CHAPITRE I
Les méthodes psychologiques. Leur application à l'étude des débilités mentales.
S'il n’existe, jusqu’à présent, de procédé clinique précis, uniforme, pour le diagnostic différentiel des diverses formes de débilités mentales, c’est que le problème est complexe.
Etant donné que de la débilité proprement dite à l’idiotie
il n’y a que des différences de degré, 1l s’agit, en somme, .
de procéder à une véritable mensuration intellectuelle.
Bien simplifiée serait la difficulté, si les débilités mentales pouvaient être révélées par un examen physique portant sur un ensemble de signes anatomiques et physiologiques. S'ilen était ainsi, la question serait résolue depuis longtemps et des syndromes distincts existéraient pour chacune des catégories de débiles, comme ils existent pour les affections des organes autres que le cerveau. Malheureusement, dans les états d’arriération intellectuelle, l'examen somatique ne peut nous être que d’un secours assez minime et, en tout cas, ne peut servir de base à aucune méthode de diagnostic.
Quoi de plus variable, en effet, dans leur nombre et leur intensité que ces déviations du type normal, anatomiques et physiologiques, appelées stigmates de dégénérescence. Leur valeur, lorsqu’ils sont prononcés et en nombre, est incontes-
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table, mais comment les mesurer et les comparer? Nous savons, d’ailleurs, que ces anomalies dans l'architecture et le fonctionnement de l'organisme humain sont loin d’être toujours en rapport avec l’état intellectuel de l'individu. Il est fréquent de voir des enfants porteurs de tares physiques multiples, être susceptibles d’un développement presque normal de l'intelligence et inversement il n’est pas rare de voir des imbéciles et même des idiots être presque indemnes de stigmates physiques de dégénérescence, Les mensurations crâniennes, si elles donnent des indications précieuses, ne peuvent, elles non plus, servir de criterium pour juger de l'intelligence. Il y a encore beaucoup moins de rapports entre le tableau clinique d’une affection des centres nerveux (hémiplégie spasmodique infantile, diplégies, maladie de Friedreich, etc.) et l’état intellectuel créé, chez un enfant, par ses lésions.
Laissant donc de côté l’examen somatique, c’est à la psycho-physiologie que nous allons demander un moyen d'insvestigation.
En 1900, M. Simon, médecin-adjoint des Asiles, alors interne à la Colonie de Vaucluse, appliqua à l'examen des enfants arriérés une méthode déjà expérimentée par M. Binet pour l’étude de l’examen psychique des enfants normaux. |
Cette méthode consistait surtout dans des expériences de copie. Par elle, léminent maitre de l’École des Hautes- Études cherchait à distinguer de trés petites différences d'aptitude mentale chez des élèves appartenant à une même
classe et ayant reçu sensiblement le même degré d’instruction.
Il a constaté que les élèves copient à la fois d'autant plus