‹ Essai de logique judiciaire [microforme]Chapitre 7 sur 35 · DU SYLLOGISME · texte numérisé non relu

DU SYLLOGISME

Nous ne descendrons pas à expliquer 161 ce que c'est qu'un syllogisme: il s'agit seulement de l'appliquer au droit, es que n’a pas fait M. de St. Albin.

Becearia et Garat ainé nous disent qu'une sentence idicaire est un syllogisme.

Un jugement est en eflet le résultat d’un syllogisne bon où mauvais; Car nous n'acceptons pas sans hésiter, avec Grarat, la lot eomme le principe certain d’où lon part. Om a trop abusé du pouvoir de législater, pour que la loi puisse être admise saus précaution comme une vorité certaine telle que celle qui doit faire la majeure de tout bon syllogisme. Si la loi est injuste, le jugement basé sur elle n’a d'un syllogisme que la forme,

Le sylogisme-juwement doit donc, dans la majeure, retracer une vérité certaine, qui est la loi juste et salu

taire, Dans la mineure, déterminer le rapport particulier du sujet contentieux à la vérité générale, c’est-à-dire, le rapport du fait contentieux à la loi. Enfin, dans la conséquence, déclarer ce que la loi ordonne du sujet contenticux,

Voilà ce que fait tout jugement, tout procès régulier : nous verrons dans le supplément si le procès par jury est un bon syllogisme,

M. de St. Albin a fort mal à propos séparé l'enthyméme du syllogisme par le dilemme, puisque l’enthymème n’est qu’un syllogisme abrégé.

Il a dit sous le sy logisme :

* La méthode syllogistique n’est pas seulement la plus agréable et la plus claire, on peut dire qu’elle est la plus sûre, en ce qu'elle commande sans cesse les résultats, et qu'elle en poursuit Imévitablement la preuve. Tant que vous n'avez pas répondu à la question qui vons est faite, cette question subsiste contre vous, et d’ailleurs, la nécessité de répondre directement, vous force de vous rendre compte à vous-même; tel est le procédé de l’enseignement mutuel qui, de nos jours, à paru comme une découverte, et qui n’est autre que la méthode de Socrate, appliquée à un ou plusieurs répondans.??

M. de St. Albin n’a-t-1l pas trop craint d’étre pro’:xe, et n'aurait-il pas pû s'expliquer plus clairement ? M'il s'était contenté d’avancer que l’enseignement mutuel n’est autre chose que la méthode de Socrate, je n'aurais pas beaucoup de peine à adhérer à son opinion, après avoir lu la République ou dialogue de la justice de Platon, son élève; mais je ne vois pas aussi clairement que la méthode syllogistique soit ‘la même que la méthode de Socrate. C’est bien la même chose selon l’auteur, puisqu’il prétend que la méthode syllogistique est la même chose que le procédé de l’enseignement mutuel, qui ne diffère point lui-même de la méthode de Socrate ; mais c’est ce qu'il fallait démontrer.—Jamais je n'avais réfléchi que la méthode syllogistique était par questions

‘L par réponses ; je ne nie pas qu'elle puisse l'être ; mais je : sais que Socrate ne l’a pas employée, et qu il a usé d'une méthode beaucoup plus propre à la faire tiomplher de ses adversaires,

Si M, de St, Albin eût rapproché l’'enthymème du s\Ilogisme, il aurait probablement évité une contradic- Lion,

TT preuve que | la méthode syllogistique n'est point le 4 agréable, c'est qu'elle est peu usitée, et passe pour

e de mauvais goût :

* L'enthymème est plus fré ‘quemment employé que le svilogisme ; il rend le discours plus vif et plus animé ; il ütire la bienveillance des auditeurs, dont il flatte l'amour propre, en Jaissant à leur pénétration quelque chose à leviner, [la d'ailleurs l'avantage de dépouiller largurientation de Pappareil parfois pédantesque du syllusisine, et d'aller plus vite au but.” (Page 52.)

La méthode syllogistique, comme M. de St. Albin l'enenduit plus haut, n'est donc pas la méthode la plus iwréable,

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