‹ Essai de grammaire française [microforme]Chapitre 2 sur 40 · CR AR, EE · texte numérisé non relu

CR AR, EE

dit-il ns nes (T. 1, p. 50) que l'esprit humain comme copiste de la nature, imagine conformément aux manières dont elle opère ; qu’il faut puiser dans les opérations de l’esprit les principes de la grammaire pour en faire l’application : enfin il prétend suivre la marche de l’esprit humain dans ses dix parties d’oraison, et dans les sept parties constructives de la phrase. (T. 1, p.42et 71.) Condillac dit qu’une grammaire est une méthode analytique. Ba lisant attentivement celle de Girard, l’on y remarquera la même perspicacité analytique qui brille dans le chef-d’œuvre qui lui ouvrit les portes de l’académie.

Aux raisons données par la Biographie Universelle, qui peuvent expliquer pourquoi cette grammaire n’a pas été généralement adoptée en France, on peut ajouter la force de la routine qui donnait la préférence aux méthodes qui conservaient les déclinaisons, l’influence d’anciens professeurs renommés, que l’amour de la vérité inspirait beaucoup moins que la crainte de recommencer leurs études du français, le dégout qu'ont ordinairement pour l’étude de la grammaire les jeunes gens qui sortent du collége, lesquels croiraient déroger s'ils #y livraient davantage, et surtout la fureur qui survint bientôt après Girard, de faire des grammaires. Le nombre en est maintenant si grand qu’il est très-difficile de faire un bon choix. Plusieurs ont du mérite, et surtout la grammaire des grammaires de Giraud-Duvivier ; mais c’est plutôt une bibliothè ue grammaticale qu’un livre élémentaire. Malgré ce grand nombre de grammaires françaises on dit sauvent que nous n’en avons pas encore une bonne. Pour moi je suis convaincu que ceux qui parlent ainsi n’ont pas assez étudié celle du profond Girard. Cependant il faut avouer que cette rrammaire n’est pas un livre destiné à être mis entre les mai: des enfants. En effet on peut remarquer dans les seize discours qui la eomposent, que leur auteur a plus lair de s’adresser à ses confrères de l’académie, qu’à de jeunes élèves. Sans faire comme tant de plagiaires qui l’ont pillée sans prendre la peine de déguiser leurs larcins, on pouvait exploiter ce trésor inépuisable de science grammaticale, en en extrayañt des éléments-pour la jeunesse. C’est ce que je me suis proposé de faire en composant un essai de grammaire française suivant les principes de l’abbé Girard. .

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