‹ Essai de logique objective; ou, Théorie de la connaissance de la vérité et de la certitudeChapitre 6 sur 53 · XII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XII PRÉFACE

croyons être également exempt de haine et d'ambition, ou du moins n'avoir d'aulre ennemi à combattre que l'erreur, d'autre avantage à rechercher que celui d'éclaircir un point qui nous semble encore obscur pour beaucoup d'esprits sincères.

Le temps est peut-être venu de rendre à la spéculation philosophique, au moins dans le haut enseignement, tout son domaine et loute sa liberté. En tout cas je revendique l'un et exerce l'autre. La philosophie, prise au sérieux et dans toute son étendue, est libre ou n'est pas. Elle ne devrait pas avoir besoin d'être sécularisée ou affranchie, parce qu'elle n'aurait jamais dû être inféodée ou asservie à un formulaire quelconque de croyance. Elle n'aurait jamais dû dépendre que de la raison seule, ne prendre que d'elle ses questions et ses solutions. Je comprends toutefois qu'il en ait été différemment ; mais c'était, je le crois, manquer, sinon à la logique pratique, du moins à la philosophie ellemême.

Reste à savoir si l'on ne croira pas apercevoir dans notre doctrine, qui le sensualisme, qui l'idéalisme et le scepticisme, et par conséquent l'athéisme, et cela sans prendre la peine de se rendre compte de ce qu'il convient d'entendre par ces gros mots. Il suffit que ces termes fassent horreur à certaines gens, pour que d'autres en gratifient des doctrines qu'ils ne comprennent pas, qu'ils n'ont pas même essayé de comprendre, dont peut-être ils ne connaissent pas le premier mot. La doctrine leur déplaît, donc elle est condamnable. A de pareils adversaires il n'y a rien à répondre.

Si je devais en avoir de plus intelligents et de plus

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