‹ Essai de Diététique pratique du NourrissonChapitre 20 sur 31 · DE TRES · texte numérisé non relu

DE TRES

des boîtes mal stérilisées, l’interrogatoire pourra renseigner à ce sujet ; surtout, il faut savoir combien de temps la boîte reste ouverte ; en été surtout, il semble bien qu'il soit dangereux de se servir d'une boîte entamée depuis plus de 48 heures.

S'il s’agit de lait ordinaire, l'enquête est beaucoup plus complexe, surtout à Paris, où il est impossible de savoir l’origine exacte du lait. On ne peut donc être renseigné sur des points importants, tels que : temps écoulé entre la traite et la consommation, manière dont le lait a été recueilli et transporté, nourriture donnée aux animaux. L'importance de ces facteurs est cependant considérable : l'infection du lait est une des grandes causes de gastro-entérites, ainsi qu'en témoignent, et la plus grande fréquence des accidents pendant les saisons chaudes, et leur diminution chez les enfants nourris au lait concentré. Sans doute, les procédés habituels de stérilisation à domicile, ébullition pendant 5 à 10 minutes, semblent capables de détruire la plupart des germes pathogènes, mais elle ne supprime pas leurs toxines. Et encore faudrait-il s’assurer que l’ébullition est faite correctement et d’une façon suffisamment prolongée.

Si on est dans l’impossibilité de se procurer du lait donnant toute garantie quant à sa pureté et à sa fraicheur. il faut recourir à l’alimentation par des laits stérilisés ou

concentrés.

* Mauvaise préparation des biberons. — 11 ne suffit pas

d'ailleurs que l’on ait du lait convenable, il faut que les

biberons soient préparés correctement. Pour s'en assu-

rer, le mieux est d'assister à la préparation de l’un d'eux, on verra ainsi les moindres fautes qui pourraient être faites. | L’infection du lait peut, en effet, être due à la mauvaise stérilisation des bouteilles et des tétines ou au fait que les biberons sont préparés trop longtemps à l'avance, à

l'emploi d’eau non bouillie.

Ration alimentaire. — Le second point est de savoir si l'enfant reçoit une dose convenable de lait. On fera donc porter l'enquête sur le nombre de biberons, sur la quantité de liquide, sur la dilution du lait.

L'emploi des laits concentrés favorise les erreurs de quantité, et on peut voir des enfants nettement hypo ou hyper-alimentés. Chez les enfants au biberon, les erreurs de dose peuvent causer dés troubles graves : vomissements et diarrhée, dans le cas d’hyper-alimentation ; évolution rapide vers l’hypotrophie et même l’athrepsie, dans les cas d’hypo-alimentation.

Quand les troubles sont légers, on peut remettre d’emblée le malade à la ration voulue ; mais dans la plupart des cas, la gravité des accidents nécessite auparavant un régime de transition. La quantité de lait à donner sera basée plus sur l’âge et sur la taille que sur le poids, et bien souvent ce n’est que par tâtonnements que l’on

trouve la dose qui assuré une croissance régulière.

Réglementalion des repas. — La réglementation des repas à encore plus d'importance pour l’enfant au biberon que pour l'enfant au sein, et des repas trop rappro-

chés sont souvent cause de vomissements, de gastrite ; il

jt ve

faut un minimum de 2 heures et demie entre chaque bi-

beron.

Régime carencé. — Un autre problème que soulève

- l'allaitement artificiel, est celui d’un régime carenté ;

c'est surtout la recherche d’une carence en vitamines qui est importante.

C’est la carence en vitamine C, antiscorbutique, qui est la plus fréquente chez les enfants de plus de 6 mois. Avant de donner les signes classiques du scorbut infantile, elle peut déterminer des troubles digestifs : anorexie, diarrhée et vomissements, en apparence primitifs. C’est donc seulement l’interrogatoire qui permettra de les rapporter à leur cause.

Lorsqu'un enfant nourri au lait concentré ou stérilisé n'a pas reçu une quantité suffisante d'aliments frais (car il semble bien qu'une certaine dose soit nécessaire) on doit prescrire du jus de fruits ; et cette seule prescription peut faire disparaître les troubles, faisant ainsi la preuve de leur origine.

Les syndromes typiques dus à la carence en vitamine A (arrêt de croissance et xérophtalmie), ou B (Béri-béri), sont rarement observés ; mais il n’est pas défendu de penser qu’une carence partielle favorise les états de dénutrition du premier âge ; et en pratique, il suffit parfois de prescrire ces vitamines à une dose suffisante, pour

assister à la reprise d’une croissance normale.

La carence en éléments minéraux est certes moins importante ; cependant, la carence en fer peut déterminer des troubles chez les enfants nourris pendant trop long-

Page 1