C. Consonnes a distance, agissant par induction
Les voyelles agissent souvent par induction les unes sur les autres ; les consonnes rarement.
Cette influence n'a lieu que dans les cas suivants :
a) E^et de dîssimilaiion.
En Grec deux syllabes de suite ne peuvent commencer par une aspirée ; on ne pourrait pas dire ^^t-^ au lieu de : rpex».
b) i-ffet d'assimUation.
En Sanscrit, deux aspirées ne peuvent se suivre ; dans ce cas la première devient muette, mais son aspiration se reporte sur la consonne initiale de la première syllabe laquelle s'aspire. Cette aspiration est un fait d'influence de la dernière consonne de la syllabe sur la première.
Un second effet d'assimilation se produit quand deux syllabes commencent par deux consonnes de la même classe, mais dont l'une est muette, tandis que l'autre est aspirée. Par exemple, le Sanscrit : sàsa, lièvre, est pour : sdsa ; swàsura^ le beau-père, est pour : swasura.
c) Effet dépenthèse par répétition.
De même qu'en Zend la voyelle de la désinence se répète dans la racine à côté de la voyelle radicale, de même dans les langues dérivées sou^vent la consonne d'une première syllabe se répète par épenthèse après la consonne de la seconde, ou à l'inverse la consonne qu'on se dispose à prononcer dans la seconde syllabe se prononce adventicemeni une première fois dans la première ; c'est ce qui explique les dérivations suivantes : thesaurum, trésor ; perdicem, perdrix.