‹ Essai de Diététique pratique du NourrissonChapitre 18 sur 31 · PES · texte numérisé non relu

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avec des phénomènes, même d'apparence banale, comme un rhume, une poussée dentaire.

Sans doute la poussée dentaire n’amène dans l’immense'majorité des cas, aucun trouble appréciable. Mais il nous semble hors de doute qu'elle puisse parfois déterminer des désordres assez importants : vomissements, diarrhée, qui disparaissent par la simple incision des gencives.

On s'assurera enfin qu'aucun médicament n’est donné à l'enfant ; il suffirait souvent de le supprimer pour

que tout rentre dans l’ordre.

Examen clinique du nourrisson. — Mais, quelle que sit l'importance des renseignements fournis par l'interrogatoire. il faut toujours pratiquer un examen complet du nourrisson. di F

Il'est des cas, cependant, où l’on peut trouver presque d'emblée, les signes d’une affection suffisante pour tout expliquer, et on élimine facilement la possibilité d’une broncho-pneumonie au début, d’une poliomyélite, d'une méningite aiguë, d’un abcès rétro-pharyngien. La diététique est évidemment secondaire dans ces cas ; il faut cependant donner une ration alimentaire suffisante, et si possible revenir à l’allaitement maternel.

Le diagnostic est facile aussi dans le cas de hernie étranglée, d’invagination aiguë, de syndrome cholériforme dont nous verréns le traitément.

Mais, dans tous les cas, il faut faire un examen com-

plet et très soigneux, pour ne rien laisser échapper.

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Examen général. — Avant de rechercher les affections les plus fréquemment rencontrées, il faut faire un examen d'ensemble : noter le poids et la taille ; juger de l'état général par l'examen du faciès et de la fontanelle ; noter l’état de la peau (déshydratation ou œdème), du pannicule adipeux ; rechercher la tonicité musculaire,

l'existence de déformations rachitiques.

Hérédo-syphilis. — Il faut ensuite: mème si l’interrogatoire n’a fourni aucune présomption, rechercher l’hérédo-syphilis. C’est donc systématiquement qu'il faut rechercher une hépato-splénoméalie, une poly-microadénopathie. La recherche de l’hérédo-syphilis, par l’examen clinique d’uñe part, par les antécédents héréditaires et collatéraux d’autre part, permettra de ne jamais méconnaître cette affection.

Le traitement spécifique doit toujours être institué, car la diététique seule est insuffisante. Les résultats du traïtement sont surtout nets lorqu'il s’agit d’enfants amenés pour des vomissements rebelles ; l'administration de lactate de mercure suffit souvent pour les faire disparaître en quelques jours.

Dans le cas aussi où l'enfant est amené pour un arrêt de croissance, sans qu'il y ait de troubles digestifs appa-: rents, quelques frictions mercurielles suffisent souvent

s pour déterminer une augmentation rapide du poids.

Tuberculose. -— La recherche de la tuberculose est plus difficile que celle de la syphilis, et ne donne pas lieu à une thérapeutique aussi efficace. Lorsque l’inter-

rogatoire n’oriente pas les recherches, lorsqu'il'n’y a pas

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de manifestations de tuberculose externe, le diagnostic clinique est le plus souvent impossible. Dans la règle, en effet, l'examen du thorax est négatif ; c’est dire la nécessité de pratiquer la cuti-réaction et la radio dans tous les cas où l'allure des troubles (amaigrissement rapide avec fièvre) fait soupçonner la tuberculose.

Malheureusement la tuberculose ne fait qu'expliquer l'échec de la diététique chez des enfants qui ont des trou-

bles digestifs ou qui ne poussent pas.

Télanie. — HN faut aussi penser systématiquement à la tétanie, surtout pendant l'hiver et au début du printemps. On doit rechercher les signes traduisant l’hyper-

excitabilité des troncs nerveux ; la découverte de l’un

d'eux suffira pour faire prescrire un traitement par le

chlorure de calcium qui suffira souvent pour faire disparaître des vomissements dont les caractères auraient pu faire penser à une sténose pylorique.

Parmi les autres examens, un des plus importants à

pratiquer nous semble être celui du rhino-pharynx.

Diphtérie nasale. — Extérieurement on pourra noter

des érosions des narines dues à un écoulement nasal

d’aspect séro-sanglant. II ne faudra pas dans ce cas mé-.

connaître la diphtérie, qu'il faut traiter par le sérum,

lorsqu'il existe des signes toxi-infectieux concomitants.

Rhino-pharyngite. -— L'examen de la cavité buccale peut révéler l’existence d’une rhino-pharyngite ; cette affection nous semble incapable d’expliquer par elle-

même des troubles digestifs graves ; tout se borne, en

res

effet le plus souvent à une poussée fébrile, avec diminution temporaire de l’appétit ; mais l'existence d’une rhino-pharyngite doit, chez un enfant qui vomit, présente dés poussées fébriles, une perte rapide de poids

faire craindre l'existence d’une otite.

Otile. — On a beaucoup insisté sur les symptômes cliniques que l’on pouvait trouver dans cette affection ; en réalité, ces signes, d'interprétation difficile, nous semblent manquer dans la grande majorité des cas ; c’est donc au spécialiste qu'il faut avoir recours pour être fixé sur l’état des tympans.

La découverte d’une otite explique ne de troubles digestifs d’allure parfois très grave, et qui peuvent disparaître complètement, presque du jour au lendemain, par simple paracentèse.

Il n’en est malheureusement pas toujours ainsi ; il y a, en effet, des olites, qui ne donnent aucune modification, de l’aspect des tympans, et dont le diagnostic ne peut être fait que par la ponction exploratrice ; la paracentèse peut être inefficace parce qu’il y'a des lésions

plus étendues : antrite, thrombophlébite des sinus.

Muguet. — Il est une autre affection fréquente, dont le diagnostic est fait par l'examen de la bouche : c'est le muguet. C’est fréquemment la cause d’un refus de boire presque complet ; il peut y avoir en même temps une diarrhée qui semble pouvoir s'expliquer par le développement du muguet sur tout le tube digestif. Nous avons

souvent obtenu de bons résultats dans ces cas, en don-

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nant à l’enfant des bouillies au caséinate de chaux (La-

rozan).

Pyélonéphrile. — Il est encore une affection dont le diagnostic peut se poser avec l'otite (car il s’agit de vomisseurs avec poussées fébriles) et qui est souvent méconnue : c'est la pyélonéphrite. Cliniquement, il est rare que l’attention soit attirée par une contracture de la région lombaire. En pratique, c’est pour expliquer la fièvre que l’on fait un examen d’urines qui lève tous les doutes. Il est utile de pratiquer de plus un dosage de l’urée sanguine ; on peut trouver, en effet, chez de tels malades, une augmentation du taux de l’urée assez considérable pour expliquer les troubles digestifs et pour indiquer temporairement un régime pauvre en substances azotées ; mais ce régime ne saurait être que transitoire. et parmi les aliments que l’on peut prescrire, il en est un qui nous à donné de bons résultats, c’est le Yogourth.

En réalité, l’important ici n’est pas le régime, c'est l'infection contre laquelle il faut lutter ; une fois celle-ci éteinte, si les reins n’ont pas été trop gravement touchés, les troubles digestifs disparaîtront d'eux-mêmes.

Telles nous semblent être les affections les plus fréquemment rencontrées, auxquelles il faut toujours penser. Mais bien d’autres examens peuvent être pratiqués examen- du système nerveux, des glandes endocrines, etre

On voit que même en laissant de côté la recherche des affections du tube digestif, qu'on ne peut mener à bien qu'après examen des selles et des vomissements,

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l'examen clinique permet bien souvent la guérison des

troubles, sans le secours de la diététique.

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