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la seconde à n'être qu'une suite de conseils pratiques sur la méthode à suivre dans les études. Dans l'encyclopédie il distingue deux grandes parties de la théologie : la science de la religion chrétienne et la science de l'Église chrétienne. La science de la religion chrétienne forme elle-même trois sections :
i" Exégèse [heuristische Théologie) ; 2" Théologieappliquée {technetische Théologie), divisée en théologie systématique (synlaktische Théologie) et en théologie historique (metataktische Théologie) ; 3" théologie pratique. La science de l'Eglise chrétienne contient deux parties : la première, théorique, étudie les deux éléments qui ont, d'après Danz, concouru à la formation de l'Église, la sociabilité et la religion ; la seconde, pratique, passe en revue les sciences qui contribuent à maintenir et à développer l'union de ces deux éléments. Ce plan singulier n'a jamais trouvé beaucoup d'admirateurs et nous ne l'aurions même pas mentionné, s'il ne servait à nous faire voir le point d'arrivée de la science avant Schleiermacher.
L'année suivante (1833), parut la plus connue des méthodologies en usage aujourd'hui, celle de Hagenbach, professeur à Bàle (9' édition. 187i). L'auteur, disciple indépendant, mais fidèle, de Schleiermacher. mit pour la première fois à la portée du grand nombre des pasteurs et des' étudiants les idées que le maître avait laissées sous une forme accessible seulement à ceux qu'un travail assidu ne rebutait pas. Le hvre d' Hagenbach a du sa fortune à ce fait, qu'il était la tra-
duction limpide, bien écrite, agréable à lire, de ce que beaucoup, faute de temps ou de préparation, ne pouvaient aller chercher chez Schleiermacher lui-même; aussi cette nouvelle encyclopédie a-t-elle eu un succès si complet qu'elle a fait disparaître toutes les autres des mains des étudiants et des chercheurs ordinaires, et que plusieurs livres , même plus récents, ont passé inaperçus et sont devenus presque introuvables pour celui qui a besoin de les consulter. Nous ne voudrions pas médire de l'Encyclopédie de Hagenbach; elle a été pour nous le point de départ d'une étude qui nous est devenue chère entre toutes ; mais il faut bien que nous confessions qu'elle nous paraît inférieure à sa réputation; c'est un livre commode, un excellent manuel, où l'on rencontre à l'instant ce que l'on cherche, mais l'effort de pensée est peu considérable, et, si l'auteur a vulgarisé bien des idées, ce qui n'est pas un mince mérite , il n'en a guère ajouté à celles qui couraient déjà sur le sujet. Une rapide analyse permettra du reste au lecteur d'en juger par luimême : l'introduction définit l'encyclopédie, et passe en revue quelques questions générales, telles que le choix de la vocation pastorale, la religion, la communauté religieuse, le christianisme, les rapports de l'Église et de la théologie, de l'Université et du ministère, de l'école et de l'Église. Puis viennent deux parties appelées l'une générale, l'autre particulière (et cette division, que notre travail reproduit avec quelques modifications, nous paraît parfaitement juste). L'encyclopédie
générale définit la théologie en elle-même, d'abord comme science positive et comme théorie d'un art, puis dans ses rapports avec le dehors, avec la propédeutique, avec les beaux-arts et la culture générale, avec la philosophie ; elle caractérise ensuite assez superficiellement les tendances diverses qui se disputent le domaine de la théologie et s'achève par une histoire de l'encyclopédie théologique. L'encyclopédie spéciale passe en revue les différentes disciplines théologiques que Hagenbach range sous les quatre chefs : théologie exégétique, historique, systématique et pratique.
Mais tandis que l'école de Schleiermacher se développait victorieusement et paraissait défier la critique, une autre tendance se formait à côté d'elle, qui, après avoir subjugué la philosophie, élevait la prétention d'envahir ensuite le champ de la théologie. L'hégélianisme, pour justifier cette prétention, devait chercher à montrer, dans une encyclopédie, qu'il était tout aussi capable que Schleiermacher et les siens d'embrasser et d'organiser la théologie. C'est ce que tenta, en 1831, le savant professeur de Halle, K. Rosenkranz [Encyklopâdie der theol. Wissenschaften) . La théologie se divise pour lui en trois parties : théologie spéculative, historique et pratique, thèse, antithèse, synthèse. La théologie spéculative contient la dogmatique et la morale , et chacune d'elles reproduit la classification hégélienne jusque dans les détails. Pour ne donner que les grands traits : nous avons dans la dogmatique comme thèse, la doctrine de Dieu, comme antithèse, la
doctrine du monde, comme synthèse, la doctrine de la religion; dans la morale, le bien, le mal, la liberté. La théologie historique comprend l'exégèse et l'histoire dont les développements moins étudiés se déroulent néanmoins dans les formes de la pensée de Hegel. Enfin la théologie pratique, plus légèrement traitée encore, se meut dans les catégories du service et du gouvernement de l'Église. Quoiqu'il ait eu deux éditions, le livre de Rosenkrantz n'atteignit jamais un public bien étendu, et l'influence qu'il avait pu acquérir tomba avec celle de l'école dont il était sorti.
En 1837, l'orthodoxie luthérienne essaya, à son tour, d'avoir son encyclopédie, dans l'opuscule de Harless {Theolog. Encyklopàdie und Méthodologie vom Standpunkte der protest. Kirche) ; ce petit livre, trèsoublié aujourd'hui, méritait un meilleur sort, et n'était pas indigne des glorieux travaux qui eh ont depuis illustré l'auteur. L'introduction définit les idées de science, d'encyclopédie, d'organisme, etc., et y ajoute une courte mais brillante caractéristique de l'histoire de la méthodologie. La première partie établit : 1° les principes de la théologie et les conditions générales de l'étude de la théologie; 2° l'origine des disciplines théologiques particulières dans leurs rapports avec la nature et l'apparition historique de la religion chrétienne ; le contenu et les divisions de ces disciplines : a, exégèse; b, dogmatique et morale; c, histoire de l'Église ; d, théologie pratique ; les sciences auxiliaires de la théologie; les rapports de la science et de la
pratique, la méthode des études théologiques. La seconde partie, de beaucoup la plus longue, comprend l'histoire de la théologie et se termine par une courte méthodologie. L'exégèse placée en tête servira de base à l'étude de la dogmatique et de la morale; l'histoire de l'Église et du dogme viendra après, et l'on terminera par les sciences pastorales. L'organisation intérieure de chacune de ces sciences n'est qu'indiquée; néanmoins ces quelques pages abondent en aperçus profonds qui nous ont été de la plus grande utilité pour notre travail.
Lobegott Lange donna, en iSki, une méthodologie [Anleitung zum Studium der christl. Théologie nach den Grundsdtzen des hiblischen Rationalismus) faite au point de vue rationaliste, qui fut oubliée presque aussitôt que parue.
En 18/i3, Pelt publia une encyclopédie (Theologisclie EncyklopàdiCj, als System) dans les idées de la théologie de conciliation. Cet ouvrage consciencieux et bien fait, riche en indications historiques et bibliographiques aurait remplacé avec avantage celui de Hagenbach dans l'usage courant, si celui-ci ne l'emportait par la clarté et l'agrément qu'il présente à la lecture.
Depuis trente ans, il n'avait plus paru de méthodologie en Allemagne et i! était temps que cette matière si importante fût traitée de nouveau. J.-P. Lange de Bonn vient de chercher à combler cette lacune dans son livre : Grundriss der theologischen Encyklopàdie (Hei-
delberg, 1877). L'ouvrage est divisé en deux parties, générale et spéciale. Lapremièi'e étudie : 1° la formation de la théologie objective, synthèse de la religion et de la science ; 2° la formation de la théologie subjective, ou réalisation de cette synthèse dans les études du jeune théologien. L'encyclopédie spéciale forme deux branches : la théologie historique et la théologie didactique. La première comprend : 1° l'histoire de la révélation; 2° l'étude des documents de la révélation (exégèse) ; 3° 1 histoire de l'Église. La seconde traite i° de la dogmatique; 2° de la morale; 3° de la théologie pratique. Malgré d'excellentes pages, le livre de Lange ne nous paraît pas appelé à remplacer avec avantage ceux qui sont actuellement en usage, et la question reste entière pour ceux qui voudraient essayer de la résoudre. La théologie a fait depuis Schleiermacher de grands efforts dans toutes ses autres branches ; il est très-désirable qu'il en soit de même pour l'encyclopédie, d'autant plus que les protestants d'autres pays n'ont pas tenté grand' chose pour combler cette lacune. En langue française nous ne connaissons qu'un petit écrit de M. Kienlen, de Strasbourg {Encyclopédie des sciences de la théologie chrétienne, i8/i2), fait d'après les principes de Schleiermacher et la thèse de doctorat de M. Montet, de Montauban. En Hollande, l'école de Groningue a donné naissance à l'encyclopédie de Hofsteede de Groote {Encyclopœdia theologi christiania 1851). La théologie catholique peut citer dans ce siècle les noms de Drey {Kurze
Einleilnng in das Studium der Théologie, 1819), de Klee (1832) et de Staudenmaier (Encyklopadie der theolog. Wissenschaften aïs System der ges. Théologie, 1834).