‹ Essai de phonétique généraleChapitre 19 sur 47 · C. QUANTITfi DE LA PROPOSITION · texte numérisé non relu

C. QUANTITfi DE LA PROPOSITION

La quantity de la proposition consiste dans sa longueur. II y a des propositions trds courtes^ d'autres tr^s longues. Cette longueur depend, en g^n^ral, du nombre de sjllabes qu*elle contient.

La proposition la plus courte est la proposition interjective, c'est le cri.

La proposition est d*autant plus longue qu'elle exprime de plus en plus la pens6e, d*autant plus courte qu'elle exprime le pur sentiment.

CINQUlfiMfi DIVISION.

La Phrase.

La phrase est une reunion de propositions coordonn^es ou subordonndes. II y a lieu phon^tiquement de Texaminer dans sa composition, dans son accent, dans sa quantity.

A. Composition et tonality de la phrase.

La phrase qui est la reunion de plusieurs pens^es se traduisant morphologiquement en propositions distribue ses compo-

santes, les s^pare ou r^unit suivant leur importance, leur degr^ de subordination, leur coordination diff^rente, et marque tout cela par des repos 6tabli8 ou au contraire lev^s entre chacune de ces propositions ; ces repos de difSSrente dur^e se traduisent graphiquement en ponctuation. Cest ici que commence le r61e phon^tique des silences, qui ne sont pas plus u^gligeables dans la linguistique que dans la musique.

Les signes de repos entre chaque proposition sont essentiellement les points qui indiquent un repos complet, la fin de la phrase, et la virgule et le point et virgule qui indiquent des repos incomplets de diverse dur^e entre les diverses propositions apparentes ou elliptiques. C*est la ponctuation objective.

Nous en distinguons la ponctuation subjective : point interrogatif, point exclamatif, parenthese, guillemets, dont nous parlerons ailleurs.

Les repos que marque la ponctuation objective forment r^quilibre et la consistance phon^tique de la phrase, de mdme que les conjonctions forment son lien morphologique.

Remarquons qu*a I'origine la phrase n'existe pas ; il n*y a chez le sauvage que des propositions d^tach^es.

B. Accent de la phrase.

De mdme que Taccent du mot consiste k savoir quelle est celle de ses syllabes qui est mise en relief, que Taccent de la proposition consiste k savoir lesquels de ses mots doivent ressortir, de mdme I'accent de la phrase fait ressortir Tune ou Tautre de ses propositions.

Certaines propositions doivent ressortir objectivement, c est- 4-dire sans un vouloir actuel de celui qui parte. Ce sont les propositions interrogatives, et les exclamatives. Elles ressortent au moyen d*accents sp^ciaux, d*accents musicaux et non toniques d*intensit^. II en est de m6me de Taffirmation et de la dubitation.

Ce qui est curieux, c*est que ces intonations reproduisent pr^cis^ment les tons chinois. L*affirmatif a le ton descendant. Tin ter rogatif le ton ascendant, le duhitatif le ton ascendant, puis descendant, V exclamatif ^my dint le sentiment exprime le ton^ ou descendant 4lev4 ou grave, le discours ordinaire le ton igal, le discours indirect le ton grave.

En dehors de cet accent objectif dependant du sujetet non de celui qui parle, il y a Yaccent subjectif, oratoire. II se d^place incessamment k la volontd de celai qui parle.

II est possible que cet accent tout psjchique ait pris part k la direction des autres accents ; I'accent aurait 6i6 d'abord libre, comme oratoire, puis se serait cantonn^, et serait devenu tonique. Mais une telle Evolution n*est qu'une hypothdse.

La distinction de Yaccent subjectif et de VaccerU objectife&i tres importante et se retrouve k la plupart des degr^s d*unit4s linguistiques. Tandis que Taccent chante dans le phoneme, la sonnante principale dans la syllabe, Taccent tonique dans le mot, Taccent oppose au proditisme dans la proposition, Taccent exclamatif dans la phrase appartiennent k la classe des accents objeclifs, d'autre c6t6 Vaccent rhythmique, I'accent oratoire^ les diverses intonations donn6es k chaque mot pour exprimer une nuance de pens^e ou de sentiment, appartiennent k la classe des accents svbjectifs.

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