‹ Essai de logique objective; ou, Théorie de la connaissance de la vérité et de la certitudeChapitre 5 sur 53 · PRÉFACE . XI · texte numérisé non relu

PRÉFACE . XI

même celle qu'on croil trouver dans les préjugés du sens commun.

C'est contre celle aberration que le sensualisme et le matérialisme de tous les temps ont voulu réagir. C'est une erreur, au moins partielle, qui en combat une autre. Je n'ai pas à rechercher laquelle est la plus funeste. Le positivisme de notre époque n'a pas d'autre but négatif; son but positif est de constituer les sciences expérimentales.

Le rationalisme critique de Kant, beaucoup plus rapproché de l'expérimentalisme qu'on ne le croit généralement, est une autre protestation. Mais ce philosophe a laissé, dans sa doctrine peu ferme des noumènes ou des choses en soi, un point obscur qui a été comme la porte par laquelle sont rentrées dans la philosophie spéculative toutes les aberrations mystico-réalistes auxquelles nous venons de faire allusion.

Un rationalisme critique d'une fermeté plus décidée serait donc celui qui ne verrait encore dans les noumènes que de pures notions de la raison spéculative, et qui démontrerait qu'il est également irrationnel de leur affirmer un objet ou de le nier, parce que la question n'est pas même susceptible d'être posée.

C'est précisément ce que nous nous proposons de faire dans le présent ouvrage : c'est du moins l'un des points que nous avons eu le plus à cœur d'approfondir et de mettre en évidence.

Nous n'avons eu en cela qu'une seule préoccupation, celle de bien établir ce qui, après plus de quarante ans de méditations et de travaux, nous semble être la vérité. Nous n'avons aucune vue hostile ou intéressée; nous

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