‹ Essai de commentaire des fragments cosmogoniques de Bérose d'après les textes cunéiformes et les monuments de l'art asiatiqueChapitre 16 sur 70 · i [itlil ardatuv ina me yi . .. su · texte numérisé non relu

i [itlil ardatuv ina me yi . .. su

«Poxir la purification, elle (titar) n’a pas iriliriolé le tau-

feaù La (déesse) ministre dans.... n’a pas Le

(dieu) fort a élevé dans le feu son.... La (déesse) ministre a élevé dans l’eau son t>

Ce passage ofi’re eiicore de grandes obscurités, et il est fcerlains mots de la deuxième ligne qüe riüus he nous Sétt-

tons J)iis erl état d’iilterpréter. Du moins le sens généfal noits parait s’entrevoir. Il s’agit de la cérémonie purificatoite, burti, cf. l’hébreu et nnS. de lu racine "na. Nous avons des exemples formels de l’adjectif bll'Ut, « purifié, expurgé, chohi » : M abni biruli.... elimaddle abisu, « mille pierres ({)récieuses ) de choix eh sus du tribut de son përe » (Prisme à’ A.<xitt-ay-idtn, col. 8, 1. 22 : Vf. A. I. I, 49;; rii^ki biruli dna zululüa tdalrix., « j’ai disposé régulièrement des troncs d’arbres choisis Comme scs piliers » (Inscr. de la Compagnie des Indes, col. 9, 1. 7 et 8 : W. A. I. i, S8). Deux éléments, le feu et l’eau, sbnt employés à tette céi émonie connue dans presque toutes les putificatiohs antiques. Deilx divinités en mêtae teïUpsy prefanent part ; ce sont celles qui viennent d’être nommées. La première est Utie déesse qüi reçoit la qiiàlîficatioh de ardaluv, « la servante; b nous y reconnaissons /star. L’atitfe est uU dieii. Sans doute celui qui a été appelé tout à l’heure IVam-jaz ] il est désigné par le titre de ütu ou td/u, assez souvent employé dans les textes, mais dont le sens est encore Un peu difficile à préciser et sur lequel nous renverrons au dictionnaire de M, Norris (t.I, P, 234),

lia/yit appartient au paël d’un Verbe que nous Croyons pouvoir rapprocher de tsnw, l>ien connu en hébreu comme signifiant « immoler une victime. » Ceci s’accorde très bien avec la mention du a taureau, • alap, victime naturelle du sacrifice. Mais ce dont nous ne nous rendons pas très bien compte, c’est de la négation qui indique àlà ligne 43 que le sacrifice n’a pas lieu et qui se répète devant le verbe inexpliqué de. la ligne 44. S’il s’agit, comme il semble d’après le texte, d’une purification où un sacrifice n’était pas nécessaire et où l’on n’eh faisait pas, on peut trOftivet étrange et peti nattirfelle cette mentioU qu'il n’f &

pas eu de sacrifice. Voudrait-elle dire que cette partie des cérémonies que font les hommes n’a pas de raison d’être quand ce sont des dieux qui purifient? Ou bien est-ce une manière de distinguer cette purification d’autres cérémonies analogues, où, quoique ce soient les dieux qui agissent, il y a sacrifice ?

En effet, la notion d’une divinité sacrifiant à une divinité supérieure, fournissant le type du sacrifice du prêtre et y prenant part, se retrouve dans un grand nombre des religions du paganisme. C’était la donnée fondamentale du culte mithriaque, tel qu’il s’était constitué et propagé dans le monde romain ù l’époque impériale (voy. Zoëga, Ahhandlungen, p. \ 19 et suiv., avec les notes de Welcker; Von Hammer, dans les tomes I, II et X des Wiener Jahrbücher der Lileratur; Mithriaco, Paris et Caen, 1833 ; Eichhorn, De deo Sole invicto Mühra dans le tome III des Commenlationes Socielalis regiae literarum Goltingensis ; deSacy dans les notes de Sainte-Croix, Recherches sur les mystères, t. II, p. 121-1. 'iO; Creuzer, Symbolik, 1. II, chap. IV et v; Guigniaut, Religion de l'antiquité, t. 1, 2* part. p. 738-748; Lajard, Mémoires sur deux bas-reliefs mithriaques, dans le tome P' des Nouvelles annales de r Institut archéologique). L’immense majorité des sculptures relatives à ce culte représente le sacrifice du taureau par Mithra, type du taurobole offert par ses ministres (voy. la réunion la plus complète qu’on en ait formée dans Lajard, Culte de Mithra, pl. lxxiv à ci ). Chez les Grecs, nous avons l’IIermès qui, sur un vase peint du AIusée du Louvre, conduit un bouc à l’autel pour l’y sacrifier (Ch. Lenormant et de Witte, Élite des monuments céramographiqucs, t. III, pl. i.xxxviii), ce qui rappelle le récit de Pausanias (ix, 22, 1 ) sur l’origine du surnom de l’Hermès criophore de Tanagra. Enfin rien n’est plus mul-

tiplif cliiiis les œuvres '(le l’avt grcico -romain que le sujet (le la Victoire immolant un taureau (Zoëga, liassirilievi anltcht, t 11, j). 41 et suiv. ; voj. les principales variantes (le cette composition dans Lajard, Cullcdc Ken «s, pi . viii; IX ; x; XI ; XII, n" 1 ; xiil, n”* 3 et 4).

Quoi (lu’il en soit, le recto de notre tablette se termine ici dans son état actuel, ^ralhcureuscment une fracture a enlevé le bas du gâteau d-argile. Nous ne pouvons pas apprécier exactement rétemlue de la lacune cpi’elle a produite, et qui a supprimé plusieurs lignes à la fin du recto et au commencement du verso. Heu résulte une interruption dans le texte, et nous ne savons pas comment était introduit un nouveau personnage divin, le Soleil, Sawfl.v, que la théogonie ordinaire donne pour fils de Nisnt/,- et de Dav-kt ou As.iat IrsU, la déesse objet de toute la cérémonie. Ici cependant on lui attribue une autre filiation, car ütn est appelé son père. 11 est en scène quand le texte reprend à la ligne 2 du revers de la tablette ; il reçoit des ordres comme N amyaz, et comme lui et Islar sert la grande deesse dont on fait habituellement sa mère.

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