‹ Essai de Diagnostic entre les États de Débilités MentalesChapitre 5 sur 78 · CT OR PRET PI PET UNE RES · texte numérisé non relu

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philosophique sur l’aliénation mentale. Pour la premiére fois, il est question de l’oblitération des facultés intellectuelles et affectives, sous le nom d’édiotisme. Pinel définit cet état « une abolition plus ou moins absolue, soit des fonctions de l’entendement, soit des affections du cœur ». Il enseigne (1), en quelques pages, que cet « idiotisme » est une maladie congénitale caractérisée par l’absence des facultés intellectuelles et morales et en distingue quatre variétés :

Une premiére, état d’abrutissement, d’abjection complète, où toute sensibilité fait défaut : il n’y a pas même le sentiment ni la sensation des besoins physiques.

A un degré plus élevé, on constate chez le malade quelques perceptions et quelque sentiment des besoins physiques.

Une troisième variété est ia bétise qui comporte un peu d'intelligence ainsi que la possibilité de parler. Enfin, l’émbécillité qui atteint des individus ayant eu leur raison et va toujours en s’aggravant.

Pinel range lidiotisme parmi les Jolies, ce qui est.en désaccord avec la conception moderne de la folie. Bien plus, il confond à la fois dans l’idiotisme l’idiotie, la démence et la stupeur.

Pour lui, l’imbécillité serait l'inverse de l’idiotie ; la définition qu’il nous en donne n’est autre que celle de la démence.

Ce fut un élève de Pinel, Esquirol, qui, plus tard, établit la séparation entre l’idiotie et la démence, dans une comparaison devenue classique : Le dément est un riche devenu pauvre ; l’idiot a toujours été dans l’infortune et la misère (2).

(1) PineL. Traité médico-philosophique sur l’aliénalion mentale. Paris, 1809. (2) EsquiroL. Traité des muladies mentales considérées sous les rapporls médical, hygiénique et médico-légal. Paris, 1838,

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« L'idiotie, dit Esquirol, est un état particulier dans lequel les facultés intellectuelles ne sont jamais développées ». Puis, il nous donne une classification basée sur l’état de la parole. Les deux premiers degrés sont constitués par les imbéciles, les trois autres par les idiots :

Au premier degré, la parole est libre ; au second elle l'est moins et le vocabulaire est très limité.

Le troisième degré comporte des mots et des phrases très courtes ; le quatrième, des monosyllabes et des cris. Enfin, avec le dernier tout langage a disparu, même les mots et les monosyllabes.

Esquirol considérait donc la parole comme le critérium de l'intelligence bumaïne. [1 pensait mesurer cette dernière par l'absence ou l’altération du langage. Cette classification n’est pas dépourvue d'intérêt, car lidiot qui parle a plus de chances de s'améliorer que celui qui ne peut parler. Mais, ainsi que le fait remarquer Ball, la base des divisions établie par Esquirol est trop exclusive.

Ne voyons-nous pas, en etfet, des animaux relativement intelligents, l'éléphant par exemple, ne posséder qu’un seul cri désagréable et toujours le même, alors que certains oiseaux d'intelligence bien inférieure, tel le perroquet ou le geai pouvoir rivaliser avec la parole humaine.

Les idiots microcéphales parlant assez bien et souvent même bavards ne se perfectionnent pas aussi facilement que des mégalocéphales à parole lente et malaisée.

Nous voyons souvent des sourds-muets très intelligents alors que beaucoup de phraseurs ne possédent qu’une dose

restreinte de jugement et de réflexion. Il est certain, d'autre

part, que des imbéciles nettement classés ont la parole plus facile et plus abondante que nombre d’esprits supérieurs,

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Esquirol substitua le mot sdiotie à celui d’idiotisme. Il sépara, nous l'avons vu, l’idiotie de la démence et aussi de la mélancolie avec stupeur ; mais, il fait de la stupeur une démence aiguë, alors qu’elle est une obtusion et non un affaiblissement de l’intelligence.

On peut remarquer enfin que la définition de Pidiotie donnée par Esquirol est incomplète, puisqu'elle ne comprend pas les cas dans lesquels l'affection est survenue aprés la naissance, cas souvent moins susceptibles d'amélioration que les congénitaux.

Une autre classification, donnée par un médecin très distingué de l’époque, Dubois (d'Amiens), ne jette pas un plus grand jour sur la distinction entre les divers groupes d’arriérés. Dubois en admet trois classes (1).

Les sujets réduits à l’automatisme, présentant le plus haut degré d’abrutissement.

Ceux qui ne possèdent que des instincts.

Enfin, ceux qui possèdent à la fois des instincts et des déterminations raisonnables.

Dubois désigne ces différents individus sous le même nom d’idiots.

M. Sollier (2) fait remarquer justement que le terme d’instinct est trop vague et ne peut établir de limites précises entre les catégories. L’automatisme est, en effet, le fait de l’instinct : dans ce cas, les individus du premier groupe de Dubois, purs automates, posséderaient, eux aussi des instincts et se confondraient par conséquent avec ceux du groupe suivant. Quant à la définition du troisième

(4) Dusois n'Amrens. Mémoires de l’Académie royale de médecine, 1837. (2) Socrier, Psychologie de l’idiot el de l’imbécile. Paris, 1891.

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