‹ Essai de Diagnostic entre les États de Débilités MentalesChapitre 14 sur 78 · CAN ES · texte numérisé non relu

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quelques minutes. La chose serait, il nous semble, beaucoup plus aisée, s’il existait un procédé dispensant d’une longue observation. Et si nous insistons sur la question du diagnostic précis de la catégorie mentale dans laquelle on pourra placer l’arriéré, c’est que le diagnostic comporte du même coup un pronostic, question fort importante pour le malade comme pour sa famille. En effet, l’idiot complet restera toujours lidiot complet ou à peu près.

L’idiot profond, malpropre et abruti, incapable souvent de marcher et de manger seul, pourra, par le traitement médico-pédagogique de M. Bourneville, devenir à peu près propre et même rendre quelque service par son travail.

Néanmoins, l’idiot, complet ou profond, restera toujours une charge pour la société ou pour sa famille.

L'imbécillité comporte un pronostic moins sombre. Sous l'influence du traitement médico-pédagogique, l’imbécile acquerra quelque peu d'éducation psychologique et surtout une éducation manuelle suffisante pour lui permettre de rendre quelques services appréciables dans les travaux des champs. Quelquefois même, une amélioration: plus prononcée permettra de le rendre à sa famille, où il pourra participer, dans une certaine limite, à la vie sociale, mais avec une direction et une surveillance constante de ses actes. L’imbécile, il ne faut pas l'oublier, est un être aux instincts souvent pervers, être malfaisant et vaniteux, ou pour mieux dire avec M. Sollier, un être antisocial. Utilisable à l’intérieur d'un agile, il ne pourra jamais se diriger si on le livre à lui-même et sera, dans ce cas, dangereux pour la société.

Quant aux débiles proprement dits, ils sont ceux que le traitement médico-pédagogique améliorera au point de les ramener souvent prosque à l'état d'hommes normaux.

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Malheureusement, quelques-uns d’entre eux restent, par

. léur instabilité, incapables de se diriger seuls dans la vie et,

s'ils n’ont pas une famille qui puisse les surveiller au dehors, ils resteront, eux aussi, à la charge de la société.

Cette question du pronostic a été bien comprise par les ahénistes allemands. Ils ont, en effet, établi à ce point de vue, une division médico-pédagogique des débiles, assez analogue à celle donnée par M. Bourneville. Leur division comprend des inéducables (Erziehüngsünfæhig) : ce sont nos deux catégories d’idiots et une partie des imbéciles ; des éducables (Erziehüngsfæhig). Parmi ces derniers, il y a : ceux qui sont susceptibles d'instruction (Bildüngsfæhig) : ce sont les dégénérés et une moitié de nos débiles proprement dits ; et ceux qui ne peuvent apprendre qu’un travail manuel (Beschæftigüngsfæhig) qui comprennent la majorité des imbéciles et l’autre moitié de nos débiles (1).

On voit, par cet exposé, de quelle importance serait une méthode rapide, précise de diagnostic différentiel : c’est avec le but de tenter un essai dans ce sens que nous avons poursuivi nos recherches. Quelques tentatives du même ordre ont déjà été faites, au cours de ces dernières années ; nous aurons, dans le chapitre suivant, à les examiner et à juger

quelle en est la valeur.

(4) Bzin. Loc. cit.

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