‹ Essai de phonétique avec son application à l'étude des idiomes AfricainsChapitre 8 sur 56 · VOYELLES · texte numérisé non relu

VOYELLES

a ouvert comme dans il part [par], moyen dans Paris

(Pari), fermé dans/^^rs [pâ), e ouvert comme dans accès {aksé), Agnès [Anes), tête (tài)y

lait [le) du parisien; moyen comme dans /glise {egli{),

eh! ; fermé comme dans parler [parlé), parle^ [parlé],

ne^ [né).

i ouvert comme dans l'anglais pretty [prett) « joli »;

moyen comme dans qui (ki), si, ville [vil); fermé

comme dans nid (nt), ni [ni), o ouvert comme dans or [or), mort (mor), encore [êkdr);

moyen comme dans roche [roç); fermé comme dans

maillot [mayo)i g^got [jigô), u moyen comme dans coucou [kuku)^ bouton [buto], oublier

[ublié); fermé comme dans boue [bû), joue[jîi), où (m).

(i) Fricative, lat. fricare « frotter >.

(2) r, dite aussi r glottale.

fB = â ou fu français; ouvert comme dans cœur[kœr); moyen comme dans jeune [iœn)^ jeier {jœié); fermé comme dans œufs {œ),peui (/>«?), creuser [krœ{é),

a = « français; moyen comme dans utile [util), usurper [ûiûrpé] ; fermé comme dans plus {plu), reçu [rœsû).

La prononciation des voyelles témoigne parfois de grandes divergences, non seulement d'une province à l'autre, mais encore dans la même région, et quelquefois chez un même individu. Pour ce qui concerne en particulier la voyelle moyenne, -elle peut paraître en certains cas difi&cile à préciser pour celui qui n'a pas l'oreille très bien exercée. La nuance est surtout délicate pour i et u, un peu moins pour œ et il. Dans des cas semblables, lorsqu'on est dans l'incertitude, il eut plus prudent de ne pas se prononcer. Au reste, quand il s'agit de langues, dont l'exacte prononciation n'a pu encore être fixée, on se contente de voyelles indéterminées, c'est-à-dire dépourvues des signes soit de l'ouverture, soit de la fermeture, assimilées provisoirement aux voyelles moyennes, tt on prendra soin d'en informer le lecteur en tête de l'ouvrage.

Avec le signe de la nasalité ^ ^ on obtient les voyelles nasales :

a français enfant (àfà)\ plusieurs langues africaines,

mgànga « sorcier, devin », kânga « pintade ». e lin [le), o ton [fô).

ce d/funt [défœ\ î swahili sïnga « crinière ».

tl swahili Mûngu « Dieu ».

Deux voyelles qui se suivent, peuvent être toutes les deux nasales, comme c'est le cas pour les diphtongues portugaises. A la finale, celles-ci sont même suivies de la résonance d'une petite h vélaire (i) :

conceiçào [kôseysâô'^), conception ; mai [maï»)^ mère.

(i) Rousselot, PrtHC, de Phonit. expérim., 556-557.

Les voyelles nasales sont ouvertes^ moyennes^ om fermées^ Dans le cas où îl est nécessaire de les distineuer on superpose au tilde le signe convenable : â, â, i, ê^ ô, ô, etc. On réussit très bien à produire un ê en prononçant successivement un è ouvert oral et un è nasal, avec la précaution de conserver tout le temps sans y rien changer la position de la langue et l'ouverture de la bouche. On peut s'aider du petit doigt pour arrêter plus sûrement la langue. Le même procédé est applicable à êf puis à /, et à toutes les autres voyelles nasales.

La consonne, m ou fij ne doit être écrite après une voyelle nasale, qu'autant qu'elle existe réellement dans la prononciation. C'est pourquoi, dans les exemples ci-dessus, nous avons d'une part le français â/â, et d'autre part le swahili kànga. Dans le dernier cas, kànga, Vn ajoute sa résonance 6 la voyelle i. Dans l'italien campo (kâmpô)^ on prononce également 1'»!.

Les demi-nasales, peuvent être marquées ^du signe de la nasalité légèrement modifié, formant à chaque extrémité une petite boucle : ndem « signe », dans la langue fan.

Sons intermédiaires.

Les sons intermédiaires sont ceux qui se placent entre deux sons fondamentaux voisins, par exemple une voyelle entre a et o, une consonne entre b tiv : Ce sont les demitons de la gamme phonétique. On les figure par deux lettres

superposées représentant les deux sons voisins : a, a, b, k, etc. Ex. : français kunu (connu), tel que le prononcent certaines personnes ; swahili mwari « jeune fille ».

A défaut de lettre double, on peut se contenter de marquer une petite lettre en exposant de la première : a% k\

ni

Sons incomplets.

Les sons incomplets sont ceux qui n*ont pas encore acquis toute leur plénitude, ou qui sont en train de dispa-

raître. Ce sont des voyelles ou des consonnes^ placées généralement à la finale, dont on a de la peine à saisir le son, tant il est faible. On les note avec des caractères plus petits. Ainsi, dans certains patois du français cheval se prononce kœvao . La conjonction française mais [mè), dans certaines provinces ma, est dérivée des formes m*ê ayant abouti à mêy et mai ayant conduit à ma. Notre e muet, lorsqu'il est perceptible dans la prononciation, quoique faible, est un son incomplet. En malgache, la voyelle a est souvent très réduite dans les finales ka^ ira, na, comme dans le nom de la tribu Beisimitsarak'*, Il en est de même avec certaines voyelles finales en wolof et en fan.

Comme exemple de consonne incomplète on peut citer les mots ànfâ^ « enfant », ià^ « temps », tels qu'on les prononce dans le midi de la France, avec un petit reste de Tancienne consonne n ou m (i).

Résonance nasale.

Cette résonance est un bruit nasal qui s'ajoute parfois à une voyelle nasale. Un tilde en exposant est le signe tout indiqué pour la figurer.

La résonance nasale s'entend complètement isolée et indépendante dans cette exclamation d'hésitation, d'incertitude, de doute, probablement commune à tous les peuples, sorte de œ! que l'on produit la bouche fermée.

(i) Rousselot el Laclotle, Précis dt prononciation française^ 43.

Etude des Sons

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