sa parure, qui pourtant jouait un rôle de premier ordre dans le costiune assyrien.
Dans les représentations des monuments figurés, en effet, hommes et femmes portent également des colliers. Très-rarement ils sont en forme de chaîne d’or à laquelle sont attacliés par des chaînettes des pendants tombant sur la poitrine et sur lesépaules (Layard, A/onwment« of Nineveh, pl. 7). C’était le type de ceux que portaient les femmes de Jérusalem d’après la description d’Isaïe (III, 48 et 19), qui parle des lunules (u3’3iniî7) , des sachets d’odeur (WSJH ^113; et des amulettes (tani^nS) qu’elles y suspendaient. Le type presque constant des colliers assyriens, pour l’un et l’autre sexe, est formé de pierres enfilées. Tels sont ceux que possède le Musée du Louvre (Longpérier, Notice des antiquités assyriennes du Louvre, n“ 93-3226, 332, 337, 344 et 3-45 ; Place, Ninive et l'Assyrie, pl. 75) et qui ont été trouvés par M. Place au milieu d’un lit de sable fin dans les fondations du palais de Khorsabad, illustration du passage de l’Ecriture (I. Keg. VI, 47) où il est dit que Salomon fit placer des pierres précieuses dans les fondations du Temple. Voici ce queM. de Longpérier (Vo/ice des antiquités assyriennes du Louvre, 3' édition, p. 64) dit au sujet de ces colliers :
« Il est certain que parmi les Assyriens les hommes en portaient qui, comme ceux-ci, étaient composés de pierres taillées en olive ou en cylindre alternant avec des grains plus ou moins sphériques ; c’est ce que démontrent les
bas-reliefs de Nimroud (Layard. Monuments of IVineveh, pl. 5, 7, 25, U, 37, il, etc.;. On a trouvé en Egypte des colliers semblables, et le musée en possède i)lusieurs ; ils sont vraisemblablement de fabrique assyrienne, ainsi que l’indique une peinture de Tlièbes du temps de Tbouthmès III dans laquelle ou voit un peuple asiatique qui apporte au roi, entre autres présents, des colliers composes degrains oblongs alternaut avec de petits grains ronds. » Il faut cependant ajouter que ces tributaires, dans les peintures de l’hypogée auquel le savant académicien fait allusion (Hoskins, Travels inÆlliiopia, pl. à la page 328; Wilkinson, Manners and customs of ancicnt Eyi/ptians, 3' édition, t. 1, pl. IV j, ne sont pas des Assyriens ni même des Rolennu delà Syrie du nord, voisine de l’Euphrate ; ils viennent du pays maritime deKefa on Kcfla, que le décret de Canopenousa appris être la Phénicie. Ainsi l’usage des colliers en question existait chez les Phénicicus comme chez les Assyriens, et s’il fallait en juger par le tombeau de Thèbes, ceux qu’on trouve en Egypte devraient être rapportés à une provenance phénicienne.
C’est un collier de cette forme que, sur un beau cylindre publié par Lajard (Culte de Milhra, pl. liv, n° 5 ; Culte de Vénus, \)\. i, n° 16), une déesse assise sur un trône et coiffée de lacidaris droite, que surmonte un astre (nous l’appelerions volontiers létar), tient à la main et semble présenter à deux femmes debout devant elle dans une attitude d’adoration. Le môme sujet se reproduit sur un second cylindre (Lajard, Culte de Mithra, pl. lit, n° 6), avec ces deux modifications que le trône de la déesse est décoré du haut en bas de grenades ou de têtes de pavot, et que l’objet tenu par elle ne .se compose plus de grains enfilés ; il a la forme d’un simple cercle de métal, collier ou armille. Nous avons sur ces deux monuments un
emploi symbolique du collier ou de l’annille, dont lu signification n’u pus encore été étudiée, des archéologues et que nous signalons à toute leur attention. Ce symbole était en effet important dansla religion clialdéo-assyrienne, et l’on peut en citer de nombreu.x exemples. Nous le voyons à lu main des deux déesses qui figurent dansla procession d’idoles du palais de Kiinroud (Layard, Munuvienlsof Nineveh, pl. C5;, à la main de toutes les divinités planétaires, mâles et femelles, dans les bas-reliefs du rocher de !Maaltaï (IMacc, .\inive et l' Assyrie, pl. iîi), à celle de deux dieux barbus, coiffés de la cidaris, armés de l’arc et du carquois comme qu’un cylindre repré-
sente en face l’im de l’autre (Lajard, Citlle de Milhra, pl. LIVA, n" H), enfin dans quelques cas à la main des deux génies qui accompagnent la plante sacrée (Layard, Monuments of ISineve h, pl. 7}.
Le collier delà Déesse Terre, dont il est question dans notre texte, rentrait dans le type assyrien le plus habituel et se compo.sait de pierres enfilées, puisqu’il est appelé abni zabyi sa tilisa, « les pierres de son col. » C'c.st là une espèce ]>articulière de jderres dont il est question plusieurs fois dans les inscriptions et qu’il est très-difficile de déterminer, comme en général toutes les gemmes mentionnées dans ces textes. Cependant M. Oppert me signale quelques passages encore inédits oiila pierre zabyi parait désignée comme bleue ; ce serait alors la tun^uoise, de tout temps si affectionnée de.s Orientaux.
•i“ Gab est le nom d’une partie du corps qui s’appelle en accadien zak (W. A. I. H, il, 3, 1. lo). Ce mot correspond certainement à l’hébreu 33, « le dos; » et il sert à former les pré[)Ositions composées ina yab et ana yab, analogues à la préposition 33, si fréquemment em])loyée dans les 'rargumim, ’33, u avec moi, « avec toi »