V) ENQUÊTE ÉTIOLOGIQUE PORTANT SUR LE MODE D'ALI
MENTATION.
Les recherches s’orienteront différemment selon qu'il s'agira d’un enfant nourri au sein, au biberon, ou rece-
vant d’autres aliments que du lait.
a) ENFANT AU SEIN.
Lorsque le nourrisson est uniquement au sein, il faut faire porter l’enquête sur la nourrice, la quantité de lait, la façon dont il est donné, enfin sur la qualité de celui-
I] faut toujours voir la personne, mère ou nourrice qui allaite le nourrisson, pour pouvoir faire une interro-
gatoire soigneux, et si possible un examen de celle-ci.
Genre de vie de la nourrice. — On interrogera la nourrice Sur son genre de vie, ses occupations, son alimentation. Nous pensons que l’on peut se montrer très large à ces différents points de vue lorsqu'il s’agit d’un nourrisson kien portant. Cependant, si l’enfant présente des troubles digestifs, il faut penser que le genre de vie. le mode d'alimentation peuvent être, sinon la cause essenüelle, du moins une cause favorisante qu'il s’agit de supprimer. Parfois d’ailleurs l'interrogatoire oriente d'emblée vers cette étiologie ; par exemple lorsqu'on
apprend que les troubles ont débuté avec un change-
tot
ment de conditions d'existence, la reprise du travail, des fatigues excessives, des ennuis moraux, tous faits qui, d'ailleurs, agissent surtout en diminuant la sécrétion
lactée.
Son régime. — Parfois également les troubles ont pu apparaître ou s’exagérer à l’occasion de l’ingestion de certains aliments. En pratique donc, il faut se montrer aussi strict à ces différents points de vue pour la nourrice dont l’enfant présente des troubles digestifs, que l’on pouvait se montrer large lorsque le nourrisson poussait normalement.
Il faut rechercher également si elle n’absorbe pas en trop grande quantité des boissons alcooliques, si elle ne
prend pas de médicaments.
Son état de santé. — On recherchera enfin une maladie de la nourrice, surtout une affection gastrique ou hépatique, un diakète. Dans tous les cas douteux, il faut faire un examen clinique, mais comme la réapparition des règles et la grossesse, ces affections agissent surtout
en diminuant la sécrétion lactée. -
Quantité de lait. Le plus important chez l'enfant au sein est donc de savoir la quantité de lait qu'il prend, et pour cela, il faut peser les tétées. L'examen des seins ‘en effet, qui est utile pour éliminer toute possibilité d'affection mammaire, ne donne.que des renseignements “très insuffisants sur l'abondance de la sécrétion lactée.
La pesée des tétées est le seul procédé, et autant cette
précaution est inutile pour les enfants qui poussent bien,
autant elle est indispensable en présence d'un nourrisson malade, On doit peser toutes les tétées pendant plusieurs jours, pour savoir exactement à quoi s’en tenir. On saura ainsi si la quantité de lait que prend l'enfant ne s'é-
loigne par trop de celle qu'il devrait prendre.
Iyperalimentalion. — NH est assez rare que l'on constate une hyperalimentation. Celle-ci d’ailleurs, chez l’enfant au sein est pendant longtemps relativement bien supportée et ne détermine que des régurgitations avec une courbe de poids satisfaisante. À la longue, cependant, on peut voir apparaître des vomissements répétés, de la diarrhée avec chute de poids. La reprise d’une alimentation normale suffira à faire disparaître les troubles.
Hypoalimentalion. — Beaucoup plus fréquente, surtout lorsque la nourrice est primipare, est l’hypoalimentation. Elle aussi est, pendant un certain temps, bien supportée, et l’on voit des enfants qui poussent normalement avec des rations bien inférieures à celle de leur âge. Si l’hypoalimentation est plus accusée, on observe seulement, en général, une courbe de poids insuffisante, avec Constipation légère ; mais, à la longue, des troubles peuvent apparaître avec des symptômes voisins de ceux provoqués par l’hyperalimentation. Le diagnostik ne peut donc être fait que par la pesée des tétées. Il suffit d'augmenter la ration pour voir la courbe de poids redevenir ascendante et les troubles disparaître. On institue l'allaitement mixte en complétant chaque tétée. Le complément sera, selon l’âge de l'enfant, du lait d’ânes-
mu PQ —
se, du babeurre, du lait sec où concentré, du lait ordi-
naire, que l’on peut donner pur dans ce cas.
Manière de donner le sein. — Quand on s’est assuré que la quantité de lait est normale, il faut se renseigner sur la façon dont celui-ci est donné, si l'enfant est convenablement réglé. Là encore, les règles trop absolues pour l'enfant bien portant, sont indispensables à suivre pour le nourrisson malade ; dans le cas de troubles digestifs, il faut toujours régler l’enfant, et d’une façon
général espacer les tétées d'au moins deux heures.
Mauvaise qualité du lait. — Il est assez rare qu’en pré-
sence de troubles digestifs, on soit amené en l'absence d'autre étiologie, à soupçonner une mauvaise qualité du iait. Le fait peut cependant se produire ; il faut alors faire pratiquer une analyse de celui-ci. Il ne faut d’ailleurs pas se hâter d’en interpréter les résultats d’une facon défavorable ; la qualité du lait est, en effet, sujette à des grosses variations d’un jour à l’autre et même d’une tétée à l’autre ; il faut donc faire plusieurs analyses et faire une moyenne.
On peut parfois trouver un lait contenant du beurre en excès ; c’est rarement d’ailleurs la cause de troubles digestifs, mais détermine plutôt des manifestations cutanées, telles que : eczéma, intertrigo. Il ne faut pas pour cela supprimer l'allaitement, il suffit de compenser cet excès de graisses en donnant, par jour, un ou deux biberons de lait écrémé.
Plus souvent, peut-être, on trouve une diminution
notable des divers éléments du lait. On cherchera à en-
richir ce lait en modifiant le régime de la nourrice, en
même temps on pourrä donner à chaque tétée, une cerlaine quantité de lait concentré.
On voit done que chez l'enfant au sein, des fautes alimentaires peuvent déterminer un certain nombre de troubles ; en réalité, s’il n'y a pas d'autres causes associées, ce sont en général des troubles d’allure bénigne. In tous cas, l'allaitement ne doit jamais, pratiquement, être suspendu en raison de ces troubles, qui s’arrangent
toujours par une thérapeutique convenable.
b) ENFANT AU BIBERON.
Les fautes alimentaires ont des conséquences beaucoup plus graves chez l'enfant au biberon, que chez l'enfant. au sein et leur thérapeutique est beaucoup plus complexe. IH ne suffit pas, en général, de rétablir une alimentation correcte pour les améliorer ; tout dépend de l'intensité des symptômes et de la gravité de l'état général, qui pourront nécessiter une diète plus ou moins POIDS suivie d’un régime de transition. È
Il n’en reste pas moins que les fautes alimentaires doi- ‘ent être recherchées systématiquement ; non seulement cela permettra de connaître l’étiologie des troubles, mais surtout cela donnera des indications sur la ‘marche à à sui-
vre dans le traitement et pour le rene | ultérieur.
Qualité du lait. — T1 faut avant tout se Rap sur la qualité du lait. |
S'il S'agit de lait condensé, on peut admettre qué celui-ci est de bonne qualité ; Cependant, on peut trouver