LE MOT
Le mot est la seconde uniti nalurelle phonitique. Il se compose de diverses syllabes.
Nous devons I'envisager au point de vue de sa constituiion et de sa tonaliti, 2f^ de son accent, 3^ de sa quantity.
A) Constitution bt tonality du mot.
Nous n observons pas ici un'mot par rapport k un autre mot, ni une racine par rapport a une autre racine, mais le mot dans sa plenitude, mais isoU.
Dans le mot il faut ^tudier, 1** ^s, partie initiate, sa midiane et
finale en tant que telle, 2"* le nomhre de ses syllabes^ 3* la croissance du mot par sa reduplication vocalique ou consonnantique, totale ou partielle, et sa d^croissance :
V Partib initiale, medians et finale du mot.
a) Partie initiale.
Ghaque langue, ou groupe de langues, r^gle d'une manidre rigoureuse les phonemes par lesquels elle pent ou ne pent pas commencer un mot.
Aucune difficult^ n*existe pour les vojelles ; la seule question eslpe savoir si Ton pent commencer le mot par un groupe de consonnes ; cette question a 6t6 diversement r^solue suivant les temps et suivant les lieux. Suivant les temps, on a commence souvent par des reunions de consonnes, puis la prononciation se rel4chant on ne les a plus souffertes ; suivant les lieux cela depend du caractere particulier de chaque race et de chaque langue.
Dans la langue indo-europ^enne primitive, on ne souf&ait que les combinaisons consonnantiques dont le dernier element etait y, tt?, r, /, n, m, «, et le premier element s ; on pouvait aussi r6unir trois consonnes pourvu que la 1*^ fut s et la 3^ une des articulations ci-dessus.
Les differentes langues restreignirent cette faculty, surtout le gothique et le latin. Les grammaires pratiques donnent les details de ces regies. Examinons seulement quelques langues.
Le grec parmi les reunions de trois consonnes nadmet que celles qui commencent par a et qui finissent par p^ou A ; parmi les diphthongues n'admet avant A et p que x, t, tt,^/, /3, x» ^» 9 ; avant p que i ; avant v : x, tt, y, d, x» ^f f* ; avant (x : x, r, d, « ; avant t : x et tt, avant 9 : x 5 ©nfin o- pent preceder x, t, tt, |3, Xt 9, 9. Ces regies sont compliquees. Elles ne le sont pas moins en Sanscrit.
Le Sanscrit admet avant r : ^, dz, d, b, gh^ dhj bh^ tv, s ;
avant r et / : k, p, g^ h, s, m; avant J : AA, ts^ tsh, /, p, di, d,
dh, w^ i, s, n; avant w : k, t, dz^ d^ dh^ h, i^ s\ avant n : A,
di. gh, h^s,s\ avant m : dA, i, 5 ; de plus les groupes skj st^
sp ; skh, sth, sph ; sis ; ks, it, ps.
Les seules triphthongues y sont i^n, k^m, kfw.
Le vieux Slavon permet avant Z et r : i, c, ^ p, g^ d, ft, to, h, 5, ^, i, m ; avant r ; c, J ; avant w \ k^c^ c, <, i^, rf, A, 5, ;», i ; avant n : k, gr, s,z,m\ avant m : k, ^, 5, -a: ; avant A, /, p, IV ; avant le / et le ^ :.J ; avant d le -j. Parmi les triphthongues, 5, J, «, \ en premiere place et /, r en troisieme.
Le Lithuanien admet avant / et r : A, p, g, b^\, s\ avant r : /, d ; avant / : J; avant t; : A, <, rf, i, z, s ; avant n : A, i, i, « ; avant m : J, J, 5 ; avant k : t, p : s ; avant ^ : p, 5. Les triphthongues consonnantiques admettent pour premier ^l^ment s et J, et pour 3* I, r et v.
Le gothique admet avant r et i : A, flr, h ; avant r : A, 9,/, m ; avant I : s\ avant m? ; A, ^, d. A, 5 ; avant n : A, ft. A, « ; avant m : s\ avant t, ^, p .* s. Les triphthongues sont «ir, *fr, ^pr. Le p initial manque en gothique.
Le latin admet avant r et Z ; e, p, fl^, ft, /*; avant r ; f ; avant t? : g, 5 ; avant c, <, p : ^. Les triphthongues sont : scr^ str^ spr^ spL Souvent desdeux consonnes initialesla premiere disparait; gnotus = notus ; Claius = latus ; dracemuLS = racemu^ ; longus =s dlongus ; stlocus = locus,
Dans les langues s^mitiques tous les mots commencent par une consonne et par une seule, cependant quelquefois la premiere voyelle ne consiste que dans un son de la nature du schewa.
II en est de mSme des langues Chamitiques ; cependant le Copte comprend des groupes de consonnes, mais on ignore si les voyelles ne s'y intercalaient pas ; pourtant la loi est moins ferme que dans les langues s6mitiques.
Les langues Samoyedes ne souffrent au commencement du mot pas plus d'une consonne, et mSme I'lurak et FOstiake pas la consonne non sonore. Les Ouraliennes n'admettent k cette place que les voyelles ou les consonnes simples ; le Finnois en exclut les sonores : g, d, b\ elles operent ainsi m^me dans les mots emprunt6s a I'^tranger, ou bien, comme les langues romanes elles introduisent une voyelle avant le groupe consonnantique initial ; c'est ainsi que slul devient aztal^ comme studium devient estudio ; ou Ion intercale une voyelle entre les deux consonnes ; hratu^ fr^re, devient harat, ami ; Kral^ roi, devient Kiraly, LeHongrois et le Finnois surtout observent s6v6rement la r^gle. En Lapon on trouve kv, tv, po, cZ, tl, pl^ sk^ st ; le
Mordwin possede de plus ftr, tr, pr, hs, ps, st, st ; le Tch6i^misse sk, si, st, sr, 5r, sm.
Dans les langues Altaiquesla m^me regie domine, les groupes de phonemes sont proscrits du commencement du mot. De plus on en exclut IV, on y tolere a peine -/yh, p.
Les langues Dravidiennes suivent la r^le g6n6rale, de plus excluent IV et 17.
Parmi les langues Nubiennes, le Poul n'admet au commencement que les groupes nQ^ n^h wd, w&, le Nuba exclut IV et 17.
Les langues dites monosyllabiques sont aussi tr^ exclusives. Le Chinois moderne n'admet apr6s la consonne initiale d'autres consonnes que j», w, etjw, suivant les cas, mais la consonne initiale pent fitre une aspir6e ou ts, tsh, L'Annamite admet, en outre, la combinaison tr, Le Khassia admet les combinaisons de consonnes, pourvu que la seconde soit I ou r. Le Siamois n'admet que les combinaisons des explosives et des aspir^es avec Jy w, I, r. Le Birman admet de nombreuses combinaisons de consonnes, mais ou le dernier 6l6ment est toujours une semivoyelle : j, w, r, /, h. Le Thib6tain tel qu'il est prononc6 n'admet conmie seconde voyelle que \r.
Le Japonais suit la meme r^gle,
Les langues de I'Oc^anie, malaises, polyn6siennes et m6lan6siennes, d6fendent le cumul des consonnes non seulement au commencement, mais aussi a la fin et au milieu du mot. Au contraire, on admet partout la suite de plusieurs voyelles, m^me non diphthongu^es entre elles. Cependant les M6lan6siennes admettent les groupes : mh, nd, ndr ; les Malaises admettent quelquefois I'r comme second 6l6ment, mais en intercalant au moins un e muet ; le Malgache admet en outre ^r, rfr, mh, mp.
Les langues Bantu commencent g6n6ralement le mot par une voyelle, cependant la voyelle 6tant venue k tomber, on trouve souvent une consonne. Les consonnes initiales se trouvent soumises i la nasalisation, ce qui permet alors une nasale + une plosive.
Les langues Hottentotes ne peuvent cemmencer que par une voyelle ou par uue seule consonne. Cependant une inspir6e suivie d'une expir6e est permise. Quant aux autres langues N^gres, voici leurs regies. Le
Mafor permet des plosives suivies de n, r, et w, Vs suivie de w. fj w?, r, et en outre peut nasaliser toutes les consonnes initiales. Le Dinka n'admet que des consonnes simples k moins qu'elles ne soient suivies de y ou prec6d6es de w, semi-voyelles. Le Bari ne permet non plus au commencement des mots qu'une consonne simple, mais admet avec cette consonne les semivoyeUes w et y. Le Wolotf rejete tous groupes de consonnes, m6me quand la derni^re consiste en r ou s, mais admet fr6quemment comme la plupart des langues de TAfrique les consonnes initiales nasalis6es, c'est a dire les groupes nk, nt, nd^ rnp, etc. Le Bullom et le Temne, au contraire, admettent les groupes ^^ft, py^ tr, sjo, L'Ibo admet les groupes kp^ kw, ny, et la nasalisation. Les langues Ewe, Akra, Odschi et Yoruba admettent toutes les consonnes, excepte p et r, et parmi les groupes la plupart de ceux qui ont pour dernier 6l6ment i et r ou pour premier n. lis admettent cependant parmi les autres groupes kp^ gb, et meme kpl^ gbL L'Efik admet toutes les consonnes simples k I'exception de jr. jo, r, il admet les groupes kp, br, fr^ tr, ir, et, en outre, toutes les nasalisations. Les langues Mand6 ne permettent que les consonnes simples, et de plus : gb, kw, x^- Le Sonhrai ne permet que des consonnes simples. Le Logon6 est plus large que les autres langues de ces races, et permet a peu pr6s toutes les combinaisons de consonnes, surtout ceUes entre plosives et fricatives ; il y a mfime des groupes de trois consonnes : sgr^ ksd. Le Mandara admet les groupes de consonnes dont le dernier 6l6ment est r, w, y et m^me s, Le Bagrimma, au contraire, 6vite tous les groupes de consonnes. Le Maba admet les consonnes simples et les groupes rfr, ^y, ng. Le Toda n'admet parmi les groupes consonnantiques que Ay, ng, tr, fr et px- Le Kanuri ne permet que la nasalisation de la consonne initiale. L'Haussa n'admet que les groupes kn et gb.
Voici le systeme des langues de FAm^rique. Les langues Athapaskes souffrent ces groupes consonnantiques : Ax, Ay, A/,
*w?» fl'Xi 7Xi 'X» ^Zi ^^. ^Z7' ^*X» <^^- Les langues Algonquines, au contraire, ne souffrent pasde groupes de consonnes, et m6me parmi les consonnes simples rejettent les sonores, I'A ; en somme n'admettent que les plosives tenues ou nasales. L'lroquois n'admet pas de groupes consonnantiques, mais seulement I'aspir^e h avant ou apres la consonne dans les combinaisons kh et
hn. Le Dacotah, tout au contraire, permet des combinaisons consonnantiques nombreuses au commencement des mots, surtout celles ou le premier 6l6ment est une fricative. La Tscherokesse n'admet que sk^ st, kw^ hn. Le Choctaw n'admet qu'une seule consonne, tandis que le Kolosche permet, au contraire, ks, kr, yw, tl, tlx, lyl. Ix^j I'/t, il en est de mfime en Tsihaili. Le Sahaptin ne souffre de groupes initiaux que shk, tyl. Tout au contraire, le Tskinuk pr6sente au commencement des mots jusqu'a quatre consonnes, ce qui lui donne une grande duret6. Le Nahuatl admet toutes les consonnes simples, except6 1, mais parmi les groupes seulement kw^ tl^ lesquels sont consid6r6s comme phonemes simples. Les langues Maya ne peuvent commencer un mot par deux consonnes. Il en est de mSme du Mosquito qui cependant admet les groupes compos6s d'une muette suivie de /, r, w^ et de plus si, sl^ sn. Le Bribri admet de nombreuses combinaisons de consonnes. L'Arrouague et le Goaxira n'admettent que les consonnes simples, ainsi que le Caraibe, le Galibi, le Kalinago, le Baure, le Moxos et le Maypure. Le Chibcha admet de plus b, p, m, mais seulement comme prefixes. Le Paez parmi les groupes n'admet que ks, Le Keshua n'admet que les groupes dont le deuxieme 6l6ment est X- Le Guarani-Tupi ne possede au commencement que des consonnes simples qui pourtant peuvent Stre nasalis6es ainsi : ng, nd, mb. Le Kiriri n'admet que les groupes Ar, pr ; et le Chiquitos aucun groupe. Il en est de mdme du Lules et de I'Abipone ; ce dernier admet cependant le groupe gr, et ceux qui commencent par n. Le Molushe se renferme dans une exclusion rigoureuse. En Tshoneka, au contraire, on trouve les groupes kt^ ktSy kw, x^^» 9'^-
Parmi les langues Australiennes, celle du lac Macquarie ne souffre pas les groupes consonnantiques, et meme parmi les consonnes simples rejette I'r et Vl. Il en est de meme du Wiradur6i. Il on est de m6me du Kamilaroi, du Turrubul et du Dippil, cette derni^re langue admet pourtant les groupes Ar, br. La langue d'Encounter-Bay admet les groupes dont le second 6l6ment est r on I. Celle d'Ad6laide rejette tout groupe, et de plus parmi les consonnes simples rf, r, I, Celle de I'Ouest- Australie admet les groupes dont le second 6l6ment est y, w et r. Enfin la langue de Tasmanie n'admet que les groupes dont le second 6l6ment est r.
Les r^les phon6tiques des langues du Nord du Caucase sont mal connues ; mais le G6orgien semble rechercher les accumulations de consonnes initiales.
Si de toutes ces langues ou primitives, ou conserv6es dans un 6tat naturel par I'absence de civilisation, nous passons aux langues civilis6es d6riv6es, nous trouvons que les accumulations de consonnes initiales deviennent fr6quentes dans certaines langues, par exemple dans rArm6nien, dans TAllemand moderne, dans les langues Slaves.
Dans ces derni^res, il se produit un ph6nomene singulier, c'est que quand trois consonnes commencent un mot, laseconde a une tendance a se vocaliser, et cela quand bien m6me cette seconde serait une plosive. Cela est tr6s fr6quent surtout en Serbe, et c'est pour cela qu on y a retrouve IV, et r( voyeUes, puis la chuintante voyelle, mais il faut aller au-del& et Ton trouve aussi le k, le t devenus voyelles. (Comment cela se pratique-t-il ? Dans le Polonais sprzedac, le bohfime mrtvy, il est impossible d'aller jusqu'^ la voyelle sans s'appuyer auparavant sur un phoneme syUabique. Comment IV devient-il alors syllabique? En ne conservant que sa partie vocalique ? Comment le t peut-il le devenir en pareille position, lui qui n'a pas de partie vocalique ? En devenant un phoneme de passage, un gleitlaxU, servant en meme temps de point d'6quilibre. Il en r6sulte qu'au point de vue syllabique au moins toutes les consonnes peuvent se vocaliser.
D'ou vient cette accumulation des consonnes dans les langues civilis^es d6riv6es ? De reflTaccment des voyelles interm6diaires ; les consonnes les ont comprim6es, d6truites et se sont ainsi groupees. Nous verrons ailleurs le r6sultat contraire se produire, les voyelles attaquer en reunion les consonnes isol6es, les corroder, puis se rejoindre et se contracter.
Maintenant que nous avons donn6 des exemples dans presque toutes les langues eonnues, cherchons a trouver la loi commune. Elle se d6gage d'elle-m6me, est uniforme, et prouve qu'une phon6tique g6n6rale de toutes les langues est possible, et que I'instinct phon6tique, sauf quelques idiosyncrasies explicables, est le mfime partout.
Nous pouvons formuler ces regies ainsi :
1« Les langues repoussent les groupes de consonnes initiales.
2* EUes admettent seulement peu k peu dans le cours de r6valation ceux dont le second 6l6ment est une semi-voyelle {j, w?, ^^ ?» ^ ?*' ?» W) ^^ ^^^ fricative, surtout une sifflante ou une nasale, ou dont le premier 6l6ment est une sifflante ou une fricative. Elles admettent quelquefois les groupes de troi^ consonnes pourvu que Tune soit une semi-voyelle, et Tautre une sifflante. 3"" Gette admission se fait par degr6s seulement et souvent une langue n'admet avant la semi-voyelle et la sifflante, ou apr^s la sifflante, que tels ou tels phonemes k I'exclusion des autres ; cela ne forme pas des irr6gularit6s, mais de simples degr6s d'6volution. 4* Plus tard des groupes de toutes sortes proviennent d'une mani^re hyst6rog^ne et indirecte de r6crasement des consonnes interm6diaires. 5« Parmi les consonnes simples, IV et 17 sont souvent exclus du commencement des mots. 6' Les affricata et les nasalis6es doivent dtre consid6r6s comme des phonemes simples.
A ces r^les se conforment rindo-Europ6en d'abord, puis toutes les autres langues, k Texception des suivantes :
Les langues Oc6aniennes se retranchent rigoureusement dans la premiere r^gle seule, et n'admettent aucun groupe de consonnes, sauf les nasalis6es, et les affricata, y compris /r, dr. Les langues Bantu et Hottentotes ont k peu pres la mSme s6v6rit6, sauf que les premieres admettent une inspir6e suivie d'une expir6e. De mfime le Woloff, le Sonhrai, le Bagrimma, les langues Algonquines, Tlroquois, le Nahuatl, le Maya, I'Arrougue, le Goaxira, le Caraibe, le Galibi, le Kalinago, le Mai pure, le Moxos, le Guarani, le Malgache, et la plupart des langues Australiennes, les langues S6mitiques, les SamoyMes, les Altaiques.
Le Bullom et le Temn6, I'llbo, TEwe, I'Akra, I'Odschi, IToruba, TEfik, les langues Mand6, et THaussa n'admettent de plus que des groupes resultant do la r^gle 2, Ap, gb, c'est-adire le groupe d'une gutturale et d'une labiale. Le Tshoneka admet le groupe kt.
Le Tshinuk semble 6chapper aux regies, ainsi que le Bribri.
Enfin la regie qui admet toutes les consonnes simples initiales est modifi^e par I'Ostiak qui exclut la consonne non sonore, le Finnois qui exclut les sonores, les langues Altmques qui excluent I'r, les Dravidiennes qui excluent Yr et K, ainsi
que le Nuba ; les langues Algonquines rejettent les sonores. Le Nahuatl rejette 17. La langue de Lac Macquarie, le Wiradurei, le Kamilaroi, le Turrubul et le Dippil rejettent IV et Yl ; celle d'Adelaide rejette, en outre, le d.
Les seules exceptions v6ritables aux regies d'6volution cidessus pos6es se trouvent dans les langues peu nombreuses ou des groupes kp, gb, kt sont permis, et par contre dans celles plus nombreuses oil r et / simples et quelques sonores sont rejet6s.
La premiere exception pent s'expliquer par la destruction de voyelles et la rencontre hyst6rogene des consonnes.
La seconde est plus singuli^re. On pent I'expliquer, mais hypoth6tiquement par la proche parents de IV et de 17 avec les voyelles, et par la r6pugnance a commencer le mot par deux voyelles, ou deux phonemes vocalisables.
Tels sont les divers degr6s de r6volution que nous avons signal6e. II est certain que les combinaisons les plus faciles sont celles ou IV et 17 sont le deuxi^me 6l6ment et Xs le premier ou le second, c'est-A-dire celles ou un 6l6ment non vocalisable se rencontre avec un 6l6ment vocalisable.
Lorsque toutes les combinaisons consonnantiques finissent par dtre admises dans certaines langues au moyen de la disparition des consonnes, la tendance primitive tend peu k peu k expulser Tune des consonnes ; c'est ce que nous avons remarqu6 dans tlatus devenant latvs, dlongus devenant longus ; pour empficher ce r6sultat il faut 6tayer la premiere consonne comme dans : e studio de studium, estoc de stock.
Telles sont les lois de phon6tique du commencement du mot et leurs explications. Passons k celles de la fin du mot.
b) Partie finale,
Les lois de VauslaiU ne sont pas moins importantes que celles de Yanlaut ; il s'agit ici de les 6tablir, de les expliquer, et de les comparer avec celles de Yanlaut.
Mais il se rencontre une difficult^ sp6ciale. Sou vent le phoneme final d'un mot est modifi6 par le phoneme initial d'un autre, ce qui constitue le sandhi. Il faut done distinguer la finale du mot a I'^tat absolu, c'est-4-dire suivie de repos, et la
finale suivie d'une initiale {bedingter et unhedingter auslaui) Malheureusement cette distinction n'est pas toujours facile et il est frequent de mfiler les regies de la finale avec celles du sandhi. D- autre c6t6 les modifications r6sultant d'une rencontre habituelle se conservent quelquefois mdme a r6tat absolu, d'ou le ph6nom6ne des compos6s syntactiques que nous examinerons en dynamique.
Nous prendrons en ce moment la finale du mot ^ r6tat absolu, en dehors du sandhi soit actuel, soit en survivance.
Fiddles k notre m6thode d'observation et d'indication, nous commencerons par parcourir les diff^rents groupes de langues.
La langue indo-europ^enne proethnique admet a la fin des mots toutes les voyelles et toutes les consonnes simples k I'exception des sonores et des aspir6es, et aussi seulement ceux des groupes de consonnes^ qui finissent par s. Les langues qui en sont d6riv^es ont pris ce point de depart, mais ont accompli une 6volution, mais plut6t dans un sens restrictif que dans un sens extensif. C'est le contre-pied de ce qui a eu lieu pour I'initiale.
Le vieux Bactrien admet comme finale en plus le sh, mais accomp€tgne A et r d'un e muet ; des groupes de consonnes ne permet que ysh, fsh^ rsh, st, sht ; quant aux voyelles finales il les accourcit, du moins dans la langue plus r6cente, car il avait commenc6 d'abord par les allonger.
Le vieux Persan rejette tous groupes de consonnes, n'admet parmi les consonnes simples que r, sh, m, et Xanuswaray par contre il allonge toutes les voyelles finales.
Le vieil Indien admet les voyelles pures ou nasalis6es, parmi les consonnes simples A, /, ^ ;?, «, n, n, w, /, ^ ;. ce dernier remplace 5 et r ; les finales sonores deviennent done t6nues, les aspir^es non aspir6es ; les palatales sont trait6es comme doubles consonnes et la premiere tombe, de sorte qnelch, dj, devient k ; radj devient rai ; witsh devient wit ; judj devient juk. Les consonnes doubles ne sont pas souifertes, on ne conserve que la premiere ; marmts^ le vent, devient maruC. Enfin Ys et le sh deviennent t. Vs et IV deviennent ^.
Le Grec n'admet comme consonnes simples que (j, p, v, et parmi les groupes seulement ?, 7?, pL ^, ).?, v;. Cette chute de la plupart des consonnes finales, m^me simples, est trds remar-
quable etpeper devient ecpepe ; TraiJ, nai ; yaXaxr, yaXct.
Le Latin admet parmiles consonnes simples 5, r, I, n, m seulement ; de plus, il conserve, mais pas toujours, ^ d ; il a les mfimes groupes que le Grec. D une mani^re hyst6rogtoe, cette langue admet un plus grand nombre de consonnes simples et de groupes par la chute de Yi et de Ye finaux, chute amen6e par I'accent ; de cette fagon on trouve a la fin toutes les consonnes simples excepts flr, p. A, /; t?, et de plus les groupes de consonnes dont le premier 6l6mentest une nasale, un r, ou un i, et le second une plosive, ou bien dont le premier 6l6ment est une plosive, une nasale, un r, ou un Z, et dont le second est ^, ou bien dont le premier 6l6ment est s, et le second t. On trouve aussi des groupes de trois consonnes, dont le premier 6l6ment est une nasale, r, ou i, et le second une plosive et le troisi^me s. D'ailleurs les phonemes s, rf, ?n, y sont instables et disparaissent facilement, ou s'6lident, equod, paired deviennent equo^ patre.
Quant auxvoyelles finales le Latin les accourcit ; rosd devient rosa,
Le Celtique ne conserve des consonnes simples finales que IV: I'n n'est pas entierement expuls6e, mais repouss6e seulement sur I'initiale du mot suivant, ce qui constitue un ph6nom6ne particulier. Il abr6ge les voyelles finales primitivement ou par chute de la consonne subs6quente, lorsqu'elles 6taient longues, et les sup prime lorsqu elles 6taient breves. Cette suppression vocalique fait r6apparaitre hyst<5rog6nement un grand nombre de consonnes finales.
Le Gothique ne souffre d'abord parmi les consonnes simples que r, 5, n, et parmi les groupes que ceux dont le dernier 616ment est s ; mais plus tard comme en Latin et en Celtique la voyelle finale a, i disparalt sous I'influence de Taccent ou devient muette ; les autres voyelles, except6 m et au, sont abr6g6es, et il en r6sulte la r6apparition hyst6rog6ne de nombreuses consonnes finales.
Le Lithuanien n'admet d'abord que s et les nasales, ces derni6res changent Ya precedent en u ; puis la nasale tombe. Devant Ys final Ya et quelquefois Yi se changent en e muet.
Puis ces voyelles tombent, et alors apparaissent a la fin du mot toutes les consonnes.
Le vieux Slavon n'admet que les nasales, mais en suite celles-
ci tombent et laissent seulement'leur ^ trace en nasalisant la voyelle pr6c6dente. Quant aux voyelles finales, il les abr^e toutes.
Ainsi les langues indo-europ6ennes d6riv6es de TAryaque proethnique accomplissent une 6volution vocalique et une 6volution consonnantique, et le r^sultat de cette double Evolution de mdme sens arrive souvent k un effet n6gatif par neutralisation des deux i-6sultats partiels L'6volution consonnantique consiste a exclure peu a peu les consonnes finales, m^me celles que la langue proethnique admettait ; revolution vocalique consiste 4 abr6ger, puis a assourdir, puis k 6liminer la voyelle qui 6tait finale primitivement ou qui Test devenue post6rieurement par la chute de la consonne finale. Il en r6sulte la destruction de la derniere syllabe entiere, et la mise a nu de la syllabe pr6c6dente qui apparalt alors avec sa finale consonnantique quelle qu'elle soit. La chute d'une syllabe a 6t6 le r6sultat de la double Evolution, mais la syllabe pr6c6dente mise k nu et devenue finale revient a I'antique loi de la langue proethnique qui admet en fin du mot toutes les consonnes en se contentant de les d6pouiller de leur aspiration ou de leur sonority.
Mais les langues indo-europ6ennes d6riv6es au second degr6 reprennent I'oeuvre de destruction par la fin du mot, oeuvre interrompue. Elles attaquent a leur tour la syllabe p6nultieme du mot qui 6tait devenue ulti^me, en supprimant d'abord la seconde consonne dans un groupe de deux consonnes, puis la consonne restante, surtout dans le langage parl6. CVst ainsi que cervum devient italien cervo, puis fran^ais cerf, puis dans la prononciation cer, que mortem devient morte, puis mort, puis dans la prononciation mor^ et dans celle plus naturelle des paysans mo, de meme ytasum qui devient successivement : naso, puis nez, en pronongant le z, puis sans le prononcer.
C'est ainsi que de syllabe en syllabe, en les usant a partir do la fin, on parvient au mono-syllabisme hyst6rogene. Nous verrons qu'un pareil ph6nom^ne s'est produit en Chinois.
Les langues s6mitiques traitent difieremment la voyelle et la consonne finale.
L'Aram6en allonge la voyelle, puis la supprime. LVVrabe et I'Ethiopien la conserveiit telle qu'elle est, mais lorsque deux voyelles courtes se succ^dent dans deux syllabes suppriment la seconde. Ainsi de Tarabe qataUx, raram6en qetal^ rh6breu qatal.
Quant aux consonnes, le vieil arabe repousse les groupes consonnantiques et n'admet gu^res parmi les consonnes que I'n ; Tarabe plus r6cent supprime, au contraire, les voyelles finales, d'ou r6sultent tous les groupes possibles de consonnes. L'aram^en qui perd les voyelles courtes finales, Thfibreuqui perd mfime les longues, empSchent cependant les groupes de consonnes finales par Fintercalation de voyelles.
Les langues Chamitiques ont des lois plus douteuses, parce que, pour beaucoup d'entre elles, TEgyptien, par exemple, I'^criture ne marque pas les voyelles ; elles tendent cependant a rejeter les groupes consonnantiques.
Les langues Samoy^des souffrent a la fin du mot toutes les consonnes et mfime tous les groupes consonnantiques : numdm = je (suis) Dieu ; harmd = ton cotfteau.
Parmi les Ouraliennes le Finnois ne soufire que des voyelles 6t les consonnes simples n, 5, quelquefois r, I et t. L'Esthonien en rejetant la voyelle finale du Finnois permet toutes les consonnes except6 I'A et la plupart des combinaisons de consonnes. Il en est de meme du Lapon. Le Syriaine, au contraire, n admet que les groupes dont le dernier 6l6ment est r. Le Tcheremisse n'^dmet parmi les groupes que x^^ et zt ; I'Ostiake seulement ceux dont le premier 6l6ment est /, r, n, m, plus st, tti^ dn. Le Hongrois n'admet que des groupes restreints, mais nombreux, 11 admet, en outre, toutes les consonnes simples. Le Morduin semble admettre presque tous les groupes.
Les langues Altaiques ne souffrent en finale que des consonnes simples ; de plus, le Mandchou pr^fere la terminaison vocalique. Les sonores sont prononc6es comme t6nues a la fin des mots.
Les langues Dravidiennes sont tres s6v6res. Le Telugu et le Kanara ne finissent les mots que par une voyelle ; le Tamoul admet de plus les liquides et les nasales ; toutes repoussent les groupes consonnantiques.
Le Singalais ne soufFre que des consonnes simples et exclut A, t, d, y, r, v.
En Kohl et en San thai on peut finir par toutes les consonnes, mais jamais par un groupe de consonnes.
Parmi le groupe Nubien le Poul ne souffre que les consonnes ng, I, m, quelquefois n et 6 et aucun groupe. Le Nuba exclut
les A et <, et les groapes ; ceux-ci n apparaissent que par T^limination d'une voyelle. Llloigob admet toutes les consonnes simples. Le Sandeh ne souffre que des voyelles pures, nasalis^es, ou suivies d'A.
Le Japonais finit tous ses mots par une voyelle ou une nasale.
Parmi les langues dites monosyllabiques, le Thib^tain finit par les voyelles, ou par les consonnes k, t, p, ng, n, m, r, Z, 5, et par les groupes gs, ngs, bs, ms^ dont Ys devient muet. Le Birman admet de nombreuses consonnes, et des groupes consonnantiques Vh apr^s ng, w, w, et les voyelles nasalis^es. Le Siamois admet graphiquement de nombreux groupes de consonnes, mais le dernier ^l^ment n*en est pas prononc^. Le Khassia repousse les groupes consonnantiques, et n*admet parmi les consonnes simples que k, ng, t, », p, m, A, r. L'Annamite n*admet que k, k\ t, p, n, n, n, m et pas un seul groupe, Le Chinois enfin n*admet que les deux nasales ng et n ; mais son parler ancien et les dialectes populaires admettent, au contraire, toutes les consonnes simples.
Parmi les langues de I'Am^rique, TAthapaske a dans ses mots d'ordinaire une finale vocalique ou nasale, mais admet cependant presque toutes les consonnes simples. L'AIgonquin admet de plus les groupes nk, ng, kt, sk, sht, Llroquois admet parmi les groupes ks, sk, le Dacotah aucun groupe, et parmi les consonnes simples seulement n, Xi ^> ^^ Tcherokesse seulement ng. Le Kolosche, comme a Tinitiale, permet des groupes assez nombreux : sk. As, x*» ^Z* 'X' X^^ %• I^ ^^ ^st de m6me du Tshihaili et m^me du Sahaptin. Le Nahuatl finit ses mots par une voyelle, jamais par des groupes consonnantiques, quelquefois par les consonnes simples tt, A, n, plus rarement s, /, tsh. Le Mosquito et le Bribri admettent voyelles et consonnes, mais seulement quelques groupes consonnantiques finissant par s. L'Arrouague et le Caraibe n'admettent que n et r, le Galibi A, tsh, n, m, r, s et le Kalinago seulement n. Le Moxos, le Baure et le Maypure ne souffrent que des voyelles ; le Chibcha que des voyelles ou des nasales, mais hyst^rogenement des consonnes sont venues par chute de voyelles finales. Le Keshua n'admet que A, tsh, p, r, s, n, m, et exclut tous les groupes consonnantiques. En Guaranila finale est exclusivement vocalique ou nasale ; cependant les consonnes finales ont fini par
r6sulter de la chute de vojelles, mais les groupes consonnantiques sont demeur6s exclus. Le Eiriri n admet que des voyelles pures ou nasalis^es. Le Chiquitos ne pertnet que les consonnes s et is. Le Tshoneka au contraire admet toutes les consoDoes et de Dombreux groupes.
Parmi les langues de TOceanie les Pol jn^siennes repoussent absolumentnonseuletnenttoutgroupe decoasonnes, mais mdme toute coDSonne simple non seulement a la fin du mot, mais k la fin de toute syllabe, et cela sans exception, chaque syllabe doit Stre ouverte, finir par une voyelle. Les M^lan^siennes, au contraire, a Texception du Viti, pr^sentent souvent comma finale s, 6, 7, et le groupe nt. Les Malaisiennes se divisent sous ce rapport en deux classes dont I'une admet et pr^f(^re la con- Sonne finale et lautre T^limine le plus possible ; de la premiere ' classe sont le Malais, le Javanais, le Dayak, le Batak et le Tagala ; de la seconde le Malgache, le Bugis, le Mankassar ; le Malgache repousse toute consonne. Cette elimination n'auraitpas 6t6 primitive, mais serait le r^sultat d*une Evolution.
Parmi les langues Africaines, le Dinka termine les mots par une consonne simple, rarement par une voyelle, le Bari par une voyelle, par les consonnes k, p, t, ng, n, r, et quelquefois g, dd^ b, mais rejette les autres groupes, le Woloff n'admet que des Yoyelles ou des consonne simples. Le BuUom et le Temn6 admettent toutes les consonnes et de plus les groupes In, rt^ mp. L'Ibb ne soufire que des voyelles et des nasales. L*Ewe TAkra, I'Odschi, TYoruba n'ont d'abord pour finales que des voyelles ; plus tard apparaissent des consonnes, surtout des nasales par chute de la voyelle finale. L'Efik n*admet que des voyelles, les consonnes simples A, t, p et les nasales correspondantes. Dans les langues Mandd la finale est vocalique ou nasale ; plus tard cependant par exemple dans le Mandingo les consonnes apparaissent fina les k la suite de chute de voyelles. Les langues Sonhrai n'admettent comme finales que les liquides I, r, et les nasales, quelquefois en outre, 5, dzh, k, b, mais c'est qu'alors il y a eu chute de voyelle finale. Le Logone ne souffre que des voyelles, des nasales et les liquides r etl; le Mandara n'admet que des voyelles, et n et tsh apr^ chute de la voyelle finale. Le Bagrimma est moins severe, rejette les groupes, mais admet presque toutes les consonnes simples. II
en est de mSme du Maba. Le Toda moins large n'admet que k^ les nasales, les liquides r et ly et s. Le Kaauri ne souffre qu'une voyelle, une nasale et la liquide /. L*Haussa enfin n'admet que des voyelles, les nasales n et ng, et quelquefois 1'^. Dans toutes ces langues les groupes consonnantiques sont 6cart^s avec soin.
Les langues Bantou n*ont pour finales que des voyelles ou des nasales.
II en est de mdme dans le Nama, cependant la finale y est devenue ensuite consonnantique par chute de voyelle.
Parmi les langues Papoues, le Mafor admet les voyelles et toutes les consonnes simples, k I'exception de d, w et j.
Parmi les langues Australiennes, celle du lac Macquarie termine les mots par une voyelle, une nasale, ou les liquides r, I. Hen est de mSme en Wiradurei, en Kamilaroi, enTurrubul et en Dippil. La langue d'Encounter Bay permet k, t, p et les groupes nk, nt, nd, Celle d* Adelaide n'admet que des voyelles. U en est de mdme dans celle d'Ouest-Australie, si ce n'est que plus tard la consonne finale est apparue par chute de la voyelle. Enfin dans la langue deTasmanie,on ne trouveque des voyelles, ou la consonne A, rarement des nasales.
Dans le groupe g^ographique des langues Hyperbor^ennes, ri^nissei et le Kotte admettent les consonnes simples, k I'exclusion des sonores qui se changent alors en tdnues ; en outre, 11^ nisse'i permet de nombreux groupes consonnantiques dont le dernier ^l^ment est une nasale, une liquide ou un s. Le lukagire admetla plupart des consonnes simples et de nombreux groupes de consonnes. Le Tschuktche la plupart des consonnes simples, et parmi les groupes nh, nt, tk. L'Ainu, plus s6vere, ne toldre que ts, p, s, sh, n, m et les groupes kfetpf, mais presque toujours la voyelle finale apparait. L'Al6oute n'a presque jamais une voyelle pour finale, mais presque toujoui's une des consonnes iy q, x^ ^9^ w, m, mais il rejette les groupes consonnantiques. Enfin TEsquimau a pour finale soit une voyelle, soit beaucoup plus souvent q, k^ t, p, mais rejette aussi les groupes de consonnes.
Les langues Hyperbor^ennes forment exception et comme un ilot dans Tensemble que nous pr^sentons. EUes semblent affectionner la fin consonnantique ; cependant il faut aj outer qu'en g6n6ral elles repoussent les groupes.
Le Basque finit les mots r^gulidrement par une voyelle, admet quelquefois s, r, I, n, et r, rejette m qu'il convertit en n, ne soilifre aucun groupe de consonnes.
Nous avons voulu presenter complete autant que possible cette nomenclature un peu s&che parce qu'elle renferme deux enseignements pr^cieux.
Le premier qui r^sulte aussi de T^tude de Tinitiale nous apprend que, malgre quelques diversit^s le plus souvent apparentes, quelquefois r^elles et formant idiosyncrasie, I'instinct linguistique, non seulement le psychique, mais aussi le phon6tique, est le m6me chez tous les peu pies.
Le second va plus loin, il for mule cet instinct en lois positives.
On effet, si nous examinons le tableau ci-dessus, nous voyons unanimity sur les points suivants. La phondtique ne souffre k la fin du mot que des voyelles, puis les sons les plus semblables aux voyelles, les consonnes vocalisables, 4 savoir : les nasales, IV et 17, puis la continue, vocalisable k un moindre degr6, 1*5, enfin peu a peu les autres consonnes, mais celles-ci certainement presque toujours, et tr^s probablement toujours, par suite de chute dela voyelle finale. Quant auxgroupes consonnantiques, ils sont g^n^ralement exclus ; quand on les admet ce n'est que peu k peu et quand le dernier ^l^ment est semi-vocalique, consiste en une nasale, une liquide ou un s. Telle est revolution, son point de depart le mdme partout, ses points d'arrivee seuls variables, en ce qui concerne les consonnes. L^^volution, en ce qui concerne les voyelles n'est pas moins simple. La finale est en general vocalique, mais la voyelle tombe aprds s'6tre d*abord abrdg^e par Teffet de Taccent. La consonne penulti^me devient alors finale. Nous avons vu que les langues plus primitives respectent cette consonne, mais que les langues plus d^riv^es Tattaquent a leur tour, la font tomber, et qu'ainsi la voyelle, mais une autre, celle de la syllabe pr^c^dente, r6apparait finale. Nous en avons donn^ un exemple dans le Fran- Qais ; on pent en trouver d'aussi nombreux dans le Chinois ; les dialectes populaires fiddles a la langue ancienne y admettent comme finales toutes les consonnes simples qui dtaient devenues finales par suite de la chute de la voyelle de la derni^re syllabe ; la langue moderne et litt^raire a fait tomber cette con-
Sonne finale, n'admet en fin de mot que la voyelle de I'avandernidre syllabe ou une nasale, et arrive ainsi a son monosyllabisme hyst^rog^ne qui a longtemps 6t6 pris pour un monosyllabisme primitif.
Si telle est revolution, la diversity se produit quand il s'agit de savoir k quel degr6 de cette Evolution chaque langue est aujourd*hui parvenue. Les caract^res, le milieu ambiant ont acc^l^r^ ou retards cette Evolution. Dans la mdme famille de langues, les unes y sont arrivdes k un degr^ plus avanc^ que les autres. C*est ici, mais ici seulement que Tirr^gularit^ commence. Mais la marche est partout la mdme, on ne voit pas une langue admettre les voyelles d'abord, une autre d'abord les consonnes, on n'aper^oit pas Tune passer des voyelles aux plosives et Taut re des plosives aux voyelles, par exemple ; les Stapes sont les mdmes et viennent dans le mdme ordre ; aprSs n'avoir admis que les voyelles, on n'admet que les nasales, puis les liquides, puis Vs, puis les autres continues, &ia fin seulement les plosives, de \k on passe k ladmission de certains groupas consonnantiques.
L'observation du tableau ci-dessus d^couvre encore une autre loi. Elle consiste en ce que les iangues ne souffrent pas en fin de mot une sonore, d, 6, ou g et difficilement une aspirde. II semble pourtaut que puisque Ton admet les voyelles et les phonemes qui y ressemblent, on devrait aimer les sonores qui se ferment par le concours de la vibration de la glotte.
II n'en est rien. Les organes r6pugnent k se reposer sur des sonores ; en Fran^ais on ne prononce pas : un grand homme, mais un grant homme. Par la mdme raison quoique g^n^ralement la finale en r et ^ soit admise, certaines Iangues, comme le Sanscrit, dliminent ces phonemes sonores et les convertissent en h non sonore. Cette repugnance k finir par une sonore se retrouve dans les Iangues les plus 6loign^es, et t^moigne une fois de plus de Tuniformit^ de I'instinct linguistique de tous les hommes.
Quelle est Texplication du point de depart et de I'ordre de cette Evolution ? Le point de depart qui consiste a n'admettre d'abord qu une finale vocalique a son assiette dans la nature mSme de Tarticulation consonnantique qui par definition ne peut former la syllabe, cette seule unit6 naturelle, qu'en s'ap-
puyant sur une vojelle. Or dans les monosyllabes cette voyelle ne peut dtre situ^e qu*apr6s, pas avant ; car dans ce dernier cas, la suivante, k moins que le discours ne soit termini, serait presque toujours explosive, ce qui entratnerait ensuite une sorte de voyelle indistincte, de maniere a former une seconde syllabe. D'ailleurs Tenfant commence 4 s'exprimer en employant des syllabes ouvertes, et non des syllabes ferm^es. II est vrai que cette explication semble impiiquer un noionosyllabisme primitif qui n'est pas prouv6. Mais mSme en supposant un polysyllabisme primitif, il est certain que la constitution naturelle d*une syllabe est celle de syllabe ouverte, la prononciation pouvant se reposer ind^finiment sur la voyelle, et non aUleurs. Quant a revolution, elle se d^roule logiquement d*elle-mdme. Ce qui touche de plus pr^s aux voyelles, ce sont les nasales tant6t voyelles tantdt consonnes au point de vue phon^tique et qui au point de vue physiologique de la production no sont qu*un moulage sui generis de la voyelle, bien plutdt que des articulations proprement dites. Puis viennent 17 et IV, aussi semi- voyelles. Puis Ys, lequel dans bien des langues est consid^r^e comme semi-voyelle. II est probable que les plosives n'ont apparu domme finales que par suite de la chute d'une voyelle, quoique cela ne soit pas partout d^montr^. Enfin en ce qui concerne les groupes de consonnes, on peut dire que c*est 1^ le point d*arrSt de revolution ; en effet si une consonne peut fermer une syllabe, une seconde consonne doit en commencer presque ineluctablement une autre, par consequent ne peut finir reellement un mot.
L'evolution a pu etre h&i6e ou retardee par Tinfluence que rinitiale d'un mot suivant a pu avoir sur la finale du mot pre* cedent, et les regies du sandhi que nous etudierons k propos du mot n*ont pas ete sans influence ici ; cette influence mSme a pu survivre a la position frequente qui Tavait fait naftre. L'etude du bedingter auslaut merite un chapitre special, et constitue le sandhi exteme,
Comparons maintenant les regies de Yiniliale et celles de la finale. Le mot commence en general a lorigine par une simple consonne et finit par une voyelle ; on voit que le point de depart est inverse, mais il se ressemble en ce que les groupes de consonnes sont exclus. Quant a revolution, elle est la mdme, et
eomporte aussi trois degr^s. A Tinitiale comme k la finale les groupes consonnantiques ne sont admis que peu k peu, avec des conditions s^veres, par suite de T^limination successive de voyelles, et successivement a mesure qu'un de leurs 61^ ments est une nasale, puis une liquide, puis un s, puis une fricative. Mais ces groupes sont instables ; le dernier ^Idment disparait presque partout, et il ne reste qu'une seule consonne. Cette consonne demeure si elle est initiale ; au contraire, si elle est finale, elle s'use k son tour, et on revient au point de depart, k la loi de la finale, a la loi de la terminaison vocalique.
c) Partie midiane.
La partie m^diane des mots est-elle r^gie comme Tinitiale et la finale par des lois phon^tiques ?
Dans la partie m^diane il y a rencontre de diffdrentes syllabes, un phoneme y heurte un autre phoneme, agit sur lui, T^limine ou se Tassimile. II y a action dynamique, et non plus loi de consistance statique. Nous ^tudierons ces lois dans la phondtique dynamique ou se trouve leur veritable place.
Il est cependant une loi particuliere plut6t statique que dynamique ; c'est celle qui exige que deux syllabes du mSme mot ne puissent commencer par une aspir^e. Cette loi semble particuliere au sancrit et au grec ; c'est en vertu d'elle que Ope^ devient au g^nitif roiypq, que le futur 6pe^ a pour present rpecpo) et que e6e9>jv est devenu erseyjv.
On pent comprendre aussi dans la constitution interne du mot cette loi generate qui ne per met pas les accumulations de voyelles et cette loi contraire particuliere aux langues Polyn^siennes qui favorise ces accumulations, et se plait k Fhiatus; nous en parlerons plus loin .
2®^^ CrOISSANCB et d6cR0ISSANCE et nfiDOUBLEMENT DU MOT.
Le mot forme une unit^ naturelle non pas primaire, il est vrai, comme la syllabe, mais tout aussi natureUe. II a non seulement sa vie organique de nutrition, de constitution, mais aussi celle de relation avec les mots voisins, vie de relation que nous etudierons avec la proposition envisagde au point de vue phondtique, et enfin sa vie de reproduction.
En effet le mot ne subit pas seulement des modifications par rinfluence des mots strangers ou de leurs phondmes ; il agit aussi par sa force vitale spontan^e et alors il croit et d^crolt, pousse des rejetons, et meurt.
De mdme que dans le r^ne des dtres organises les v^^taux et certains animaux sont capables de bourgeonnement^de mdme le mot.
Nous ^tudierons successivement P la croissance, 2^ la d4croissance du mot, 3^ le d^doublement en variations du mot, le tout spontan^.
a) Croissance du mot.
Lacroissance du mot se fait de deux mani^res, l"* par le proc^d^ de reduplication totals ou parlteUej 2* par le procM^ anor ptyctique.
!• Procidi de la RSduplicalion.
Etudions en premier lieu empiriquement la r^uplication dans les divers groupes de langues. Disons d'abord qu*elle pent dtre d'un mot tout en tier, d*une syllabe ou d'un phoneme, et que dans ce dernier cas elle est ou consonnantique ou vocalique.
Elle est d*abord totale, du mot tout entier, puis acrologique et d'une seule syllabe, puis d*un seul phoneme ; il j a done plus exactemeut dans ce ph^nomdne scissipariti que hourgeonnement. Quand elle se r^duit k une seule syllabe, il s'agit aussi bien de la syllabe finale que de la syllabe initiale.
Dans les langues Indo-Europ^ennes la reduplication n'est que consonnantique, elle est initiale, elle ne porte que sur un seul phoneme ou sur un groupe compost de phonemes de mdme nature.
En voici des exemples. En Latin steti, spopondi pour ste-sti^ spO'Spondi ; en gothique skaiskatd d6nv6 de skaida ; flai fiok derive de flika^ et en ne redoublant qu*une consonne et non plus le groupe, faifrais defraisa, je tente ; en Sanscrit de bher, porter, bibAer;delud, frapper, tutud\debudh, savoir, du&Aud ; en Grec futt, parfait mfvua ; ypatpea, parfait /e/patpa. Nous n'avons pas k nous occuper en ce moment de I'emploi morphologique.
Les langues S^mitiques offrent des reduplications frdquentes quoiqu'elles en fassent un autre emplpi morphologique ; de
plus, oette reduplication alfecte trds sourent non la consonne initiale, mais la consonne tn^diane du mot ; quelquefois la r^uplication est des deux premieres syllabes : was-wasa^ bourdonner, aa/-;sr^, mettre en mouvements, et d'autrepart madda pour madada, ^tendre ; qarra pour qarara^ rester. Ce precede est celui employ^ pour la formation du verbe causatif : qatala, tuer, gattcUa, faire tuer.
Le Nama redouble souvent le mot tout entier | nu, noir ; I nu- I nil, tout-&-fait noir.
De mdme les langues Bantou pour former des verbes fr4quentatifs : hamba, aller ; hambahamba^ error ; tela teta^ babiller.
Dans les langues du groupe de IToruba et de I'Odschi la r^duplicatioq est fr^quente dada^ ramper, de da, dtre couch^, hoho s'humilier, de bo, se courber, x^X^i 1^ salut, de x^* sauver.
En Kanuri, la reduplication ne s'applique qu'aux verbes, elle leur donne un sens intensif : le-ngin, je vais ; lele-ngm, je me prom^ne.
L'Haussa Temploie k la formation du pluriel, mais alors la reduplication est de la syllabe finale danga, jardin, dango-gi ; tufa, vdtement, tufofi.
Le Japonais forme son pluriel par la reduplication du mot tout entier kuni, pays, pi. huni^guni ; jama, montagne, jamajama.
En Nahuatl, mdme procede de formation du pluriel teotl, Dieu, pi. teteo ; ktUli, maison, pi. kdkaUi ; hoail, serpent, kokoa\ ici le redoublement porte sur Tinitiale.
Gette reduplication initiate a lieu encore en opata temachi, le valet, pi. tetemachi ; en Tsihahili, stomkoats, fiUe, pi. stemlomkoatl, en Sahaptin, pittn, fille pi. pipitin, dans les langues sonores, en Tep^re, teodi, homme, pi. teteodi, en pima, main, pi. mamaina ; en tarohuma : muki, femme, pi. mumuki.
La reduplication de la finale a lieu en irob-saho, dite, obscurite, pi. ditet^ af, bouche pL afof, en Somali : tal, tribu pi. tokd,
Enfin la reduplication est du mot entier dans le malais radjaradja, les rois, le polynesien/u/u^/u/u, les cheveux, le mandchu ba-bit, lieux, et le Japonais dej^ cite.
Nous n'avons pas fait une liste complete ; les exemples cidessus suffisent pour montrer le mecanisme de la reduplication.
Nous verrons plus loin que la reduplication consonnantique agit souvent sur le vocalisme de la racine.
II existe aussi une reduplication vocalique, elle consiste en un allongement de la voyelle, car deux voyelles semblables se suivant viennent k se combiner. Le plus souvent cet allongement a lieu sous des influences ext^rieures, mais elle est quelquefois spontan^e aussi bien que la reduplication consonnantique.
Cette reduplication vocalique est plus caracterisee et ne se cache pas sous Tallongement de la voyelle dans deux cas :
P le cas de Tepenthese interieure du zend, lorsque la voyelle de la terminaison apparait une seconde fois dans le theme sans modifier la voyelle thematique aupres de laquelle elle se place. Ce phoneme a lieu en zend quand la voyelle finale est f , e, j, u^ w dans certaines conditions, bawati devient bawaiti ; uli, uiti ; harwa, haurwa ; poru^ pouru ; ddru, dduru. Le vieil Irlandais suit le meme procede que le zend : balli, devient baUl ; ballu devient bauUu. Nous reviendrons sur ce point, parce que le phenomene pent etre envisage dynamiquement comme Faction d'une voyelle 4 distance sur une autre voyelle. Mais il est distinct de Vumlaut dont il forme, il est vrai, une etape et avec lequel on I'a confondu.
2* le cas tres curieux de la langue Chiapaneque. Ce qu on
redouble, c'est la voyelle qui suit la premiere consonne du mot,
voyelle quon distingue plus nettement dans sa reduplication
en la faisant preceder d'un h ; papame parler, devient na-mba-
ha-pame la parole ; rila chasser, devient toka ri-hi-la-hi, il la
chassa.
2^ procede anaptyctique.
Ce procede tres frequent consiste dans Tintroduction d'une voyelle necessaire ou utile comme point d appui 4 la prononciation d'un mot, cette voyelle pent se placer au commencement, dans linterieur ou 4 la fin.
II consiste aussi dans I'introduction d'une consonne d*ou :
Anaptyxis vocalique.
On pent citer les mots suivants : ancien haut-allemand : berac venant de berc ; frangais : canif, de knif\ pr&crit haiHsa^
la joie, du Sanscrit harsha ; paduma, le lotus, de padma ; sumardmi^ je pense, de smarami ; avestique yena meurtrier , k c6t6 du Sanscrit ghna ; vieux persan : suguda , Sogdiane, de suyda ; arrn6nien : erek le soir, de rdjas; grec : epuOpo^, rouge, vis-A-vis de ruber ; eXa<ppo;, svelte , vis-A-vis du vieux haut allemand luugar ; hom^rique : sFepoyj, ros^e, de varshas, la pluie ; sFetxoat, vingt, vis-i-vis de viginti ; ttfxeX^o), traire, vis-A-vis du lithuanien mellu; ofxtx^y?, nuage, vis- A-vis du lithuanien migld ; latin : stabulum, de stdblum ; famulum de/amlum^ sceculum de sceclum ; Osque : aragetud, visi-vis de argento ; sakarater pour sacratur ; gothique miluks oil lieu de milch; hiruts pour hirsch ; vieux haut allemand herige, A I'arm^e, vis-A-vis du gothique harjai/erah, la vie, vis-&-vis du goth fairhvus ; Lithuanien ^wrwmflw, le buisson, pour irti/na^ ; slavon : porosjd^ marcassin, vis-a-vis du lithuanien parszas.
Dans les langues d^riv^es : estudio, estude (6tude) vis-A-vis de studium ; estocy vis-4-vis de stock.
Anaptyans consonnantique .
Ce ph^nom6ne, frequent surtout dans les langues d^riv^es, consiste dans Tinsertion d'une consonne pour faciliter la prononciation du mot entier ; cette insertion a lieu surtout entre les nasales et les vibrantes. Les exemples abondent : tendre de tener ; pieoTjjxPpta, de jxeoTj/xspta ; homhre pour homre,
Cette anaptyxis consonnantique nomm^e par les AUemands laut-einschiebung y s'emploie quelquefois, comme nous le verrons dans la phon^tique dynamique, pour empficher I'hiatus.
En Indien, j est ins^r6 entre d indecomposable et une voyelle suivante ; bddhejam pour bddhdam.
En Grec on insure (J entre v et p, |3 entre |x et p, v et A; a/x
PpOTO? pour ajXpOTO^.
En Latin on met un p entre n eX s, meit ; sumpsi pour sumsi.
En vieux-slavon entre s-r, z-r, zh-^ on insure d ont\ de m4me« entre p et < ; enfin I entre jo, ft, v, m et un j' qui suit : pogrepsti, pour pogrepti ; kuplja pour kupja ; dremlju pour dremju.
Telle est Tanaptyxis, tant consonnantique que vocaUque^dans les langues Indo-Europ^ennes ; elle existe aussi dans lesautres families. Cependant il faut avouer qu*uD tel ph^nomdne est contraire k la marche g^n^rale de revolution qui tend k raccourcir etk detruire et non pas k amplifier. II faut pour le justifier sa necessity pour la prononciation.
Cette justification est aussi son explication. En frangais, par exemple, le mot : stude, paraitrait difficile k prononcer, il lui faut un double point d*appui vocalique, d'oti ^tade. Le motif est r^quilibre et la consistance. M. Terrier de la Couperie dans son ouvrage : les langues de la Chine avant les Chinois dit que les Gyarung ne souffrent pas les monosyllabes, et que toutes les fois que par usure un mot est r^duit k cet ^tat, un pr^fixe lui est ajout^, parce qu une syllabe simple ne semble pas une base suffisante, pour que Tesprit en s*y ar^dtant puisse en deduire une signification. Ici le motif est analogue, mais il est de nature plut6t phon^tique que psychique; certains mots n'ont pas semble donner une base suffisante k la prononciation, de \k Tanaptyxis.
b) dicroissance du mot.
De mdme que le mot croit, de mdme il d^crotl souvent dans ses elements phon^tiques, sans qu*une influence ^trang^re ait agi sur lui, et sans non plus que ses [phonemes aient agi et r^agi les uns sur les autres ; nous sommes done bien encore k r^tat statique.
Cette d^croissance est k trois degr6s, elle comprend \aLperte d'une syllabe entire, la perte d*un phondme, et Xaffaiblissement d'un phandme.
1^ degri. Perte d'une syllabe entidre.
Cette perte est le r^sultat de la la compression qu*un mot entier pent exercer sur une de ses syllabes ; elle sera d'autant plus facile que la syllabe sera plus faible, ou que le mot sera plus long. Elle se produira sous Tinfluence de la parity de deux syllabes se suivant. Ce phdnomdne est le vestige ou le germe de ce qui se produit si souvent dans les langues polysynthetiques, Tincorporation embottante. En voici des exemples : TfirpaxfAov, trois drahmes, venu de rtrp (aip) ajf^^iov ; v^dique
irddhySi, cherchef k gagner, vena de iradh (adh) yai ; avestique : ameretat, immortality , k c6t^ de ameretatat ; grec
a/jiq>apeu;, amphore, pour ^fA^t-fopeu; ; Oapauvog; hardi, de Gapao- Dwoc ; latin : semestris^ de semi-mestris^ trucidare^ de trucicidare ; anteslari^ de antetestari, hereditarius , de hereditatarius^ nutrix de nutritrix ; ombrien suront de ^ururonf ; gothique : avistr^ bergerie, de ofoivistr; navistr, sdjour des morte de navitisir ; lith. akt&sas^ h^riss^, de akututas ; slavon dohryje de dobryjeje.
La cause est encore ici la facility de la prononciation ; on prononce mal de suite deux syllabes semblables.
2* degri. Perte dun phondme.
Le phoneme perdu peut dtre une consonne ou une voyelle.
La perte consonnantique a pour cause la facilitation de la prononciation ; il suffit de citer un seul exemple. Le mot frangais isthme^ se prononce isme parce que les trois consonnes se suivant il faut pour prononcer en sacrifier une ; de mdme dans le mot : asthme^ et en anglais dans castle.
La perte vocalique a ^t^ appel^e ph^nomdne diahsorption de voyelle, EUe appartient k la phon^tique dynamique en ce qu*elle se produit souvent sous Tinfluence de Taccent, cependant elle r^suite aussi de la compression que Tensemble du mot exerce sur chacun de ses phonemes, et de la faiblesse du phoneme lui-mdme. Si cette perte entraine virtuellement dispari* tion d*une syllabe enti^re, le ph^nomdne est celui appel^ par les grammairiens sanscrits samprasdratia.
En voici des exemples pris en dehors des cas ou Faccent a pu agir : arm^nien : dttstr^ la fiUe, g^n. dster, italique agros devenant ag^s ; latin caldus de calidtis ; claudo pour clavido undecim p. untidecim ; surgo p. subrego ; soldus p. solidus ; ombrien sumio, vis-^-vis de sumito ; osque fust p. fUerit ; irl. follessu, clair,de fdilse^ clart^ ; goth. vulfs^ le loup, de vulfaz ; ancien haut allemand horta, il entendit, de goth. hausida: lithuanien : szulnys^ source, de szulinys,
3° degri. Affaihlissement dun phondme.
Nous entendons Taffaiblissement sans une action dynamique.
Cet aflfaiblissement est k plusieurs degr^s, la vojelle s'abr^e sim^lement, on s'affaiblit qualitativement, ou s*assourdit.
Uabr^viatioQ simple se reucontre dans les langiies slaves ; i et u deviennent f et ^ : suhnati, devenir sec, b^^deti, s'^veiller, d^shti, fiUe, Chrhtu, le Christ.
L'affaiblissement qualitatif se rencontr^dans des langues plus nombreuses ; le son e devient i, le son o devient u, quelquefois mdme a devient i ; on descend vers les extr^mites d*une des branches de la croix vocalique.
Exemples : Indien ; sthita, plac^, hita^ vis-i-vis du grec 9fiTo; ; bibharmi, je porte, de babharmi ; Grec Jidw/xi, vis-a-vis da Sanscrit daddmi ; Tcxrcd p. rexrcD ; vuxn vis-4-vis du latin nocti ; latin : inter p. enter, ignis p. egnis, hirundo p. herM?irfo=x^^*^"^» wr;M« p. orsus ; tTnro^ p. equus ; en slave Tabrdviation se produit en mSme temps que Taffaiblissement ; llguku, l^ger, vis-&-vis du lithuanien lengoas, de Tindien laghu ; pisu^ le chien, vis-A-vis de Findien pash% b6tail ; en gothique laffaiblissement est la r^gle : situ, s*asseoir, de seta ; vulfs^ le loup de volfs ; la diphthongue eii y est devenue iU ; giiita, je verse p. geiita.
L'assourdissement ne se produit pas souvent sans action de Taccent, c'est lui qui a transform^ en fran^ais un grand nombre de voyelles claires en e muet. Nous ne le mentionnons done ici que pour ordre.
c) Didouhlement en variations du mot.
Le mot a une force propre, inddpendante de toute action ^trang^re, qui le porte a se di versifier. Sans doute Grimm a eu tort d y rattacher Tablaut ; il serait encore plus 6trange d'y rattacher Tumlaut, et parmi les applications de la variation s^mitique vocalique, il en est beaucoup, nous le d^montrerons, qui sont des effets soit d'ablaut, soit d*umlaut (d*apophonie ou de p^riphonie), mais il en est d*autres qui r^sistent a cette explication, et dont c^est le lieu de parler ici.
La variation s^mitique dont on retrouve la racine dans les langues Chamitiques et dans beaucoup d'autres est bien connue, elle consiste k faire varier toutes les voyelles d'une racine dont il ne reste fixes que les consonnes.
Nous verrons que souvent cette variation n^est due qu'& I'existence d'une desinence encore subsistante ou d6j& perdue ; c*est ce qui a lieu en Arabe dont le pluriel interne en u a 6t6 d^termin^ d'abord pour Tinfluence de la desinence du pluriel externe en u, ce qui r^duit k un ph6nom^ne de p^riphonie. Nous verrons aiileurs, en Berb^re, que cette variation est due probablement k Taction d'un pr^fixe disparu , d*oilL encore un effet de p^riphonie.
D'autre part Tapophonie a pu produire, quoique moins fr6quemment, un r^sultat pareil.
Puis la psychique intervenant a ^tendu par analogie cet effet pdriphonique ou apophonique k d'autres cas.
Mais cette explication ne peut suifire, car nous constatons que la gamme enti^re des voyelles peut s'^puiser sur une mSme racine, rndme quand aucun pr6fixe ni suffixe n*y a ^t^ attache, et quant k Tapophonie elle suppose un renforcement qui n'existe pas ici.
Ainsi nous trouvons pour les substantifs seuls les formes vocaliques suivantes : 1® forme qaUu^ 2^ qitlu, 2P qutlu, 4* qataluy 5* qitdlu, 6^ qatdlu, 7" qatilu, 8' qatulu, 9" qcUilu^ 10* qaJtalu ; or les mots qui suivent ces diff(Srents formes sembient les suivre au hasard, sans qu'il en r^sulte toujours des variation de sens dans une direction bien d^termin^e. II suffira pour s'en convaincre de comparer ces formes dans : nafs^ FAme, libSy le vfitement, rumh, lance ; dahah^ Tor, himdr^ Tdne, etc. .
Cependant d'autres fois la difi^renciation de sens a lieu en m4me temps que la diff^renciation de sons. Ainsi en H^breu s&thar signifie : il a cach6, sether. Taction du cacher ; s&far, il a dcrit, safer,, le scribe, sephdr, la numeration ; sahal, il a porte ; sep/iel, le fardeau, sabdl^ bajulus.
Enfin dans les cas les plus nombreux, en m6me temps qu'il y a variation vocalique, il y a prefixe ou suffixe, et ce suffixe a agi non par sa voyelle, mais par son poids syllabique pour determiner une variation vocalique. C'est ainsi qu'en hebreu : siphr&y le livre, apparait a c6t6 de sapher ; Ve final fait supprimer par ^quilibre la voyelle de la seconde radicale ; le schewa sur la 2' radicale et Yd d6sinentiel p6sent sur la premiere radicale pour abreger sa voyelle en t. Une grande partie des variations vocaliques est due k cette influence.
En r69um6 la Tariation vocaUque, ou mitaphonie, s'analyse ainsi :
V Ud6 grande partie de ses fait8 s'analyse en faits de p^'phonie Tenant d*un pr^fixe ou d*un suffixe encore present on disparu.
i^ Une autre partie peut 8*analyser en effet de pesanteur d'un suffixe ou d'un prMxe, et en mdme temps d'accent attache k cet affixe, ce qui r^uit en fait A^apaphonie.
3* Une autre partie s'explique par Textension par analogie de faits voisins de piriphonie ou d'apaphonie.
4^ Les faits rest^ ainsi inexplicables sont des faits de veritable mitaphonie ou variation vocalique. lis ferment deux stages.
A r^tage inf^rieur, la mitaphonie s*analjse en cUdotiblement du mot ; un seul en a form6 plusieurs en variant sou element vocalique ; mais ce d^doublement n'a pas d'emploi grammaticale ; le vrai mot n*est qu*une reunion de consonnes, dont les vojelles ne sont que le lien euphonique.
A retage sup^rieur, un triage, un choix se fait entre ces dijS^rentes formes, ce choix est fait par la psychique, chaque forme du mot s'approprie un sens. C*est le ph^nomdne de polarisation qui vient s*y joindre k celui de variation, de d^oublement.
II J a done la mitaphonie polarisde et la m6taphonie [nan encore polaris4e.
Est ce seuleraent ses vojelles qu*un mot varie. et jamais ses consonnes ?
Oui, dans les langues s^mitiques, au moins, les consonnes faisant partie du squelette de la racine.
Dans les langues Nubiennes, la variation de la consonne radicale au singulier et au pluriel peut dtre en Poul un fait de mitaphonie, mais il peut dtre aussi, comme nous le verrons plus tard, un fait dynamique d'action sur cette consonne d*un pr^fixe disparu depuis.
Nous avons rencontr6 ici pour la premiere fois le ph^nom^ne de polarisation^ un des plus importants de la linguistique ; nous ie retrouverons dans la phon^tique dynamique ; il consiste dans un fait dlntervention psychique qui applique plusieurs formes ou plusieurs sons trds voisins a des usages difiSSrents.
3« NO]£BRES DBS 8TLLABBS DU MOT.
Le mot fut-il k Vorigine monosyllabique et n'est-il devenu polysyllabique que par radjonction et Tabsorption d'autres mots ? Telle est la question qui se pose souvent et qui touche k celle de Torigine du langage.
Gomme toutes les questions de cette dernidre cat^gorie, elle est tr^ obscure et on ne pent gu^re esp^rer la r^soudre dans l*6tat actuel de la science.
U est utile d*exposer cependant T^tat de notre science k cet ^ard.
Si nous examinons les langues telles qu*elles existent actuellement, nous trouvons deux groupes k Topposite Tun de Tautre.
Les langues de Textrdme Orient prdsentent uniform^ment des mots composes d*une seule syllabe : Chinois, Annamite ; on les appelle langues Monosyllabiques.
Les langues s^mitiques, au contraire, composent uniform^* ment leurs mots de trois syllabes ; quand il y en a plus, c*est Teffet d*une reduplication ; quand il y en a moins, c*est Teffet d'une reduction.
Les autres langues composent leurs mots, tantdt d*une, tan* tdt de deux, tantdt de trois syllabes, irr^guli^rement.
Aucune langue, sauf par la reduplication, ne compose ses racines de plus de trois syllabes.
Nous ne comprenons pas, bien enteudu, dans ce compte les su£Sxes, les prefixes et les infixes, nous n*envisageons que la racine pure.
Ainsi groupe de langues k une seule syllabe incapable de d^veloppement et ayant toujonrs ^t^ telle en apparence ; groupe de langues ou il ya et ouily a toujours eu en apparence trois syllabes ; puis au-dela toutes les autres langues ayant une^ deux et trois syllabes r^duciibles ou non r^ductibles a une.
Sur cet 4tai de choses s^est fondle la th^orie suivante. Les langues monosyllabiques, le Chinois, etc. ont toujours 6i6 telles ; c'est T^tat ancien, le. point de depart de revolution qui chez elles ne 8*est pas developp^e. De mdme qu*en g^ologie on voit affleurer parfois la couche primitive ou volcanique, de mdme affleure le monosyllabisme antique dans le Chinois.
Mais on y voit poindre revolution qui conduira au polyqrl^
labisme ; elle se fait jour, par exemple, en Rhassia ; au motraciae s'agglutinent des mots vides ; ces mots vides ont une fonction soit grammaticale, soit d^rivante, puis se confondant avec la racine, et leur sens primitif se perdant de plus en plus, peuvent former des racines polysyllabiques.
En effet, dans les langues Indo-Europdennes, presque tons les polysyllabes se laissent r^duire a des monosyllabes, et les listes de racines sanscrites qui ont 6i6 dress^es par les savants indiens ou europ^ens sont presque enti^rement compos^es de monosyllabes, ouverts ou ferm^s (observons en passant que la syllabe fermie forme en r^alitd deux syllabes).
Si les autres groupes de langues ^taient mieux connus, ils se prSteraient sans doute k la mSme reduction.
La seole objection s^rieuse tir6e du groupe situ^e k Topposite, du groupe sdmitique, est facile a r^soudre. Les racines s^mitiques trilit6res ne sont pas irr^ductibles ; elles sont, au contraire, le d^veloppement de racines bilit^res, auxquelles la troisieme syllabe n'ajoute qu*une simple modification de sens. Ainsi en Arabe , le dissyllabe (ou monosyllabe ferm6) far signifie une separation ; pour savoir de quelle sorte de separation il s'agit intervient la troisieme syllabe : far-ra, fuir, /&radja, fendre, far-ida^ 6tre seul, far-asa, d^chirer, far-asha, r^pandre, far-aga^ briser ; quelquefois ce n'est pas la troisieme syllabe qui est ainsi ajout^e, mai$ la premiere ; le racine primitive se composait alors de la seconde et de la troisieme syllabes : lamassa^ toucher, est un derive de massa, Quelquefois enfin, on peut ajouter la 3* syllabe, soit au commencement, soit i la fin, c'est ainsi que de fara on peut tirer soit na-fara, soit fara-ka.
He bien ! puisqu'on a pu reduire les trois syllabes consider^es comme irr6ductibles a deux, il est probable qu'on pourrait reduire par une analyse plus delicate les. deux syllabes restantes en une seule.
La base de cette theorie du monosyllabisme primitif est retat de la langue Chinoise et des autres isolantes ; cette base a ete renversee. II est aujourd*hui prouve par les travaux de M. de la Couperie que ces langues etaient autrefois polysyllabiques, composant leurs racines de deux et de trois syllabes, et que leur monosyllabisme actuel est hysterogene, provenant
d*usures saccessives, de prononciations et d'^critares acrologiques.
Cette base d6truite, nous nous trouvons en face de langues polysyllabiques, ou plus exactement, de langues renfermant indiffiSremment des racines d'une, de deux et de trois syllabes.
La question se pr^sente de nouveau : cet ^tat cache-t-il un monosyllabisme primitif ?
Pour la r^soudre, ilfautproc^derempiriquement, et essayer de r^duire les polysyllabes existants en monosyllabes.
On a r^ussi a pen pros a rdduire les trisyllabes sdmitiques en bisyliabes, mais on n'a pu r^ussir k aller plus loin.
Les partisans du polysyllabisme primitif triomphent et con* cluent k la fois de cet effort infructueux et de la demonstration par eux faite de Terreur de ceux qui croyaieut au monosylla^ bisme primitif du Chinois, que la preuve du non-monpsylla-* bisme primitif est faite.
lis commettent dleur tour une erreur en concluant aussi vite. II est possible qu'il n*existe plus aujourd*hui aucune langue k r^tat de monosyllabisme primitif, que le monosyllabisme apparent de quelques-unes ne soit qu*hystdrogene et de d^^n^rescence, et que cependant un monosyllabisme primitif d*une autre nature ait exists.
Piusieursindice8,soit d'observatiou historique,soit rationnels, semblent militer en faveur du monosyllabisme primitif.
P Le monosyllabisme hyst^rog^ne et de decomposition est lui-mdme un de ces indices ; il prouve la tendance, de Tesprit humain, et aussi des organes phoniques, k venir k une certatne composition du mot ; or cette disposition a dA dtre cong^nitale ; revolution vers le monosyllabe serait non une simple progression, mais un retour. Non seulement le Chinois, mais TAnglais, le Fran^ais reviennent aux monosyllabes ; partout les mots tendent k s*abreger, a se contractor, k se composer dune consonne plus une voyelle. Du reste, c'est la loi de simplicite pour exprimer une idee, pourquoi plus d*un son capable de se tenir, ce qui revient a dire pourquoi plus d'une syllabe ?
2^ La reduction de trois syllabes reputees longtemps irreductibles a deux est une etape dans le sens de la reduction totale,
3^Un grand nombre de racines polysyllabiques sanscrites sent de la mdme famille quant au sens qu*uneracine monosyllabique.
4* Lea deux sjrllabes, lorqu'elles sont irr^ductibles en ce sens qu*on ne pent voir en Tune un affixe d^rivatif, peuvent se s^parer et former en r^alit^ deux mots distincts, deux mots qui sont entr^s en composition. C*est ainsi, par exempie, que la syilabe pa en Sanscrit signifiant sur, se mettre sur^ et la sjllabe Tea signifiant joindre, on obtient par composition le dessyllabejDA -j* ^ 4^^ signifie : se mettre sur pourjoindre r= premdre, saisir ; de mdme, de ra, r, qui signifie V^ruption, et ga qui signifie le mouvement, r^sulte le compost ra -\- ga qui a le sens d*Stre iminent^ brillant.
Ce proc^d^ devient plus frappant lorsqu*il ne s*agit plus que 4*expliquer la 3" sjUabe, et ce qui s*est pass^ dans les langues a^mitiques a eu lieu aussi dans les Indo-Europdenties ; le thdme rtiga, clever est devenue t -|- raga (ex-r^gere) tirer, trdner, le t ^nt pr^fix^ avec signification primitive de ex ; de ipSme s =» paha^ apercevoir, de paka^ prendre ; setnita de mita ; smaga de maga ; braka de raka.
Q^'Le proc^d^ naturel et logique est celui qui consiste k exprimer une id^e par un son et non une id6e par plusieurs sons, pas plus que plusieurs id^es par un seul son.
6^ Le langage enfantin consiste en monosyllabes, ou en polysyllabes formes de la r^p^tition de la mdme syilabe.
T"" Les mots ont commence par avoir un sens trte ^tendu, presque ind^termin^, qui s*est restreint pen a peu ; il Ta fait pr^cis^ment au fur et a mesure de I'addition des syllabes uouvelles qui ont nuanc6 Tid^e.
Cependant, ce monosyllabisme n'est rien moins que prouv^, et 11 suffirait de citer la plupart des racines qui se composent d*une syilabe ferm^, c*est k dire en r^alit^ de deux syllabes, et qui ne se laissent nuUement r^duire, et de ne pas oublier que le veritable monosyllabe ne doit se composer que d*une consonne plus une voyelle ou dune voyelle plus une consonne.
Discuter plus longtemps la question du monosyllabisme primitif serait encore inutile, puisqu'elle ne pent en T^tat conduire k rien de certain.
Le plus grand progr^s qui pouvait se faire de ce cdt^ dtait d*empdcher de d6naturer les ^l^ments qu'on possMe pour la solution ; il a 6t6 accompli par M. de la Couperie, lorsqull a restitu^ au monosyllabisme Chinois son veritable caractdre, celui de monosyllabisme hyst^rogtoe et de d^^n^rescence.