‹ Essai de logique objective; ou, Théorie de la connaissance de la vérité et de la certitudeChapitre 47 sur 53 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

11 résulte de ce travail qu'il n'y a pas de métaphysique positive, ou, en d'autres termes, qu'on ne peut connaître les choses existantes que par leurs manifestations phénoménales; qu'on ne sait rien de l'âme que ses états, du monde que ses phénomènes, de Dieu que son idée, de la liberté que la nécessité morale, de l'immortalité que sa possibilité et sa vraisemblance.

Mais ce que la raison ne peut prouver, le sentiment, une sorte d'instinct supérieur, porte à le croire. Si l'on ne peut démontrer l'existence de Dieu, la liberté et l'immortalité, on peut du moins croire ces trois choses, et les deux dernières surtout au nom de la première, qui est un des articles de foi du genre humain, l'expression d'une loi de notre nature. La foi supplée ainsi la raison. Elle a plus de force qu'elle et moins d'autorité. C'est une impulsion plutôt qu'une lumière; un instinct plutôt qu'une conviction; un besoin, un désir plutôt qu'un jugement bien motivé.

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