CHAPITRE III.—Le Pronom
Le pronom est une espèce de mots destinés à rappeler la chose dont on vient de parier.
Le)
Son emploi évite le désagrément que produit la répétition d’une expression dans le discours.
Dans le pronom on considère la classe, le genre, et le nombre.
On divise les pronoms en quatre classes, savoir : en pronoms personne's, en pranoms relatifs, en pronoms tndéfinis et en pronoms démonstratifs,
Les pronoms personnels sont ceux qui servent à désigner les personnes que la grammaire distingue dans le discours.
Ces personnes sont au nambre de trois, savoir : la première, qui parle, la seconde, celle à qui l'on parle, et la troisième, celle de qui l’on parle.
Les pronoms personnels se divisent en trois ordres par rapport À ces personnes : il y en a quatre pour la première, autant pour la seconde, et huit pour la troisième.
Les pronoms personnels de la première personne sont, je, me, moi, nous.
Les pronoms personnels de la seconde personne sont, £u, £e, toi, vous.
Les pronoms personnels de la troisième personne sont, ël, elle, se, soi, lui, eux, leur.
Les pronoms relatifs rappèlent la chose dont on vient de parler pour la lier À queïqu’autre qui doit suivre. Il yen a huit, savoir : que, qui, lequel, dont, quoi, y, en, le.
Les pronoms indéfinis, sont ceux qui ne désignent rien de décidé, ni qui ait rapport à quelque chose de précis. Ils sont au nombre de huit, savoir : on, quelqu'un, chacun, quiconque, personne; rien, ce, celui. |
Les pronoms démonstratifs désignent ainsi que les autres, mais en montrantla chose, eten la mettant pour ainsi dire sous les yeux. Il y en a quatre, savair: ceci, cela, celui-ci, celui-là.
1! paraît par cette énumération que les pronoms sont au nombre de trente-cinq: quinze personnels, huit relatifs, huit indéfinis, et quatre démonstratifs.
Du genre et du nombre des pronoms.
La plupart des pronoms personnels représentent également les substantifs masculins et les féminins. Sur quinze qu’ils sont, dl, elle, lui, eux, indiquent leur genre et leur nombre par eux-mêmes.
Les neuf pronoms personnels suivans, je, me, moi, {u, te, toi, se, soi, lui, sont toujours du nombre singulier. Vous est des deux nombres quoiqu’originairement du nombre pluriel. Mais la politesse francaise qui ne peut supporter la brusquerie du tutoiement a admis au singulier. Cependant on tutoie dans le langage amical et dans certsins traits du style soutenu. Ex. Tyran, tu te trompes si tu crois y sur mon cœur le même pouvoir
que tu as sur ma vie. Les deux sutres pronoms personnels sl et elle se forment chacun un pluriel par l'addition d’une s final, ce qui fait ils et elles.
Des huit pronoms relatifs il y en a cinq qui n’ont par eux-mêmes ni genre ni nombre, savoir: qui, ques dont, y, en, et qui par conséquent servent également au masculin comme au féminin, au singulier comune au pluriel. Le et lequel soat du singulier masculin. On les met au féminin en changeant l’e de ia syllable le en a, ce qui produit a et laguelle : on les met au pluriel en ajoutant une s final à la syllabe le ce qui forme Les pour des deux genres : lesquels pour le pluriel masculin et lesquelles pour le pluriel féminin.
Remarquez que ce dernier pronom, étant formé par l’union de l'article avec l'adjectif quel, sa première syllabe conserve toutes les propriétés de l’article, et par conséquent est soumise à toutes les règies de la syncope dont nous avons parlé. Ainsi on dit duquel, auquel : et si l’on met le mut £ou£ entre l’article et de ou à, l'article reprend sa forme naturelle. Ex. duquel manége il se soucie peu. De tout lequel manége il se soucie peu.
On n’a point de genre. Quiconque, personne, rien sont du singulier masculin. Quelqu'un et celui ont diverses formations pour les deux genres et pour les deux nombres, e: comprennent chacun quatre mots que voici. Quelqu'un, quelqu’une, quelques uns, vd unes ; celui, celle, ceux, celles. Chacun fait au féminin chacune, mais il n’a point de pluriel Ce est masculin. S'il précède un substantif masculin commençant par une voyelle ou par une À non aspirée on ajoute un £. Ex. ce canif, cet oiseau, cet homme. Au pluriel il fait ces pour les deux genres. Ex. ces messieurs, ces dames.
Ceci, cela, sont toujours du singulier masculin. On dit au singulier masculin celui-ci, celui-là, au singu'ier féminin celle-ci, celle-là, au pluriel masculin ceux-ci, ceux-là, et at pluriel féminin celles-ci, celles-là.
Remarques sur la signification des pronoms.
D'après l’étymologie du mot pronom, pro nomine, il semblerait qu'il ne doit servir qu’à rappeler l’idée exprimée par un substantif précédent. Cependant le pronom rappèle quelquefois la pensée contenue en une phrase entière. Ex. /vez-vous vu la belle maison
ue M. le comte a achetée ? Si l’on répond je l'ai vue, le pronom
’ne tient pas la place du seul mot maison, mais de ce mot accompagné de tous ceux qui particularisent cette maison. C’est comme si l’on disait j'ai vu la belle maison que M. le comte a achetée.
Le sens exige encore que, dans quelques cas, le pronom tienne lieu d’une phrase construite différemment que célle dont
il prend la place, Ex. Voulez-vous que j'aille vous voir? Si l’on répond je le veux, c’est comme si l’un disait, je veux que vous veniez me voir. Connaissez-vous ma maison? Je la connais. C'est comme si l’on disait je connais votre maison.