‹ Essai de phonétique avec son application à l'étude des idiomes AfricainsChapitre 9 sur 56 · I. — DU SON EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

I. — DU SON EN GÉNÉRAL

Production du son ; vibrations, ondes sonores. —

Le son est la sensation éprouvée, quand notre oreille reçoit, par Tintermédiaire de Tair, des corps solides ou liquides (i), Timpression des vibrations d'un corps élastique.

Toute partie d'un corps élastique, écartée de sa position première autour d'un point central resté fixe, tend à reprendre sa position d'équilibre, en exécutant de part et d'autre une série de mouvements appelés vibrations (2).

Ce mouvement de va-et-vient, par lequel le corps élastique s'éloigne de sa position d'équilibre, y revient, et la dépasse du côté opposé avant d'y revenir dans une période d'oscillation complète, s'appelle vibration double. L'écart d'un seul côté s'appelle vibration simple ow demi-vibration.

Dans les gaz et les liquides, la vibration double se traduit sous forme de contraction et de dilatation de la masse fluide^autour du point vibrant comme centre, et prend le

(i) Les plongeurs entendent les sons sous Teau.

(3) Prenez pour exemple une lame fixée par Tune des extrémités, Porifice d^une cloche frappée par le battant, le centre d*une corde tendue et fixée par ses deux bouts, une peau de tambour fixée par toute sa périphérie, etc. — Il nY ^ p3s que les corps solides qui soient suscep* tibles de rendre des sons : les corps gazeux, une colonne d'air renfermée dans un tuyau, peuvent vibrer, comme cela se passe dans les tuyaux d'orgue.

nom à'onle sonore. Dans une onde sonore, comme dans une vibration sonore, on distingue : \^ le centre d'ébranlement ; 3* Von Je complète comprenant deux temps, le premier de contraction, et le second de dilatation d'une couche fluide ; >* la demi-onde correspondant à un seul temps, contraction ou dilatation (i).

Pour qu'un son soit perçu, il est nécessaire que les vibrations se succèdent assez rapidement, sans dépasser cependant une certaine limite de rapidité, limite extrême au-delà de laquelle elles cessent de produire une impression sonore sur l'oreille de l'homme. L'unité de période étant la seconde, chez l'homme l'ouïe la plus fine commence à percevoir un son dès qu'il se produit 8 vibrations doubles. Les sons les plus aigus que nous puissions percevoir se tiennent aux environs de 30,000 v. d. La limite est ici très variable, atteignant des sons de plus en plus aigus, à mesure qu'on parvient à les produire avec une intensité suffisante.

Propagation du son. — Les vibrations sonores se propagent d'un corps élastique à l'autre, des solides aux liquides ou aux corps gazeux et vice versa, pourvu qu'il y

(i) L'onde produite à la surface de Tcau par la chute d^une pierre donne une image d^une onde fonore en coupe. Â Tendroit où la pierre tombe, l'eau se déprime tout d'abord : centre d'ébranlement. Dans la couche concentrique, à ce point, il se forme immédiatement un bourrelet circulaire, qui s'affaisse ensuite plus bas que la surface normale du liquide. Cette dépression circulaire, répétition sur un plus grand rayon du choc initial, détermine le soulèvement d'une seconde vague périphérique destinée à s'affaisser à son tour, et ainsi de proche en proehe. La dépression circulaire figure la demi-onde condensée d'une vibration sonore se propageant librement dans l'air ; la vague surélevée rappelle la demionde dilatée; l'ensemble de deux ondes contraires qu'on voit se poursuivre constitue une onde complète. Un bouchon posé aux environs du centre d'ébranlement s'élève et s'abaisse sur place sans subir aucun déplacement, parce que, dans l'onde condensée comme dans l'onde dilatée, ce n'est pas l'eau qui se déplace en fuyant le centre ; c'est le mouvement d'oscillation qui se propage seul dans les couches d'eau concentriques.

ait contact suffisant. Les ondes sonores, qui impressionnent notre oreille quand une cloche est mise en branle, ne sont autre chose que les vibrations du métal communiquées à Tair ambiant jusqu'au point où elles viennent heurter notre tympan.

Vitesse du son. — Les sons se propagent plus vite dans les corps solides que dans les corps liquides ; ils sont encore moins rapides dans les corps gazeux. Dans Tair, à la température de 15° centigrades, le son parcourt environ 340 mètres à la seconde, quelle que soit par ailleurs la valeur de la pression barométrique. Cette vitesse du son dans l'air décroît avec la température : à zéro, elle n'est plus que de 330", 60. Dans Teau douce le son se propage plus de 4 fois plus vite que dans Tair ; dans les différentes espèces de bois, sa vitesse est de 10 à 16 fois plus grande que dans Tair ; dans les métaux, elle égale de 4 à 16 fois la vitesse dans Tair (i).

A conditions égales, la vitesse du son dans Tair est la même pour tous les sons, qu'ils soient forts ou faibles, graves ou aigus.

Réflexion du son. — Quand les ondes sonores rencontrent un obstacle résistant, elles se réfléchissent à la manière de la lumière. (>omme la sensation acoustique qu'elles provoquent persiste un certain temps, environ i/io de seconde pour les sons brefs, i/^ pour les sons articulés, Tauditeur, s'il est assez rapproché du centre sonore et de l'obstacle réfléchissant, perçoit à la lois l'impression produite sur son ouïe par Tonde sonore directe et par Tonde réfléchie : le son se trouve renforcé.

Pendant i/io de seconde le son parcourt 34 mètres, soit 17 mètres à l'aller et 17 mètres au retour après réflexion ;

(i) Les corps pulvérulents, les draperies, les tapisseries, etc., répercutent mal le son et rendent les appartements sourds.

— aa —

pendant i/^ de seconde, il parcourt une distance double ou 68 mètres, soit 34 mètres pour chaque trajet. De la sorte, si la distance de Tobservateur à la surface réfléchissante dépasse 17 mètres pour un son bref, et 34 mètres pour un son articulé. Tonde réfléchie ne lui parvient qu'après cessation de l'impression acoustique produite sur son tympan par le son direct ; il y a une seconde audition du même son après un temps de silence. Il y a écho. Mais ce nouveau son, par cela même qu'il a été réfléchi, paraît émaner d*un nouveau point situé au-delà de l'obstacle réfléchissant ; ayant parcouru une distance plus grande, il est aussi plus faible. On trouve souvent des salles où les paroles sont comme doublées par Técho, ce qui rend celles-ci confuses et difficiles à percevoir, surtout si l'orateur ne prend pas la précaution de parler lentement.

Vécho simple est ou bien monosyllabique ou bien polysyllabique, selon qu'il répète une ou plusieurs syllabes. Pour l'écho dissyllabique, le son emploie plus de 2/10 (sons brefs) ou de 3/5 (sons articulés) de seconde à revenir impressionner l'ouïe; il en faut plus de 3/10 ou 3/5 pour l'écho trisyllabique, plus de 4/10 ou 4/5 pour l'écho quadrisyllabique. Dans ce dernier cas, l'observateur qui aurait prononcé quatre syllabes, — les mots « venez ici » — entendra une seconde fois distinctement : « venez ici. »

Il y a écho multiple, lorsque la même syllabe est répétée deux ou plusieurs fois. Cet écho peut se produire, par exemple, entre deux surfaces parallèles suffisamment éloignées. Dans ce cas, le son réfléchi par l'une d'elles va se réfléchir une seconde fois sur l'autre, et ainsi de suite, en s'affaiblissant à chaque réflexion.

Son simple, son composé, son mixte. — Un son

simple est celui qui est produit par une seule espèce de vibration. Un diapason, qu'on fait vibrer à l'orifice d'un

tuyau sonore, les grands tuyaux bouchés de Torgue rendent un son simple. Une âûte, la voix humaine prononçant la voyelle u (ou), rendent des sons presque simples, parce que les harmoniques accompagnant le son fondamental ont une faible intensité.

Un son est composé ou complexe, si aux vibrations principales d*un son fondamental s'ajoutent les vibrations d'un ou plusieurs sons secondaires moins intenses mais plus aigus, qui se marient plus ou moins agréablement avec le son primaire, tout en donnant à Touïe l'illusion d'un seul son d'une nuance particulière^ nuance qui n'est autre chose que le timbre.

Il y a son mixte ^ lorsqu'on entend simultanément et plus ou moins distinctement plusieurs sons, soit simples, soit composés, soit simples et composés, comme dans un concert, par exemple.

Sons musicaux; bruits. — Les sons se partagent en sons musicaux et en bruits.

Les sons musicaux sont ceux dont nous apprécions facilement la hauteur.

Les bruits sont des sons dont la tonalité nous échappe.

Quand, dans un son composé, les vibrations accessoires sont aux vibrations du son fondamental dans le même rapport que les nombres simples, comme 2, 3, 4, 5, etc. ; en d'autres termes quand les vibrations accessoires sont 2, 3, 4 fois plus rapides, pour une même période de temps, que les vibrations du son fondamental, l'oreille perçoit un son musical facile à comparer et à marier avec d'autres sons musicaux (i). Ces vibrations accessoires sont appelées

(i) En se servant du langage musical pour exprimer la série des harmoniques, en prenant, par exemple, le do de Toctaye basse ou ui ^ (65,35 y. d.) comme son fondamental, on aura, pour les harmoniques successifs, m/*, 50/ *, 11/ *, mi*, lo/*, etc. Le deuxième harmonique «/* est Toctaye du premier, 130 y. d.; le troisième sol^ en est la double quinte, 195 J5, le triple des vibrations de «/ ' ; le quatrième ut * la double

— M — harmoniques vrais, ou simplement harmoniques. Une oreille exercée les distingue facilement du son fondamental près d^une corde tendue, à laquelle on fait rendre un son : on perçoit tout d*abord le son fondamental qui est le plus grave^ puis successivement les premiers harmoniques de plus en plus élevés et plus faibles. — Au contraire, si les vibrations accessoires sont en discordance avec les vibrations du son fondamental, si leur nombre ne présente pas de rapport simple avec les siennes, Toreille perçoit un bruit^ c'est-à-dire une sensation vague, difficile à mesurer et à comparer avec des sons d*un timbre différent (i). Les vibrations accessoires d'un bruit ne sont pas des harmoniques dans le sens étymologique, bien qu*on les désigne aussi sous ce nom.

Mais il n*y a pas que les sons composés d'ondes irrégulières, qui soient considérés comme bruits. Tout son, simple ou composé d'ondes régulières, nous laisse l'impression d'un bruit, si sa durée est trop courte (moins de 1/3000 de seconde) pour que notre oreille ait eu le temps d'apprécier sa tonalité. Tel est le son d'un coup de fouet, d'un choc, d'une détonation.

Pour la même impossibilité encore d'assimiler un son

octave, a6z ; le cinquième mt* la draduple tierce, 396, •;, cinq fois les vibrations de ut^. De plus, si Ton considère le son complexe produit par l'audition simultanée des harmoniques deux à deux, on constate que les accords réalisés sont les suivants : Toctave pour les deux premiers harmoniques ; la quinte pour le second et le troisième; la quarte pour le troisième et le quatrième ; la tierce pour le quatrième et le cinquième. — Â mesure qu'on s'avance dans la série des harmoniques supérieurs, on en rencontre qui cessent de correspondre exactement aux notes. Cette dissonance ne nuit pas à la qualité musicale du son composé; elle lui donne seulement un caractère plus pénétrant, en le rendant plus aigre et plus dur.

(i) Il est possible en efifet de comparer entre eux des bruits de mime nature^ de dire, par exemple, quelle eit la plus grave de deux détonations d'armes différentes. Les nègres jouent des airs passables en frappant sur des harmonicas formés par des planchettes de dimensions variées et convenablement choisies. V. Timbre,

donné à une note familière, est réputé bruit tout son non compris entre les limites de Téchelle musicale, celui dont le chiffre des vibrations se place ou en deçà de la gamme la plus grave (50 vibrations doubles), ou au delà de la ^amme la plus aiguë (7000 v. d.). Au-dessous de 50 v. d. on n'entend qu'un bourdonnement confus; au-dessus de 7000 on perçoit un grincement désagréable, qui n*a rien d'harmonieux.

Qualités du son. — On distingue dans le son la haiiieuTy \ intensité et le timbre.

lo Deux sons ont une hauteur différente, quand l'un est plus grave et l'autre plus aigu, La hauteur dépend de la plus ou moins grande rapidité des vibrations pour une même période de temps. Le son qui a le plus de vibrations est aigu; celui qui en a moins est grave par rapport au premier. Une corde fortement tendue vibre très rapidement, dès qu'on la pince ; elle rend un son aigu si on le compare avec le son qu'elle rend lorsqu'elle est moins tendue, vibrant moins par conséquent. La colonne d'air, dans un tuyau court et étroit, vibre plus rapidement et rend un son plus aigu que dans un tuyau de plus grandes dimensions.

a** Deux sons diffèrent d'intensité ou de Jorce, quand l'un est faible et Tautre est fortj se faisant entendre à une plus grande distance. L'intensité dépend de Vamplitude àts vibrations du corps sonore, et, partant, de la largeur des ondes propagatrices du son. Si on laisse les vibrations d'une corde ou d'une lame se continuer quelque temps, on constate que le son s'affaiblit progressivement, à mesure que l'amplitude des vibrations diminue. De même -encore, si on s'éloigne d'une cloche qui se fait entendre d'une façon continue, on constate que la sonnerie s'affaiblit pendant qu'on s'éloigne, la largeur des ondes sonores, leur amplitude par conséquent, diminuant à l'air libre à

mesure que leur diamètre va en s*agrandissant. Dans les tuyaux, où les ondes sonores se propagent non plus sous la forme de sphères concentriques comme à Tair libre, mais en tranches limitées par les parois du tube, ces mêmes ondes décroissent bien moins vite, ce qui fait que le son conserve à grande distance une intensité notable. D'autre part, deux sons simultanés vibrant à l'unisson combinent leurs impulsions de manière à augmenter leur amplitude : ce qui les renforce.

Or, ce résultat est souvent obtenu par des appareils, soit naturels, soit artificiels, à\i%résonnaieurs, offrant une cavité de dimensions convenables, pour que Tair qu'ils contiennent puisse, quand un son est produit dans le voisinage, vibrer à Tunisson du son fondamental ou d'une espèce de ses harmoniques. La cavité de la bouche, aux dimensions si faciles à modifier chez le même individu, est un admirable résonnateur naturel des sons de la voix humaine. La cavité des fosses nasales est le résonnateur spécial des consonnes et des voyelles dites nasales. La caisse sonore du diapason et des instruments à cordes est un résonnateur artificiel.

L'intensité du son diminue avec la raréfaction de Tair : sur les hautes montagnes il est nécessaire, pour se faire entendre, de parler avec plus de force.

D'autre part, Tintensité du son est modifiée par Tagitation de Tair et la direction des vents. Par un temps calme et à travers une couche d'air d'une température uniforme^ les sons s'entendent mieux que lorsqu'il fait du vent, et^ dans ce dernier cas, le son est plus intense, à distance égale, dans la direction du vent, que dans la direction contraire.

3° Le timbre est la nuance propre à un son. C'est ce caractère qui permet de distinguer entre eux deux sons composés, abstraction faite de leur intensité. La note la d'une octave donnée, qu'elle soit produite sur une flûte ou une clarinette, est bien la même : dans chacun de ces la la

hauteur est la même, déterminée par le son fondamental ; la différence très nette que Toreille distingue entre les deux la est due au timbre spécial à chacun de ces instruments, timbre formé par la superposition aux vibrations du son fondamental du la des harmoniques^ ou vibrations accessoires propres à chaque instrument.

Un son fondamental peut être accompagné d'un plus ou moins grand nombre d'harmoniques, et c'est non seulement à leur nombre que sont dues les différences de timbre, mais à leur intensité plus ou moins élevée. Les premiers harmoniques, les plus graves, donnent au son quelque chose de plein et d'harmonieux, comme on le remarque dans les sons du piano, des tuyaux ouverts de l'orgue, de la voix humaine modérée et douce, du cor de chasse. Au contraire, les harmoniques élevés rendent le son aigre et dur, comme on le remarque pour les sons de la voix éclatante, des instruments à anche et de la trompette.

Comme les sons musicaux, les bruits ont aussi leur timbre dû à la présence de vibrations accessoires (harmoniques). C'est à cause de la discordance des vibrations accessoires dans les bruits de la première catégorie, qu'il n'est pas possible de dire à quelle note correspond tel bruit. Cependant, si on compare entre eux des bruits de timbre semblable, par exemple deux chocs produits sur des enclumes de dimensions différentes, on arrive encore facilement à distinguer un son grave d'un son aigu. En ce cas, il devient même possible de former une gamme slvl moyen d'élémenis convenablement choisis.

Gamme naturelle. — Les musiciens ont dressé plusieurs échelles ou gammes des sons musicaux, de telle manière que le son le plus aigu d'une gamme, le do supérieur, représente le double exact des vibrations du plus grave, do d'en bas. Chacune de ces gammes a été divisée

«n 7 parties, do, ré, mi, fa, sol, la, si, la huitième note ^tant la première de la gamme suivante.

La première note d*une gamme est appelée la ionique. En représentant par i le nombre des vibrations du son le plus grave d'une gamme quelconque, on trouve pour les autres sons les rapports suivants :

do ré mi fa sol la si do Nombre relatif ( 9^433^5

des vibrations : f 843338

En réduisant toutes ces fractions au même dénominateur, on a :

do ré mi fa sol la si do

Si Ton prend, par exemple, la gamme normale, dont le

do a ^22 demi-vibrations ou 261 v. d. par secondes (i), on

aura pour les nombres de demi-vibrations correspondants

■aux notes suivantes :

do ré mi

^22 522x| = ^X9 ^587*25 522 x-^ = 652,5 fa sol la

^aa X - = 696 622 X - = 783 622 X - = 870

si

Quoique, théoriquement parlant, on puisse prendre n'importe quel son musical comme base {ut fondamental) d'une gamme, et former de là une série de gammes, dont chaque ui supérieur aura le double des vibrations de Yui initial de la gamme précédente, dont chaque note aura également le double des vibrations de la note correspon- •dante dans la gamme antérieure, cependant les musiciens

(i) Ea France, on compte ordinairement par demi-vibrations.

ont reconnu la nécessité d'avoir un point de départ commun et de fixer la gamme normale, qu*on est convenu de désigner par Tindice ut '. A cette gamme il fallait un repère. Ce repère a été choisi pour la note la et pris sur un instrument étalonné appelé diapason, qui donne invariablement le même nombre de vibrations à la seconde.

Le diapason normal, tel qu'il a été adopté pour toute la France par une commission réunie à Paris en 18^8, donne 870 demi-vibrations ou 435 vibrations doubles. On remarquera que c'est justement le la de la gamme ci-dessus, c'est le la ', le la normal, celui qui répond au médium de la voix de femme. Le /a' correspond au médium de la voix d'homme, et le /«* au contre-la [la de la basse ou violoncelle).

Comme on le voit, chaque gamme porte un indice en exposant. Les gammes plus hautes que ut'^ sont désignées par «/', m/*, ut^^ uf^ ; les gammes plus graves que «/' sont marquées m/-i, m/-2, cette dernière note étant la plus grave des notes usitées et correspondant à as demi-vibrations ^/8, ou 22,635.

Intervalles. — L'égalité de hauteur de deux sons, c'està-dire l'égalité du nombre de leurs vibrations pendant le même temps, est appelée Vunîsson,

On appelle intervalle de deux sons, le rapport des nombres de vibrations qui leur correspondent pendant des temps égaux. Ce rapport est indiqué par une fraction, dont le numérateur représente le son le plus aigu, de sorte que l'intervalle est toujours un nombre fractionnaire plus grand que l'unité. Le Jo et le re de la gamme ci-dessus ayant respectivement 522 et '587,2^ vibrations simples à la

seconde, l'intervalle de ces deux notes est -~, ce qui revient

à dire que 587,25 est à 522 comme 9 est à 8 : en effet 522 : 8x9 = 587,25.

Intervalles des notes par rapport à la tonique. —

Une note est à l'octave aiguë d'une autre, quand elle a le double de vibrations de la note la plus grave. L'intervalle de ces deux notes est égal à 9.

Veut-on maintenant connaître les intervalles respectifs de chacune des six dernières notes par rapport à la première, il suffit de se reporter au tableau ci-dessus indiquant le nombre relatif des vibrations des notes par rapport à do. Les fractions de ce tableau ne sont autre chose que l'expression de ce rapport.

Ces intervalles des notes de la gamme sont ce qu'on est convenu d'appeler les intervalles musicaux, pour les distinguer des intervalles de deux sons quelconques. De plus, ils portent chacun un nom, que Ton trouvera indiqué cidessus en regard de la fraction :

1° doz doz, intervalle de -

a° do ré, —

3« do mi y —

4° do fa, —

5* do sol, —

6° do la, —

7* do si, —

8» doz dOAy —

A côté de chacun des intervalles de seconde et de tierce, les musiciens emploient des intervalles complémentaires dits mineurs, par opposition aux intervalles principaux dits majeurs. Ce sont :

- ou

unisson.

-ou

seconde.

lou

tierce.

iou

quarte.

Ion

quinte.

^ou

15 ou

sixte, septième.

- ou

octave.

Q** la seconde mineure — dérivée de la seconde majeure ? ^ 15 "^ 8

10" la tierce mineure - dérivée de la tierce majeure -

Toutes les fois que les nombres de vibrations de deux sons sont entre eux comme s est à i, ou comme 3 est à 2, ou comme 4 est à 3, on dit, du son le plus aigu, qu'il donne Toctave, la quinte, la quarte de Tautre son ; et, si Ton dit que deux sons forment une quarte, une tierce majeure, etc., cela signifie que leurs nombres de vibrations sont entre eux comme 4 est à 3, ou comme ; est à 3.

L'intervalle le plus simple — l'intervalle de quinte {do sol) — est celui dont l'oreille apprécie le mieux la justesse, et c'est à lui que les musiciens ont recours pour accorder leurs instruments.

On appelle accord l'audition simultanée de deux ou plusieurs notes séparées par des intervalles musicaux. Il y a des accords consannanis et des accords dissonants» Les accords dissonants sont ceux de quarte [Jofà], de sixième [do /tf), de seconde [do ré)y et de septième [do si). Les accords consonnants sont en général ceux dont les deux termes du rapport sont plus petits ; ce sont les accords à^octave, de tierce majeure [do mi), et de quinte [do sol).

Enfin, on appelle accord parfait la production simultanée de la tonique, de la tierce majeure et de la quinte^ On l'appelle accord parfait majeur, pour le distinguer d'un second accord dit accord parfait mineur, composé de la tonique y de la tierce mineure et de la quinte.

Intervalles des notes consécutives de la gramme naturelle. — Les intervalles successifs des notes consécutives de la gamme sont appelés tons. Le tableau ci-dessous en indique les données et les noms.

o do k ré I ton majeur.

JO

ré à mi

ton mineur.

mi à fa

demi-ton.

fa à sol

ton majeur.

sol à la

ton mineur.

la à si

ton majeur.

si à Jo

demi-ton.

Dans la pratique.

on ne distingue pas entre ton majeur

Si .. .

et ton mineur, — rintervalle [comma) ~, qui les sépare,

oo

étant si petit, qu'il faut une oreille exercée pour Tapprécier. C'est pourquoi on dit que les intervalles offerts par les notes consécutives de la gamme forment une série composée de deux tons, un Jemi-ion, trois ions, suivis d*ttn de mi- ton.

Pour les besoins de la musique, on peut hausser ou baisser chaque note d'un demi-ton. La note haussée est dite diéséây et se marque d'un dièse % en exposant. La note baissée est bJmoltsée, et se marque d'un bémol b,

Qamme tempérée. — Entre une note quelconque diésée et la note suivante bémolisée, il y a un intervalle assez sensible et supérieur au comma : il n'est donc pas négligeable. La difficulté où Ton serait cependant d'exécuter sur des instruments à sons fixes, tels que le piano, l'harmonium, l'orgue, tous les degrés successifs de la gamme ci-dessus, à savoir les 7 notes naturelles, plus les 7 dièses, plus les 7 bémols, en tout 21 notes pour chaque gamme, a conduit les musiciens à substituer à cette gamme dite naturelle ou fondamentale mvl^ gamme

tempérée composée de 12 demi-tons moyens, tous égaux entre eux, les tons entiers majeurs et mineurs valant chacun deux de ces demi-tons. De la sorte, une note diésée se confond avec la note suivante bémolisée. Dans la gamme tempérée, Toctave seule coïncide avec Toctave de la gamme naturelle, Vut suivant ayant exactement le double des vibrations de Vut précédent. Seules, les notes intermédiaires, réy mi, fa^ soi, la^ si, diffèrent de celles de la gamme naturelle, toutes ayant été légèrement haussées, le demi-ton moyen étant un peu plus fort que le demi-ton de la gamme naturelle.

Limites de l'échelle musicale. — Les sons d*un bon emploi en musique vont environ de 40 vibrations simples à 14.000. Par conséquent l'échelle musicale proprement dite ne comprend que 7 octaves complètes.

Les limites ordinaires de la voix humaine sont :

basse taille, de /i-i à ré'^ ]

baryton, de Ia.{ à fa^ ;

ténor, de ut^ à la^ ;

contralto, de mi'^ à «/' ;

mezzo-soprano, de soP à w/* ;

soprano, de si^ à sol\

En résumé la voix humaine effectue au moins 43,5 (/^-i) et au plus 783 vibratrons doubles [sol'*) par seconde. La voix de la femme est plus aiguë que celle de Thomme. Celle de soprano est quelquefois comprise entre ut^ et uf\

Les pianos vont du /a.2 à Vui^ : leur registre comprend donc un peu moins de 7 octaves. La limite des sons aigus en musique est donnée par la petite flûte : c'est le ré^\ Les grands tuyaux des grandes orgues donnent les sons les plus graves, nt-\ ou 65,25 vibrations simples, et ut-i ou 32,625 V. s.

Page 1