‹ Essai de commentaire des fragments cosmogoniques de Bérose d'après les textes cunéiformes et les monuments de l'art asiatiqueChapitre 20 sur 70 · al/,a (ma asisu aamir — lukuUa izra raba · texte numérisé non relu

al/,a (ma asisu aamir — lukuUa izra raba

it î nsfi al — lu adunkn.

2b. lul/a banal al — lu malülka.

2G. ismi dur — lu manzazuka.

'21. askuppalu — lu rinninbuka.

« Viens brillant à sou apparition; que je me coulie à toi, grand défenseur.

» Les des fondations delà ville (sont) tou etlluve,

»la. ... de la construction delà ville (est) ta ,

B la protection de la forteresse ton exaltation,

B le conduit des eaux ta résidence. »

Un dernier verset (1. ‘28; termine l’énumération, in.>is tous les caractères n’eu sont pas certains et nous croyons plus prudent de ne })as essayer de le traduire.

Lukul est le précatif d’un verbe Sdk , à la première per- .sonne. Ou ne peut cependant pas admettre que ce verbe .soit celui ([iii signifie « manger, » et dont on a des exeui- ])les certains dans les textes assyriens, car le sens que présenterait en ce cas la })li rase .serait tout simplement absurde. Mais eu as.syrien les verbes >3 de l’iiébreu sont remplacés par des verbes K S quand le verbe coiTespou-

(Iftiit on aral)o est YS- Tl ilonc poPsiblo et mGinc trèsrégulier grainniaticaleinoiit de supposer l'existence d’un second verlie SsK, répondant à l’hébreu et c’est ta» que nous avons fait, en adoptant le sens de l’arabe SdT- Pour iziu, voy. Xorris. ,l.v.v»/rm// dktioiuiri/ , t. TI, p. 375.

Le signe m est suscîeptible de plusieurs valeurs idéogi'aplitqucs très-diverses et nous manquons d’éléments pour en fixer le sens précis au début de la 1. 2i, où il est suivi du signe du pluriel. Quant à ussu, « fondation, » ce mot est écrit à la même ligne par sou idéogramme habituel ; le .scribe l’a fait ])récéder du signe J.s, déterminatif aphone de l’idée de « bois, » qui s’applique quelquefois par catacl)rèse à tous les termes architecturaux,’ même quand il s’agit de choses qui ne pouvaient pas être faites en bois. Pour orfa/i, dont la lecture phonétique pourrait être sujette à quelques doutes, le .second caractère étant particulièrement polyphone, c’estun motaccadien, signifiant originairement « eau grande, » et par suite « inonda- » tion, flot abondant. » Son équivalent assyrien est wu'luv (W. A. I. Il, 39, 2 col. 2, 1. 7) et il faut peut-être le prendre pour un allophone avec cette lecture (Norris, Assyrian diclionari/, t. I. p. 19). Notre traduction par » effluve » n’est que provisoire et sans doute inexacte. Il y a là, suivant toutes les vraisemldances, dans le rapprochement entre v.isu Gtniiluv une idée particulière, tenant à dos circonstances locales et que nous ne pénétrons pas complètement. Dans les conditions propres aux terrains d’alluvions fluviales où étaient bâties également Ninive et lîabylone, on jetait les fondations des édifices, prob.ableinent sur pilotis, dans une nap[>e d’eau souterraine, et toutes les fois que cette circonstance est mentionnée dans les textes, la nappe d’eau se trouve désignée par le mot

viilnv (1“ rylimlro <lo Sin-nyf-irih, publié par Grotofond,

1. ; 2° Taureaux do Koyoundjik : 1. 3Î), 1. 1 S ; .3' Inscr .

de la Compagnie des Indes, col 7, 1. 51 : W. A. I. i, 57 ,.

Nous ne nous hasardons à tenter l’explication ni de Udya, qui est peut-être un allophonc ou un mot écrit par un idéogramme suivi d’un complément phonétique, ni de mnllil, dont les particularités de l’orthographe assyrienne pourraient faire chercher la racine avec un ^z; aussi bien ([II’ avec un devant le n radical.

Le sens d’^ni/est établi par les inscriptions trilingues des Achéménides, où ce mot correspond au perse wsund. L’inscription de Xerxès à Van y substitue dans son texte babylonien le mot silli « ombre /> (voy, Oppert, Expédition en Mésopolanu'e, t. IT, p. 1 iS) ; mais il ne faut pas en conclure que ismi soit un allophonc àlire silli ; c’est simplement un synonyme, car le mot est parfaitement sémitique et SC rattache avec certitude à la racine ÏDSV. Mnnzaz est un (h'rivé de la racine assyrienne TT3, dont le sens de <( sauter « puis « s'élever » est établi, comme celui du dérivé, par des exemples très-positifs. Mnnzaz, au sens concret, .s’ap[)liquc îi des objets dressés. Dans le prisme d’^l.v.sb/rbani-pal (col. 2, 1. 78 et 79 : W. A. 1. m, 18), le roi, en racontant le sac do Thebes d’Egypte dit avoir enlevé : pitik zayalc ihbi..... iikun IdlaUnnu mnnzaz bob arali,

n (les ouvrages d’albatre blanc, du poids de tidents,

» qui se dressaient k la porte du tcnqilc. » C’étaient évidemment des sortes d’obclis([ucs.

Mnsnb partici[)e du aphcl de UUK, correspondant au • de l’hébreu, a l'té déjà expli(pié par M. Oppert

^Expédition en Mésopota7iiie, t. 11, p. 277;. N’était la variante de l’inscriiition de la Compagnie des Indes (col. 8, 1. 7 et C(d. 0, 1. l i : W. A. I. i, 57 et 58), qui écrit ns Aul'p-pi, on serait plutôt tenté de lire asdnpntu ou nzdupntu.

— fio:i -

comme a fait M. Non is {Assyriav dictionari/^ 1. 1, ]). 3'27), le mot pour lequel nous avons les deux formes askuppn et askuppalu. Il est difficile de lui trouver une étymologie sémitique et il est probablement comme, comme beaucoup d’autres termes techniques, d’origine accadienne. ]\I. Oppert {Éludes assyriennes, p. 81) letraduitpar « linteau, » M. Norris par« conduit d’eau. * Ce dernier sens, qui est le plus indiqué dans notre texte, où les mots askuppalu muSabuku font manifestement allusion au titre de « sei- »gneur des eaux» porté par /V/ir«Ar(voy. plus haut, p. 08), nous paraît le véritable, et il est indiqué par l’association si fréquente de asA'uppu à kanul, autre mot accadion, qui désigne certainement une sorte de conduite pour les eaux (voy. Norris, Assyrian dklionary, t. II,p. etsniv.). Dans les détails architectoniques que fournissent les inscriptions sur la construction des édifices de l’Assyrie, uskuppu est le ehéneau et kanul la gargouille. C’est ce qui nous paraît ressortir clairement des passages suivants :

ana irbilli sâri usasbila siyaréin asmn askuppi abni pili rabuti darume kiiidli qaliya sirussin absim asurrusin nsiisxira; a aux quatre portes j’ai fait des ornements; j’ai » renforcé leurs montants-, j’ai placé au-dessus un chén neau en grandes pierres pili solides, conquêtes de mes » mains, j’en ai couronné leur mur » (Fastes deiar-yuldn, 1. 164 et 165);

kanuîisun a^skuppati nbnikuminn turdaabni santi rabuti au ilui abni pili rabuti as’urnisun usas/^ira; « j’ai couronné » leur mur de leurs gargouilles, de chéneaux en pierre kuy> mina tarda et en grands blocs d’albâtre, et d’une frise en » grandes pierres piV/» (Taureaux de Kouyoundjik, plaque 4, 1, 29 et 30 : W. A. I. iii, 13; cf. 1. 41, 1. 36 et 37) ;

askuppat abni pili rabbatiasumduusasyira udannin su-

— âo'i —

pu/>su,n j'ai i'oiii’oiiik'' «0)1 mur <rmi rlii'-ncaii rn «rrandes » pierres /u7/, et j’ai renforcé son déversoir d’eaux « (Cylindre de Sin-a/c irib puldié i>ar Grotefeiid en 1850, 1.5d);

fiskuipi mi mikvsc pitik cri cnia bahi\a ertelti, « j’y ai » disposé des eliéiieanx et des jrrilles faites en enivre en )i avant des ])orfes » (Inscr. île la Com])agnie des Indes, col. 8,1. 7 et 8; col. 9, 1, I l et 15 : 'SV. A, T. i, .57 et 58).

Si dan.s notre tablette, il est dit de 1\ isink ijne « e eon- )) dnit des eaux est sa denienre, » dans l’inseriptiou de Sin-a/c-iril) à Nébi-Yoïinè.s fl. 70 et 77 : W. A.l. i, il), le roi confie an même dieu le .soin de veiller sur le bon état et la conservation de cette portion de rédificc ipi’il comstrnit :saliikal ahni pili sa(?t emid kanuliiia ina uzni vikiltisa usadlima bel nimeqi Sisutk^ « de ce palais en pierre » pili j’ai posé les gargouilles et j’en ai confié la structure » aux oreilles du seigneur mystérieux Nisruk. »

Les invocations à .\isruk cessent en cet endroit, et il n’est plus question de lui dans le reste delà tablette. Sans doute le rôle qui lui appartenait dans cette circonstance, et que motivait sa qualité d’époux de la déesse ylivut Irsit est terminé. Nous voyons maintenant rentrer en scène les deux divinités qui remplis.sent spécialement l’office de ministres, Istar cl IS’am/ciz, pour achever les rites de la cérémonie imrilicatoire, à la suite de laquelle le prêtre restituera à la déesse les parures qu’il lui a enlevées. Ils sont ici devrais néocorcs, remetteiit en état et jiareiit l’adyton qu’J.v.vai Irsil vabientôt quitter j>our reparaître devant le peuple. La présence d’un nouvc'au personnage jliviu est, à ce qu’il paraît, nécessaire dans cette dernière partie des rites, car la dée.ssc .'l.v.vat /nsit ordonne iiA’am- ■/nz de l’apporter et de l’a.sseoir sur un trône dans le fatie-

tiiaiiv où a lieu la ct-rônioiiic. CVs^t le dieu Anutmaki, lequel, d’après les remarques que nous avons eu l’occasion de faire plus haut (p. 131 et suiv.), ne doit être autre qu’ Jnu, habituellement donné comme le père et le chef des génies célestes qu’on appelle Anunnaki. Au reste, le texte n’oiTre plus ici les difficultés des invocations que nous venons d’examiner; ilest comparativement fort clair, et notre traduction, devenant plus certaine, ne présentera plus les mêmes lacunes.

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