TITRE PREMIER
Pbrmutation bntrb les oammes phon^tiqubs.
Nous avons plus haut ^tabli ces gammes que I'histoire a formula. La plus importante de toutes est la gamme Indo- Europ^enne qui se gradue ainsi :
P softore asfiiree ou /ricaUve^ 2° sanore plosive^ Z* tenue phswe^ 4"" aspifie o\x fricative Unue, soit :
bk (v) * p pk (f)
dk (») d t tk (9)
ghiy) g k *A(x)
Il.faut de plus introduire entre p et/ : pf; entre / et 9 : /9 /
entre >& et x ^ >^X> ^^ ^^ ™^^ ^^^ affricata.
C*est sur ces gammes que s'^tablit le systdme si important de la lot de substitution que nous avons k ^tudier maintenant.
II existe d*autres gammes que celles-14, en particulier celles qui se basent sur Vhtiroduction des nasaies ; nous ^tudierons leur permutation un peu plus loin.
La permutation peut n'attaquer qu*un des elements de la gamme, mais elle a toujours tendance k Tenvahir tout entiere ; c'est ce qui la distingue essentiellement des sitnples mutations entre les phonemes pris isol^ment.
La permutation de la gamme ci-dessus formulae se fait tantdt dan Xordre descendant^ tantdt dans tordte ascendant: nous T^tudierons d*abord dans ce dernier. C'est la lautversckidmng armenienne, Gothique et Tudesque.
PREMlfiRE SECTION.
Permutation dans lbs gamhbs bntrb t^nubs, fortbs bt
aspir^bs plosiybs, bt frigatiyes.
§ 1*' Permutatian as€Mda$$ie, au lauiverschiebiMg fropremtnU dUe.
Ce ph^nom^ne si important est rest^ tr^s obscur* 11 a donnd lieu k de nombreuses interp^tations. Void d'abord en quoi il consiste.
Le g-h Sanscrit devient en grec x* ^^ tudesque : k^ dans toutes les autres langues g.
Leg Sanscrit devient en Armenien k, en Gothique k, en Vieil-AUemand Xt dans toutes les autres langues reste g.
Le k Sanscrit reste dans toutes les langues, excepts en Gothique ou il devient x ^t en Allemand ou 11 redescend souvent deh kg.
De mdme le dh Sanscrit devient en Grec 0, en Tudesque /, dans toutes les autres langues d.
Le d Sanscrit devient en Armenien et en Gothique /, en Tudesque 6 ou is. dans toutes les autres langues reste d.
Le/ Sanscrit devient en Gothique 6, en Tudesque 6, ts ou redescend au doux ou d, dans toutes les autres langues il reste /.
De mdme enfin, le bh Sanscrit devient en Grec f , en Tudesque/, dans toutes les autres langues b,
Le b Sanscrit devient en Gothique et en Armenien p^ en Tudesque f, dans toutes les autres langues reste b.
Le p Sanscrit devient en Gothique /, en Tudesque A ou v, en Celtique k apr^ /, en Armenien aussi h aprSs/, dans les autres langues reste p.
Telle est la lot de Grimm, Au gothique se rattacbent tons les idiomes bas-allemands y compris I'anglais et le hoUandais, et toute la branche scandinave.
Les deux permutations ont 4X6 successives ; celle du hautallemand se greffe sur celle ant^rieure du Gothique.
La seconde en date est moins complete que la l'^, les aspir^es gutturales et labiales y 4chappent le plus souvent ; le x» A gothique reste souvent h en haut-aUemand, et/* reste/.
Le haut-allemand moderne redescend souvent k T^tage gothique.
Quant k T^tage Armdinien il ne pr^sente qa*une substitution incomplete ; la t^nue n'y devient pas aspir^e.
La substitution n'a pas lieu dans tous les cas, elle cesse son effet 1* quand la consonne est proidgde par souhy st^ffh, (nuy(fA ; 2" quand la consonne se trouve non au commencement des mots mais k Isi/in et dans la desinence (nous aurons des consequences importantes k tirer de cette exception).
Enfin remarquez que chez les dentaUs la substitution est beaucoup plus fr^quente que chez les gutturales ou les labiales.
Quant k la t^nue aspir^e Sanscrite kh^ ph, ih, elle est de date post^rieure k la separation et ne correspond pas etymologiquement aux X, 9 et 6 des autres langues ; elle est n^e du frottement de la consonne contigue 5 dans les groupes : sk,
sp, St.
Quel est le motif de cette mutation ? Voici les systdmes successifs 6mis.
PrEMIBR SYSTJSME.
La conversion s*est faite successivement et par Stapes successives, en mettant de c6te la mutation grecque du premier degr^ qui ne convertit pas, mais traduit Faspir^e sonore par une fricative t^nue : 1"" Stape, T^tape de la majority des langues ; 2" Stape, r^tape Arm^nienne, 3" Stape^ la Gothique, 4® Sfape^ T^tape du Vieil-AUemand.
Dans la premiere ^tape, il y a simple conversion de VaspirSe sonore sanscrite en tmieUe sonore ; les aspir^es sonores ^talent des sons qui n*existaient qu*en Sanscrit, les langues cong^u^res durent done les d^laisser et les rem placer par la consonne la plus semblable, par la muette correspondante. II en r^sulta une confusion entre les racines d'origines diverses, une hontoptopue.
C*est cette homophonie que TArm^nien voulut ^viter, il y r^ussit en convertissant la mueUe sonore des mots qui la poss6daient avant Tinvasion des mots sanscrits aspires en mtieite tinue ; seulement la confusion ne fut ainsi que recul^e ; il s*en forma plus loin une autre entre les mots qui tiennent la muette t^nue ainsi obtenue, et ceux qui la poss^daient auparavant.
De \k nouvel effort dont il reste des traces dans TArm^nien
et le Celtique mais qui n'y a pas abouti ; au contraire teffoH rSussii en Gothique ; celui-ci asfoira rancienne tmieUe tenue et en fit une frtcathe. Aucune confusion ddsormais ne fut possible.
Mais rimpulsion donn6e ne put s*augmenter» et c'est alors que 8*op^ra une seconde poussSe^dn phoneme, qui n*^tait plus n^cessaire au Imt diacriHque. Le Tudesque rench^rit sur le Oothique quil prit pour point de depart, changeant la muette sanore gotkique en muette iSnue, la tSnue en asfiirSe, et comme il n'j a rien au dessus de cette aspir^e, il fallut bien atteindre, en la ddtruisant, le bruit de souffle, TA, ou redesceftdre par Xaspvrie sonore k la fhsiue sonore.
Dans cette th^orie le Sanscrit est la reproduction fiddle da langage pro^thnique et sert de point de depart ; le latin et le Grec n*en different point, convertissent seulement laspir^e sonore qu'ils ne poss^dent pas en fricative 0, f quils poss^dent. Le vMiable ntouventent commence a tAmUmen qui convertit la plosive sonore en t^nue. Le Gothique compile la transposition de gamme et forme le point d*arriv^e naturel ; en Tudesque le proc^d^ s*exagdre en del^ de sa raison d'Stre* cette raison d*dtre 6tait purement diacritique.
Telle est la doctrine de MM. Max Miiller et Fr4d6ric MuUer. L*impossibilit^ de prononcer dans la branche Europ6enne b-h^ ^K g'f^ cause le premier d^placement ; b-h devient &, v, puis pour ne pas confondre les mots ainsi modifies avec ceux qui poss^daient & d4j&, ceux-ci changent & leur tour leur^ en^, d*oii confusion entre eux ejL ceux qui poss^daient d^j& le p^ et pour ^viter cette confusion nouvelle les mdmes mots en p changenl leur p en ph-f. Tout cela est purement mScamque.
Voici les raisons qui doivent faire rejeter le systdme :
V On suppose la conformity du Sanscrit illndo-Europ^en commun, ce qui n*est nuUement prouv6. Pourquoi le consonnantisme Gothique ne serait-il pas plus ancien que le Sanscrit, conform^ment d*ailleurs a la loi du moindre effort ? On a cru longtemps que le vocalisme Indien ^tait antdrieur au vocalisme Europeen, que par exemple Va Sanscrit avait pr6c^d^ e-o Grec, le contraire est k pen pr^s d^montrd aujourd*hui. D*ailleurs si la separation avait eu lieu lorsque la langue commune poss^ait d-h, b'h, g'h, les langues sdcessionnaires auraient conserve ces aspirations, et n'auraient pas eu besoin de les remplacer,
on les aurait converties en fricatives comme en Grec et en Latin ! L*id^ que ie Sanscrit est la m^re ou mdme la soeur ain^ des langues Europ^ennes est auj6urd*hui abandonn^.
2^ Partout aiiieurs les sons vont s*affaiblissant : c'est le r^sultat de la loi du moindre eliort ; or, on n'explique pas dans ce syst^me par quel moyen on a pu remonter le courant, et par quelle force. II faudrait une force m^canique puissante, et on ne met en oeuvre qu*une force purement psjchique, le besoin de diacritisme.
3^ Le caractere inuohntaire et tnconsdeni de^kmgttes se trouoe miconnu. L*ascension de Niage Gothique k titage du vieux hautaUemand reste inexpliqu^e, car le besoin diacritique ne 8*y satisfait plus. Pourtant un motif commun a dil agir dans les deux cas. Le Haut-Allemand, il est vrai, ne poss^de pas le 0, et le remplace par ts^ mais ce n*est pas ce phoneme qui sert de point de depart.
4^ Comment se fait-il que le motif diacrHique n'ait pas agi dans les autres langues Europ^ennes ou le besoin s en faisait aussi sentir, mais seulement en Oothique, et partiellement en Arm^nien? Cela est d*autant plus remarquable que le b^ leg n6s du bh et du gh yiennent se confondre avec le 6 et le ^ primitifs, d*ou des homophonies nombreuses.
5^ L*objection essentielie et, qui suffit a elle seule, c'est que le caractere dlnconscience humaine et de falalitd des lois Hnguistiques qui donnent seules ie caractere scientifique est m^connue par ce systSme. Pour cette pouss^e de la lautversckiebungy il faut Tintervention de la volenti qui pr^cis^ment doit faire defaut. Quand les langues produisent des homophonies par la modification de certains phonemes des mots, elles ne les d6truisent pas ensuite, c'est ce qui arrive fr6quemment en fran^ais, et plus fir^quemment encore en Chinois.
•2* Syst6mb.
Systeme dHovelacque.
Dans une 6tude intitul6e de la Thiorie spideuse de la lautver" schiebung et ailleurs, M. Hovelacque, tout en adoptant le fond du syst^me pr6c6dent, I'a cependant modifi^ de la mani^re suivante.
D'abord il complete la description de la Umtversckiebuftg .
EUe s'6tablissait ainsi :
bh gh dh
Ou Ton Yoit le phoneme monter, puis au sommet s'arrSter, d'ou interruption et saccade dans le tour de roue, qui ne redescend pas.
M. Hovelacque observe qu'il y a U une lacune. Dans le gothique m6me quelquefois le x. A devient ensuite^^, le 9 devient d^ et le f devient 6, dans les dialectes scandinaves modernes le danois affaiblit k^ /,p en g, det b. Enfin et surtout en basallemand I'exception devient la r6gle et surtout nous voyons Vf, X, 9 redescendre, non directement mais au moyen d'un interm^diaire l/sonore = v, le x sonore = y et le 6 sonore = /i doux. Les dialectes bas-allemands pr6sentent tons les termes de cette s6rie. On y redescend de/ k b par v, de h dur k g par h doux, de th dur a ^par le th doux de I'Anglais. C'est ainsi que le gothique thaumus aboutit au hollandais dom^ eifaur k voor. Bien plus les dialectes anglais de Kent et Sussex convertissent le th doux en rf, cUy, eux, de^\e\ k Wight on dit vor pour^br .
Si Ton passe de Niage gothique ainsi modifi6 k Fitage tudesque^ on remarque que le haut-allemand ne pent plus hausser le A, 6, V gothiques, que cependant il transforme le 6, 1'un de ces phonemes, en d. G*est pour cela que Tallemand pr6sente dlk oil Tanglais ofire th ; three, drei. Ge n'est pas tout, le haut-allemand n'a pas toujours hau8s6 le k gothique en x ^^ 1^ ^ gothique en /, certains dialectes ont, au contraire, baiss6 ^ en flr et ^ en b^ et parmi eux ceux dont est sorti Tallemand moderne ; tandis que le gothique dit kutmen^ Tancien haut-allemand dit chumum^ mais Tallemand moderne kenpten.
Telle est la loi de substitution compl^t6e. II nous reste k remarquer que la substitution deT^tage haut-allemand n'emploie pas /mais j)A, pas 6 mais ts, et enfin M, en d'autres termes, les qffricata.
Il en r^sulte les schemes suivants 1^ dans f^ge gothique.
bh dk gh
2» dans YSiage iudesque.
Avf its) xm
Apr^ ces expose cbmmuns, les deux auteurs se s^parent sur I'explication k donner.
Suivant M . Hovelacque il y a dans le mouvement qui fidt redescendre le toup de roue le r6sultat d*un effort fait pour monter plus haut, effort qui ne trouvant pkis dichelon plus ilevi entraine une chute. Cela est si vrai que le Tudesque rendu k Yf et sentant qu'il ne poss^de pas d'6chelon plus haut s'y arrdte, de mdme lorsqu'il est rendu au x« niais dans la s6rie des dentales, mdme I'^chelon sup6rieur le 9 lui manque, il ne possMe qu'un Univalent, le ts. D'od un effort plus grand et une chute au d.
L'interpr6tation de Chav6e est differente. Tandis que, en suivant M. Hovelacque on monte toujours, suivant Chav6e on monte puis on redescend. Cest ce qu'il exprime tr^ bien dans son trait6 d'enseignement pratique de la langue allemande. Il 6tablit deux lois diff^rentes : celle de renforcemenl que nous con-^ naissons, et celle de pohriU ; toutes les consomws ont deux pdlesy en d'autres termes eUes sont tSnues ou souares^ or la t6nue a une tendance k se convertir en la sonore correspondante, k s'affai-* blir ; les trois fricatives du gothique sont des fricatives sifilantes et t6nues qui; en anglais, par exemple se convertissent a la fin et au milieu des mots en fricatives sofiores ou boutdomfianles : \f en Vy le th dur en th doux, le x en y. Puis le io devient 6 ; le /4 doux d ; le 7, g.
Ce sont ces renforcements et ces adoucissements successifs qui en alternant constituent le tour de roue complet.
Nous retiendrons de ce systeme cette id^ pr^cieuse que la lautterschiebung est le r^ultat de la combinaison de deux lois^ celle de renforcements celle d'affhiblissement. Nous ^tabiirons plus loin comment ces deux lois peuvent s'appliquer en mdme temps.
Mais les syst^mes de Chav^e et celui d*Hovelacque ont Tin* convenient grave de prendre pour point de depart et pour
cause premiere Yabsence des phondmes b-h^ d-h^ g-h dans TEurop^ea, celte absence devant logiquement amener une confusion avec le 6, le d ei\e g aat^rieurs, mais non une pouss^ ult^rieure sur T^chelle des phonemes. En outre, ils n'indiquent pas la cause dun ren/brcement qui est en disaccord avec la lot ginirale d'affuiblissement et de maindre effort.
3* Stst&mb.
Systdme de polarisaiian.
M. Max Muller a propose un second systtoie. D*abord la prononciation aurait ^t^ confuse, les pures et les aspir^es auraient 616 ^mises pen distinctement. Plus tard chacun se serait orients k sa manidre, peu ex. dans I'ordre des dentales Tun vers le dh, Fautre vers le d, Fautre vers le ^ sans qu'aucun mode de prononciation puisse dtre regards comme ant^rieur 4 Fautre. La substitution tudesque serait d'ailleurs contemporaine de la gothique. La prononciation encore aujourd'hui iud6cise des Espagnols entre le 9 et le & viendrait k Fappui.
Ce sjstdme de polarisation est attrajant, il se r^soudrait en une question de race, et supprimerait la difficult^ d expliquer un renforcement. Mais d*abord les faits prouvent que la substitution Tudesque est post^rieure k la gothique et s*est greffie sur la premiere. D'autre c6t6, ce qui est d'6tonnant^dans la loi de substitution, c'est la r^ularit^ de cette loi et le choix proportionnel entre les sons. Comment se fait-il que telle nation ait choisi le g dans tous les cas oil une autre a choisi le A, et le k dans tous ceux oil Fautre a choisi le x- Voil& le probl^me important dont ce systdme ne donne pas la solution. Une prononciation k Forigine indistincte ne permet pas de supposer des choix aussi harmoniques et aussi nets.
M. Baudry adopte le systSme pr^c^dent, page 150, en ce qui concerne le passage des sanares auLX saurdes^ suppose, au eontraire, que le passage des sanores aspiries aux simores saurdes a eu pour origine la perte des premieres en Europ^en. II admet done k la fois Forigine de deux causes, dont la premiere aurait agi k deux reprises : Fune en gothique, Fautre en Tudesque, mais reconnait lui-mdme que son explication n'est pas suffi-
sante pour rendre compte de la r^gularit^ de la s^rie de substitutions.
4® SYSTiSME.
Systems de Orimm.
Grimm attribue la loi de substitution k une cause touie psychique et directement psychique. L*6l6vation de Tarticulation est une prononciation emphatique, laqueile provient de la surexcitation morale des Germains pendant Tinyasion.
Un tel sjstSme n explique pas le passage de Yaspir4e it la douce. Puis, ce qui est plus grave, il attribue directement 4 un ph^nomdne phondtique une cause psychique, ce qui ne pent dtre yrai, et retournerait toute la direction de la linguistique,
II faut en retenir seulement que le caractdre ethnologique a pu ne pas dtre sans influence sur ce ph^nomSne ; nous aurons bientdt Toccasion de le constater.
5* StST^ME.
Systime de 8chet*er.
L'^minent philologue est parti de cette id^e qu*on s*est tromp^ en vojant dans le lautwrschiehung un phinom&ne de renforcement^ et croit que c*est, au contraire, un r^sultat de la loi du moindre effort^ un affaiblissement ; dSs lors disparalt tout ce qui semblait si singulier dans ce ph^nomdne.
La loi du moindre effort, dit-il, rend les sons plus faciles a ^mettre, et un des r^sultats de cette tendance est de faire avancer les consonnes des parties post^rieures de la bouche vers les parties ant^rieures, la masse k mettre en mouvement 6tant alors moins considerable. C'est ainsi que Yaspirie devient spirante, Yh prononc6 au fond de la bouche disparaissant. G^est ainsi que Yaspir^e est n^e de la forte ; au lieu de cl6ture en* tidre de la glotte suivie de sa r^ouverture on a d^sormais une cl6ture moins complete et on rouvre la glotte non d*un coup mais peu k peu, ce qui joint k Texplosive Tappendice d*une aspiration, laqueile tend ensuite k passer k la spirante ; celle-ci k son tour s'adoucit ou persiste ; ou bien I'aspiration se perd et Ton retourne k la douce non aspir^e. Enfin ce qui fait passer de la douce k la forte par la loi du moindre effort, c*est qu*au lieu
de fermer enti^rement la glotte, on r^tr^cit seulement les cordes vocales. D'ailleurs entre la douce sonore et la fbrte se place comme interniidiaire la douce chuchotee , c'est-a-dire non sonore. Pater est devenu successivement fathar, fadhar^ fadar et fater.
La substitution, suivant cet auteur, a commence par le changement de la forte en aspiree.
Mais pourquoi cet affaiblissement particulier k quelques langues seulement ? A T^poque oil il s*est ^tabli, la langue ne se pr^occupait que des voyelles, surtout le tudesque, elle les amplifie. Or Famplification des voyelles entratne par contre ratt6nuation des consonnes. Un facteur autre y contribua surtout en ce qui concerne le Tudesque, rinfluence d'une langue voisine, llialien.
Ce systdme est ing6nieux, mais subtil, et d'ailleurs insoutenable. On ne peut dire que t, k, p soient raffaiblissement de d^ g, hy I'observation de toutes les langues prouve llnyerse. Ainsi le systSme croule par la base.
D'ailleurs rien n*est moins ddmontr^ que cette influence des voyelles sur les consonnes dans ce sens.
II faut seulement en retenir cette v^rit^, c'est que contrairement k Topinion admise dans les autres explications de la lautverschiebung la fricative est plus douce et plus faible que la tdnue non aspiree.
6* Syst^me.
Systeme de substitution reciproque, ou dHnterv^sion
des phonemes.
Dans une monographie sur la loi de substitution, un linguiste, M. Oaussin a ^mis Topinion que T^tage gothique et r^tage tudesque se sont dessinds en mSme temps et se seraient formes de la manidre suivante :
Prenons par exemple les dentales.
II n*y a pas d*aspir6es sonores.
II existe originairement une substitution r^ciproque de son. Aujourd'hui encore TAllemand prononce les b, les d, frangais comme des p et des t ; il prononce ainsi les siens propres k la fin des mots. Non seulement cette confusion existait entre sonore et t^nue, mais aussi entre aspirde et non aspirde. Ce
que rallemand fait actuellement pour les langues ^trangSres, ii le fit pour sa propre langue. En effet pour le fran^ais il ne se contente pas de changer les sonores en t^nues, mais, continuant rinterversion, il change aussi les t^nues en sonores ; de mSme faisait-il sur son propre fond.
Seulement il existe cette difference entre le Gothique et le Tudesque, que dans le Oothique la mutation mutuelle se fait d*abord entre aspir^e et non aspir^e, puis entre t^nue et sonore, tandis que dans le Tudesque elle se ferait d'abord entre t6nue et sonore, puis entre aspir^e et non aspir^e.
D'oti en gothiqtAe :
lo th devient t^ t devient th.
2^ d devient t ; t provenant de th devient d ; th provenant de t reste th.
et en Tudesque ,
P t devient d, d devient t.
S"" d provenant de t reste d ; t provenant de d devient th ; th original devient d.
Ainsi la conversion est partout r^ciproque ; seulement on tient compte de cette circonstance qu*en ces langues il n*y a pas d*aspir6es sonores, ce qui arrSte la conversion de th en dh.
Non seulement la conversion est r^ciproque, mais elles'op6re d'abord de plosive a fricative en Gothique et de t^nue on sonore en Tudesque, ce qui fait la divergence et les deux stages.
En Tudesque la premiere substitution de sonority n'a pas 6\j6 complete ; les p et les k auraient r^sist^, tandis que les h et les g s'assourdissaient en i? et en k\ les dentales seules y auraient subi la conversion dans les deux sens ; lors de la seconde substitution, tons ces phonemes seraient devenus aspires.
Ce systdme s'appuie sur la sorte d'interversion que les AUemands font subir de nos jours aux phonemes strangers, faisant de notre sonore une t^nue et de notre t^nue une sonore. lis auraient de mdme op6r^ sur leur propre langue.
Ainsi s'expliquerait tr6s bien la difference entre le procdde gothique et le proc^de tudesque.
Mais comment s'expliquerait le processus Arm^nien, et d*ailleurs 11 est prouv^ par les faits que Tetage tudesque s'est superpose k I'etage gothique, et ne lui est point paraliele, ce qui fait crouler le systdme par la base.
Un autre sjst^me celui de Sweet se base aussi sur cette id^e de la mutation rdciproque.
?• SYSTilME.
M. le Professeur Francis A, Mar,ch dans les Transaction of the A merican philological association 1853 a ^mis un autre syst^me qui se formule ainsi :
Eq Allemagne actuellement beaucoup de personnes et m6me de dialectes ne distingueat pas nettement les tinues des sonores ; souvent mdme leur sonore nest point une sonore, mais une lenis, c*est-^-dire une t^nue moins intense, non accompagn^e d*un mouvement des cordes vocales ; c*est une idiosyncrasie des Germains. Tel est le point de depart. Voici le processus. Les Oermains ne poss^dant plus que la t^nue soit lenis, soit fortis, en cas de contact avec les strangers, ceux-ci entendent leurs tdnues lenes comme des tinues fortes et leurs tinues fortes comme des tdnues aspirees, et prononcent leurs sonantes aspir6es ou fricatives comme de simples sonantes. Puis une reaction se produit. Le Germain accepte k son tour cette prononciation 6trangdre de sa langue. Un heuri s*est fait historiquement entre les Germains, les Grecs et les Latins. C'est 4 cette ^poque que ce ph^nomdne s*est produit. S'il y a deux stages de substitution, c*est quil y eut deux moments successifs de contact.
Ce systeme est ing^nieux, il se base sur un fait vrai, la confusion fr^quente dans Torgane phon^tique allemand des sonores et des tinues, mais il n'explique guSres la difference entre les deux stages, pas du tout la premiere conversion de la sonore aspir^e en sonore muette, ni la derniSre d*aspir^ en sonore. II suppose, ce qui n'est pas, que les langues Germaniques avaient perdu absolument la sonore. Enfin, nous comprendrions Tinfluence de la prononciation 6trangdre, s'il y avait melange ou superposition de races, mais le simple contact ne suffirait pas.
8* Syst^mb.
Systdme de M. Brugmann.
M. Brugmann a cherchd une explication toute diffi^rente. Le ph^nomene n'aurait ^t^ d'abord que tout partiel, serait rest^
m^canique, ne supposerait aucune idiosjncrasie de races, et enfin se serait ^tendu peu k peu sous Tempire de Tanalogie. II le d^veloppe pages 383 et suivantes de son Grrundriss.
II commence par Yhistcire des t&nues. Dans le germanique commun p ^i k deviennent f et x devant t et s, comme en Iranien, en Ombrien-Samnite et en Celtique ; xXeTrrrj^, got. hlifus, nepHs^ vieux h. a. nift ; opexro^, goth. raihts ; nox^ nahts; wpfXTrro?, goth. fimfla. Le t devant IV devient st ; blotan, sacrifier, goth. hlostreis ; tk devient sk ; rathuaz, proethnique, donne Tallemand rase, rapide.
Done c'est Tinfluence d'un phoneme suivant qui agit ; c'est devant t, s (th), k que les consonnes se sont modifi6es, et par leur action regressive. Puis Tamorce s'^tant ainsi faite, et le mouvement determine, il se continue gr&ce k Yanalogie, raSme Ik ou la cause n*existe plus ; toutes les t^nues deviennent spirantes ; pdt4r, devient father, fk9er ; p4ku, troupeau, delvient /^X^. L*influence ne s'arrdte que dans un seul cas, lorsque la t^nue est pr^c^dee d'une spirante et forme groupe ayec elle, sp^ St, fly x^ sky alors la seconde consonne est prot^g^e par la consonne pr6cedente. Cela prouve bien qu'il y a eu a I'origine action d'une consonne sur une consonne. La consonne subs^quente pent bien agir sur la pr^c^dente pour I'aspirer lorsque celle-ci est seule ; mais si elle se heurte k un groupe consonnantique, elle n*a plus une force suffisante centre ce faisceau. Mais si elle n*a pas d*influence sur la consonne suivante, elle en exerce une sur la pr^c^dente ; fly vient de pty yt de hi. L'auteur suppose cependant qu'une oscillation s*est d'abord produite dans le groupe consonnantique lui-mdme, que la t^nue a d*abord ^td atteinte malgr^ la protection de la spirante puis a repris le dessus ; esti serait devenu isthiy puis serait retournd k istiy gothique ist.
Void done toutes les t^nues, grd.ce k Tinfluence d'abord d*une consonne suivante, devenues fricatives ou spirantes. Cet 6tat se maintint, au commencement des mots (an laut) et mdme k rint^rieur {inlaut)y mais dans ce dernier cas seulement lorsque la sonante sjUabique imm^diatement pr^c^dente portait Taccent tonique principal d'apr^s Taccentuation du vieux-germanique. Seul le x s^ r^duisit en h au commencement du mot devant les vojelles, au milieu devant les mdmes mais sous certaines conditions seulement.
Si au contraire /*, 9 et x ne se trouvaient pas k Tint^rieor du mot (inlatUenden) pr^c^d^s d'une sonante portant Taccent principal, ou si rinfluence d'une consonne suivante {t, s) n'agissait plus, ils descendirent dans la langue Germanique commune a v, 8 doux, 7 et en mSme temps s descendait k z. Cela constitue la loi de Werner. II en r^sultait que dans ce cas les sons primitifs p, /, k devenus d'abord /", 0, x et descendus k t?, 9 doux, 7 = 6A, dh, gh, se confondirent avec les 6A, rfA, gh^ de rindo-Europ^en primitif, et subirent toutes les vicissitudes de ces derniers.
Enfin V, doux et y devinrent b, d, g aprSs les nasales.
Mais de nouvelles modifications surviurent en passant du germanique commun ; le x devint A ; le ^^ devint dh en allemand, puis d : thorn, dorn ; bruother, bruoder ; les fricatives sonores t?, 9 doux, y, en gothique deviennent b, d et g apr^s r et I. Enfin les dialectes occidentaux chang^rent tous les 9 doux en d. Puis ces muettes sonores se confondirent avec les muettes sonores existant d^ja et participcrent k leurs vicissi* tudes. D*un autre c6td en Gothique la spirante sonore devient spirante t^nue devant ^ ou a la fin des mots. Dans les dialectes de rOuest Tinfluence d'un i suivant fit redoubler la consonne muette sonore pr^c6dente, et Yi disparut, puis la sonore double se convertit en t^nue : uppi, mdchant, venu de uvi.
Telle est Vhistoire de la tinue sonore.
Uhistoire de la tinue, aspirie ne doit Sire faite que si les langues germaniques la possSdaient originairement Qui, suivant Brugmann, mais il faut bien retenir ce fait que ces langues commenc^rent par convertir en spirantes toutes les aspirees.
La spirante ou fricative t6nue est cependant assez rare en Germanique. EUe reste en principe sans changement lorsqu'elle n'est pas atteinte par la loi de Werner, mais si elle tombe sous cette loi, elle devient spirante sonore.
Jusqu'ici Brugmann a pu expliquer par Tinfluence d3'namique d'un autre phoneme voisin, ou par la depression resultant de Tdloignement de Taccent, la substitution accomplie ; mais ce secours va lui faire dSfaut quand il passe a Vhistoire des sonores.
Le point culminant de la lautverschiebung c*est le passage de la plosive sonore it la plosive t^nice, de b, d^ g k p, t, k. Ici
Brugmann n'explique plus ; il se borne k constater, k poser la loi.
Dds la langue germanique commune, cette substitution a lieu : diups centre lithuanien dubics ; tiuhan centre le latin duco^ J^aio'fi centre le slave zrino.
G'est la svtbstitution du premier etage, de Yetage gothique.
Gelle de F^tage tudesque arrive k Taspir^e ou plutdt k la spirante t^nue, mais par un chemin bien remarquable, par les affricata. Le p devient f, lequel ensuite entre deux voyelles s'adoucit en /f (/*) ; plegan devient pflegen ; tairpan, verpfan, puis verfan ; t devient ts, qui entre les voyelles s'adoucit en zz : tiuhan^ tsiohan ; k devient kx {6cT\i cch^ ch), Entre les voyelles kx devient xx» X (*^» *) A^wm, chorn; werk, were A.
Lesmuettes sonores originaires devenues t^nues en Gothique subissent la mdme transformation, mais commencent par un redoublement de la t^nue, p devient pp; t, tt ; k, kk, puis la seconde consonne devient fricative pf, th, kh. VoilA un proc^dd tr68 remarquable, nous ie retiendrons : bhidro, amer, donne en gothique bditrs, et au Tudesque bittar ; le goth, valgan, donne en Tudesque vecken, puis vecchen.
Restent les aspiries sonores, lesquelles sent devenues en germanique des spirantes sonores. Brugmann n'admet pas que la perte de ces aspirdes soit devenue le point de depart de la lautverschiebung , ainsi qu*on Tenseigne g^ndralement. II ne le peut, puisqu'il admet leur conservation, ou plutdt leur transformation directe en spirantes.
Ces aspirees sonores se convertirent en plosives sonores. Sous quelles influences ? L'auteur ne le dit pas. Puis en Tudesque, elles subirent une seconde transformation en plosives t^nues. , Au milieu des mots elles subirent la loi de Werner.
Quel fut Tordre de ces transformations ?
Brugmann T^tablit page 397. P D'abord les aspirees se convertissent en spirantes ; 2® p, k devant t et s deviennent /*, Xi 3** par analogie toutes les plosives tenues deviennent spirantes en toutes situations ; 4" />, t, k se changent g^n^ralement en fy 6» Z' 5** l^s spirantes tdnues deviennent spirantes sonores dans les cas indiqu^s par la loi de Werner, &" les spirantes sonores s'assimilent In suivant avant Taccent principal d'ou vv, dd, yy ; en mfime temps &», dn, gn indo-germaniques deviennent dans
le mdme cas bb, dd^ gg ; ensuite Wy H, yy deviennent aussi bb, dd, gg ; 7« les plosives sonores deviennent plosives tenues ; 6, rf, g se changent enp^ ^ A ; 8^ ^, aJ, mt?, n^, ny deviennent 5^ zd, mb, ndy ng,
Tel est le systSme de Brugmann.
Les substitutions auraient 6t6 successives ; elles ne seraient point parties du changement de la sonore aspir^e en sonore plosive, mais de celui de la t^nue plosive en spirante tdnue, elles n'auraient pas de cause connue, si ce n'est cette derni&re qui s*expliquerait par Tinfluence d'un phoneme voisin ; enfin le changement de la plosive en t^nue ou spirante t^nue aurait ^t^ pr^c^d6e, au moins en Tudesque, du changement interm^diaire en fricative.
Le manque d*explication pour la plupart des cas fait que cette th^orie ne constilue pas un systSme et par consequent nous n'avons pas k Tadopter ou k le combattre. Seulement, le passage de la t^nue plosive k la t^nue spirante ne nous semble pas devoir s'expliquer par Tinfluence de ^ et ^ sur petk precedents, dont Tanalogie aurait ensuite etendu I'effet. Nous crojons que sans doute la spirante tenue qui n*existait pas plus k Torigine dans Teuropeen, que la tenue aspirde n*existait dans Tlndien, est nee hysterogenerement du frottement de certaines consonnes centre certaines autres consonnes, et que Texplication de Brugmann vaut pour la naissance de ces phonemes, non pour leur application ulterieure. Une fois ces phonemes nes, on passa generalement et directement de la plosive tenue k la spirante tenue, comme on passe de la plosive sonore k la plosive tenue sans qu*il y ait action de consonne sur consonne.
Systemb propos6.
Il serait hardi de proposer notre propre systeme si les auteurs de ceux precedemment decrits n'avaient tons reconnu, au moins implicitement, qulls ne I'ont emis qu*avec reserve et doute, et si leurs explications ne venaient se briser k des objections decisives.
Avons-nous la certitude dapporter ici la verite? Non, nous en avons seulement Tespoir, et nous pensons que notre effort servira a d'autres k Tatteindre. Cela suffit.
Deux questions distinctes se presentent :
— !te3 —
P Quelle est la nature de la Laulverschiebung ? Est-ce un renforcement graduit Est-ce, au contraire un affhiblisse^nent f N*est-ce point ! k la fois 1 un et tavire f Dans tous les cas quel est son point de depart.
2* Quelle est sa veritable cause ?
V Nature de la Lautverschiebung .
MM. Max et Fr^d^ric Miiller pr^sentent la Lautterschiebung comme un renforcement ; Scherer, au contraire , y voit un affaiblissement.
Dans la phon^tique statique, nous avons ^tabli que la con- Sonne plosive (les ddtonnantes et les avulsives mises k part) ^tait le plus fort des phonemes, que de \k on descendait k la sonore^ puis k \a,/rtcativey k la tremblante et k la nasale, puis aux semi'VoyeUes^ puis aux voyelles ; nous avons ajoutd que toutes les voyelles venaient se perdre dans le sol commun de Ve muet, et toutes les consonnes dans Vh.
II en r^sulte que la sonore est plus faible que la t^nue correspondante ; c*est, du reste, ce que tout le monde admet k Texception de Scherer.
II en r^sulte aussi, ce qui est contraire k Topinion commune, que Yaspir4e ou fricative est plus faible que la plosive.
Ce dernier point est prouvd par rexp6rience. Nous verrons que dans les langues finnoises la t^nue s'affaiblit tantdt en sonore, tantdt en spirante, et que dans ce dernier cas elle finit par se perdre en A, qu'il en est de mdme dans les langues Dravidiennes, en particulier en Tamoul. Dans cette langue entre deux voyelles k se change en x^ ^ en 6, ^ en d, p en b. On y met done sur le mdme pied Y affaiblissement par sonorisation, et celui par aspiration. En effet, I'articulation k la fois la plus consistante, la plus primitive et la plus dure c*est la plosive t^nue. Certaines langues ne poss^dent gu^res qu*elle dans leur radicaux, le Tamoul par exemple. D*autres, comme le chinois, apr^s les avoir poss6d6es toutes, se restreignent enfin a elles. Nous avons, du reste, d6jk indiqu^ ce processus dans la phon^tique statique, k devicnt >&-A, puis k-x, puis x« puis h. Ou bien * devient g puis gh, puis y, puis A. L'aspiration, la spiration est la destruction et I'affaiblissement de la consonne.
Examinons la gradation de la Lautverschiebung en supposant d'ailleurs le point de depart ordinaire. Nous avons :
(7) gh g k {kk) kxx y (y) hh b p (pp) pf y v
(3)dh d t{tt)te e 3.
Dans rinterpr^tation ordinaire on est arrdtd dans Texplication de la gradation descendante dds le premier abord. En effet si Ton consid^re Taspiration comme un renforcement, on commence le gradation ascendante par un affaiblissement.
Dans notre th^orie de gradation, au contraire, on commence bien par un renforcement.
De g en k, le renforcement est certain, et cette fois reconnu.
De k kkk le renforcement n*est pas moins certain, et par un effet m^canique dd au frottement des deux consonnes, on Ta de kk k kx> II y A d4jk \k un atiaiblissement, mais purement mecanique. Enfin le k tombe et on a x« ce qui est un nouvel affaiblissement mecanique aussi.
De X ^ 7 nouvel affaiblissement certain, nous verrons que cet affaiblissement fait retomber au point de depart primitif, d'ou le tour de roue complet,
En un mot il y a rehaussement continu de gh (y) ^ *A = *x» affaiblissement de ce point jusqu'au retour en y.
Nous avons maintenant a rechercher, la gradation ^tant ainsi r^tablie, quel est le motif du renforcement et quel est celui de Taffaiblissement.
2"" Cause de la Lautverschiebung,
Dans les langues autres que Tarm^nien, le Gothique et le Tudesque, il ny a, en prenant pour point de depart Tlndien, aucune Lautverschiebung. Quand une langue, comme le Grec et le Latin, poss6de Taspir^e ou la fricative, elle s'en sert pour traduire raspir6e sonore proethnique ; lorsqu elle n'en a pas, force lui est bien de reduire en la sonore plosive.
L'Arm^nien commence la Lautverschiebung veritable , celle que realise ailleurs completement le Gothique, mais il ne pent la pousser qu'a deux degrds. Son systeme defectif doit tenir aux mdmes causes que celui complet du Gothique, et nous ne I'examinerons pas k part.
La substitution gothique, et nous voici au sommet de la question, derive de quelle cause ? D'abord a-t-elle toujours lieu ? Si non, cela pourra nous fournir I'explication demand^e. H6 bien ! Vexception a la lot de Orimm c est la loi de Werner. Suivant la loi de Grimm on renforce le phoneme d'un degr^, suivant celle de Werner le renforcement n'a plus lieu si le phoneme ne suit pas imm^diatement I'accent, bien plus si cette situation vient 4 se produire sur un phondme ddjd renforcd, ce phoneme va redescendre, il s'affaiblit. La conclusion k en tirer est simple. Le renforcement de la consonne est dH d, Vaccent.
Cet effet de Taccent sur la consonne ne doit pas nous ^tonner ; nous avons d6j4 vu combien puissamment il agit sur la voyelle, Yexaltant lorsqu'il la/roppe, la d&primant lorsqu il la quitte.
Mais tandis que I'accent agit sur la voyelle dans toutes les langues Indo-Europ^ennes, il n'agit sur les consonnes que dans quelques langues, pourquoi ? Cela est dA mdcaniquement k la conversion de Taccent d'^l^vation en I'accent d'intensit^. Vaccent dilivaiion agit surtout sur la voyelle ; celui d^intensiti surtout sur la consonne.
Pourquoi Taccent d'6l6vation se convertit-il en accent d'intensitd, et pourquoi aussi un accent d*une intensit6 moindre devient-il un accent d'intensitd plus grande? C'est ici que Y^Ument de la race inter vient. Vacce^xt louche de prds d la psychique du langage ; il est trds mobile ; les idiosycrasies des langues s'y r^flStent. Les races germaniques ont donn^ plus d'dnergie k I'accent, et alors Taccent a pu frapper la consonne.
Notre th^orie donne Texplication de deux points jusqu*ici inexpliqu6s.
On supposait d'abord g^n^ralement que la Lautverschiebung s*dtait faite peu it peu et avait gagn^ de proche en proche les Echelons voisins. Alors naissait Tobjection suivante impossible k r^soudre. Le gh 6tant devenu g, comment se fait-il que seulement les mots qui avaient d6'}k le g vont le convertir en ft, et comment devenus ^, ceux-ci vont-ils pousser des mots d6jk en k k devenir x* tandis qu'ils ne le deviennent pas eux-mSmes. Un tel processus supposerait que les proc^d^s du langage sont volontaires.
Cette difficult^ n*existe plus, si tous les changements se font
au mSme moment^ et ils doivent se faire ainsi, si c'est Vaecent qui agit k la fois sur tous, Y accent hatisse chacun d^eux cTun degr4,
Le seconde diificult^, c'dtait la superposition de Titage Tudesque It V^tage gothique ; ici cette superposition est simple, Taccent a double dlntensit^, il a rehauss^ d'un nouveau degr^, et toujoursproportionnellement, chaque phoneme.
L accent serait done Fezplication natureile en r^solvant les diificult^s. Mais les faits prouvent-ils quil en soit ainsi ? Qui, puisque si le phondme n'est pas au commencement d'un mot» ou ne suit pas imm^diatement Taccent au milieu du mot, le phoneme ne se renforce plus^ bien plus s'affaiblit s*il s'^tait ren* forc^. Nous n'avous pas besoin de citer d*exemple, nous n^vons q\ik renvoyer a la loi bien connue de Werner.
Mais cette loi de Werner n*op^re pas seule dans le sens de Taffaiblissement, si elie op^re seule dans le sens du maintien du phondme. Le renforcement consonnantique est un r^sultat de la loi de Taccent, ou plut6t de Vaugmentation de tacceni causae par la race ; Yaffaiblissement est un r^sultat d'un autre facteur, du temps ; celui-ci attdnue tous les phondmes, convertit en sens inverse les consonnes ; c'est ce qui explique les exceptions de la lautverschiebung, exceptions souvent rest6es inintelligibles.
On pent comparer Taction de la race, et celle de Taccent qui traduit souvent la premiere, k la force vive, au contraire celle du temps k la pesanteur, k Tattraction. Par leur combinaison et leur complexity on arrive, comme dans les revolutions astronomiques, k la rotation de la lautverschiebung.
Quelquefois mdme celle-ci semble brisde, le phoneme n*^ chappe par la tangente et redescend subitement. Le passage du Tudesque a Tallemand moderne qui retourne a T^tat du Gothique en est une preuve.
On a ainsi : '^^^
Une de renforcement par Taccent.
Zone d'afFaiblissement par le temps.
Nous avons expliqu^ le renforcement de gh en g^ de p en A ; rendu k ce point on ne pent plus renforcer que par la reduplication hk, puisqu'en r6alite x ^^^ P^^^ faible que k. Mais Teffort mdme pour doubler le k : kk, fait prononcer mdcaniquement kx, c'est-4-dire Xaffriquie. Quand I'affriqitde devient fricative^ Taffaiblissement commence, continue par 7, et Ton revient ainsi au point de depart.
L'affriqu6e est done le point tournant qui permet de redescendre m^caniquement du sommet. Dans les exemples citds, Brugmann a bien mis en Evidence le r61e de Taffriqu^e k I'^tage Tudesque.
Deux lois agissent done successivement, la loi de {^accent (de la race) et celle du temps ^ la premiere pour renforcer y la seconde ensuite pour affuiblir, mais quelquefois aussi les deux se croisent, et il y a trouble.
Reprenons le schdme ci-dessus :
kk
1 ftx
Quelquefois ou retombe du koM g avant d'avoir pu monter plus haut, de mdme du kk au / ou du A au gh. C'est que la fbrce de la pesanteur a agi plus ^nergiquement que celle de la force vive, de \k les anomalies.
La loi du temps pour agir et affaiblir quelquefois emprunte le secours des organes voisins, voyelles ou consonnes ; nous avons Yu que le frottement de deux consonnes affaiblit Tune d'elles, c'est ce qui arrive dans kk devenant Ax ; mais une consonne entre deux voyelles s'affaiblit bien plus vite encore ; enfin le temps agit souvent seul par sa propre force pour d^grader les sons.
Le temps ditruit ; la race^ au moyen de Vaccent, renforce^ renouvelle.
Comment expliquer que les groupes consonnantiques dans lesquels entre s r^sistent souvent aussi bien au renforcement qu'4 Taffaiblissement. C'est que prdcis^ment Yaccent glisse sur eiuff ; ils sont assez forts pour lui rdsister, assez souples pour qu*aucun frottement ne s'^tablisse contre leurs elements.
Si Ton adopte notre explication, on devrait placer Texpos^ de la substitution sous la rubrique de Taction de Taccent sur les phonemes, et non ici. D*un autre c6t^, la LaiUverschiebung est due k une double action du milieu, celle de la race par Y(iccent^ et celle du tenips.
Nous ne voulons pas insister da vantage.
Ajoutons en terminant que les termes de lautverschiehung et de substitution devraient disparaitre, et que c*est dans la langue grecque que pour plus d'uniformit^ on devrait.chercher la terminologie des ph^nomdnes linguistiques On Ta d6jk fait pour la pMphonie et Vapophonie vocaliques ; nous propose* rons d'appeler la lautverschiehung : apophonie consonnantique.
§ 2. Permutation descendante.
Nous venons d*6tudier le haussement de la gamme consonnantique, et vu qu'il fallut pour obtenir ce r^sultat une force bien grande, la loi d*affaiblissement, la loi du moindre effort, la loi du temps agissant en sens contraire et att^nuant Teffet de Taccent, I'effet de la race.
Ici c*est Taction du temps que nous avons k observer ; la loi du moindre effort domine.
Quelquefois, mais tout-4-fait accidentellement, la loi du renforcement, de la race, se fera sentir. EUe sera perturbante, comme V^tait tout-&-Theure la loi du temps.
Nous avons k observer la permutation descendante dans P les langues Romanes, 2^ les langues Ouraliennes, 3° les Iangues Altaiques, 4"" les langues N^o-Indiennes.
II s*agit de Tadoucissement qui s'en produit naturellement soit sous Taction du temps, soit sous Taction combin^e du temps et du lieu, et non de celle produite sous Taction m^canique des phonemes voisins et que nous avons d^jk 6t\xdi6e.
Enfin nous classons plus loin k part les mutations non seulement entre plosives et fricatives, mais aussi entre plosives, fricatives, tremblantes et nasales.
t, d («) d (t) d do\x
d{t) doxk
ca
syncope c, g (ec) g <c)
syncope
ga
g ^ ou syncope
g ow.
pW) *
V (p, bb) b
syncope b v(b)
!• Permutation descendants dans les langubs Romanes.
a) ordre descendant r^gulier {Mtion du temps et du lieu).
Diez ^tablit le tableau de ces permutations ainsi qu*il suit : Nous omettoQs les phonemes pour lesquels cette mutation
n'existe pas.
latin italien espagnol portugais pro v. frangais valaque
d syncope t, tz
z, d ou syncope syncope (rf) d, z g, t, ch g,i,ch, c,
9Jf c gj, i g ou syncope b V p
17 ou 17 ou f>^b
syncope syncope
Un coup d'oeil jetd sur ce tableau suffit pour montrer que nous avons ici juste Tinverse de la substitution gothique. Sauf en Italien et en Valaque ou la degradation est presque nulle, le t se change en d^ led en z ou tombe, le c se change en g, le g en ;\ t ; le p, en h, le & en r ou se supprime. Enfin le k^ devient c, puis g.
Ce qui est trds remarquable, c*est que Taction du temps n*a pas suffi pour d^grader, il a fallu, en outre. Taction du lieu. L'ltalien et le Valaque dont la position g^ographique ne diff^re pas sensiblement de ceile du Latin ont conserve chaque consonne au mdme degr^. Dans TEspagnol la divergence commence ; elle est au plus haut degr6 dans le frangais qui s*6loigne k la fois par la distance et par le climat.
L'aSaiblissement se fait en passant de la forte k la douce, de celle-ci k la douce spirante. Ajoutons que la forte spirante s'affaiblit souvent en la sonore correspondante : feu «, ^ en ^ ; la gutturale n'a pas de spirante, la chuintante en tient lieu ; le & latin, (f italien, se convertit en g. Le systdme est done complete et par les chuintantes on descend jusqu'auz voyelles, y , t.
Enfin, et quoiqu'en ajoutant cela nous sortions de notre sujet, In s'affaiblit souvent en finale, de la consonne n kla, Yoyelle nasale.
II faut cgouter que TEspagnol k raffaiblissement par la conversion en sonore muette ou spirante joint Taffaiblissement par la conversion en spirante tdnue ; c*est ainsi qu'il d^ouvre le son de th anglais.
b) ORDRB ASCENDANT IRR^GULIER.
{Reaction de la race).
On s'^tonne parmi cet ordre descendant des langues romanes de rencontrer, non pas seulement dans des mots isol^, mais pour tout un phoneme special, un ordre ascendant.
Cest pourtant ce qui a lieu dans toutes les langues romanes pour Yi, y latin. Cet i se consonnantifie et monte jusqu'i faspiration la plus dure.
Cependant il fautd'abord observer que cet i latin n'^tait pas un »\ mais bien la semi-voyelle y.
Cet y est devenu en Italien dj^ tch^ en Fran^ais /, en Espagnol jota. On a longtemps cru que le jota 6tait un legs de I'Arabe ; il est ddmontr^ qu'il n'en est rien ; une preuve certaine, c'est que TEspagnol ne reproduit pas ainsl les mots ou I'aspiration se trouve en Arabe, et d*ailleurs ce son est n^ apr^s Texpulsion des Maures.
Remarquons que la consonne qui touche Vy semi-voyelle, c*est le ch doux, le y doux allemand, et que les langues romanes ne possMent pas ces sons.
II leur va done falloir conserver le y tel qa*il est sans rien y changer. Cela semble la solution la plus naturelle. Mais on est entrain6 par un changement g^ndral ; pour que les phonemes gardent leurs positions respectives, il faut que tons participent au changement.
Or le y ou plut6t le ch doux ou sonore qui lui correspond et qui manque en Roman a pour voisins d'un c6td tch, dj^ sh,j, en s*avan9ant vers les dentales, d'autre c6t^ le cA, en allemand lejota en reculant vers les v^laires. De quel cdt^ se diriger?
Suivant la rdgle, du cdt6 oil se trouve Tdquivalent le plus faible ; c*est ce qu'on fait aussi en Italien, en Frangais et mdme
pendant longtemps en Espagnol, ou Ton passe k tch, dj et j. Ce n*est que plus tard que TEspagnol se tourne de Tautre cdt6, remonte, et adopte X^jota, la spirante gutturale vdlaire*
Nous crojons que I'oreille s'^tait habitude aux aspirations Arabes, et que celte habitude n*a pas 6t6 sans influence sur ce choix. N^anmoins, il y a 14 un ph^nonSme singulier.
Nous plains ailleurs et au titre des permutations en tous sens les exemples particuliers de reaction de la race ne s*6tendant pas k tous les cas de Temploi d'un phoneme.
2'' Permutation descendante dans le Orec modeme.
Dans le Grec moderne la prononciation suit le mdme courant. Le b se prononce v ;le g, g spirant ; le d, th doux anglais ; le ^, ;8: au lieu de dz.
En ce qui concerne les voyelles, nous verrons plus loin qu'il les r^duit presque k Tt.
3° Permutation descendante dans les langues Nio-lndiennes.
Les points principaux sont : V la substitution le dj k y (comparer la substitution du/ fran^ais a IVlatin), 2"" celle de r 4 £?, 3"* la confusion des diffdrentes sifflantes, 4** le changement des anciennes aspir^es en simple h.
4** Permutation descendante dans les langues Ouraliennes.
Dans les langues Ouraliennes, la pernlutation descendante 8*dtablit ainsi, en prenant pour point de depart le Vepse, le Tchoude et le Finnois qui se rapprochent le plus de la langue proethnique.
Le principe g^ndral est que Tadoucissement se fait par deux moyens parallSles : r la conversion de la tenue en sonore^ 2^ sa conversion en spirante et souvent, 3"* sa conversion en ehuintante. Cependant quelquefois 11 y a des reactions, el la langue ordinairement la plus douce est celle qui produit tout- 4-coup des durcissements.
Le k finnois devient g en Mordouin, en Magyar et en Lappon ; il devient x ®^ wogul, h en Magyar, tsh en Magyar.
Kasta^ baptiser, gasta ; nuAAu, dormir, nyugodni ; hala^
poissoD, x^i 9 kuole^ mourir, halni ; hyhhify position assise : thohkete.
Le t iinnois devient d, s, z, h; tunte, sentir, tvLdni ; esth. iubra, mdler, sor; ostj. tdbetj sept, wogul sdi, hongrois het.
Le p devient J, /", v, lapsi, enfant, liba;puu, arbre, fit ;pilvi^ nuage^ felho ; poika, fils, fiic.
Us devient shonA; sarvi, come, szarv.
Ici Tadoucissement se fait en finnois et le s, sh j devient h ; szel^ le vent, hongr. y devient helma et sz^p^ beau hyvd.
Vj voyelle se d^veloppe en dj^ et nous avons \k un phdnom^ne semblable k celui qui se produit dans les langues romanes : finnois jalka, pied, hongrois gyalog.
Vm s'adoucit envb.
On volt que Tadoucissement est continu.
II va jusqu'a la disparition.
L'h disparatt en Livonien au commencement des mots : Au/, 16vre, ul.
Le V ou Yy disparait aussi au commencement dig, le chaume vient de volg.
II faut aller plus loin : le A, le t, le p ne sont eux-mdmes que des phonemes adoucis, ils viennent des phonemes plus durs : kk, U^ pp : C'est ainsi que le k, f, jp, Vepse et Livonien correspondent aux kk, tty pp, finnois, et le g, d, b de ces langues au A, t, p finnois : vepse ak, vieille femme, finnois akka ; lindy lintu ; lamby lampi.
Des auteurs en ont conclu que le vepse et le tchoude 6tant ant^rieurs au finnois, les formes douces sont ant^rieures par Ik mdme aux formes dures ; si cela dtait vrai, il y aurait dans les langues Ouraliennes non une permutation descendante, mais une ascendante par renforcement comme dans les langues germaniques ; aussi n avons-nous pr^sent^ notre classement que comme provisoire.
5^ PerrmUation descendante dans les langues Altatques.
« Les langues Altaiques forment deux branches, d'un c6t^ la
branche mandchou-mongole, d'autre c6t6 la branche jakoute-
turke. La premiere est plus ancienne que Tautre, et le Turk,
par consequent, affaiblit les racines qu'il possede en commun
avec le Mongol ou le Mandchou : dahaga montagme, en-Mand^ chou devient en Turc dagh^ par suppression de la syllabe m6diane ; le mongol dabasun^ sel, devient tuz ; le mandchoa temen, chameau, devient dava, et musun^ glace, devient huz.
En outre, dans Tintdrieur de la branche Turque-Jakoute, le Turk est la langue la plus forte et le Jakoute se trouve visa-vis de lui dans r6tat de permutation descendante. Void les r^les de cette permutation.
Le k Turk devient x 6n Jakoute : ajak, pied, atax\ ok, fl^che OX ; 1^ 7 disparait : ogul, fils iu>L
Pour les dentales, c'est Y inverse. Le t Jakoute devient en Turc 5, z, y, ; Ys Jakoute se chuinte en s en Turc- A Tinverse le s Turc initial disparait en Jakoute.
Lep, le & et I'm s'6changent. Turc ijdgyrmi, vingt, Jakoute siirbd ; Tiirk : &urun,nez, Jakoute murun ; Jakoute mt^, glace, Turk buz.
Tel est rschange entre plosives, spirantes et nasales, ou nous voyons qu'il y a souvent alternances.
Mais entre t^nue ou sonore TJakoute prend la t^nue et le Turc la sonore.
6*" Permutation dans les langues S4mitiques.
Us h6breu correspond au d arabe : eres = ardu, terre ; I'J des langues du nord k Vs des langues du sud : ien, dent » sinnii. A l'Aram6en ^ d, correspondent Tarabe 6, d et rh6breu S, j\Iq t devient 8, puis J, puis A.