V : lat. v/'i^Ma — ^ fr. veuve
f : swahili stsi et swiswi € nous », en sambara S^ en \ tswi, en sukuma 157^^, en sambara encore
i/wâ^ à Sena i/e,
^ : gr. ^lo; € vie » (pour * YFio;, sanscrit glvàmi « je vis »).
^"^ en < p : v. lat. ntnguts € neige » ^ «it;/5 génitif de
nix {nîgi), niveiHy ital. neve,
/>^ ou ^ : gr. iirro; en face du lat. plus archaïque equos — ► equus € cheval ».
k" en ^ ^.
/: lat. quinque « cinq » — ^ prégermanique fémfe.
Les permutations, qui se font dans le sens du premier élément, témoign^ent encore de l'influence du w qui, tantôt assimile la consonne soit à son caractère labial, soit à son caractère palatal, tantôt disparait en produisant le redoublement de la consonne comme dernier témoin de sa présence :
/« en 1// — ►/.
nn ► n,
nw, hw,
swahili de Mombasa kunua « boire », = kunwa à Zanzibar, = kuhwa en sagara, = kumwa à Séna.
ss.
S^ en ] çw : sanscrit svasar, allem. scliwesiër « sœur »
(par un intermédiaire swesier).
ho) : sanscrit Jla-5, lat. quoy (gr. T,i par un inter- *^ en \ médiaire iwo\ prégermanique hwâ, angl.
what € quoi, qui, que ».
Plusieurs auteurs, en comparant gr. icévTS avec sanscrit
pânca « cinq », etc., ont supposé que la dentale t du grec était sortie d*une consonne intermédiaire labialisée, et ont admis en •conséquence le passage de A» à /, de g^ à d^ au moins devant les voyelles palatales f , e. Mais ce sont là de pures hypothèses, qui ne sont pas plus appuyées par les données historiques que par Texamen physiologique. Au lieu donc de faire remonter la dentale à la palatale labialisée g^ ou A», il semble bien plus légitime de la considérer comme née directement de ^ et de ^ soit après la chute du to, soit avant son apparition, en tout cas en dehors de lui et sans sa coopération (i). Nous verrons plus loin (Alternance entre explosives) que la palatale est parfaitement capable d*évoluer seule vers la dentale, sans qu*eUe doive passer préalablement par la labialisation.
§ 3. — Evolution du y initial ou intervocalique.
L'évolution du y est susceptible de prendre plusieurs directions, qui se trouvent indiquées dans le schéma cidessous.
/ îy ou /.
djy ou dj
dy -► d.
dj ^ j — c,
di -^ i,
(i) A consulter Mtfm, de la Soc, de Ltnfr,^ t. xiii, 38-41, Meillet, ObservafioHS sur le traitement des lahio»vélaires en grec.
lat. jacobum [j = jy), fr. Djaques, fuis Jaques;
» juvenem^ espagn./^^r^» [j = d);
:^ yacinihum^ es^zgn.jacinie [j = c); fr, jacinthe;
sanscrit yugam, lat. jugum [j = y)^ fr. joug, gr. zoyo; ^;^ =r i^) moins archaïque que le lat.
au swahili maiço yako € yeux tiens», correspond, dans le dial. davida du tèita, mesogako,
§ 4. — Palatalisation (i).
La palatalisation, appelée encore iodisation ou Mouillement des consonnes, sert à désigner la modification toute particulière du son d'une articulation, par suite d'une application plus étendue de la langue au palais.
Ce genre d'évolution est ordinairement dû au développement, après la consonne, d'un jv aboutissant à sa fusion intime avec celle-ci en la consonne mouillée. Ce y sort, ou bien de i ou e en hiatus, comme dans fille (fil) du lat. filia, ou bien d'une voyelle scindée (V. Diphtongaison) en un premier élément e, i,y^ comme dans le patois \œva du lat. cahallum « cheval », ou bien d'une consonne transformée en ^, comme dans l'italien piêno (pyeno) du lat. plénum. Mais parfois aussi, le changement peut se produire directement, par la permutation immédiate d'une consonne simple en une consonne mouillée :
lat. annum — ► espagnol ano (ano) « an ».
11 suffit pour cela que les parties formant obstacle se relâchent, en même temps qu'il se fait une application plus étendue de la langue contre le palais.
'Lty après une consonne commence déjààlapalataliser; mais ce caractère est bien plus nettement affirmé dans la prononciation de la consonne complètement mouillée,
(i) Rousselot, Modifie, phonét. du îang,^ 185 et suiv. — P. Passy, Qhangem. phonét,^ 158-159, 172-176.
comme cela apparaît sur les tracés du palais artificiel (i). De là la différence entre ly de fille prononcé défectueusement fily, et / de fil*.
Les dentales reculées, t, d, s, ^, par le fait même qu'elles se rapprochent du centre du palais et élargissent leur point de contact, se mouillent plus facilement que les dentales simples.
lo Les consonnes palatalisées peuvent se réduire à ^, lequel tombe ensuite, ou poursuit son évolution propre. Nous avons Tex. du fr. fille (fil) prononcé communément aujourd'hui fiy.
s"" Les consonnes palatalisées sont sujettes à se simplifier en perdant la palatalisation, la consonne primitive demeurant seule et poursuivant son évolution propre.
En swahili, à kômbo kêma de Pemba (pour h'ombo kiêma) correspond, dans le dialecte gunya, Içômbo kèma m bateau bon » ; à Zanzibar même le pluriel vyômbo k bateaux» (pour viombo) a un doublet yômbo.
Parfois l'élément palatal, en disparaissant, laisse sa trace sur la consonne qui est redoublée,
au gothique midjis (midis), lat. médius, correspond Tallemand moderne mitiez milieu » (2) ; ou déplacée de son point d'articulation (3), par ex. d allant 2ig, et ^ à i ; il y a alors renforcement. C'est ainsi qu'à Zanzibar, en regard de ndyêma « bon », nous avons encore le doublet ngèma,
3® Les vibrantes mouillées suivent une évolution spéciale et peu compliquée, qui demande à être étudiée à part.
a) Elles peuvent se simplifier comme ci-dessus en perdant leur élément palatal : ly ou / allant à // ou /, ry ou r donnant r; ou r :
(i) Rousselot, ProHonc, parisienne^ 66, 5*.
(a) V. Henry, Gr, c» de l'angî, et de Vallem.y 71, 11, a.
(5) Rousselot, Principes de Phonét. expériment,^ 616.
picard travail solel, pour travail, soleil.
b) Elles peuvent aussi permuter, soit entre elles, ./y ou / «n ry ou /, ry ou r en ly ou / ; soit avec dy ou d en perdant les vibrations linguales :
dans les langaes du groupe bantou nous trouvons les alternances, iulya en tèita de Ndara, kurya en nyika, kudya « manger » en zigua.
c) Souvent encore, c*est Télément palatal qui l'emporte, et ly ou /, ry ou r se réduisent ïy :
fr. fillâ (fil du lat. filia), puis fiy.
d) Enfin les vibrantes palatalisées peuvent encore aboutir à A, en attendant la chute complète de l'articulation :
swahili huyu € celui-ci », ntaua haya € fleurs celles-ci »,
htiyu pour y u-yu, haya pour ya-ya.
Le schéma complet nous donne pour / :
ty ou /
dy, d, etc.
li ou /.
Nous avons vu que IV est susceptible de parcourir ses étapes de la même manière.
4° La palatalisation (lat. palalum)^ en même temps qu'elle élargit la surface de contact entre la langue et le palais avec écartement des commissures des lèvres, tend à rapprocher le centre de l'articulation vers le milieu du palais. Ceci va nous aider à comprendre le principal et le plus remarquable mode d'évolution des consonnes mouillées, celle qui cause souvent leur changement en une consonne très diflférente.
Cette évolution prend les consonnes mouillées à la limite médio-palatale, dont elles ont approché leur point d'articulation, pour les confondre peu à peu avec les prépalatales voisines de ce point^ c'est-à-dire avec les den-
— fatales /, J, s^{f et aussi avec f, j, qui ont leur point d'articulation un peu en avant du^.
Si nous prenons successivement les différents ordres de consonnes, nous voyons a) que les post-palatales kj^ ou k^ gy ou g^ çy ou Cy jy ou 7, ny ou «, ont une tendance manifeste à développer à côté d'elles une dentale / ou i (1), la sourde pour les sourdes, la sonore pour les sonores, postérieure à l'explosive ou à la nasale^ k*y ou kl^g^y o\ï
gd, n^y ou nd, antérieure à la spirante, *çy ou V, ^jy ou ^/.
Les articulations ainsi traitées sont peu stables. Elles aboutissent rapidement à / ou J, par la chute de la consonne primitive; /, dy à leur tour, nous mènent au cas que nous allons maintenant observer, celui des dentales.
La nasale n se maintient davantage dans le groupe ndy ou nd^ dont révolution devient par le fait même plus compliquée, comme le montre le schéma ci-dessous :
ni, d, /.
nP'y, ndj\ ng,g.
ndU, nd^ \ ""^^ ^'
ndy ou nd i dy ou d,
' . ( niç, nç, ç.
niç ]
swahili : n-gao ny-èpesindy-èma ou ndjy-èma ou ng-cma^
(un) bouclier léger, bon.
bas-kongo, dial. de San-Salvador : ngyela « maladie »r
pour nela àe yela « être malade ».
b) Les dentales sont naturellement placées plus près des dents que le/. Viennent-elles à se palataliser, elles sont
(i) Rousselot, Principes de Phonèl. expèrintent.^bi^.
exposées à être confondues avec les mi-occlusives qu^elles peuvent iformer, ces mi-occlusives tSj d{, U, dj\ ayant leur point d'articulation situé plus près du centre du palais que les simples dentales i,d^ s,^. Nous avons ainsi pour les dentales les schémas suivants :
^j^ ou i di i dj
swahili du Nord \uU\a « rire », prononcé parfois kuiyeka dans lé Sud, prononcé communément kutçeka à ZzmïhzT, kuseka dans le dialecte de Mgao, = kuçeka dans une langue très voisine, le sambara ;
fr. savon, mpongwé ntyavOy&Mxm niçavo; à rapprocher du kélé niyabi, fan ntçap (de l'angl. soap);
swahili ndovu « éléphant », = ndyovu en tèita, diaL sagala, = ndyovu en nyika, = n!{ovu en gogo^ sumbwa, tabwa, etc.
c) Les labiales, en se palatalisant, se rapprochent des dentales. C'est donc tout naturellement avec celles-ci qu'elles finissent par se confondre. Ainsi,
my, par assimilation de Télément labial m avec Télément palatal^; permute avec la plus grande facilité avec ny ou Hy cette nouvelle articulation susceptible d'évoluer ensuite pour son propre compte dans Tordre indiqué plus haut, devenant tout d'abord ndy^ capable de se durcir en niy :
swahili : ku-donyoa « becqueter », pour ku-domyody.
de domo « bec » ; zulu : ukuiuma « envoyer », passif ukiiiunywa (-nywa
pour -miiva p- -mywa) ;
» umlomo « lèvre », emlonyeni « sur la lèvre », pour emîomo-ini — ^ emlomyo-ni 'çzx métathèse de /.
— M4 — Les autres labiales prennent la direction indiquée dans les schémas suivants :
psy pçy pty fy b^yhdyhàjy fsy fçy fty v^y vdy vjy p(^ U ty U dy, ty djy fç ^y
swahili -pya « nouveau », = -psa en karanga, = -sya en
kaguru, = -iça en zulu; Soit encore, zulu uku-bopa « lier », passif uku-boiywa = uku-boiçwa dans le dial. xosa : -tywa (pour -piwa
^-pyy^a);
suto ho-bopa « mouler », passif ho-bopçoa (pour
ho'bopyoa) ; Le nyandjya, au Victoria-Nyanza, confond facilement py zyec psy eips {kupya ou kupsya « cuire »), by avec b{ {kubyala ou kub^ala « planter »).
On trouve aussi quelques rares exemples de permutation de labiale palatalisée avec sa mi-occlusive :
py ► pfy by — ->► bvy fy ► pfy vy > bvy,
tonga -pia « neuf », swahili -pya, pokomo pfya*
Dans rhistoire des langues on rencontre fréquemment Tune ou l'autre des étapes indiquées dans les schémas cidessus. Dans le groupe bantou notamment, les exemples abondent. Prenons par exemple le préfixe ki- d'un genre spécial de substantifs. Ce préfixe a été conservé tel quel dans un bon nombre de langues, au moins devant un radical commençant par une consonne. Si nous le suivons maintenant dans ses différentes étapes^ nous trouvons : ky- ou k' devant une voyelle initiale, en swahili dans le
dialecte de Pemba; ktyi' semble bien avoir été conservé dans l'un ou l'autre
dialecte du Ngangéla ;
— M5 ^ iy- devant une voyelle, en zigua dans le dialecte du
Nguru ; içi-^ tÇ" devant une voyelle, en yao, tonga, karanga, etc. ; çi'y en binzua dans Tile d'Anjouan ; si-y en zulu, rotsi, nyengo, se- en tchwana.
Nous relevons pour un seul et même mot :
swahili, dialecte de Pemba, ky-ômbo « bateau, vais-* selle »^ =s iy-ômho en zigua, dans le dial. du Nguru, = içômho dans le swahili de Zanzibar, = çômbo en ngazidya (Grande-Comore).
Si nous essayons d'aborder la grammaire comparée de ces mêmes langues, nous découvrons que la seule raison satisfaisante, à donner de la divergence des suffixes causatifs ajoutés aux racines verbales, doit consister à faire remonter tous ces suffixes à la palatalisation de la dernière consonne du thème. Le y, que nous rencontrons encore çà et là aujourd'hui ajouté à la consonne finale du verbe causatif et plus ou moins intimement combiné avec elle, serait donc le dernier vestige d*un procédé antique universellement employé jadis pour donner à un verbe ridée de causalité. Prenons au hasard :
tabwa : kubika « placer », causatif kublkya « mettre en
place»; » kiikisa « être dou- » A//A/5^j « faire mal >; loureux », ganJa : kitkawa « être fati- » kukoya ^ ïaiiguer j^; gué», giriama : kuçoma « lire », » >&«^ow;v^« enseigner»;
swahili : knlïngana « être » kulînganya <l égaliégal », ser »;
» A«^/>j « jurer », » ^//j/>'^ «faire jurer».
Ces formes, qui paraissent pour certaines langues des formes exceptionnelles, sont cependant normales et archaïques. Là où le procédé de la palatalisation
a été conservé comme base de la transformation d*un verbe simple en un verbe causatif, comme en sukuma, tabwa. sumbwa, etc., nous voyons souvent la consonne palatalisée en progrès d*évolution, ayant déjà atteint Tune ou l'autre des étapes qu*elle peut avoir devant elle :
pokomo : AnAvAa « être ef- causatif Am/ims^a «effrayer»;
frayé >,
tabwa : hubika « placer », » AM/<f /a «apporter».
kuônda « maigrir »,
sumbwa : kwaka « briller »,
kuhiia « passer »,
Puis le V tombe :
kubikya ou kuhisya «mettre en place»;
kuîesya « faire apporter »;
kuôndya ou kuôn{ya « faire maigrir»;
kwaçya « faire briller »;
kuhiçya « faire passer ».
nyandjya : kutçoka « partir», causatif Ak/^^/s^ « faire partir »; sukuma : Afi^f]^tf« brûler (n.)»
pokomo : koga «se baigner», swahili : ku/oia « être submergé », » Amu'j Ai? «flamber»,
ku{iJja «brttier (aet.)»;
kosa « laver » ;
k u tosa « sub merger »;
» kuwaça « faire flamber ».
Toutes ces formes tendent, on le voit, à se résoudre en ça, sa y ^a. Là où les cas de palatalisation par Tinsertioa d'un V se sont raréfiés, rien d'étonnant qu'on ait pris les syllabes ça y sa^ ^a, pour des particules causatives additionnelles, et qu'au lieu de les substituer à la dernière syllabe du radical, on les ait suffixées à celui-ci. La racine verbale se termine-t-elle par une consonne, on intercale une voyelle de soutien, i ou ^, entre celle-ci et le suffixe.
- M7 qui devient par le fait même -iça ou -eça^ -isa ou -esa^ -t\a ou -e^a. En swahili, par exemple, à côté de formes authentiques comme celles que nous avons relevées plus haut, kulînganya de kulinga^ huafya de kuapa^ kutosa de kutoia, kuwaça de kmoaka^ nous avons les formations analogiques :
kuapiça c faire jurer » de kuapa « jurer » ;
kuoteça « faire rêver }^ de kuota « rêver » ;
kupàndiça « faire monter » de kupânda « monter »;
kuïngi\a « faire entrer }^ de kuïngia « entrer » ;
knktngt\a « garantir » de kukînga « parer >.
On a pu remarquer, dans les schémas précédents, que ty et dy ont devant eux chacun deux directions différentes : ty parait indifférent entre isy et tçy^ dy entre djy et d\y. Ce qui décide leur marche dans un sens ou dans Tautre, c'est tantôt la nature de la voyelle qui suit, tantôt la position de la consonne primitive génératrice de ty et de dy^ selon qu'elle est initia'e ou médiane, intcrvocalique ou précédée d'une autre consonne, ou faisant partie soit d'un affixe, soit du radical. Toutefois il n'y a rien d'absolu, et le motif qui a déterminé la première évolution dans un dialecte donné, peut très bien occasionner la seconde dans un autre. Ainsi, à côté de la série indiquée plus haut
kuteka ^ kulyeka ^kutçeka ► kuçeka, nous avons en
nyika kutseka ► kuseka en zigua.
Les variétés sourdes /, kt^ ts, te y s, ^, etc., sont sujettes à permuter chacune avec la variété sonore correspondante, / avec d^ kt avec gd^ ts avec d^y iç avec ^/, s avec \, ç avec /, surtout lorsqu'elles sont intervocaJiques. — Par contre, dans les langues à renforcement, les sonores mouillées peuvent être remplacées par les mouillées sourdes.
Quant à l'évolution de ^ et / à 5 ou ^, elle est souvent si rapide, que les intermédiaires disparaissant, et la présence du terme extrême de l'évolution s'imposant seul à l'attention, ^ semble dériver immédiatement de /ou k, \ de / ou </ (0.
(i) Le changement de / ou de A ea 5, qu^il soit dû à la palatilisation ou à une antre cause, a reçu le nom à^assib dation (lat. sibilare)\ cette s peut ensuite s^adoucir entre deux voyelles et se prononcer {. Le terme de ^ilacisme (gr. ^ zêta) désigne plus particnlièrement le changement en { de d ou d^une autre consonne sonore.
C'ett ainsi que le pastage de ^ à ^ ou 5 se remarque du latin au français pour y assourdi en certains cas après les explosivessourdes, p^ t, A, placées en position convenable. Uexplosive est tombée, sans même souvent laisser de trace de sa palatalisation, et le ^ ou le j qui en sont issus sont seuls restés (i) :
cantare -.— »• chanter^ par les intermédiaires probables kantar » tçanter;
cera (prononcé kera^ gr. Xiopo;) ► tsirê ► cire ;
cinerem (c = k) ► tsendre, puis cendre ;
îectionem ► leison^ puis leçon ;
faciat ^ fatse^ puis fasse ;
apia ^ alchây puis ache ;
sapiat » satche, puis sache.
Mais \y resté sonore après les sonores aussi bien qu^après le» sourdes intervocaliques sonorifilées devant certaines voyelles, a évolué en quelques positions et a donné \ ou j avec chute de la consonne précédente, qui lui servait d'appui et qui a guidé son évolution :
taceat ► taise ;
locare > loger;
raiionem .- ■ » raison ;
diurnum » jour ;
salvia 1 sauge ;
vindemia • vendange ;
lineum ^ linge ;
rabiem ► rage ;
pibionem (pour pipi on em) 9' pigeon.
Dans les langues bantoues Tassibilation peut se produire pour toutes les explosives sourdes palatalisées, le zétacisme pour toutes les explosives sonores qui ont subi la même influence du y. Par exemple, aux v des dialectes swahilis du sud devant f et Cy parfois même devant une autre voyelle, correspond ^ dans le dialecte d'Amou, ;^ dans le dialecte gunya : swahili du sud vumbua « découvre », = \umbua à Amou, = \umbua dans le dial. gunya. Les intermédiaires sont si rarement observés, que de prime abord on est porté à croire à une permutation immédiate de V tn \, Mais il n'en est rien, le phénomène est bien dû à la palatalisation du v qui a commencé par se prononcer vy^
(i) Roasselot, CAj^^^m. /Ao«//., 1^8-195. — ^ Darmesteter, Gr. hisK du/r,\ 100-108.
<x>mme le prouvent en swahili des formes dialectales telles que Àu-vjfaa = ku'^aa « engendrer », vy-uma = \'uma « fers », etc. — Une autre remarque importante à faire c'est que révolution
t; ► vy ► i peut se continuer, par exemple z allant à r
puis à / : cfr swahili kovu « cicatrice », nyika kuvyu et kuçu {dont les intermédiaires manquent},... tèita ngoru.