‹ Essai de phonétique avec son application à l'étude des idiomes AfricainsChapitre 21 sur 56 · CHANGEMENTS PHONÉTIQUES · texte numérisé non relu

CHANGEMENTS PHONÉTIQUES

Instabilité des éléments constitutifs du lansras^e. Changements phonétiques, leur classification possible»

On se ferait une idée fausse du langage, si ou se figurait que les mots dont il est constitué, ont toujours eu et conserveront indéfiniment la forme que nous leur connaissons aujourd'hui. Aucune langue n*a cette stabilité. Parlées par des êtres libres et souvent inattentifs, les unes comme les autres se transforment d'une façon continue, en même temps que le caractère, les habitudes, les tendances héréditaires, les conditions de vie et les relations des générations successives dont ces langues sont la propriété.

Au point de vue exclusivement phonétique, les éléments constitutifs du langage, voyelles et consonnes, sont sujets à être modifiés diversement dans les mêmes mots au cours des âges. Chaque idiome a eu ses variations, vaste champ d'étude offert à la sagacité du phonéticien^ qui procède à la manière du géologue reconstituant les couches de terrain ensevelies sous les formations nouvelles.

A considérer ces variations dans leur ensemble, non

seulement dans une seule langue, mais dans toutes à la fois, si on réfléchit qu'elles n'ont porté que sur un nombre limité de sons déterminés, et que toutes peuvent se ramener à quelques classes groupant ensemble les changements produits dans le même sens, on comprendra que les phénomènes d'évolution qu'elles accusent ne sont pas si complexes, qu*il ne soit possible de se reconnaître au milieu d*eux, d^en trouver même qui s'enchaînent, et se suivent naturellement. Cataloguer ces changements, étudier leur nature intime, voir comment, en quelles circonstances, sous quelles influences et par quelles causes ils se produisent, s'ils sont accidentels, ou quasi nécessités par une tendance générale, s'ils sont inconscients ou plus ou moins volontaires, tel est l'objet de la seconde partie de cet ouvrage.

Reproduction en des lieux très divers des mêmes

changements.

Une autre constatation qu'il sera souvent possible et intéressant de faire, en parcourant les quelques exemples signalés ou en cherchant à en découvrir de nouveaux, c'est que les changements phonétiques attestés par un idiome en particulier, ne sont souvent que la répétition de ce que l'étude permet de reconnaître ailleurs, sous toutes les latitudes, dans le présent comme dans le passé : nil novi sub sole.

Rien d'étonnant à cela si on interroge les causes qui ont amené de différents côtés les mêmes changements. C'est que ces causes, quelles que soient les influences prédisposantes extérieures^ climat, genre de vie, etc., sont dans l'homme lui-même, dans sa volonté, dans son organe vocal et dans son ouïe; et comme l'homme est partout semblable à lui-même^ constitué pour vouloir^ entendre et articuler des sons, il n'y a rien d'étonnant qu'il soit sujet à

être impressionné de la même manière, partout où des <:^auses semblables ont prise sur lui.

Changements volontaires et chans^ements

involontaires.

Considérés au point de vue de leur cause immédiate, les changements phonétiques sont plus ou moins volontaires et à demi conscients à leur début ^ inspirés tantôt par un tnotif à^ analogie^ tantôt par le besoin de distinguer deux mots semblables, ou involontaires et inconscients^ imputables en ce cas à ceitx de nos organes qui ont pour fonc* tion de percevoir et de reproduire les sons, Touïe et l'appareil vocaL

Les changements dus, soit à Tanalogie, soit à un besoin de distinction, forment une classe bien à part, où chaque cas doit être étudié dans la recherche du motif qui a décidé rinnovation. V. Analogie et Différenciation des

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