‹ Essai de commentaire des fragments cosmogoniques de Bérose d'après les textes cunéiformes et les monuments de l'art asiatiqueChapitre 21 sur 70 · Isiar me balai islu/si ma ilqas[si · texte numérisé non relu

Isiar me balai islu/si ma ilqas[si

— La grande déesse Terre a ouvert sa bouche et a dit à

Nany/az, elle s’est souvenue dans son intelligence :

— « Va, Nam/az, purifie le palais éternel, orne les » chapiteaux, qui.. . les têtes, qui. .. fais sortir Anunnaki, » a.ssieds-lc sur un trône d’or. »

— « Islar, prends-lui et reçois d’elle (la déesse) les eaux » de vie. »

— Nam/az il été, a purifié le palais éternel ; il a orné

les chapiteaux qui les têtes, qui ; il a fait sortir

Anunnaki et l’a assis sur un trône d’or. Islar lui a pris, et a reçu d’elle (la déesse) les eaux de vie.

11 n’est pas besoin d’explication sur le verbe que nous avons ici à la troisième personne de l’aoriste de l’iph-

tofil. On pourrait chercher i\am amala un acciusatif pris adverhialement, celui de niQK. rnot que les textes assyriens emploient tout à fait dans le même sens que l’hébreu. Nous lisons en effet dans l’Inscription de la Compagnie des Indes (col. 1 , 1. 53 : W. A. 1. l, 53) : amatlibbiiüe'nu, « il a tenu compte delà fidélité de mou cœur » et dans les Fastes de Sar-yukin (1. 37 et 38) : ürsa Urarlai anu nisi sa(ff( Mildisai nisi Zikartai nisi Misiandini salalî Vannai rabi amalsu yullc, « Vrsa l’Alarodien éleva sur les » hommes du mont Mildis, de la Sagartie et de Misiandi » des gouverneurs du pays de Vanna, des grands de ses » fidèles. » Mais ce qui paraît certain, c’est que le signe lu-/ doit être pris ici avec sa valeur d’idéogramme expliquée dans les syllabaires (W. A. I. ii, 3, 1. 519 et 550) ]iar sukkaliu, mot assez obscur dont le sens paraît être « intelligence, hébreu (voy. Norris, Assyrian Diclio»ari/,t, 1, p. 318). C’est là, du reste, le seul verset embarrassant de toute cette partie du texte.

A partir de la ligne 31 tous les verbes sont répétés à deux reprises, d’abord à l’impératif, puis à la troisième personne de l’aoriste. Nous connaissons déjà tn , auquel appartiennent ali/c et illik, tna, qui fournit amyaz et enfin donne za'inact yuza'in. Le mot ilui

qui sert de régime à ce dernier verbe est constamment distingué dans les textes de son homophone ilui, « les dietix » 1 forme qui se substitue quelquefois à i/i dans l’état construit), par le déterminatif « pierre, » qui y est préfixé. Nous y reconnaissons, avec M. Norris (Assyrian diclionary, t. II, p. 181) le mot S’it de la Bible, employé dans un sens architectonique exactement de la même manière que dans la description du Temple de Salomon et avec les mêmes significations, d'abordcellede «chapiteau, » puis, par extension^ « Tentablcment » complet que sup-

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portent ces cliapiteniix et le «eonrnnneniontd’nnc porte » ^voy.rtcsenins, Thcsimr.\). 43- U>). Dans le prisme (l’yf£v«ray-idin (col. .'>,1.18: W. A. T. l, 17) parmi les matériaux de prix pour la construction que les rois delà Syrie, Xalli, apportent en tribut, nous voyons mentionnes « des cha- » piteaux de terre cuite, » Uni aryicrri. D’un auti’e côté le sens plus étendu de « frise» est certain dans le passage des taureaux de Koyoundjik (plaque i, 1. 30 : W. A. I. ili, 13; cf. 1.41, 1. 37) que nous citions tout à l’heure à propos du mot asimppalu. On a reconnu déjà que l’emploi du mot S’K, « bélier» dans ce sens arcbitectonique provenait d’un chapiteau à volutes enferme de cornes de bélier, prototype du chapiteau ionique des Grecs (de Saulcy, H istoire de l'art judaïque^ p. Or, ce chapiteau, avec

les ornements tantôt plus caractérisés dans le sens de la volute proprement dite, tantôt dans le sens de la corne de bélier, et disposés dans certains cas sur un seul rang, dans d’autres sur deux rangs, est le chapiteau classique de l’architecture assyrienne, celui dont les représentations d’édifices sur - les bas-reliefs nous offrent le plus d’exemples, car les chapiteaux assyriens ayant été le plus souvent en métal et placés sur des colonnes de bois, on n’en possède pas encore en original. Sur les chapiteaux proto-ioniques de l’Assyrie, voy. G. Eawlinson, The five great monarchies, t. I, p. 41 G; et ce que nous en avons dit dans la Gazelle des beaux-arts, t. XXV, p. 424.

Dans susa etusesa, ainsique dans .vii.ft'6 et vieiib, nous avons l’impératif et l’aoriste du schaphel de deux verbes que nous avons eu déjà l’occasion de rencontrera d’autres modes <it Des deux mots mehabal sont écrits,

le premier par l’idéogramme habituel « d’eau » ( le signe qui est phonétiquement a) suivi du pluriel, le second par son allophone bien connu, tila. Suluy et isluy apparticn-

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lient au verbe nSo, ([ui représente ilans les mitres lanirnes sémitiques avec le sens premier de « enlever « (le même ([ue celui denSO;, d’où dérive la signilicalion de « remettre » une faute, pardonner; » c’est le sens primitif et concret qu’il faut lui attribuer ici, ifautant plus qu'il est confirmé par le second verbe de la phrase, nçh correspondant au npS de l’hébreu avec adoucissement de la gutturale.

Le texte delà tablette se termine, comme la cérémonie elle-niéme, imr la restitution des parures à la déesse. Cette dernière portion, du reste, est la plus courte, tandis que dans les inscriptions des sanctnaiies du temple égyptien d’Abydos, auxquelles nous avoirs plusieurs fois comparé notre tablette, l’habillement des dieux à nouveau est la portion de la cérémonie qui donne lieu aux plus grands développements. A chaque ornement dont on les revétest consacré un chapitre spécial. Ici nous avons .seulement sept versets, un pour chacune des portes où la déesse, en descendant comme nous l’avons dit les étages de la pyramide, reprend la parure ou le vêtement qu’elle y avait laissé à son entrée. Tous ces versets sont à la première personne et placés dans la bouche de celui qui rend les objets; c’est évidemment, quoiqu’il ne soit pas noniinc, le prêtre, tii'gab, qui a d’abord enlevé ces mêmes objets et à qui eu appartient la restitution. La formule de tous est, du reste, identique, et la désignation de la parure ou du vêtement, avec la partie du corps à laquelle cette pièce de costume s’appliquait, est la seule chose qui varie. De plus la formule ne présente pas de difficulté iihilologiqne, à part le mot vttir, première personne de l’aoriste du kal du verbe “nn, dont les textes ne nous ont jais encore offert d’autres exemples dans une acception transitive, mais auquel la phra.se assure impérieusement la seconde signification de « rendre, restituer. »

- riOü —

1. ;îO. Un bah uHosisi ma ultirsi — subat palti sa ziiinrisii.

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