La résonance nasale
Caractères ; Signes diacriliqnes.
Les caractères, qui servent à figurer les sons fondamentaux, sont empruntés à Talphabet romain. On s'est contenté d'ajouter un signe particulier, soit au-dessus, soit audessous de la lettre, pour les sons qui diffèrent du type vulgaire.
Chacun de ces signes [signes diacritiques (1) indique une modification particulière de l'appareil vocal ; partant, il doit servir pour toute consonne ou voyelle, qui s'éloigne du type vulgaire par suite d'une adaptation semblable de l'organe. C'est ainsi qu'il y a le signe de la prononciation des consonnes mouillées, de la nasalité, de l'articulation dite gutturale, etc.
(i) Diacritique {gr. otaxplTVXOîj qui divise, dîstinctif.)
Signes diacritiques communs aux consonnes
et aux voyelles.
I un trait horizontal au-dessus de la lettre indique une consonne prolongée ou une voyelle longue : r est Tr roulée, constituée par un roulement prolongé, bien distincte de Tr formée d'un seul coup de langue (portugais roupa^ linge); à dans le parisien cave prononcé avec emphase.
1 un demi-cercle renversé au-dessus de la lettre indique une brève : u dans le français patte.
Signes diacritiques des consonnes.
\ un point sous la consonne signifie qu'elle doit être prononcée la pointe de la langue entre les dents. Les consonnes ainsi affectées sont les interdentales anglaises, bantoues, et autres : .5 = th dur anglais dans to tJiink «penser»; >{ = th doux anglais de Londres dans ihe ink € Tencre »; t dans le swahili des dialectes du nord lui « léopard ».
1 le point dessus s'emploie pour indiquer la variété gutturale d'une consonne, dont le type ordinaire n'appartient pas à la série gutturale : r grasseyée du parisien; n vélaire (i) de plusieurs idiomes bantous et nègres, très voisine de ng dans l'anglais singing « chantant », dans l'allemand singen « chanter », etc.
1 un croissant en-dessous, regardant la lettre par sa concavité, marque une consonne mouillée ; / = Il dans la prononciation archaïque presque perdue du français fille (fil), = gl dans l'italien egli [elj) « il, lui »; « = gn dans le français agneau [anô), mignone {minon)^ etc.
(i) Velairf^ c*est-à-dire articulée entre la base de la langue et le voile du palais.
I un croissant en-dessus, sa concavité en regard de la lettre, indique une fricative non figurée dans Talphabet romain (i). — Une fricative est une consonne accompagnée d'un bruit de souffle. — Ainsi, r représente le rhaïn arabe, râii « cher, coûteux >; ^ = ghaïn arabe, gâfla € soudain »; ? = ch dur allemand dans acJi {ac} « hélas », loch (loT;) « trou », = j espagnol dans joven {covê'n) « jeune >, = kh arabe dans khabar {cabar} « nouvelle », et n'est pas tout à fait inconnu en France, où on le trouve dans le dialecte de Cognac, ri^« champ»; ç = ch doux allemand, dans ich [iç] «je», et se retrouve dans un dialecte de France, le limousin 'çœva « cheval »; j figure une aspiration sonoté ayitnt quelque analogie avec h dans Vahan du bûcheron.
{ un croissant en-dessous, sa convexité opposée à la lettre, marque une consonne dont ie point d'articulation est reculé : J, ^ = d et t anglais (a), iree {trî) « arbre », dear [dir) « cher » ; / = t dit emphatique de l'arabe, Geiani « Satan » ; J = Jf, kof arabe {al koran); g s'observe dans certaines formes du bantou ; c'est une articulation qui se rapproche du ghaïn arabe, mais^ qui en diflère par l'absence de bruit de souffle.
I* un esprit rude après la consonne indique une aspirée: en swahili p*'èpo « vent ».
I un V renversé au-dessus de 5, ^, Çy y, peut être employé,. ad libitum^ pour figurer l'élément dental t ou d dans
(i) Il ne s^agit pas ici des fricatives fvszstzdcji <iui sont snffî-
samment figurées dans l'alphabet romain. Le signe ^ est exclusivement réservé à la transcription des fricatives étrangères à cet alphabet.
(3) Les dentales anglaises d t sont souvent appelées cacuminaies, linguaîes ou cérébrales. Les Anglais qui commencent à parler le français^ prononcent les d et les t en arriére, la pointe de la langue n'atteignant même pas les alvéoles des dents supérieures. C'est ce qui rend si étrange leur prononciation dans les mots comme trouver^ toucher, tu^ duy douter.
les articulations /5, (/>{, fçy d]\ qu'on écrirait dans ce cas 5, ^, ç^j. Ce sont des arliclations dites mi-occlusives, que Ton peut considérer comme simples.
. Signes diacritiques des voyelles.
I un accent au-dessus, la pointe à droite, indique une voyelle ouverte : il part [il part), progrés [progré), tête [tel), les {lè)y il est [il è)^ laisse [lês)^ etc., de la prononciation parisienne.
f un accent au-dessus, la pointe à gauche, marque une voyelle fermée : ah! [a), bas [bà\ taper [tapé], sitôt [sito), pot{pô). ■, .
I un tilde espagnol au-dessus annonce une voyelle nasale : an [à), banc [bâ]^ enfant [àfa)\ vin [vê), daim (dâ), rein [rêf)\ bon [bô)^ long [lô] ; un (5), humble [œbl).
Une voyelle sans le signe ^ ou ' est une voyelle moyenne ou indéterminée : patte [pat), il heurte [il œrt).
Une voyelle sans un signe de quantité " ou "" est une voyelle d'une durée moyenne ou non fixée.
On peut mettre, s'il est nécessaire, plusieurs signes diacritiques à une même voyelle : Krân (crâne) dii^ povr (douze pauvres), nïi pert (ma perte), bdbé (bambin), jœn (jeûne).
Sons fondamentaux pleins.
Les sons fondamentaux pleins sont tous les sons nettement articulés, que nous considérons comme les plus purs, dépourvus qu'ils nous paraissent de toute nuance ou modification particulière. Ce sont les types primitifs, auxquels nous rapportons toutes les variétés divergentes, nous contentant de marquer les différentes nuances du son.
— id —
fondamental par le signe convenable placé soit dessus, soit •dessous la lettre.
Les sons fondamentaux pleins correspondent pour la plupart à ceux de Talphabet romain ; ils comprennent les •consonnes, les semi-voyelles et les voyelles.