B. — VOYELLES NASALES
A chacune des voyelles orales peut correspondre une voyelle nasale. Celle-ci n'ajoute, à ce que nous savons déjà de la voyelle orale, qu'une résonance particulière produite par le passage du souffle dans le résonnateur nasal, résonance due à de nouveaux harmoniques. Cette double résonance s'obtient par l'abaissement du voile du
(i) Rousselot, Modifie, phon. du lang,^ 32; Principes de Phonit. expérimentale, 721.
palais, mettant en communication les deux cavités, orale et nasale, qui reçoivent chacune une branche de la colonne d*air mise en vibrations par la glotte. La combinaison des deux résonances donne comme résultante le timbre de la voyelle nasale.
Le français actuel n'a que quatre voyelles nasales :
âdt enfant [àfà\ temps {ta)^ dans (</«), an [a) ;
ë de instinct [este), pain [pè), teint [të), daim [de), dinde [dëd);
ô de bon [bô)y pompon [pôpô) ;
de de parfum [parfœ ), brun [brœ), défunt (defœ).
Les voyelles nasales peuvent varier d'ouverture, tout comme les voyelles orales. En français, â correspond à un â fermé intermédiaire entre a et ô; ë répond à un ^' très ouvert placé entre é et 4 ; œ conserve aux lèvres la position de Vœ ouvert, mais il place la langue presque comme ^' ou ë; ô demande la même position de la langue que pour Td ouvert, mais il resserre davantage les lèvres comme pour un moyen.
L*anglais et Tallemand n^ont de nasales qu'en syllabe fermée avec Tentrave n ou m : angl. sensé [sens) « sens y, lampe [îëmp) « lampe. »
Les langues du groupe bantou, outre les voyelles â, ^, ô, ont encore w et f, surtout devant ng et ndj : swahili vûndja « brise », ûnga « unis », m\înga « canon. »
Dans le nord-ouest de l'Afrique, le wolof a les mêmes nasales que les idiomes du groupe bantou, plus œ : ckmba « envelopper », cenda « poêle à frire. »