APPENDICES
1« Terminologie nouvelle proposée pour divers phénomènes
de la phonétique.
Rien de si vague que les termes à!umlauf, de latUverschtebung, SapenthèsCy diinfection vocaJiqtie, d'apophomCy d'anaptyœts, etc. qui ont été donnés aux divers phénomènes phonétiques ; rien surtout de si divergent dans leurs sources étymologiques. Certains termes sont empruntés au latin, d'autres au grec, d'autres à Tallemand. Quelquefois le mot véritablement technique manque absolument et doit être remplacé par une périphrase, par exemple Vharmonie vocalique. D'autres phénomènes ne portent aucun nom, ni technique, ni autre, dans ce cas se trouve le système sémitique consistant à exprimer les nuances de la pensée par l'emploi de différentes voyelles ; quelques-uns l'ont appelé système verstànnel, mais cette dénomination n'a pas été adoptée. D'autres phénomènes ont un double nom ; l'un d'eux, par exemple, s'appelle tantôt ablaui, tantôt apophonie\ un autre tantôt umlaut, tantôt périphonte. Aucun lien entre tous ces noms d'origine et de direction diverses.
Cependant les sciences naturelles nous donnent l'exemple d'une systématisation heureuse de leur terminologie. Elle consiste en ce que 1" toutes les expressions sont empruntées à la même langue, en général au grec, 2° elles indiquent nettement la caractéristique de tel objet ou de tel phénomène et en même temps ce qui le distingue des autres objets ou des autres phénomènes, de telle sorte que la terminologie est déjà de la taxiologie.
Il faut en faire autant en linguistique et voici la terminologie nouvelle que nous proposons.
P Métaphonie.
Nous appellerons ainsi le phénomène bien connu des langues Sémitiques qui consiste à varier les voyelles pour exprimer les nuances du sens ou les modifications grammaticales.
L'appellation se justifie parce que d'un côté elle laisse intacte la question. de savoir quelle est l'origine de ce phénomène, et parce que d'autre côté le mot meta indique bien le pur changement, sans idée de renforcement ou de dégradation.
L'appellation : variation vocalique aurait aussi bien convenu pour désigner ce phénomène, mais il a l'inconvénient d'être un terme français, non neutre, et qui, par conséquent, serait accepté difficilement par les autres nations, parce que, d'autre côté, il ne consiste pas en un seul mot, ce qui est nécessaire à une bonne et pratique terminologie, parce qu'enfin il ne renferme pas un élément commun donc l'existence nous semble nécessaire à l'effet de les comparer et de bien noter leur différence essentielle. Ce terme suivant nous serait : phome. La métaphonie peut avoir lieu de langue à langue, par exemple quand l'a sanscrit correspond à Ve-o européen.
2<> LApophûnie.
Nous conservons ce terme comme générique ; il a l'avantagé de ne pas fixer le point de départ lequel fait encore l'objet de grandes controverses.
L'apophonie est un terme qri ne s'applique actuellement qu'aux voyelles, nous l'appliquerons aussi aux consonnes, et nous distinguerons, !<> Yapophome voccUiqtte, 2° la consannantiqtde.
a) Apophonie vocalique.
L'apophonie ne comprend pas l'affaiblissement ou le renforcement de toutes voyelles, mais seulement des voyelles que nous avons appelées serviles.
L'apophonie consiste dans Y état normal, leguna et la vrtddhi suivant l'ancienne école ; dans Y état réduit, Xétai normal ^\ Xétai fléchi suivant les néo-grammairiens. Mais ce terme est utile dans les deux systèmes.
Dans le système des néorgrammairiens, les mots : état nortnal, état réduit^ étai fléchi, ce dernier surtout, sont impropres , d'ailleurs hors de notre terminologie grecque»
Nous appelerons l'état normal mésophonie, Tétat réduit hypophonie, et l'état fléchi Xhyperphome,
Dans le S3'stème ancien, il n'y aura pas d'hypophonie ; le 'point de départ sera la phonk ; le guna sera Yhyperphonie^ le vriddhi sera Yhyperhyperphonie.
L'apophonie vocalique a lieu dans Tintérieur de la même langue.
Elle est qualitative, ou simplement quantitative quand le passage a lieu de brève à longue.
De là l'apophonie quantitative, la qualitative,
b) Apophonie cansannantique.
Il s'agit de la conversion de la ténue en sonore ou en aspirée ou réciproquement, quand elle a lieu par un roulement régulier de langue à langue, ce qui constitue la lautverschie^ hung.
Cette ténue aura encore pour avantage de ne pas trancher la question du point de départ.
Elle a lieu de langue à langue et non dans l'intérieur de la même langue.
Comme dans l'apophoaie vocalique, tantôt on remonte, tantôt on descend l'échelle.
Si l'on remonte, l'apophonie est une hyperphome, si l'on remonte deux fois comme dans l'étage Tudesque c'est une hyperhyperphofiie ; si l'on redescend c'est Yhypophotiie.
Il y a apophonie consonnantique non-seulement dans le passage entre terme, sonore et aspirée, mais aussi dans celui entre gutturale, dentale et labiale qui a lieu par exemple dans les langues Océaniennes. C'est Vapophonie organique à distingua de Yapophonie qualitative.
Si l'apophonie consonnantique de langue à langue affecte à la fois tous les sons, comme dans la lautverschiebung allemande, le phénomène prend le nom de cyclophonie.
3® Microphonie.
Nous appelons microphonie raffaiblissement qui peut aller jusqu'à ranéantissement et Y aphonie de la voyelle non plus servile, mais radicale^ et aussi Taffaiblissement de plus en plus grand de la consonne et sa conversion en semi-voyelle, puis en voyelle. Il y a donc la microphonie vocalique et la consonnantique.
a) Microphonie voccUique.
Elle consiste dans l'assourdissement : i, u, a, e, o, deviennent j', ^, ?, Ç, g puis uniformément g, c'est-à-dire e muet, puis Ye muet lui même disparaît après avoir, ou non, laissé des traces. Ce phénomène est fréquent dans les langues dérivées.
b) Microphonie consonnanfique.
Elle a lieu lorsque la consonne se change en simple aspiration h pour disparaître, ou en semi-voyelle y, w, puis en voyelle.
La microphonie peut atteindre une syllabe entière qu'elle fond avec une autre syllabe.
Quand le phonème disparaît il y a aphonie.
4'' Systole et diastole.
La systole est le resserrement des phonèmes et des syllabes de manière soit que deux phonèmes n'en font plus qu'un, soit qu'un des deux phonèmes se liquéfie, soit que les deux syllabes se contractent en une.
La diastole produit l'efiet contraire.
La systole et la diastole sont ou vocaliques ou consonnantiques ou syllabiqties.
A. Systole.
a) Systole vocalique.
La systole vocalique est 1« la réunion de deux voyelles en une seule, ou systole conctractante^ ou symphonie^ 2» la liqué-
faction d'une semi- voyelle en voyelle, ou systole liquéfiante^ 3** Yélimination d'une des voyelles ou systole élidante.
b) Systole œnsonnantiqtce.
La systole consonnantique est 1*» la réunion de deux consonnes en une seule (exemples nombreux : l'assimilation de deux consonnes se joignant est en réalité ce phénomène), 2** la liquéfaction d'une consonne en semi-voyelle, par exemple sous , l'influence des sons voisins, 3** l'élimination d'une des consonnes. Elle est donc, comme l'autre, contractante» liquéfiante ou éliminante.
c) Systole syllabiqtie.
Deux syllabes se réunissent en une seule par la chute de la consonne intermédiaire formant cloison et par la réunion de leurs voyelles : par ex. oyi devient oi.
B. DiASTOLB.
La systole a lieu au contact quand deux phonèmes deviennent voisins ; de même la diastole, seulement le résultat est absolument inverse ; le phonème au lieu de se contracter pour se réunir aux autres ou laisser une place à leur développement se dilate, au contraire, pour le repousser ; il en est de même de la syllabe.
a) Diastole vocaliqtte.
Elle a lieu, par exemple 1*» quand entre deux voyelles on introduit une lettre de liaison (mais ce processtis est hystérogène et n'est qu'une imitation du suivant) 2** quand on développe i en ya ou iya, u en wa ou uwa, r en ra^ ar^ ^, en te, al^ 1} en na 3** quand on fait la diérèse dans une diphthongue.
b) Diastole consonnantique.
Elle a lieu lorsqu'on français le consonne se renforce d'un autre similaire, par ex. dans labncsca^ lambruche, latema^ lanterne.
c) Diastole syllabiqice.
Cest le cas de Vanaptyœis ; on démembre la syllabe, et on en fait deux syllabes, dans ce but on introduit une nouvelle voyelle entre deux consonnes.
5** Dichophonie.
La dichophonie est ce qu'on appelle généralement diphthongaison ; c'est le phénomène observé dans uxyoo, cielo, venus d'ovum et de cœlum, si fréquent dans les langues romanes.
La dichophonie est dans ce cas qualitative, mais elle peut être simplement qualitative, la voyelle devenant seulement longue.
6** La pahmphonie.
Ce nom désigne plutôt un groupe très important de phénomènes.
Les phonèmes agissent à distance les uns sur les autres pour s'assimiler, dissimUer ou éliminer.
Ces trois résultats sont obtenus d'abord par la répétition à distance du son dominant.
Le son jdominant peut être antérieur ou postérieur au son dominé. La pahmphonie est donc régressive ou progressive.
D'autre côté elle s'applique aux œnsonnes et aux voyelles.
A. PALIMPHONIE VOGALiQUB.
Cette palimphonie est progressive ou régressive. Nous donnerons à la palimphonie progressive le nom de prophonie, à la régressive celui à'anaphonie, palimphonie vocaliqu£ progressive ou prophonie. Cest ce qu'on appelle V harmonie vocalique.
Elle est de deux sortes : elle opère P en force 2^- en poids.
La prophonie vocalique en force, ou harmonie vocalique ordinaire, peut être àssîmUante simplement on éliminante, selon qu elle se joint à la voyelle du suffixe pour se contracter avec elle ou qu'elle prend sa place et l'en chasse. La prophonie en force prend le nom de prophonie normale.
La prophonie vocaliqice en poids jteWe qu'elle existe en Iakute, est seulement assimilante ; elle prend le nom de prophonie anormale,
b) Palimphonie vocaliqice régressive ou anaphonie.
C'est ce qu'on a appelle en distinguant les nuances du phénomène : umlaut ou périphonie, infection vocalique, épenthèsey cette dernière respectant la voyelle radicale.
En effet Yanaphonie qui répète la voyelle de la syllabe suivante dans la syllabe précédente peut l*» ou se placer à côté de cette voyelle, c'est le cas de Vépenthèse, nous proposons d'appeler alors ce phénomène anaphonie simple, 2° ou à cette place se contracter avec la voyelle radicale, se Yassimiler, c'est Vanaphonie périphoniqvs parce qu'alors, en effet, elle fait tourner sur la croix vocalique, pour se l'approcher, la voyelle radicale, 3** ou détruire cette voyelle, c'est ce qu'on appelle Yinfectiœi vocalique, alors Tanaphonie est absorbante.
Il y aura donc P l'anaphonie simple, 2<> l'anaphonie éliminante, 3"* l'anaphonie absorbante.
B. Palimphonie consonn antique.
Elle constitue aussi tantôt une anaphonie, tantôt une prophonie.
Elle est beaucoup plus rare, nous en avons donné des exemples.