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SYSTÈME PROPOSÉ

Il est hardi, sans doute, et téméraire de notre part de proposer un système après les illustres savants qui ont émis ceux que nous venons de combattre, mais dire ce qu'on croit vrai, même à ses risques et périls, n'est-ce pas le devoir scientifique ?

Toute voyelle, comme nous l'avons établi dans la phonétique statique, est de deux sortes très différentes P la voyelle originairement longue, radicale ou éliminable, issue non d'ellemême mais de sa semi- voyelle ou, à défaut, d'une aspiration similaire dont le mouvement est solidaire du sien, 2"* la voyelle, originairement brève (mais qui peut devenir longue, par répétition, contraction, ou union avec la précédente) non radicale, éliminable, mais née d'elle-même, non issue de semi- voyelle.

La première en lexiologie et morphologie a pour fonction de marquer le sens principal, la seconde les nuances de sens, et les relations.

La première est celle qui est marquée par des lettres, comme les consonnes dans l'alphabet Sémitique : alephy yod, waw, et même Aé, heth, ain (correspondant k h, y, w semi-voyelles et à à, ^, û, ë, ô, voyelles) la seconde est celle qui est marquée dans la même écriture par des points-voyelles.

Nous proposons de représenter la première série par des capitales : A, I, U, E, 0, la seconde par a, i, u, e, o.

Dans les langues Sémitiques A, I, U, E, appartiennent à la racine ; au contraire a, i, u, e, o sont des voyelles flexionnelles, des voyelles serviles.

Il en est de même en Indo-Européen, et la clef du vocalisme Indo-Européen doit être cherchée dans le vocalisme Sémitique.

Seulement, tandis que i et u, les voyelles facilement semi-vocalisables, sont employées dans le Sémitisme concurremment avec a^ e Qio pour exprimer les modifications de sens, elles le sont rarement en Indo-Européen, où cet emploi est réservé tantôt à a (branche indienne), tantôt à e et o (branche européenne).

Du reste, dans le Sémitisme même, si les voyelles iei u sont employées comme points-voyelles, on peut dire que ce n'est que nominalement, à moins qu'elles ne s'appuient sur les semi-

voyelles y et w, et qu'en réalité, elles se prononcent e et o. Donc Yi et Vu disparaissent presque partout et on ne' trouve plus guère que Va, Ve et Yo.

D'où cette série double

P A, I, U, E, 0, complète

2^ a, e, (rarement i et u).

Souvent les deux séries se coudoient, et on a en Indo-Européen, comme en Sémitique, aA, e4, oA (iA, uA) etc. formule préférée de Tlndo-Germanisme, ou Aa, Ae, Ao, {Ai, Au) etc. formule préférée du Sémitisme.

Alors il y a souvent fusion entre les deux par semi-vocalisation d'un élément, ou par contraction des deux aA pour devenir A ; eA devient A ; el devient ey; oi, oy.

On comprend bien la première série de voyelles A, E etc. faisant partie de la racine, au même titre que les consonnes. Mais pourquoi cette série est-elle plus ferme que l'autre, et comment a-t-elle une origine différente ?

Elle est plus ferme que l'autre à cause de son origine consonnantique ou plutôt semi-consonnantique.

En effet 1'/ est issu d'y, VU est issu de w, VA lui-même est issu à!aleph {h sonore et semi-vocalique), mais il semble plus difficile que E soit issu de Taspiration hé (de l'arabe) et de l'aspiration àin. Cependant nous avons constaté ce fait dans la phonétique statique et établi que l'aspiration et la voyelle correspondante se faisaient par un mouvement solidaire des organes de la phonation. Nous avons ajouté cet argument historique que graphiquement Valeph a donné naissance à V alpha Yhe et Vheth à Y epsilon et Vheta, le din à Y oméga et Y omicron.

La structure de la racine indo-européenne serait donc la même que celle de la racine sémitique ; elle se composerait exclusivement de voyelles ou de semi-voyelles soit elles-mêmes soit représentées par des voyelles d'elles issues. Les racines hwd, lyp, correspondraient aux racines qwm, syl ; bien plus les racines do, dha^ de (îtJwfAt et de nGyjfAt correspondraient à pOl (pahaJ) .

Quelle est maintenant Yorigine et le mode d'introduction dans la racine de la seconde série de voyelles, de celles non radicales ? Comment auparavant pouvait-on prononcer les racines composées de consonnes ou de semi-voyelles seules ?

Dans l'arabe moderne ou vulgaire on ne prononce point et on n'a jamais prononcé les consonnes seules, quoique les pointsvoyelles n'y existent pas. Les racines purement consonnantiques ou semi-consonnantiques ne sont que des abstractions. Une voyelle tacite se trouve dans la racine trilitère entre deux consonnes, c'est la voyelle indéterminée, Ye muet, le schewa mobile. Quelquefois cet e muet se convertit en une voyelle claire, devient Va, Té, l'o, même \i et Xu, soit sous l'influence d'une semi-voyelle ou d'une aspiration similaire voisine, soit par le besoin de variation vocalique. Ces transformations sont des renforcements, des gradations au dessus de \e muet. Mais il serait faux de dire qu'on a introduit peu à peu les voyelles de la 2** série ; ces voyelles à l'état d'e muet, à l'état normal, s'y sont toujours rencontrées.

Les mêmes faits, suivant nous, se sont produits en Indo- Européen. Entre les consonnes, semi- voyelles, et sons issus de semi-voyelles ou d'aspirations et composant la racine, a de tout temps existé une voyelle radicale et autonome consistant en \e schewa.

Cet e schewa forme l'état primitif véritable ; dans XeiTr-», sXtTT-ov, Xs-XotTTa, le véritable état primitif, le point de départ n'est, ni 'km comme le prétendaient les partisans de la théorie du guna, ni Asitt comme le prétendent les néo-grammairiens, ni X/tt suivant le système de M. Frédéric MùUer, ni layap suivant le premier de M. Regnault, ni loeyp suivant le second du même auteur, ni lepya suivant le système de M. Henry, mais l^Py dans lequel e représente Ye muet.

L'état primitif n'est donc plus un état de monophthongue vocalique , comme dans le système d'Hûbschmann et de Brugmann,et dans celui de Bopp et de Schleicher, ni de diphthongue vocalique comme dans les autres systèmes, mais celui de diphthongue partie vocalique, partie semi-vocalique. La partie vocalique consiste dans un e muet.

C'est la comparaison du sémitisme et de l'Indo-germanisme qui nous a fait découvrir cette vérité.

Continuons la comparaison des deux.

Dans les langues Sémitiques nous voyons la semi-voyelle et l'aspiration solidaire avec une voyelle : aleph, yod, waw, àin, he et heth constituer seules d*abord avec les consonnes

proprement dites le squelette de la langue. Mais elles contiennent en germe, en potentiel, des voyelles, Valeph un a, ïyod un z, le waw un u. Vain un o.Yhe un e, et Vheth un ^; la gutturale aspirée elle-même, à l'image de Valeph, un a.

Quelquefois c'est cette voyelle proprement dite qui se montre ; quelquefois au contraire le bruit qui raccompagne ou qui en est solidaire se montre seul, ou presque seul. C'est ainsi qu'autrefois l'élément vocalique ressortait, qu'aujourd'hui, à l'inverse, Vain, Yhe, Vheth, et même Valeph se réduisent à de simples aspirations,

La voyelle développée par la semi-voyelle prend place après celle-ci. C'est une première source de la voyelle véritable, de la voyelle servile, elle forme Vécho de la semi-voyelle ou de V aspiration solidaire. Partout où elle naît, Ve muet qui se trouve sous toute consonne et réunit l'une à l'autre n'est plus nécessaire. Mais où elle ne naît pas, par exemple, après un t, Ve muet nécessaire pour former la syllabe se retrouve facile-, ment. Quelquefois la semi-voyelle ou l'aspiration ne se contente pas de faire naître une voyelle solidaire à sa suite ; elle agit aussi en arrière ; c'est ainsi qu'en Hébreu un a très bref doit toujours précéder l'A, quoique la voyelle de la syllabe précédente soit un ou un w, comme dans le mot reoikh pour rekh.

Le même effet se produit exactement dans plusieurs langues de rindo-Européen, en particulier en Germanique en ce qui concerne la brechung causée en arrière par Vh, Vr et VI, quelquefois par l'n. Nous avons déjà vu que ces phonèmes empêchent la perte de l'a et sa transformation en e, i dans l'ensemble de rindo-Européen. En Germanique ils insèrent devant eux un a lequel mêlé à un i précédent produit e, à un w précédent produit 0. Ce qui est le plus curieux, c»est que ces consonnes ne causent point cet effet par elles-mêmes, mais parce qu'elles renferment virtuellement déjà un a qui agit en elles de sorte que la brechung peut s'analyser en umlaut. Le procédé est semblable exactement à celui que nous venons de signaler dans l'hébreu.

La force de la semi-voyelle est donc si grande qu'elle forme une voyelle après elle, et quelquefois une autre avant, mais tous ces trois éléments sont intimement liés et on ne peut les détacher les uns des autres. Il n'y a pas encore là de voyelles véritables et autonomes.

En Indo- Européen on peut constater encore quelque chose de ce système. La vélaire profonde q est solidaire du son u qui l'accompagne nécessairement. Ici c'est une consonne non aspirée qui donne naissance à une voyelle solidaire.

Quand il ne s'agit plus d'une semi-voyelle ou d'une aspiration ou même d'une consonne solidaire d'une voyelle, quand il s'agit de toute autre consonne, celle-ci est suivie d'une explosion qui, pour peu qu'on prolonge son bruit, prend une résonnance dans les cordes vocales et devient un e tnuet ; c'est cet e muet qui est la source des voyelles proprement dites, des voyelles serviles qui ont ainsi leur origine mécanique.

Quand on peut passer facilement d'une consonne à l'autre, par exemple quand une liquide suit une momentanée, le bruit d'explosion est à son minimum et Ve muet ne se forme pas ; quand une momentanée suit une momentanée dans les groupes kp, kt, pk, Ikj ou quand les phonèmes appartiennent à des organes éloignés sm, sk, rm, etc. alors le bruit passe à son w^aximum^ et c'est un e muet marqué ; si l'on rencontre un groupe de trois ou quatre consonnes, le bruit explosif de l'une d'elles par un besoin syllabique devient de plus en plus fort, on dépasse te muet^ il se forme une voyelle brève anaptyctique ; si enfin l'accent vient frapper cet e muet ou cette voyelle anaptyctique on obtient un e clair ou un o ou un a. La voyelle servUe est née.

Supposons le mot k-w-m de trois syllabes, le w de la seconde attirera facilement sur lui la voyelle similaire u ; on aura h-wu-m, déjà prononçable. Mais entre le k eilew se place un inévitable schewa et la vraie notation sera ke-wu-m. Si l'accent

venait frapper la syllabe Af , Vf s'élèverait, de sourd deviendrait clair, et atteindrait fté, ko ou ka, d'où ké-wu-m, ko-uru-m ou ka-um-m.

On a ainsi ensemble l'exemple de la voyelle servile de la syllabe A, et de la voyelle radicale de la syllabe w.

La syllabe wu est instable, en ce sens que u étant né de tv on n'a pas w-f-w, mais bien w-^u, ce qui est bien différent ; aussi cette syllabe se réduit-elle souvent tantôt à w, tantôt à «, puisqu'elle ne contient en réalité qu'un son. De cette sorte on a : ka-w-m ou ka-u-m ; c'est ce qu'en effet on trouve en Sémitique après ka-wu^m, ka-wa-m. En général on trouve ka-w-m.

jà

Si la syllabe ka vient à perdre son accent on redescend à Af-t^-m, et comme le f se perd vite, dès qu'il n'a plus sa raison d'être syllabique il s'efface et Vw devenu u joue le rôle de voyelle dans la première syllabe et Ton obtient kum.

Ainsi donc faute d'accent Ve de la syllabe s'éteint et s'il est suivi immédiatement d'une semi- voyelle, cette seconde voyelle se convertit en voyelle par la force des choses et de la seconde syllabe passe dans la première.

De môme leypo a été à Torigine l-y-p puis If-yi-p, puis lét/'P puis l'accent quittant la première syllabe l§y-p, puis l-i-p.

C'est la force de l'accent qui a détruit la seconde syllabe et a rattaché sa semi-voyelle à la première ; c'est la perte de l'accent de la première qui a détruit sa propre voyelle amplifiée de Ye muet, Ta réduite à cet e muet, puis a détruit celuici, la fonction syllabiqtte pouvant être remplie par la semivoyelle entrée dans la syllabe et qui peut se faire voyelle.

La diphthongue ne se comprend que par ce processus. Prétendre, comme les néo-grammairiens, que la diphthongue est partout antérieure à la voyelle simple, partout du moins où on la rencontre plus tard, est une sorte de non-sens linguistique. La syllabe primordiale est une syllabe ouverte à deux éléments : une consonne plus une voyelle, ou une semi-voyelle plus une voyelle, ou une aspiration, soit une consonne glottale, plus une voyelle. La voyelle est en rapport intime avec la consonne, elle lui est similaire autant que possible, ou ne consiste plus que dans un e muet qui s'élève, il est vrai, plus tard sous l'empire de l'accent. Mais la voyelle est unique. Comment nait donc la diphthongue ? C'est la réunion en une seule syllabe des voyelles de deux syllabes distinctes. Ainsi s'est produite, ce point est incontesté, la diphthongue hystérogène des langues dérivées ; auparavant s'est produite aussi la diphthongue primitive, me-vu-tha est devenu meutha, puis maù-tha, meùtha, moù-tha.

La bi'Voyelle étant ainsi formée, il s'établit une lutte entre les deux éléments, entre les deux voyelles, ou plus exactement entre la voyelle et la semi-voyelle, entre la voyelle née de l'e muet et du bruit d'explosion, et la semi-voyelle.

Dans cette lutte qui triomphera ?

La voyelle proprement dite a une tendance à s'assourdir,

puis à disparaître, c'est une conséquence de la loi du moindre eflfort ; de son côté et par la même loi, la semi-voyelle ou l'aspiration a une tendance à se liquéfier en voyelle, c'est-à-dire à perdre son élément bruit pour ne conserver que son élément son. Cette tendance /empêche chacune d'elles de lutter avantageusement.

Un élément tout particulier qui joue dans le langage le même rôle que Vinnervalion dans le monde vivant, Vaccent, vient prêter un élément de force à la syllabe composée déjà de trois éléments ; P consonne, 2° voyelle, 3° semirvoyelle, et l'empêche de se désagréger. En particulier elle relève la voyelle, d'e muet en fait a, o, é\ et en même temps elle conserve la semi- voyelle et l'empêche de se liquéfier en voyelle.

Si l'accent, au contraire, vient à quitter la syllabe, la voyelle s'assourdit de plus en plus, redescend à Ye muet, e ; d'autre côté la semi-voyelle se liquéfie: yyW deviennent i, m, les aspirations se vocalisant, aleph devient a; am, o, etc., il en résulte une syllabe mfà-<, IH-p ; mais la voyelle u, i, ainsi formée écrase Ve sourd qui préC/ède et le remplace dans son rôle de voyelle, on a le degré réduit : mu-t, li-p.

Souvent aussi la syllabe composée d'une consonne plus de son bruit d'explosion ou son e muet n'est pas suivie d'une autre syllabe composée d'une semi-voyelle ou d'une aspiration plus une voyelle solidaire avec celles-ci. Alors le résultat de contraction entre deux syllabes ne se produit plus et il n'y a plus dans la première syllabe une voyelle et une autre voyelle ou une semivoyelle luttant ensemble, ainsi que nous l'avons décrit. Il ne reste qu'une consonne plus son e muet. Alors si l'accent quitte la syllabe, Ve muet disparaît et on a l'état réduit ; si l'accent se fortifie, Ve muet monte à l'a, Ve ou Vo, suivant des distinctions que nous établissons plus loin.

Enfin la première syllabe peut se composer d'une consonne avec une voyelle développée naturellement après elle, par exemple hH, q^u, alors à l'état réduit elle devient U, q^, à l'état renforcé, au contraire, hay, key, koy, quv, qey, qov, etc. Le résultat est ici inverse ; on ne passe plus du bisyllabisme au monosyllabisme, mais du monosyllabisme au bisyllabisme.

Si l'on n'admet pas que la voyelle ou semi-voyelle formant le coefficient des néo-grammairiens provienne, comme nous le

croyons, de la réduction d'une autre syllabe, mais qu'au contraire, ce coefficient a toujours fait partie de la même, notre système n'en subsiste pas moins ; en eflPet, dans une syllabe ainsi composée pi, pu, il y a un intervalle, si petit qu'il soit, entre la prononciation du p et celle de \i, il n'y a pas suite immédiate, comme on serait porté à le croire après un examen superficiel. Cet intervalle est rempli par le bruit explosif de la consonne. Ce bruit explosif devient au minimum si la syllabe n'est pas frappée d'accent si bien qu'il semble s'opérer alors une véritable soudure ; elle est au maooimum, quand la syllabe est frappée d'un accent énergique ; alors le bruit explosif se développe d'abord en e muet, puis en voyelle claire, et par le même mouvement la voyelle suivante se solidifie en semivoyelle.

L'effet est le même dans le Sémitisme que dans l'Indo-Européen, et si on l'observe de près, on voit qu'il possède lui aussi un état normal et un état réduit : état normal mewû = mevt ; état réduit miU. C'est dans les verbes concaves de l'Arabe qu'on peut étudier ce tour de rôle.

L'état normal du Sémitisme existe lorsque la lettre consonne est souscrite soit d'une voyelle soit d'un schewa ; l'état est réduit lorsque cette consonne n'est souscrite que de la voyelle contenue dans la semi-voyelle suivante ; c'est ainsi que Ça vma est à l'état normal et quma à l'état réduit.

La manière dont la grammaire Sémitique traite la voyelle proprement dite ou servile est tout-à fait remarquable. Brûcke l'exprime très bien dans ces termes : (page 135).

Die vocalzeichen : fatha, kesre, und damma im sinne der Araber etwas ganz andere sind als unsere vocalzeichen. Die letzteren bezeichnen die stellung in der der vocal tônt, die ersteren aber den ûbergang in dièse sôellung, darum heisst auch der vocal bei den Arabem bewegung, Av^serdem aber existiren drei buchstaben, welche, im sinne unserer aberlàndischen bezeichnungweise denselben drei vocalen entsprechen, nàmlich alif, ye und waw. Es muss hier bemerkt werden dass die begriffe vocal, und consonant iiberhaupt erst von den abendlàndischen sprachforschern in die arabische grammatik hineingetragen sind. Der Araber nehmt nur bewegungszeichen (fatha, kesre und dhomma) und sprachelemente welc/ie bewegt werden oder ruhen.

L'auteur ajoute, ce qui vient bien à l'appui de l'idée que nous avons émise :

i, a und u sind also im wesentlichen dte laute sowohl der ruhenden cUs der bewegungs-vocale ; die zwischen laute werden im allgemeinen nicht durch neue zeichen ausgedrûkt, sondem durch zeichen ausgedriiht, der ihnen zunàchsi stehenden, dos heisst, ihnen am nachsten verwandten, der drei bewegungsvocale (fatha fur a, a®, o, a*, e', und e, Kesre fur i und e, und damma fur o und û), und der dazu gehbrige consonant ist es y welcher den léser ilber den jeweiligen lautwert des vocalzeichens , wo dies ûberhaupt durch die schrifl geschieht, belehrt. Hierin tràgt die arabische schri/t noch die spuren des Syllabischen an siçh; denn syUabisch war sie bis zùr anfuhrung der bewegungszei-chen da bis dahin das consonantenzeichen nicht nur fur den Consananten sondem auch fur den damit zur sylbe verbundenen vocal galt.

Ces deux séries de voyelles sont bien distinguées ainsi Tune de l'autre, V indivisibilité de la voyelle radicale avec la consonne, et son antériorité sur la voyelle servile nettement établies.

Elargissons maintenant notre comparaison. Nous n'avons mis en présence que l'Indo-Germanisme et le Sémitisme. Comment se comportent les autres langues?

Un fait bien remarquable c'est qu'en dehors de ces deux familles il n'est plus question ni de guna et vriddhi, ni d'état normal et d'état réduit, ni de voyelles infraposées aux consonnes (bewegungselemente). On en trouve encore des traces dans les langues finnoises. Mais ailleurs ces traces disparaissent. Comment expliquer ce fait ?

Il nous parut d'autant plus étrange au premier abord, que nous avons posé ce principe que non-seulement l'esprit humain avait partout un fond conmiun, mais qu'il en est de même de l'ouïe et des organes de la parole, et que ce qui se trouve ici doit, se rencontrer aussi là, au moins en germe. Comment donc le fait de la gradation des voyelles, même de celles seulement en état normal et en état réduit n'existe-t-il, ou ne semble-t-il exister que dans l'Indo-Germanisme et le Sémitisme ?

En voici la raison. Nous avons dit que là cause de cette variation est Yétat mixte de la consonnanie -sonnante, soit dans

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