‹ Essai de commentaire des fragments cosmogoniques de Bérose d'après les textes cunéiformes et les monuments de l'art asiatiqueChapitre 3 sur 70 · enfin dans les tablettes mythologiques du Musée I · texte numérisé non relu

enfin dans les tablettes mythologiques du Musée I

Britannique : W. A. I. ii, 54, 5. Elle se confondait alors i

exactement avec Belit considérée comme Mulidit ou « génératrice » (sur ce dernier nom, voy. l’inscr. des Barils de ■ Khorsabad, 1. 45 de l’édition de M. Oppert, et W. A. T.

\, 36, 1. 38) ; aussi est-ce elle qu’Hérodote et les autres écrivains grecs appellent aiAitra, quand ils racontent les prostitutions qui avaient lieu en son honneur à Babylone : Herodot. 1, 199 ; Strab. XVI, p. 745 ; Cf. Baruch, VI, 42;

Justin. XVIII, 5. C’est elle aussi qui est la déesse apportée de Babylone à Samarie, et que l’on honorait par les rites infâmes que la Bible (II Ileg. XVII, 30) appelle niDD. En sa qualité d’épouse de Bel-Marduk, assimilé à Zens, la Zarpanit de Babylone a été appelée par les grecs Héra. Or, nous lisons dans Hésychius : ’A^i,

Û1TÔ BaêuXovi'wv r, "Hpa. Ceci est une preuve nouvelle de l’identité de Zirhanit ou Zarpanit avec Ylslar de Ninive, car il est impossible de méconnaître dans ’A^i JtriK, équivalent araméen de « femme, dame,» c’est-à-dire de

.-f.vso^jl’un des noms de la déesse de Ninive. (Voy. II. Rawlinson. Journal of the Royal Asiatic Society, new. ser. t. I, p. 201.) Il faut reconnaître encore la même appellation dans Ati, déesse de rAdiabène,dont parle St-Méliton {Spicileg. Solesm. t. II, p. xuii ; Renan, Mém. de l’ Acad, des Inscr. nouv. sér. t. XXIII, 2* part. p. 324). On remarque la version syriaque écrit ce nom TIV> précisément comme dans les suscriptions araméennes des contrats du Musée Britannique (W. A. I. iil, 46, 3 et 6) Àüat est

rendu par il y a là sans doute une indication précieuse sur la prononciation assyrienne.

Le nom de Nirgal est tiré de la racine '75T, « piétiner ; « il exprime les mouvements en apparence rétrogrades de la planète Mars : voy. Oppert, Expédition en Mésopotamie, t. II, p. 88, 133 et 324. C’était le dieu tutélaire de la ville de Cutha, que les textes cunéiformes appellent tantôt A!«/t et tantôt Tiggaba : cf. L. 91, 1. 82 et L. 15,1. 27; le dernier nom est connu dans la géographie classique, Ptolémée l’écrit Aiyoua, Pline Digba et la Table de Peutinger Digubis. Sur le culte de IS'irgal à Cutha, voy. II Rcg. XVII, 30; et dans les textes cunéiformes : W. A. I. i, 6.5, col. 2, 1. 36; cf. Oppert, Expédition en Mésopotamie, t. 1, p. 218 et suiv. Des témoignages positifs nous apprennent qu’il y était adoré sous la figure d’un lion : W. A. 1. Il, 60, 1; cf. III, 66, recto, col. 6, 1. 14. Aussi les lions ailés qui entraient si habituellement dans la décoration symbolique des édifices de l’Assyrie sont-ils appelés des nirgalli, mot qui s'échange avec l’expression idéographique : « lions du bien, lions du bon principe » voy. Oppert, Commentaire de la grande inscription du palais de Khorsabad, p. 235. Les figures colossales de lions ailés à tète humaine : Layard, Monuments of !\ineveh, pl. 3, ou à buste d’homme : Layard, Monuments of Nineveh , pl. 42, qui remplacent quelquefois les taureaux à tête humaine aux portes des palais assyriens, sont donc des images du dieu Nirgal. Et c’est aussi le même personnage qu’il faut reconnaître dans le bas-relief où l’on voit un dieu à tête de lion sur un corps d’homme, tenant à la main une épée: Layard, Monuments of Nineveh, pl. 83. Nirgal est bien en effet un dieu armé et guerrier, un vrai Mars chaldéo-assyrien ; ses qualifications habituelles sont « le grand héros, le roi des mêlées, le maître des batailles.

« le champion des dieux, » et aussi « le dieu de la ehnsse » (voy. II. Ihnvlinson, dans le tome I" de l’Hérodote anglais de son frère, p. 6d2). Une tablette énumère la plus grande partie dos épithètes de A’ /rgral. fW. A, I. iil, 67, 1). Ces titres ressemblent fort à ceux à'Adar, et aussi quand les cylindres nous montrent deux dieux semblables et è la physionomie herculéenne, qu’ils aient des cornes et des pieds de taureaux ou une apparence purement humaine, conibaltaut en même temps des taureaux : Cullimore, Oriental ajlinders, n"* 36 et 169; Lajard, Culte de Milhra, pl. XIII, 11“ 7 ; combattant deux lions, Cullimore, Orientn/ cytinders, n" 12 et 41; Lajard, Culte de Mithra, pl.XIX, n° 6; XXV, n“ 2; XXXV, n° 11 ; ou combattant l'un un lion, l’autre un taureau : Cullimore, Oriental cylinders, n" 34, 97, lOo ; Lajard, Culte de Mithra, pl. XIII, n° 4 ; XV, n"4; XXAIII, ml3; XXXIV, n”12; XXXV, n" 8; Layard, N ineveh and Babylon, p. 60o; et notre Catalogue Raifé, n°* 473 et 471; quand on voit, disons-nous, cette double représentation de dieux dompteurs de monstres, l’un est Adar et l’autre est Nirgal. Cette analogie dans la conception et dans la manière de représenter les deux dieux, est probablement l’origine de la tradition classique d’après laquelle le dieu de la planète Mars aurait été pour les Chaldéens Hercule : Etym. Magn. v. nuposi;; Serv. ad Virgil. Æneid., VIII, v. 273 et 285 ; Macrob., 5alurn. III, 12; Plin. Hist. nal. 11,6. La tradition rabbinique, si l’on y ajoutait foi, signalerait encore une autre manière de représenter Nirgal, car elle prétend que les Cuthéens établis à Samarie l’adoraient sous la figure d’un coq. (Voy. Selden, De dns syris, syntagm. II, c. 8.) Cette tradition n’est peut-être pas complètement à dédaigner, car un cylindre nous montre précisément un coq placé comme attribut à côté du dieu qui, armé de la harpé.

combat un taureau ^^Lajard, ('vite de Mithra, \*\. XIII, n» 3.) Un autre offre la figure d’un dieu à pieds et queue de coq : Cullimore, Oriental cylinders, n”147; Lajard, Culte de Mithra, pl. XXIX, n° 2. Airgal était encore adoré dans le I" siècle de l’ère chrétienne parles rois de la Characène, qui formaient d’apres lui leurs noms d’ ’Aéivnpet ’A^îwssy).'); : Waddington, Mélanges de numismatique, t. II, p. 91-98.

Les textes donnent pour compagne à Nirgal une déesse dont le nom semble devoir être lu Imz : W. A. I. i, 63, col. 2, 1. 36; III, 66, recto, col. 6, 1. 41 ; verso, col. 1, 1. 4. Cependant il serait possible que ce dernier nom se composât d’un caractère pris idéographiquement et du complément phonétique az. (Voy. Oppert, Expédition en Mésopotamie, t. I, p. 219.) Dans ce cas, on pourrait soupçonner qu’il recèle l’appellation de TrD3 , qne la Bible cite en même temps que celle de S3U : II Reg. XVII, 31. Le souvenir de ce nom cité par les Livres Saints ne s’est pas perdu chez les Sabiens ou l^endaïtes, dont les écrits sacrés parlent de Nebaz, regarde comme un dieu infernal, un seigneur des ténèbres, (Norberg, CodexNasarœus, t. II, p. 50; t. III, p. 172); et c’est précisément une transformation semblable qu’a subi chez eux Nirgal, devenu un personnage infernal et destructeur; * les anges furieux de « Nerig, » (Norberg, Cod. Nasar, 1. 1. p. 112), sont les ministres de la mort et jouent le rôle de vrais démons. Dans le commentaire du fragm. 20 nous aurons à revenir sur une divinité du nom de Namyaz, qui doit-être le îrOJ de la Bible et qu’il faudrait identifier avec iM-az, si la conjecture que nous émettons sur ce dernier personnage, après M. Oppert, se trouvait vérifiée.

Les curieux sectaires du bas Euphrate, ainsi qu’on peut le voir par l’Onowios/tcon du livre d’Adam, tel que l’a

dressé Norberg, donnent aux planètes les noms de Kimn, Bel, Nerig, Astro etNabo. La tradition babylonienne, on le voit, s’est très-exactement conservée chez eux, sauf en ce qui concerne le premier nom, qu’on n’a pas encore trouvé sur les monuments cunéiformes, tandis qu'il se lit dans la Bible .* Amos, V, 26. Encore croyons-nous qu’il faut chercher une origine babylonienne à Kivan, et que ce nom se rapporte au rôle d’interprète principal des destinées attribué à la planète Saturne. Nous y voyons l’assyrien kayan, « réel, véritab^, effectif. » Or, précisément l’idéogramme de ce mot forme un des titres du dieu Ae/ar, dans une tablette mythologique (W. A. I. il, o7, I. f)2) , uni au chiffre 50, qui lui appartient et que nous avons plus haut cherché à expliquer. Le titre est à lire : Xamsa kayan, <c le cinquante véritable, » c’est-à-dire le dieu dont l’astre est le plus éloigné de la terre et le plus fatidique. Saint Ephrem (T. II, p. 458) parle aussi de a Kevan, qui mange scs enfants » comme adoré par les Syriens payensdeson temps. (Voy. Gesenius, Comnientar ueher den lesaia, t. II, p. 3.34.) Les lexicographes arabes, à commencer par le Qamoûs, donnent aussi Keiwân comme un des noms de la planète Saturne.

Avec les dieux des cinq planètes 'I) se clôt la série des douze dieux qui constituaient le véritable Olympe chaldéoassyrien, l’ordre supérieur de la hiérarchie divine, ceux que Diodore de Sicile (II, 30), en exposant très-exacte-

(1) La üétrio do leurs noms accadions, parallèle à celle do letirs noms aKvyrions, ainsi :

NOMS ASSTRIRNS.

Adar-Samdan Marduk UUar.

XirgaU iVa6u .

NOUS ACCADtESS.

fiar,

J^arhar, S’urdis' .

.S ‘ai.

Paht.

ment le système astronomico-théologique des Chaldéens, appelle « maîtres » ou «seigneurs des dieux, » xûpioi Ôeôiv, et qu’il dit avoir présidé aux douze mois de l’année et aux douze signes du zodiaque. (Voy. plus loin la note 17 du fragm. 9. ) Ce sont ceux qui presque seuls sont nommés dans les inscriptions comme étant l’objet du culte public et officiel, et dont les appellations entrent dans la composition de la plupart des noms propres. Cependant, au-dessous de ces grands dieux, la théologie et la mythologie de Babylone et de l’Assyrie admettait tout un peuple de dieux secondaires, représentant un ordre inférieur d’émanation. Ce sont des divinités de ce genre que le récit cosmogonique de Bérose introduit aux côtés de Bel, exécutant ses ordres et l’aidant dans son œuvre de démiurge. Les tablettes mythologiques et astrologiques fournissent un grand nombre de noms divins qu’il faut rapporter à cette classe. On doit surtout étudier à ce point de vue celles qui contiennent des généalogies de dieux (W. A. I. iii, 69, 3), et encore plus le précieux fragment d’un texte où étaient énumérées, temple partemple, les divinités synthrones des grands dieux dans les principaux sanctuaires de la Babylonie et de l’Assyrie (W. A. T. III, 66).

Sans doute beaucoup des noms fournis par ces documents comme ceux de personnages séparés se retrouvent sur les autres tablettes mythologiques comme des qualifications (les grands dieux. Le culte populaire leur donnait seul une existence distincte, tandis que dans le système général et scientifique delà religion ils n’étaientconsidérés que comme (les formes diverses d’une même divinité. Ainsi pour nous Iwrner à quelques exemples, Zagar (W. A. I. iii, 66, recto, col. 6, 1. 45; verso, col. 1, 1. 5; 69, 3, 1. 79) estlormellemeiit donné comme une forme de /Idar (W. A. 1. II, 57, 1- 70 ; •, il eu est de même (W. A . 1 . ii, 57, 1. 74) de Ninrvsi

(W, A. I. Il, 6’i, 2, 1. ii; iii, 150, verso, col. 6,1. 3 et 12), sur lequel nous reviendrons dans la note 2 du fragin. 19. Quand nous trouvons les deux appellations correspondantes, l’une accadieime Nin-lila (W. A. I. iii, 66, verso col. 4,1. 4), l’autre assyrienne Belit-balati (W. A. I. ni, 66, verso, col. 2, 1. 7) a la Dame de la vie, » il est bien évident que c’était originairement et essentiellement un surnom, qui peut avoir également bien appartenu à B dit et à Gula. « La Dame d’Akkad, » adorée comme un personnage distinct (W. A. I. m, 66, recto, col. 3, 1. 21; verso, col. S, 1. 27), est aussi certainement une forme secondaire, une qualification d’une des grandes déesses.

Mais il est aussi quelques-uns des dieux de second ordre qui figurent toujours à titre de personnages d’un caractère nettement individuel, ayant un rôle iLûne certaine importance. Nous en signalerons ici plusie«|^

i^eray (voy. Oppert, Expédition en Mésopotamie, t. II, p. 89), à qui l’inscription des Barils de Khorsabad (1. 41 de l’édition de M. Oppert) semble donner un rôle agricole; il faut en rapprocher le iic'pa/o; de Cypre (llesycli. V. Awoî) et l’ancien dieu arabe Seraq cité par le Qamoûs ;

Guzalu (W. A. I. III, 66, recto, col. 3, 1. 3), dont il serait difficile de dire rien de précis ;

Manu, « le grand » (W. A. I. iii, 66, recto, col. 3, 1. 2) qui est certainement le même que le »3D, dieu du sort (de la racine rWD), associé à 13, « la Fortune, » dont quelques-uns des Hébreux avaient adopté le culte dans la eaj)tivité de Babylone(Is. lxv. H);

Bel-aura, le seigneur du feu illK), qui avait un temple dans Al-A.ssur avec son épouse, la déesse Binte (W. A. I. I, 1 4, 1. 87) ; c’est peut-être une forme de Adar ;

Bau i W. A. 1. U, 62, 2, 1. 45; III, 66, versOj col. 2, 1. 8)^

qui est évidemment le chaos, inS, de la Bible (Genes. I, SJ; Is. XXXIV, H ; Ser. iv, 23), personnifié aussi sous le nom de Baaj dans la cosmogonie de Sanchoniathon (p. 14, ed. Orelli; ; « Ce mot, dit M. Kenan (Mém. de [Acad, des Inscr. nouv. sér., t. xxiil, 2" part. p. 257), se retrouve dans le laldebaolh (1H3 des Gnostiques et peut-être dans leur pjôôç. » (Voy. Movers, Die Phœnizier, t. I, p. 143, 279-280, 555-55(3, 589 ; Guigniant, Religions de [antiquité, t. 11,3' part. p. 862.) Baaîi, chez Sanchoniathon, est une divinité féminine ; on serait tenté d’abord de croire qu’il en était de même chez les Babyloniens, cependant une tablette mythologique (W. A. I. ii, 57, 1. 72) ; assimile formellement Bau à Adar;

Usu (\V. A. 1. 111, 66, recto, col. 1, 1. 15 et 25), qui correspond au Oûcwo; de Sanchoniathon (p. 18, ed. Orelli), dont le nom a été plus tard altéré en Oûawpo; par Eusèbc ( De laud. Constantin. 1 3 , p. 471 , ed. Heinichen ; Theophan . II, 12); les récits phéniciens de Sanchoniathon rapportent à l’occasion d’o-kcoo; un mythe essentiellement localisé dans l’ile de Tyr ; c’est donc sans aucun doute du 'dieu ainsi nommé que vient l’appellation de Usu par laquelle Tyr est quelquefois désignée dans les inscriptions historiques des rois d’Assyrie (W. A. 1. 1, 38, 1. 40 ; lll, 25,1. 98 ; voy. Norris, Assyrian Diclionary , t. I, p. 299^ ; ceci prouve que si, comme l’ont pensé Movers [Die Phœnizier, t. I, p. 293 et suiv.), M. Ewald Ahhandluny ueber die phœnikischen Ansichien von der W eltschiepfung und dm geschichtlichen Werth Sanchuniathon’s, j). 44 et suiv.) et M. Bunsen {Ægyptens Stelle, t. V, p. 289 et suiv.), et comme il paraît difficile ne ne pas l’admettre, un rapprochement est à établir entre roû<7(oo; phénicien et le de la Bible (Genes. xxv, 25), il s’agit bien dans Sanchoniaton d’un vrai dieu phénicien, de date ancienne et exis-

tant cgalenicnt àBabylonc, (l^et non d’un personnage introduit à une époque tardive, sous l’influence des livres juifs, ainsi que M. Renan tendait à le croire {Mém. de l’Acad. des Inscr., nouv. sér. t. xxill, 2' part. p. 262- 3ü6); au reste, certains traités rabbiniques appellent formellement Esaü « un dieu étranger, » 133 Sk {Yalkul Ruberi gadol, fol. 62, col. 2), l’assimilent à un démon nommé Samael, SkQD KIHW IVtV {Megilla Amykla, fol. 165), ‘JKDD WV KNin ( Y alliul Ruberi, fol. 33), a Esaü qui est Samaél, » ou bien à la planète Mars (voy. Eisenmenger, Enldeckles Judenlhum, 1. 1, p. 624, 647 et 825; Movers, Die Phœnizier, 1. 1, p. 397);

Subi (W. A. I. III, 66, recto, col. 4, 1. 13 et 21 ; col. 6, 1.3; tablette n° 100 delà collection photographique), dieu sidéral et présidant à un groupe heptastérique, sur lequel nous reviendrons dans la note 6 du fragm. 17 ;

^.s'munu, dieu bien connu dans la religion phénicienne (Movers, Die Phœnizier, t. I, p. 527-534), que mentionne une tablette encore inédite et que Strabon (XVI, p. 737)

(1) Un des deux caraclères qui rcpréfiCnU'nt dans le cunéiforme assyrien Je son vocal u, celui dont la valeur idéographique est « mesure, » est polyphone et sc lit également <'am* Quand le nom du Dieu Us'u est écrit avec ce signe pour initiale il demeure douteux, car il peu se lire également Samj'u, et Ton a des exemples de cette orthographe pour lo mot .S'amûi', « soleil «. {Voy. Norris, Atsyrian dictionary^ t. I. p. 300.) Mais lo doute n’est ]»Ius possible dans l'inscription d'un petit cylindre babylonien de travail assez médiocre, en hématite, que nous avons vu dans la collection de feu M. Lysimaque Kaftandjioglou Tavernier, qui l'avait rapporté de Bagdad, où il avait été agent consulaire de France. Le cylindre, dont nous possédons une empreinte, offre le sujet si frtquemment reproduit de l’adoration à Bel, assis sur son trône. L'inscrip^ tion est:

Nabu-is'kun bal Nahu^dan.

zikar r/4'u.

V S ahti-is'kun, fils de Nahu~dan, adorateur du Dieu Vs'u,

Lo nom de dieu y a pour initiale l'autre signe de dont 1a valeur ne peut pas laisser place au doute.

— leo -

signale dansle culte local d’Arbèles, en l’appelant ’AÔpvEÛî ;

Kimmut , le dieu de la constellation du Serpent ( voy. G. Rawlinson, The fivegreat monarchies, t. I, p. 15i) ou plutôt des Pléiades, le HD’D <1*^ Bible (Job, IX, 9; XXXVIII, 31; Amos, V,8);

Marin (W. A. 1. 1, 14, 1. 87; il, 50, 1. 41 et 42; iii, 66, recto, col. 3, 1. 12), « l’Occident, » fils d’ylnw (G. Rawlinson, The five gréai monarchies, t. I, p. 147), qu’il faut peut-être rapprocher de Ko).irta, le vent d’ouest (Movers, article Phœnizien dans l’Encyclopédie de Erschet Gruber, p. 415; Ewald, Abhandlung, p. 40; Renan, Mém. de C Acad, des Inscr. nouv. sér. t. XXIII, 2' part. p. 257), issu du chaos dans Sanchoniathon (p. 14, ed. Orelli);

Sadu, « l’Orient. »

La plupart de ces dieux .“iont astronomiques, Asmunu et Kimmut correspondent à des catastérisraes bien connus, .Marin et ^adu personnifient deux des points cardinaux ; il doit en être de même de la majorité des autres divinités secondaires dont on trouve les noms dans les documents dont nous venons de parler, et les tablettes astrologiques sont là pour en faire foi. Malheureusement nous sommes et nous resterons sans doute longtemps, faute de renseignements assez complets, hors d’état de. déterminer le rôle de la plupart de ces divinités secondaires dont nous trouvons les noms isolément, ainsi que leur place dans les classes de la hiérarchie céleste.

Du moins Diodorc de Sicile (II, 30), dans un passage précieux et bien des fois cité, nous fait connaître les principales de ces classes entre lesquelles le système astronomico-religieux des Chaldéens, adopté en Assyrie, répartL^^sait les personnages divins inférieure aux douze « grands dieux » ou « seigneurs des dieux. » Les douze signes du zodiaque, nous apprend-il, étaient divisés en trente-six

parties, présidées à leur tour pur autant d’étoiles subordonnées aux grandes divinités zodiacales et nommées « dieux conseillers, » Osol pouXatoi. « De ces dieux seconp daires, la moitié habite au-dessus, l’autre moitié au-des- » sous de la terre, pour la surveiller ; et tous les dix jours » l’un deux est envoyé en qualité de messager de la ré- » gion supérieure à l’inférieure ; un autre passe de celle- » ci dans celle-là par un invariable échange. » Ces trentesix dieux étaient les décans, ainsi appelés parce que chacun d’eux régnait pendant dix jours sur un tiers de signe. Et comme, chaque dixième jour, le tiers d’un signe ou la trente-sixième partie du zodiaque monte au soir sur l’horizon, tandis qu’un autre descend au-dessous, on voit que l’échange signalé n’était autre chose que le fait astronomique résultant du mouvement propre du soleil. Partageant ensuite la sphère céleste entière en dehors du zodiaque, comme ils avaient fait le zodiaque lui-même, les Chaldéens, pour achever leur construction à la fois scientifique et religieuse, distinguaient douze étoiles ou constellations dans la partie boréale du ciel, et douze autres dans la partie australe, disant que celles-là qui se voient sont préposées aux vivants, et que les invisibles sont assignées aux morts, et les appelant «juges de l’univers, » Hixctaml twv ôXwv. Les douze étoiles ou constellations choisies dans l’hémisphère boréal du ciel pour servir de points de départ à la division de la sphèrectaientastronomiquementlesparanatellonsdessignes c’est-à-dire les étoiles qui montent sur l’horizon en même temps que chacun d’eux, de sorte que la sphère se trouvait divisée en douze segments coupant obliquement le zodiaque, et renfermant les paranalellons de chaque signe. (Voy. (iuigniaut. Religions de l’anliguilé, t. II, p. 899 et suiv. ; et notre Essai sur un document mathématique chaldéen, ]>. io et suiv.) C’est à ce mode de division de la

sphère céleste que se rattuehuit la division babylonienne du nycthémère en 12 heures au lieu de 2i. (Voy. la note 4 du fragin. 9.)

Nous n’avons pu encore, malgré toutes nos recherches, trouver dans les textes cunéiformes aucune indication qui s’appliquât d’une manière positive, ou même vraisemblable, aux trente-six décans ou « dieux conseillers. » Mais nous croyons reconnaître les deux classes opposées, de douze chacune, des dieux présidant aux segments de la sphère, les uns lumineux et les autres ténébreux, les uns heureux et les autres funestes, les uns maîtres de la vie et les autres de la mort, que Diodore appelle « juges de l’univers, » dans les deux classes opposées de dieux secondaires que les textes mentionnent à plusieurs reprises en les nommant presque toujours ensemble, les Igigi et les Anunnaki. (V'^oy. Norris, Assyrian dictionary, t. II, p. 471 .) Deux raisons nous paraissent définitives pour décider cette assimilation. Premièrement on constate l’échange du nom des Igigi avec l’expression « les grands juges divins, » qui répond tout-ù-fait aux SixacTot twv oXtüv de Diodore: comparez le.s passages parallèles de la ligne 2 de l’obélisque de Nimroud (L 87) et de la ligue 1 de la grande stèle des sources du Tigre (W. A. I. iii, 7). Secondement la nature de la mention des /4«unnaA:i dans le passage delà stèle de ■Vnmvt-Btn III (col. 1,1. 7 : W. A. I. l, 27) quenousavons cité un peu plus haut, semble caractériser ces personnages comme des divinités de l’abîme et des ténèbres, ce que confirme le passage du début du prisme de Tuklati-palasar I (col. 1, 1. 3 : W. A. I. i, 9) où Bel Dagan, présenté comme le dieu primordial, celui qui est sorti du chaos, est appelé « le roi de tous le.s Anunnaki, » sar gimir Anunnaki, mais de ces seuls personnages; ceux qui leur sont toujours opposés, les Igigi, sont donc nécessai-

rcinent des divinités du ciel supérieur et de la lumière, et nous avons ainsi les deux classes de « juges de l’univers » dont parle l’historien grec. Nous pensons reconnaître les Anunnaki dans « les douze grands dieux fils d’.4nu » dont parle une tablette théogonique (W. A. I. iii, 69, 3), tout en ne donnant les noms que de neuf d’entre eux ; l’avantdernier est en effet appelé « le dieu Anunki. » Quoi qu’il en soit, c’est Anu qui dans la plupart des textes est donné comme le roi ou le chef des Igigi et des Anunnaki, en sa qualité de dieu présidant aux mouvements du monde et à ses lois. Nous le verrons même appelé « le dieu Anunnaki » dans la tablette n* 162 de la collection photographique, que nous étudierons dans le commentaire du iragm. 20. Mais dans un unique passage de l’inscription de Nabukudurri-uxur dite.de la Compagnie des Indes (col. IV, 1. 10 : W. A. F. I, 55) c’est à Marduk qu’est attribué ce même rôle, sans doute comme « mensurateur de la marche du soleil, » titre qui constitue son nom idéographique le plus habituel.

Les Hébreux, à l’époque où ils étaient tombés sous l’influence des Assyriens et des Chaldéens de Ninive et de Babylone, dans le cours du vu' siècle avant notre ère, sacrifiaient au soleil, k la lune, aux hôtelleries ou mansions célestes (mSlD) et à l'armée entihe du ciel (D’DWH KISX Sd) : II Reg. XXIIl, 5. Le verset biblique qui contient cette énumération peut-être pris comme un excellent résumé du système de la religion astronomique des bord de l’Euphrate et du Tigre. Les nl’jTD sont les signes du zodiaque, mais leur mention doit être entendue comme s’appliquant à tous les dieux zodiacaux, aussi bien les décans que les douze « grands dieux, » et même aux Igigi et Anunnaki, c’est-à-dire aux dieux des paranatellons des signes. Mais après eux le Babylonien et l’Assyrien adressait ses adora-

tions à a toute l’armée du ciel, » comme il est dit dans le verset, à ces a légions du firmament « qissali iaine, dont il est question dans les textes et que mentionne un des titres de Marduk devenu l’une des expressions idéographiques ordinaires de son nom, « le dieu des légions, » c’est-à-dire de l’armée céleste ; nous avons cité plus haut les qualifications de Nabu comme dirigeant les mouvements de cette armée. Pour les Chaldéo-Assyriens, en efiet, chaque astre était une divinité, l’antiquité classique nous l’atteste et les tablettes astrologiques ne le disent pas moins clairement. Aussi l’idéogramme de « dieu » dans l’écriture cunéiforme est-il originairement la figure d’une étoile dont le tracé se reconnaît facilement dans le type archaïque et encore mieux dans l’hiératique. Les expressions de « légions, » d’« armée du ciel, » montrent qu’on se représentait les dieux inférieurs présidant à toutes les étoiles comme groupés suivant les divisions de l’écliptique et de la sphère céleste sous les ordres des dieux plus élevés des « ipansions célestes, » des « dieux conseillers » et des a juges » de l’univers. » De plus, la manière dont Diodore raconte qu’étaient répartis ces derniers est la preuve que la science religieuse des Chaldéo-Assyriens admettait, au-dessous de la terre, d’autres légions célestes, invisibles aux hommes, des astres inconnus, à l’influence ténébreuse et funeste. C'était, du reste, la conséquence de la donnée essentielle, et prouvée par les textes originaux, de la division de la sphère céleste en deux moitiés opposées, exerçant des influences contraires, le ciel supérieur (çaççodu, cf. Iplp « sommet ») et le ciel inférieur [asm ou asar^ de la racine, "IVK, « être bon, » sans doute par une antiphrase euphémique) : voy. l’opposition établie entre ces deux termes dans l’inscription du harem de Khorsabad (Oppeil, Expédition en Mésopotamie, t. II, p. 3.34) et dans la stèle

(le ,'>amsi-nin III col. I, 1. 31 : W. A. I. t, 29) 1).

La foule dos légions de l’armée céleste, des dieux inferieurs des astres, doit-elle être identifiée avec les esprits, les génies souvent mentionnés dans les textes? Nous le croirions assez Volontiers, d’autant plus qu’une semblable notion, due selon toute apparence à l’influence de l’astrologie des bords de l’Euphrate, se répandit chez une partie des Juifs et même des plus anciennes sectes chrétiennes : elle tient une place considérable dans le Livre d’IIénoch, apocryphe du i" siècle de notre ère: XVIII, 10; XXI, 3 ; LXXXl, 10 et 11, dansGfrœrer, Prophet. veler. psewlcpigrapli. p. 183, 181 et 232. Maison ne peut rien affirmer, car tout est encore à faire sur la démonologie chaldéoassyrienne et les textes nous manquent pour éclaircir cette matière. Ce qui est du moins certain, d’après quelques expressions des inscriptions et encore plus d’après les monuments de l’art, c’est que les Babyloniens et les Assyriens admettaient toute une hiérarcliie de génies, de démons, les uns bons, les autres mauvais, les uns de lumière, les

(1) Le passade de la stèle de S'am.^'i-Din ei d’autres textes analogues, sur lesquels noua reviendrons dans la note 0 du fragm, 17. ne permettent pas de méconnaître l'opposition établie entre les deux expressions idéographiques notées par les signes bit~yi~ra et èit-maL la première signifiant « la b onne demeure » et désignant le afor ou ciel inférieur, la seconde signifiant « la demeure du soleil levant > et désignant le qaqqadu ou ciel supérieur. Mais dans les variantes du nom du roi Tukîati'pal-as‘ ar 1**’, nous voyons souvent le groupe bit-mat se sub.stituer au groupe hit^yi^ra, (Vov. nos L$tires ùu$yriologiques, t. T. p. 332.) Ce n'est pas un indice d'iiomophonie; c'est un usage euphémique qui prouve qu'une idée de mauvais augure s’attachait, conformément à ce que dit Diodore, au nom du as'ar, du ciel inférieur, et qu'on croyait la conjurer en y substituant dans l'écriture le nom du ciel supérieur, auquel appartenait l’influence favorable. Des variations d'orthographe semblables, tenant à des raisons superstitieuses. ne sont pas sans exemple chez les peuples anciens. Ainsi le nom du roi égyptien (Srli 1" (celui qui appartient au dieu Sef) est écrit cons* tamment dans son tombeau Hestri (celui qui appartient à 0.siris) : Lepsiua, Kœnigshueh, légende n* 413. Nous avons aussi relevé sur les monuments assyriens la variante A»*s*ur-ay/-irib pour {Lettres assgriolo^

giques^ t. I» p. 344).

autres de ténèbres, qui se mêlaient activement du gouvernement du monde.

Les génies du bien et de la lumière sont fréquemment représentés sur les cylindres en même temps que les grands dieux. Mais c’est surtout dans les sculptures des palais assyriens que leurs figures se reconnaissent facilement. On en distingue plusieurs types de représentations, qui doivent correspondre à plusieurs classes distinctes. En premier lieu il faut rappeler le Kirub ou Alapu, c’est-à-dire le taureau ailé à face humaine, dont nous nous sommes occupé déjà dans la note 26 de ce fragment. Yientensuite le génie à corps d’homme, muni de deux grandes ailes et d’une tête de percnoptère, dans lequel on a cru pendant quelque temps reconnaître la figure du dieu Nisruk, en vertu d’une fausse interprétation de son nom, qui en faisait un dieu oiseau. Présentant de la main droite une pomme de pin avec un geste mystique et tenant de la gauche une corbeille tressée à anse, il est presque constamment figuré sur les montants intérieurs des portes des palais, en arrière du Kirub, comme un autre génie gardien, qui repousse les influences funestes. (Botta, Monument de N inive,t. I. pl. 74 et 75; Layard, Monuments of Nineveh,j>\. 36; Lajard, Culte de Mühra, pl. LV; voy. la même figure sur le côté d’un cône de travail as.syrien, Lajard, Culte de Mithra, pl. XVII, n° 2 a. D’autres bas-reliefs nous montrent deux génies de ce type placés face à face et dans une attitude d’adoration aux deux côtés d’une plante sacrée, dont la figure se retrouve très-fréquemment dans les sculptures religieuses assyriennes et sur laquelle aucun texte ne fournit encore d’éclaircissement : Layard, Monuments of Nineveh, pl. 6 et 8. Nous reviendrons longuement sur cette plante sacrée dans la note 16 du fragni. 15; bornons-nous pour le moment à remarqu*cr que les Perses en adoptèrent

l’image pour en faire la représentation du haoma, telle qu’elle se maintint jusque sous les Sassanides (voy. Ch. Lenormant, Anciennes étoffes du Mans cl de Chinon, dans le t. 111 des Mélanges d'archéologie des RR. PP. Martin et Cahier), et qu’en effet, si le plus souvent elle a pris un caractère hiératique qui ne permet pas de la déterminer botaniquement, dans quelques sculptures (entre autres Botta, Monument de Ninive, t. II, pl. 150) elle parait bien être Y Asclépios acida, la plante même du soma ou haoma des anciens Aryas. Sur nu cylindre babylonien cette plante, entre les deux mêmes génies, est remplacée par un palmier que surmonte l’emblème ordinaire à'ilu : Lajard, Culte de Milhra, pl. LXVl, n° 6. Legénieà tête de perenoptère est encore repa'ésenté dans les broderies d’un vêtement royal, parmi les bas-reliefs du palais de Nimroud, luttant contre un Kirub ou taureau ailé à face humaine : Layard, Monuments of Nineveh, pl. iS. Sur un cylindre il est en adoration devant le dieu iSisruk qui répand les eaux : Lajard, Culte de Milhra, pl. LXI, n° 5.

D’autres espèces de génies célestes el bienfaisants ont une figure purement humaine. Tel est celui qui, sans attributs surnaturels et le front ceint d’un diadème orné de ro.saces, élève la main droite en signe d’adoration ou de protection et tient de. la gauche une tige de pavot à trois capsules, dont M. de Longpérier (Notice des Antiquités assyriennes du musée du Louvre, 3' édition, p. 33 ' a fuit ressortir l’indentité avec celle qui figure comme type des plus anciens siclcs juifs, où on la qualifie de verge d'Aarcn. Ce génie accompagne quelqm.fois celui à tête d’aigle sur les montants de la porte des palais. (Botta, Monument de Ninive, t. I, pl. 74 et 75; Layard, Monuments of Nineveh, pl. 38. ) Ailleurs il est double et se tient de chaque côté de k plant? sacrée: Botta, Monument de Ninive, t. II, pl. 15U.

Un type encore plus multiplié est celui des génies tout humains, coifiës d’une tiare que garnissent une ou deux paires de cornes de taureau, et munis de deux grandes ailes. Des génies de ce genre se tiennent aux deux côtés d’un roi qu’ils semblent protéger : Monuments of Ninevch, pl. 6 ; ou bien on les voit eu adoration des deux côtés de la plante mystique, soit agenouillés : Layard, Monuments of Nineveh, pl. 8 ; soit debout : Layard, Monuments of Nineveli, pl. 7 et 9. On doit en rapprocher un dernier type de démons célestes, qui a de plus des pieds d’aigle. Sur un curieux vase de terre découvert à Nimrond un de ces derniers semble soutenir la voûte céleste sur ses bras élevés : Layard, Monuments of ISineveh, pl. 9S a, ii° 10; ailleurs deux accompagnent le végétal sacré: Layard, Monuments of Nineveh, pl. 44.

Les deux classes de génies bienfaisants que nous venons d’indiquer, ceux à tête d’aigle et ceux ailés îi tête humaine correspondent certainement aux a Destructeurs {nattig et natgi, de la nicinepriJ) ailés » et aux « Protecteurs {ustur, de la racine "IDD) ailés,» dont les rois assyriens disent à plusieurs reprises avoir fait sculpter les images sur les nmrailles de leurs palais : Khorsabad, Inscription des Fastes, 1. 168 et 169 ; voy. Oppert, Commentaire de la grande inscription de Khorsabad, p. 243. Comme l’attribut de la tête de perenoptère comporte par lui-même une idée de lutte, de victoire et d’action violente, nous serions assez porté à attribuer aux génies qui en sont doués le nom deNalgi. Les Ustur seraient alors des génies ailés à tête humaine, et ce nom conviendrait parfaitement à leur rôle de protecteurs auprès de l’image du roi.

Une circonstance tout à lait digne de remarque et qui ne nous semble pas fortuite est que les êtres symboliques qui dans deux des principales visions d’Fzéchiel (1, 10; X,

14)support(*ntlctrônede Jéhovah, ayant quatre faces, l’iine de taureau ou de kerub, la seconde de lion, la troisième d’aigle et la dernière d’homme, réunissent en eux les caractères essentiels des quatre figures principales attribuées aux génies de la lumière et du bien dans la symbolique chaldéoassyrienne, le Kirub, le Nirgnllu, le Natlig et VUslur. En général toute la partie plastique des visions d’Ezéchiel est directement inspirée des œuvres de l’art assyrien, au milieu desquelles vivait le prophète. (Voy. Holmboe, Ezechiels syner og Chaldœemes aslrolab. Christiania, 1866, in-4“.)

Quant aux génies ténébreux et malfaisants du monde inférieur, nous en avons déjà parlé dans la note 43. Ce sont eux que dans les représentations de la plupart des cylindres combattent les grands dieux ou les génies bienfaisants. La fantaisie des artistes s’est complue à varier à l’infini leurs figures en les représentant comme des animaux terribles ou comme des monstres fantastiques, composés de parties empruntées aux êtres les plus différents, et nous avons montré dans plusieurs de nos notes que leurs principales formes sont celles que la cosmogonie de Bérose donnait aux premiers êtres nés dans le sein des ténèbres primordiales et du chaos. Les œuvres de la sculpture assyrienne ne nous ont encore offert qu’une seule fois l’image d’un de ces monstres sous les traits desquels on se figurait les mauvais génies. C’est dans le bas-relief du palais deNimroud où l’on voit Bin, la foudre en main, qui poursuit un esprit de ténèbres représenté comme un lion au corps revêtu de plumes et à la queue d’oiseau, avec deux grandes ailes et des pattes d’aigle en guise de membres postérieurs, tandis qu’un génie de lumière à la figure purement humaine, tenant la tige de pavot à trois capsules, assiste à la scène dans une attitude d’adoration : Layard, Monuments of Nineveh, new sériés, pl. 5. Tout ce qui arrivait de malheureux sur la terre, et en parti*

nilier les maladies, était attribué à l’action de ces mauvais génies du monde d’en bas, comme le prouvent les formules (léprécatoires de certaines tablettes, destinées à combattre les maladies : W. A. I. ii, 17 et 18. Tout le système, très- (léveloppé, de la magie chez les Chaldcens et les Assyriens— sur lequel il existe de nombreux documents, malheureusement tous encore inédits, et qui mériterait une étude spéciale — est basé sur la croyance à leur existence et à leur action ; ce sont ces esprits, ces démons, que les magiciens invoquent, par qui leurs formules se font obéir, c’est leur action que les charmes et les sortilèges mettent en mouvement; par contre, les invocations déprécatoircs, les prières destinées à rompre les enchantements, sont regardées comme ayant pour effet direct de repousser de tels génies, de les empêcher d’agir. C’est à eux qu’on dit, par exemple : ytilka, )(ilka,beia, beSa, a va-t-en, va-t-cn, mauvais, mauvais ».

Les figures des bons et des mauvais génies de la religion de Babylone et de l’Assyrie furent adoptées sans modifications par les Perses dans les monuments de leur art, pour représenter les Yazala célestes et les Déva infernaux du mazdéisme. (Voy. G. Rawlinson, The ftue gréai monarchies, t. IV, p. 33() et suivantes.

Pli 11. Hisl, nal. VII, 57.

Epigenes* apud ‘Babylonios DCCXXM ^ annorum observationes sidcrum coctilibus laterculis mscriptas docet, gravis auctor imprimis; qui minimum Berosus et Critodemus^ CCCCLXXXM annorum. Ex quo apparet aeternum literarum usum*.

Ciccr. De divin. I, 19.

Conlemnamus etiam Babylonios.... aut stultitiae aul vanitatis aut imprudentiac, qui CCCCLXXX millia annorum., ut ipsi dicunt, monumentis comprehensa continent.

Diod. Sic. II, 31.

’Etôîv y*P £“•* "Ts T£ccapax.ovTa (Aupia^aî jca'i TfEÎç S77i Ta’jTai; yO.iaSa; eî; tt.v ’A).£;ûtv5pciu ^laCaoiv yeYovÉvai îtarafiO- (Aoùctv (oi Xa'Xfîaîot), ôto'j tÈ» ■ira'Xaiôv -ÂpÇavTO twv acTp<ov Tot; 7rapaTr,pric£i4 -îïoiEÎc^ai.

Car les Chuldéons comptent quatre cent soixante <*t treize mille ans depuis qu’ils ont commencé à observer les astres jusqu’à l’expédition d’Alexandre.

African. ap. Syncell. p. 17.

Tôv Twv Xa>.5at<üV ^.Vipov, twv TEC(jap3É/.ovTa ôy.Tà> |Aupix^(üv,

tî ^eî ;

(iunnt à la fiction vaniteuse des Clialdéens, à leurs qnarante-hiiit myriades d’annees, que faut-il en dire?

1] Cet Epigène est qualifie ilc mit if de Byzance par Ceiisoriniis, Dedieuat. 7. Nous le trouvons cité dans Senec. Quaest. nalur. VII, 3; Stob. Eclog. phys. T, 29; l’iutarch. Deplacit. philosoph. III, 2, 7. II faut aussi, comme l’a montré Lobeck [Aglaopham. p. 311), le reconnaître dans un passage du scholiaste d’Apollonius de Rhodes, III, V. 1378, où la leçon vulgaire porte Ilepiyevri; èv toî; Xa).y.i^i>coî; au lieu de ’Emytrfiç èv Totç x<x\Sa.u6ïi, car l’opinion qui y est citée est la même que Plutarque rapporte sous le nom d’Epigène. Au reste, cet Epigène de Byzance est peutêtre le même que celui qui est nommé Rhodien par Pline, dans la Table des auteurs de ses livres VIII, X, XIV, XV, XVII, XVIII, et qui est cité dans le livre XXXI, 21,

2J Les manuscrits etles éditions de Pline portcnt/^CCA'A' ^tCCCCLXXXouCCCXC. Maïs la correction DCCXXM et CCCCLXXXM est formellement commandée par les témoignages de Cicéron, de Diodore et de l’Africain, ainsi que par la phrase de Pline lui-même ex quo apparet aelernum literarum usum. Perizonius l’a reconnu le premier, (Voy. Th. II. Martin, Mém. présent, par div.sav. à l' Acad, des Inscr. 1” série, t. VI, I" part. p. 312 et suiv.

3] Sur les X770T2Xt(jf«.aTa de Critodème et les différents auteurs qui les citent, voy. Fabricius, Bihliolh. graec.t. II,

i] Ce chiffre de 480,000 ans, auquel Diodore substitue,

nous ne savons trop pourquoi, 173,000, est un nombre rond, donné approximativement. Le vrai chiffre de Bérose était de 468,000 ans entre la création du monde et la destruction du dernier empire babylonien par les Perses, 432,000 entre Tavènement du premier roi antédiluvien et le cataclysme (voy. fragm. 8, 9, lOetH}, et 36000 entre le déluge et la conquête perse. (Voy.Gutschmid,/î/jetnwc/ics .Muséum fur Philologie, t. VIll, p. 252 et suiv. ; Brandis, lierum Assyriarum lempora emcndala, p. 16 et suiv. ; G. Rawlinson, The five gréai monarchies, 1. 1, p. 191.)

^axh. Prtrpar. Evûng. IX, 41. Euscb.y^r«i<’».C^rs/;.p.27,cd.Mai.

'0 aÙTo? (’ACuStiVÔ;) xotÜTi Yf*" Rui'sus cilio loco idem humo ^£1 • (Abydenus) sic loquitiir :

AÉYExai SI TTotvia jiiv à; «p/^î Cuncta, inquit, olim aqtiis uiotp tTvai, OâÀoiîiîav xaÂEouLtvïiv. lenebanturj idque marc dice- BîjXov oî <i5£a Tcaüaai, /wpr,v îxîtoTO) batur : qiiod qiiidem Belus ixovet'uavTa. compcscuit, et suum cuiquc

rei locum tribuit.

Le même Abydène écrit : Tout n’était qu’eau à l’origine, et c’est ce qu’on appelle la mer [primordiale] ; Bélus mit tin à cet état en assignant à chaque chose sa place dans le monde.

Agathias, Dcieh. Justin. II, p. C2, ed. Paris.

’A'X'Xà BtAov |XSv T'jv AÎs r'jyyi, iaviîr,v Sï tov 'Hpay.'Xs'a * xal XvatTi^a Try \(pç'xîiTr,v *, xa'i â^Aw; T0Ù5 âyXo'j; £xa>.ouv, iio'j By,fiôacm te tm Baê\j).tovtM xal X6r,vox>.eî* xa'i 2tp.ax<«*, TOÎ; Ta àpyai.’vavx tcTjv ’Aç'T’jpiwv te xat MtI^wv àvaYpa'J'au.svoiç, icTopT,(7ai.

Ils fies CliaUléens) ai)pelaient Jupiter Belus, Hercule Sandes, Venus Anaïtis, et donnaient ainsi à chacun des noms particuliers, comme le racontent Berose le Babylonien, Athéuoclcs et Simacus, qui ont écrit sur les antiquités des Assyriens et des Modes.

I J L’Herculcassyrien porte en effet, comme nous l’avons déjà dit dans la note 16 du fragm. I , aussi souvent que le nom de yédnr celui de Samdan, « le fort, le puissant, » de la racine *7DÏ, qui avait en assyrien le même sens que Scincd en arabe. Ce nom s’écrit sous la forme idéographique -, que nous avons étudiée d'une manière spéciale dans notre Essai sur un document mathématique chaldéen, note 188. Le même groupe idéographique, composé du signe « dieu » et du signe de l’idée de « force, puissance, » s’emploie avec le sens de « fer, » parce que ce métal était consacré au dieu Adar-Samdan, qui est qualifié de « roi du fer, » sar parzalli.

Les Sabéens du Yémen, dont la religion était issue de celle de Babylone et du bassin de l’Eiiphratc, adoraient aussi un dieu Simdan : voy.’ notre Manuel d’ histoire ancienne de l’Orient^ 3“ édition, t. 111, p. 30i2. L’existence de ce personnage divin nous a été révélée par une inscrij;tion himyaritiqne, encore inédite, d’Abiân près Aden, où nous lisons le nom propre viril 1DK31DS, composé de celui du dieu Simdan.

Ammien Marcellin (XIV, 8) appelle Sandan le fondateur mythique de Tarse en Cilicie, que Dion Chrysostome [Oral., XXXIII ; t. II, p. 1 et 23, ed. Kciske) dit être Hercule. Les extraits de Bérosc par Alexandre Polyhistor {ap. Euseb. Chron. Armen. p. 20, ed Mai) et par .Nbydène (ap. Euseb. Chron. Armen. p. 25, ed. Mai) nous apprennent que Tarse était généralement considérée dans l’antiquité comme fondée parles Assyriens, et que, si son existence était probablement antérieure, si d’autres traditions, dont Nonnus (/lionys., XLI, v. 85)s’est fait l’écho, la représentaient comme « une des plus anciennes villes du monde, » elle avait du moins reçu du temps de Sin-a^^êirib une importante colonie assyrienne. On y célébrait en l’honneur de cet Ilercnle-Sandan, tous les cinq ans, la cérémonie delà combustion de l’image; du dieu sur un bûcher magnifique : Dio Chrysost. Oral., XXXIll ; t. II, p. 23, ed. Reiske ; cérémonie dont Raoul Rochette a montré l’origine assyrienne. Le bûcher d’IIercule-Sundan, avec son effigie représentée, exactement sous les traits d’une des formes à.’ Adar-Samdan dans les compositions des cylindres babyloniens, est le type d’une grande [lartie des monnaies frappées à Tarse au temps des Séleucides et au commencement de la domination romaine : voy. R. Rochette, Mém. de [Acad, des I user .,\\ouv. sér. t. XVII, 2' part. ]>. 179-189. Un écrivain ecclésiastique, Basile de Séleucie, qu’ Adrien

de Valois cite dans sa note sur le passage d'Aininien Marcellin, connait aussi le Sandan, fondateur mythique de Tarse, et son caractère hcracléen ; mais par une étrange méprise, il en fait le fils de l'Hercule thébaiu et le petit-fils d’Amphitryon, 2av5ît toû 'HpayAsou; to5 ’Ap.'piTpjovo;. C’est peut-être encore une altération du même personnage qu’il faudrait distinguer dans le fondateur deCélendé-

ris en Cilicie (Apollodor., 111, li, 3\ qui est représenté sur les médailles de cette ville ( voy. Panel, Mcinoires de Trévoux, octobre 1737 ; E. Rochette, Mém. de V Acad, des Inscr., nouv. sér. t. XVll, 2* part. p. 217 et siiiv.) en héros chasseur, à cheval, comme VAdar-Samdan du mont Sambulos. Il est vrai que ce Sandacus, père de Cinysas, est quelquefois donné comme un Apollon Hesych. , v. Kiwupa;) ; mais Adar ou Samdan reste toujours un dieu igné, et nous avons déjà dit qu’il av,ait été un personnage solaire avant de devenir le dieu spécial de la planète Saturne.

Hercule en Lydie était appelé : J. Lyd. De magistrat., III, 61. Ici encore nous devons reconnaître notre Samdan chaldéo-assyrien. L’établissement en Lydie, vers l’an 1200 avant Père chrétienne, d’une dynastie originaire d’Assyrie et qui dura près de cinq siècles, est attestée par Hérodote d’après les traditions nationales :Herodot., I, 7. C’est un fait qui doit être considéré comme pleinement historique : voy. Movers, Die Phœnizier, t. 1, p. 73 et suiv. ; Oppert, Antialcs de philosophie chrétienne, février 1856; et notre Manuel d' histoire ancienne de l'Orient, 3* édition, t. II, p. 381 et suiv. En effet les précieux récits du prisme de T uklati-pal-asar I (W. A. 1. i, 9-16 j prouvent que dans le XIP siècle avant notre ère, c’était principalement en Asie Mineure (jue s’exerçaient l'activité guerrière et Pintlucnce politique des monarques

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